A la rencontre de Oum Keltoum Participante aux ateliers cuisine de l’Imprimerie


Aujourd’hui, nous allons à la rencontre de Oum Keltoum, ex-habitante des logements sociaux des « blocs jaunes » du quartier du Bempt à Forest et participante aux ateliers cuisine organisés dans le cadre des activités de l’espace communal de l’Imprimerie dans le quartier Saint-Antoine. Elle vit aujourd’hui seule dans son appartement, près de Forest National, et elle aime recevoir la visite de ses enfants et petits- enfants avec qui elle parle souvent des ateliers cuisine.



Cédric Hellemans (animateur chez Rencontre des Continents) : Comment as-tu connu les ateliers cuisine de l’Imprimerie ?
Oum Keltoum : J’ai connu les ateliers avec Noémie (coordinatrice du Projet De Cohésion sociale du Bempt), il y a plus de deux ans. Trois ans, je crois...


Cédric : Et qu’est-ce qui t’as plu dans ces ateliers cuisine ?
Oum Keltoum : Tout, se faire des amis, apprendre des choses en cuisine... Et le principal, être ensemble. J’aime le côté convivial, familial. On est attaché les uns aux autres, on fait attention à l’autre. On a jamais eu de problème avec tous ces gens-là. C’est magnifique. J’aimerais que les enfants et les petits-enfants viennent avec moi. A chaque fois, je leur raconte tout ce qui s’est passé.


Cédric : Et au niveau de l’alimentation, est-ce qu’il y a des choses que tu as apprises ?
Oum Keltoum : J’ai appris les choses que tu fais, là, la cuisine végétarienne. Moi, je cuisine beaucoup. Toute ma vie, j’ai cuisiné. Avant, je travaillais en cuisine. Mais pas de la cuisine végétarienne. On cuisinait de la viande. Pour moi, c’était nouveau de cuisiner sans viande dans les ateliers.


Cédric : Et est-ce que tu as aimé ça ?
Oum Keltoum : Ah oui, j’ai aimé et je suis devenue végétarienne ! Un jour, je suis retourné à la maison et j’ai dit, c’est fini ! J’ai sorti toute la viande du congélateur pour la cuisiner et je n’en ai plus racheté. Quand mes enfants viennent à la maison, ils me demandent de la viande et je leur dit : « C’est fini, il n’y a plus de viande ! » Vous m’avez dégoûté de la viande que j’avais à la maison...


Cédric : Pourquoi ?
Oum Keltoum : Quand j’ai compris que les animaux souffraient, que certaines personnes mettent de l’eau dans la viande, qu’on ajoutait des produits pour changer la couleur... Comment les animaux sont traités dans l’industrie, tout ça... Ça ne va pas, on ne voit rien du tout, on ne sait pas comment ça se passe dans les industrie. Puis, il y a beaucoup de maladies qui peuvent venir de la viande. Et tous les antibiotiques qu’on donne aux bêtes et puis nous, on les mange et quand on est malades, le médicament ne marche plus. Et tout ça a travaillé sur moi et j’ai été dégoûtée.


Cédric : Et tu en parles à la maison ?
Oum Keltoum : Oui, j’en parle beaucoup avec ma petite-fille Oumaïma. Elle aussi est végétarienne. Depuis toute petite. Le jour de la fête du mouton, quand elle était toute petite, elle regardait son père et un ami. Ils avaient égorgé le mouton et le mouton s’est relevé. Depuis, elle a toujours refusé de manger de la viande. Alors, on parle de beaucoup de choses, elle me montre des vidéos sur le téléphone. On a beaucoup parlé des ateliers et je lui ai montré plusieurs recettes. La recette avec les pommes de terre, là. Elle l’a reprise et elle l’a faite pour quatre personnes. C’est bien, je lui donne les recettes...


Cédric : Et comment tu t’en sors sans viande ? Tu manges quoi alors ?
Oum Keltoum : Ça va bien, je mange le riz, les lentilles et tout ça. Pas de problème. J’essaye aussi de faire attention à manger bio, de saison, local... Je vais à la rue des tanneurs. J’ai aussi découvert un autre magasin bio ici, près de chez moi mais plus cher. Je préfère le marché des Tanneurs. Parce que je n’ai plus trop confiance dans les grands magasins. Il y a tellement de choses qu’on ne sait pas. Et puis tout est très compliqué. Avant, c’était plus facile. Ma maman, est faisait tout elle même, le pain, la farine, tout ça. On se soignait avec les plantes, le miel... des choses naturelles. On a oublié tout ça et maintenant, on prends tout le temps des médicaments, on est malades... C’est dommage, on ne sait plus faire ça.


Cédric : Merci Oum Keltoum.

Participante aux ateliers cuisine de l’Imprimerie

juillet 2020 :

juin 2020 | août 2020

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