À la rencontre de Virgil Participant aux ateliers cuisine du CPAS Ixelles


Nous partons à la rencontre de Virgil, ixellois et participant à nos ateliers autour de l’alimentation durable, deux fois par mois, au CPAS d’Ixelles. Les ateliers cuisine étant stoppés pour cause du Covid-19, nous profitons de cette pause pour réaliser des retours d’expériences et portraits des personnes que nous accompagnons durant toute l’année. Virgil en fait partie.



Margot, animatrice-formatrice à Rencontre des Continents : comment tu vas ?


Virgil : Je vais bien, je reprends petit à petit une activité suite au confinement.


M : Comment c’est passé ce confinement ?


V : Ça c’est bien passé parce que j’ai eu la chance de pouvoir être à la campagne. Au début, c’était assez bouleversant de se retrouver sans activités du jour au lendemain. Tout a commencé à se fermer (Actiris, CPAS...) et j’ai pas internet à la maison, je vais à la bibliothèque et ça aussi ça c’est fermé.


M  : Pour te présenter, que voudrais tu nous dire de toi ?


"Je suis Virgil. Je viens de Roumanie et je suis arrivé il y a 10 ans pile."


V :J’ai beaucoup de cousins ici. Je viens de la région Modalvie, partie Est de Roumanie. C’est une région où le niveau de vie est assez bas. Depuis 20 ans, les gens partent en masse. Par contre, c’est une région très riche culturellement. Nous avons beaucoup de grands poètes et artistes qui viennent de cette région. Il y a aussi beaucoup d’agriculture. Au début, c’était une agriculture familiale mais le communisme l’a complétement changé. Selon moi, le communisme a voulu mettre du collectif mais l’application n’a pas été bien faite. 


M  : Et peux tu nous expliquer comment tu t’es retrouvé à participer aux ateliers que l’on propose, deux fois par mois, au CPAS d’Ixelles ?


V  : En passant par le CPAS, j’ai vu l’annonce des ateliers. Je suis passionné par la cuisine mais pas bon cuisinier (enfin en barbecue si). J’étais donc intéressé par vos ateliers et je me suis inscrit. J’ai commencé avec toi puis après je suis allé aussi dans les ateliers de Cédric.


M : Qu’est-ce que ses ateliers t’apportent ou t’ont apporté ?


"Avant de commencer les ateliers, j’étais déjà dans un chemin pour limiter le gaspillage. En Roumanie, nous n’avons pas beaucoup donc on ne jette pas. "


V : Je faisais déjà attention aux proportions par exemple et j’allais au potager collectif à Ixelles, rue volta.


M : Comment tu as pris connaissance du potager collectif ?


V : En allant au terrain de foot, j’ai vu le jardin et le bac à compost. Je mettais mes déchets et quelqu’un est venu à ma rencontre. Après je suis revenu quelque fois.. ;comme j’étais seul, je n’ai pas voulu prendre une petite passerelle. Mon a frère a un jardin chez lui et je vais chercher des salades ou des choux fleurs. Si on peut, ce serait bien d’y aller au potager collectif avec le groupe du CPAS d’Ixelles.


M : Et concrètement, tu as remarqué des changements depuis ta participation aux ateliers ?


V : Je mangeais un peu de tout, de la viande, comme je suis sportif...


"Aujourd’hui, j’ai beaucoup diminué la viande car j’ai vu dans les ateliers que vous proposez qu’il y a beaucoup d’ingrédients qu’on peut remplacer ! Je cuisine aussi un peu plus...Ça m’a beaucoup enrichi de découvrir les cuisines des différents continents..."


M : Oui, la dimension collective est importante dans ce qu’on propose...qu’en penses tu ?


"C’est très intéressant de rencontrer d’autres cultures. À la maison, je suis seul...donc ça me permet d’être en contact. J’ai bien faire parti d’un collectif avec différents horizons et je trouve qu’ensemble on a bien géré les différences...On a pas eu de problème de communication...Il y a presque tous les continents : Afrique, Asie, Amérique Latine, Europe..."


M : Est-ce qu’il y a quelque chose qui t’a particulièrement marqué durant ses ateliers ?


V : Oui le film sur la viande que tu nous a montré. J’ai diminué mais mes parents continuaient à avoir des animaux ; une vache pour le lait, des porcs...Il y a deux ans, ils ont arrếté les porcs car ce n’était pas soutenable. Ça n’était pas du tout rentable et ils ne mangent pas beaucoup de viande au final. Aujourd’hui, ils n’ont plus aucun animal. Il mangent de la viande qu’aux occasions spéciales comme du mouton à la Pâques ou en hiver (du porc). Ils mangent surtout sinon des légumes, légumineuses et des pommes de terre.


M : Quelles sont les habitudes alimentaires de là où tu viens ?


V : J’ai vécu dans 2 régions différentes : une en montagnes où l’agriculture de masse était celle de la pomme de terre et du blé. Aujourd’hui c’est plus diversifié. La pomme de terre est le légume du pauvre et on le conserve toute l’année. Ensuite, je uis parti à la campagne...changement de paysages...plus de colines, de cultures...c’est surtout une agriculture mais pour les animaux...


M : Quels sont les plats typiques de Roumanie ?


"On mange beaucoup d’haricots verts et jaunes et de lentilles. En été, on mange des soupes. Il y a 6/7 types d’haricots. Un plat typique en hiver c’est le Fasole Batuta. Et en été, c’est une soupe d’haricots ou des haricots verts aux piments."


 


M : Et depuis les ateliers, ta vision du monde a évolué ou pas ?


V ; J’étais déjà en train de changer. Je disais déjà d’arrêter les animaux à mes parents et de vous rencontrer, ça a acceléré le processus. La viande fait beaucoup de dégâts et c’est pas soutenable !


M : Qu’est-ce que tu aimes dans ce qu’on propose et qu’il faut garder ?


V : C’est diversifié...et comme je suis sportif, j’aime bien ! J’ai votre manière de parler aussi et votre professionnalisme tout ça dans une ambiance amicale. Vous présentez bien oralement vos idées.


M : Tu t’es engagé dans le projet REAL [voir article], où en est il ?


V : On avait bien commencé et puis le Covid-19 est arrivé. Avec Cindy (une autre participante), on était allés présenter le projet à Bruxelles Environnement car notre projet a été accepté. J’ai entendu d’autres projets et je trouve que le nôtre fait partie des meilleurs. Puis le confinement est arrivé...on a essayé de garder le lien avec le groupe mais ce n’était pas facile.


M : Pour terminer, aurais tu un conseil à donner aux plus jeunes ?


V  : En vivant en ville, je conseille de garder le lien avec la nature et les choses ancestrales. Aussi, de bien gérer les nouvelles technologies et de ne pas en abuser...de faire attention aux mouvements de masse, aux excès de boissons...de rester plus tranquille et calme...c’est important de bien dormir aussi...le sommeil c’est très important !


"Et si vous avez un lien avec les ancêtres, vos parents, vos grands-parents...gardez ce lien ! Je pense qu’on apprend des choses des un.e.s des autres. Par exemple, mes parents m’ont appris pleins de choses mais je pense aussi leur avoir appris des choses. C’est dans les deux sens..."


M : Merci beaucoup Virgil pour tes retours et ton engagement. Bonne continuation à toi et au projet REAL !


 

Participant aux ateliers cuisine du CPAS d'Ixelles

octobre 2020 :

septembre 2020 | novembre 2020

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