Porteur·ses de Paroles Retour sur une formation qui bouge nos zones de conforts

 

Huit personnes, certaines déjà volonterres chez RdC comme Fazia ou Luis, ont suivi samedi 13 mai une journée complète de formation au porteur de paroles, en compagnie de Sophie Wiedemann, formatrice en éducation populaire et grande adepte de l’outil du porteur de paroles (sophie.w@lilo.org). RdC est désormais tout à fait équipé (savoirs, matériel) pour mettre en place le porteur de parole grandeur nature.

 

La matinée permettait de s’approprier l’esprit de l’outil, comprendre à quoi il sert, ce qu’il peut permettre, comment d’autres collectifs s’en sont emparés depuis plus de 15 ans, les peurs qu’il peut déclencher chez chacun·e de nous, tester des questions et comprendre ce qui les différencie, ce qu’elles peuvent amener dans les discussions et en choisir une, avoir des balises de comment nourrir les discussions entre des faits établis et des expériences vécues.

L’après-midi (sous le soleil !) consistait en une expérimentation du porteur de paroles sur la place Flagey -embellie à notre manière- après avoir choisi collectivement notre question : "Alimentation : si vous aviez une baguette magique, que changeriez-vous ?"

 

Une formation riche d’apprentissages sur :

# La posture cultivée par l’éducation populaire, très en lien avec celle de RdC, au sens notamment de construire des réflexions et des réponses à partir de savoirs chauds, sans condescendance de l’animateur·ice.

# L’art de formuler une question intrigante et qui suscite la curiosité, et ainsi la discussion ou le débat.

# L’art de se mettre en relation avec des passants, des habitant·es, et animer une discussion constructive à propos d’enjeux publics, en laissant une place aux savoirs chauds (l’expérience vécue). En l’occurrence, nous avons remarqué que notre question avait fait émergé des discussions davantage consensuelles que de débats. Ne faudrait-il pas prévoir plus de relances à l’avance ou alors assumer un postulat de base selon lequel l’alimentation de qualité devrait être accessible et durable, et ainsi pousser les discussions sur le "comment peut-on arriver à cela ?".

# Les savoirs-faire et savoirs-être pour discuter "politiquement" en évitant d’incarner une posture "militante" ou implicitement descendante de type : "j’ai déjà la réponse à la question que je vous pose et je m’apprête à vous donner des réponses toutes faites". Mais à l’inverse de permettre l’émergence d’une réflexion commune, féconde et constructive politiquement (c’est à dire qui permet de relier l’individuel à des enjeux collectifs/sociétaux), nourries à la fois de faits et d’expériences. L’art ici étant de naviguer entre les faits, les problèmes, les causes, les solutions, liés à la question choisie.

# La connaissance et la mise en mouvement de ses zones de conforts et d’inconforts, sur ses aises et ses peurs respectives. Il n’est en effet pas évident pour chacun de parler à des inconnu·es : sur ce point, la division des rôles sur le terrain (scribe, discutants, observateur etc.) peut permettre de d’abord être en retrait puis de se lancer. L’outil permet de débloquer certains blocages personnels, dans un cadre collectif soutenant.

# Les prolongements et utilités possibles de l’outil : est-ce que les réflexions et pépites récoltées dans les discussions ne pourraient pas nourrir des départs de réflexions en formations ; le porteur de paroles être une journée d’action pour prolonger le lien entre un groupe de formation ; être une base pour un diagnostic et/ou un plaidoyer local, par exemple sur les possibilités locales de se nourrir sainement ; ou une forme de prise de température populaire sur un avis, une question, une mesure. Le risque étantqu’en voulant donner une autre utilité à l’outil que juste construire des espaces de discussions de nature "politique", celui-ci perde en authenticité.

 

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