Récits et mythes fondateurs


Le 2 décembre dernier, RdC intervenait dans la deuxième journée du GRAC consacrée à la gestion du pouvoir au sein de nos organisations. Cette fois nous nous sommes interrogés sur les "êtres", actants non-humains qui agissent nos groupes, qui agissent sur le groupe.


Nous avons voulu explorer la proposition suivante : la manière dont le pouvoir est vécu au sein d’un groupe dépend de la façon dont celui-ci construit un ensemble de dispositifs, textes de référence, règles, habitudes, trucs et ficelles, outils, ... visant à organiser le projet, ses actions et les relations entre ses membres.


Nous avons appelé ces « êtres » des actants afin de reconnaître qu’une charte, un outil de prise de décision, un règlement d’ordre intérieur, l’architecture des réunions, sont agissants : de véritables acteurs de pouvoir !

Notre postulat était qu’une grande partie de nos « actants » est implicite et informelle, que des règles se mettent en place « à l’insu de notre plein gré » et qu’une transparence totale est impossible, voire nuisible.


Mais aussi que des pratiques visant à mettre « devant nous » nos habitudes, à les interroger et à les soumettre à la réflexion du groupe, sont indispensables.



Dessin en facilitation graphique de Matthieu Van Niel


Trois cas pratiques de gestion du pouvoir à partir d’« actants » et de leur vie au sein d’organisations ont été proposés, dont celui de Rencontre des Continents :


Récit, mythologie fondatrice

Chez Rencontre des Continents, le récit occupe une place particulière. Sujet de l’agir collectif, il est ce qui scénarise, ce qui guide. Il est à la fois le fruit d’une construction collective et ce qui construit une vision commune. Il est le miroir de la représentation que nous nous faisons du monde et que nous proposons tant au sein de notre collectif qu’aux participant.e.s à nos formations et animations.

Le fait de penser le récit comme un actant non-humain agissant le collectif, de lui donner toute sa place en reconnaissant qu’il peut parfois nous dépasser tant il est devenu implicite et tant il fait corps avec nos choix, soulève questionnements et tensions à propos de la vie et de l’organisation de nos associations.

En partageant notre expérience, nous avons pensé ensemble sa construction, sa vie, sa perpétuelle et nécessaire adaptation, la réappropriation de son langage, les liens qu’il permet, la manière de le vivre au dedans et au dehors, la manière dont on en prend soin, la place qu’il permet à l’imaginaire... et le pouvoir qu’il exerce dans/sur nos organisations.

Nous avons également partagé la construction de notre récit grâce à la métaphore de l’arbre  :



1. «  L’humus » = dans quel monde on vit
2. « Les racines  » = notre lecture de ce monde = comment le monde nous parle = comment nous sommes tous reliés à l’humus = principes et idées fondamentales pour RdC (histoire, héritage, cadre, auteurs, etc..)
C’est grâce à nos racines que nous pouvons faire naître une intention : un arbre !
3. « Le tronc » : La structure de RdC (identité axiale de RdC : objectifs, mission, thèmes de travail, etc…). C’est ici que se retrouve notre charte, mais aussi notre démarche méthodologique et enfin nos modes de gouvernance.
4. « Les feuilles et fruits » : fruits (nos actions) et feuilles (nos réseaux)


 


Pour retrouver les traces de la journée, allez voir sur le site : http://journee-pouvoir-2-grac.strikingly.com/ qui va encore être alimenté prochainement.

Retour sur la journée GRAC

décembre 2018 :

novembre 2018 | janvier 2019

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