Victoire historique pour les droits des paysan.ne.s. La Belgique et l’Europe tournent le dos.


Le 28 septembre dernier, le Conseil des droits de l’Homme des Nations-Unies a adopté à une large majorité (33 votes pour, 11 abstentions, 3 votes contre) le texte de la Déclaration des droits des paysans et des autres personnes travaillant en milieu rural. Il s’agit d’une étape cruciale qui vient consacrer plus de 17 ans de mobilisation du mouvement paysan international La Via Campesina.



Rencontre des Continents a soutenu cette initiative !



 


Cette victoire du mouvement paysan a toutefois été ternie par un vote
d’abstention de la Belgique et de 6 autres Etats européens, ainsi que
par les votes votes négatifs de l’Angleterre, la Hongrie et l’Australie
(voir liste ci-dessous). Alors que notre pays s’était déjà illustré il y
a quelques jours en rejetant le projet de déclaration commune sur le
climat, notre gouvernent remet le couvert en tournant le dos à ce
nouveau texte historique pour l’agriculture durable.


Les acquis de la Déclaration


Le Conseil des droits de l’Homme avait reconnu la nécessité de
renforcer les droits des paysans et avait créé un groupe de travail
chargé d’élaborer un projet de Déclaration dès 2012. Les communautés
paysannes sont en effet les plus touchées par la faim et font face à des
violations systématiques de leurs droits fondamentaux, tels que : les
accaparements des terres et des ressources naturelles, la biopiraterie,
la criminalisation des leaders paysans, le travail forcé dans les
grandes plantations industrielles, etc.


En protégeant les droits de celles et ceux qui produisent notre
nourriture tout en protégeant les ressources naturelles, la Déclaration
participe aux réponses à apporter aux grandes crises actuelles :
pauvreté rurale et insécurité alimentaire, changements climatiques,
dégradation des ressources naturelles et effondrement de la
biodiversité, etc.


Concrètement, la Déclaration rassemble et explicite les droits des
paysans et autres personnes travaillant dans les zones rurales, tels que
les droits à la terre, aux semences, à l’eau, à la sécurité sociale, à
la santé, au logement, à l’éducation, à un revenu décent, au
développement, à la participation, à la justice, etc.


Une position à contre-courant


La position de la Belgique et des Etats européens est d’autant plus
incompréhensible que plusieurs institutions européennes, dont le Conseil
Economique et Social Européen et le Parlement Européen, ont appelé
explicitement, encore en 2018, les Etats membres à voter pour les droits
des paysans à l’ONU. En Belgique, les ministres régionaux de
l’agriculture (Joke Schfuvliene et René Collin) ont eux aussi appelé le
Ministre des Affaires Etrangères à adopter la Déclaration onusienne.
Sans évoquer le soutien massif de la société civile belge (plus de 60
syndicats et organisations de la société civile belge) et des citoyens
européens (une pétition rassemblait à l’heure du vote plus de 71.000
signatures). Le refus de protéger les droits des paysans isole donc la
Belgique dans une position de déni face à la réalité subie par les
paysans belges et du monde entier aujourd’hui.


Contact presse :


Florence Kroff : florence@fian.be - 0475 84 56 24


Plus d’infos ?


https://www.fian.be/Victoire-historique-pour-les-droits-des-paysan-ne-s-La-Belgique-et-l-Europe

du jeudi 1er novembre 2018 au vendredi 30 novembre 2018

mai 2019 :

avril 2019 | juin 2019

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