Actualités du 7 mai 2017


  • Les cycles de cuisine écologique et politique de RdC, alliant théorie et pratique, que vous connaissez bien (sinon rdv ici), permettent de changer son regard sur l’alimentation, adopter de nouveaux réflexes culinaires et développer sa créativité,… Nous apprenons collectivement comment organiser l’assiette de manière écologique et pratiquons différentes techniques culinaires tout en discutant sur la manière de se situer et de s’engager face aux questions essentielles comme la santé, le gaspillage, le respect du vivant et la protection de l’environnement, ...


    Chaque séance est animée par des animateurs et cuisiniers volontaires du cercle « Maïté » qui donnent de leur temps et partage leurs savoirs à chacun des groupes participants à ces cycles.


    Pour en savoir plus, on vous propose de découvrir une capsule vidéo qui a été tournée avec les animateurs passionnés de ces cycles qui se forment en continu :




    Dans notre démarche de formation continue et de questionnement sur nos pratiques, nous avons concocté une formation exceptionnelle pour les membres du collectif et particulièrement ceux mobilisant la cuisine (théorie, pratique, animation,...) dans les activités de RdC. C’est une sorte de contre-don pour les remercier de leur implication, motivation et énergie qui permettent de faire vivre le collectif !



    Il s’agit pour toute cette joyeuse bande de se retrouver derrière les fourneaux, lors de séances savoureuses, pleine de plaisir, échanges, partages, apprentissages, et concentration... Le tout animé par 2 grands chefs complices, qui nous transmettent, avec amour et humour, une portion de leur savoir éducativo-culinaire !
    Merci à vous Daniel Cauchy et Damien Poncelet !


     



    On y réfléchi sur les multiples casquettes de l’animateur/cuisinier/enseignant, sur une pédagogie de référence commune pour l’animation d’ateliers cuisine, sur les éléments théoriques essentiels à transmettre, et on en profite pour revoir les principes et techniques culinaires de base.


     


    Quelle joie de partager tous ensemble des séances riches en échanges, saveurs, contenus et partage d’expériences pour nous permettre de vous transmettre toujours plus d’enthousiasme et de saveurs dans l’assiette !



  • Pour rappel le Tribunal International Monsanto est un tribunal d’opinion "extraordinaire" mis sur pied à l’initiative de la société civile afin d’éclairer les conséquences juridiques qui découlent de certaines activités de la firme Monsanto, en vue de faire progresser le droit international des droits de l’homme et le droit international de l’environnement. Les audiences se sont déroulées du 16 au 18 octobre 2016 à La Haye.



    Le 18 avril dernier, les Juges du Tribunal Monsanto ont présenté publiquement les conclusions de leur travail et rendu un avis juridique consultatif.


    Cet avis est particulièrement sévère sur Monsanto, « engagé dans des pratiques qui ont un impact sérieux et négatif sur le droit à un environnement sain », et l’a jugé coupable d’« écocide » et d’« atteinte aux droits humains ».
     


    En donnant une définition claire de l’écocide et en reconnaissant la culpabilité de la multinationale de l’agro-alimentaire, le tribunal Monsanto fait avancer le droit de l’environnement. Un jugement symbolique mais fondamental.


    La Commission européenne devrait examiner d’ici peu une demande de méga-fusion entre Bayer et Monsanto. Nous devons nous opposer à la création de ce géant de l’agro-business qui ne pourrait se développer qu’au détriment de notre santé, de la qualité de notre nourriture, voire de notre démocratie.


     


    Retrouver l’avis juridique consultatif ici : 
    http://fr.monsantotribunal.org./Resultats


    Et l’analyse des juristes Emilie Gaillard et Valérie Cabanes, engagées dans cette action ici : 
    http://www.telerama.fr/monde/tribunal-monsanto-il-y-a-urgence-a-reaffirmer-la-primaute-des-droits-humains-sur-le-droit-economique,157013.php 
     


     


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    Le 19 avril, c’était l’Assemblée générale de Rencontre des Continents ! L’occasion de se retrouver entre membres de notre beau collectif et de faire le point ensemble sur l’année écoulée.





     
    De nombreux membres au rendez-vous, d’autres représentés, merci à tous pour votre présence, vos apports, réflexions et partages. 



    Si l’AG est le lieu de cristallisation démocratique du pouvoir et de validation collective des choix et orientations stratégiques prises par notre association, ce n’est possible que par la présence et la mobilisation de nos membres.



    Anciens et nouveaux membres, volontaires hyperactifs ou soutiens ponctuels, membres du Cercle Cœur et de l’équipe de permanents ont donc validés le rapport d’activités, les comptes et bilans ainsi que le rapport existentiel de l’année 2016.



    Un bilan très positif, tant en terme de diversité d’activités réalisées et de publics touchés, que de stabilisation financière et de croissance de l’équipe qui compte aujourd’hui 6 permanents ! 



    Un chantier lancé sur le rôle, la place, la formation continue et le bien-être des volontaires au sein du collectif. Un nouveau cercle crée pour en prendre soin et les accueillir tout au long de leur chemin avec RdC.



    Des mouvements aussi dans notre système de gouvernance qui continue son chemin et ses expérimentations, en restant attaché à son identité organique. 



    Bref, c’est Extra  ! 


  • Vendredi 21 avril, le COTA organisait une journée de restitution apprenante autour de l’approche territoriale dans les projets de développement, sur la base d’une étude de perception réalisée fin 2016. On vous en parlait ici.


    Une quinzaine d’acteurs, dont Rencontre des Continents, se sont réunis pour échanger autour d’interrogations clés et pour les illustrer par leurs expériences propres.



    Partant de l’hypothèse qu’un territoire est avant tout un réseau d’acteurs, le COTA a vu émerger des questionnements concrets de son étude de perception, qui se sont traduits dans les témoignages des organisations participantes à cette restitution. Comment se “re-territorialiser” en Belgique lorsqu’on est une ONG historiquement active au Sud ? Comment animer le territoire sur lequel on est implanté et actif, à l’image de ce qui est réalisé à Bruxelles par des animateurs territoriaux, dans le cadre des contrats de quartier par exemple ? Comment appréhender un territoire dans sa multiplicité (territoire de projet, territoire de compétence, territoire administratif, territoire vécu, territoire pensé, etc.), comme cherchent à le faire certains élus communaux ?


    Les illustrations proposées ont permis de susciter le débat et d’alimenter la dynamique collective, qui devrait aboutir à un processus de recherche action sur les approches territoriales dans les projets de développement, au niveau local comme international.



    L’étude de perception est consultable ici dans sa totalité et en version synthétique.


    Pour en savoir plus sur ces réflexions : http://www.cota.be/?p=4521  ;


  • RdC s’associe à FIAN et la campagne européenne "Peasants Rights" pour renforcer les droits humains des paysan-ne-s ! 



    Demandez à votre Ministre des Affaires étrangères de reconnaître les droits des paysan-ne-s, y compris les droits à la terre, aux semences, à la diversité biologique, à un revenu et des moyens de subsistance décents et aux moyens de production. Exigez le droit des peuples à la souveraineté alimentaire maintenant en signant cette pétition.


    Toutes les infos sur FIAN.be et https://peasantsrights.eu


    Nous avons été nombreux à travers l’Europe et le monde à célébrer la journée internationale des luttes paysannes ce 17 avril !


    Notre action sur les media sociaux aura porté ses fruits puisque nous avons à présent dépassé les 5 000 signataires : bravo !
     


    Nous étions nombreux à Perwez en Wallonie pour défendre des terres agricoles menacées par un projet de route et d’extension de zoning et montrer que nous soutenons les droits pour les paysans et paysannes !
     

    Retour en vidéo sur la journée des luttes paysannes à Perwez


    Cette mobilisation a été un succès : une action collective réussie et au final une belle journée conviviale et festive. La couverture médiatique a d’ailleurs été très bonne !



    A ce propos, avez-vous vu lu la carte de blanche sur la pétition, publiée dans le quotidien La Libre ? A partager sans modération pour convaincre les éventuels sceptiques et motiver autour de vous. 


    Continuons de partager la pétition dans nos réseaux, 5000 signatures c’est un bon début, mais il nous faut une pression plus forte pour convaincre nos dirigeants !

    https://www.peasantsrights.eu
    Sans paysans, on ne mange pas. Cultivons leurs droits !
    Partagez la pétition sur Facebook
    Partagez la sur Twitter
    Envoyez la par mail dans vos réseaux



     


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  • On pense à toutes celles et ceux qui sont déçues de n’avoir pu participer à la journée d’accueil, de présentation, de transmission, et d’expérimentation de la philosophie de RdC et de ses possibilités d’actions volontaires, organisée le 22 avril dernier par le tout nouveau "Cercle Volonterres". Du coup, on vous fait un petit retour pour que vous ayez une idée de ce qui s’y est passé ! L’idée était simple, mais le défi pas si mince : créer un espace-temps de découverte et d’appropriation de Rencontre des Continents, notamment de ses possibilités d’engagement en son sein. Toute personne souhaitant (re)prendre contact avec le collectif était la bienvenue.



    Pour visionner la vidéo d’invitation faite maison c’est par ici —>
    "Viens à la Rencontre des Continents !"



    Une trentaine de participants se sont ainsi prêtés au jeu tout au long de cette journée concoctée par Margot, Emeline, Samantha, et Baptiste co-fondateurs du tout frais « Cercle Volonterres ». Et c’est tout le collectif qui s’est engagé dans la concrétisation de cette belle journée, que ce soit sur le versant de l’organisation ou de l’ambiance !


    Dans l’idée de faire de RdC une lieu d’accueil des énergies « volonterres », on a tout fait pour rendre cet espace-temps un moyen de s’approprier l’association pour tout un chacun : construction et distribution d’un "kit du volonterre" (disponible en bas de cette page) reprenant les éléments importants à savoir lorsqu’on s’engage chez RdC, présentation de la gouvernance partagée chez RdC par Daniel Cauchy co-fondateur du collectif, organisation de tables de discussions sur les possibilités d’engagement cercle par cercle (espace de sensibilisation, ateliers cuisine, mise en réseau, outils pédagogiques,…), petit cours mémo sur « l’assiette écologique sauce RdC » et enfin last but not least un atelier de « pâtés végétaux » children friendly ;-). On a clôturé par un petit verre apéritif pour faire place aux discussions informelles et la convivialité !



    On doit vous avouer qu’on s’est aussi beaucoup amusé à jouer avec « les gros mots de RdC » ! Les possibilités paraissent infinies ! Hi hi hi ! (qui sont à retrouver dans le kit du volonterre)

    Vous l’aurez compris, les « volonterres » de RdC sont plus motivés que jamais et cette journée ne fait qu’annoncer de beaux chantiers futurs sur l’accueil, la valorisation, le suivi du volontariat chez RdC ! Quiconque serait intéressé par la réalisation de cette mission au sein du collectif peuvent prendre contact avec Baptiste (baptisteveroone@hotmail.fr) et toutes personnes intéressées par le volontariat chez RdC, peut consulter le kit ci-dessous, envoyer un petit message à Samantha (renssam@hotmail.com) et nous contacter pour plus d’infos.


    A très bientôt !

  • Et si l’altruisme était un élément essentiel de la nature humaine ? Une piste scientifique aussi passionnante que porteuse d’espoirs suivie par Sylvie Gilman et Thierry de Lestrade.

    "L’homme est un loup pour l’homme" : l’histoire du monde semble écrite pour illustrer cet adage. Pourtant, des voix scientifiques s’élèvent depuis une vingtaine d’années et inventent le vocabulaire d’une autre histoire : l’altruisme et la coopération en sont les maîtres mots. Des États-Unis au Népal en passant par l’Allemagne, Sylvie Gilman et Thierry de Lestrade sont allés à leur rencontre pour esquisser, sur la base de leurs découvertes, des solutions nouvelles aux maux de la planète, à l’opposé du pessimisme ambiant. Une enquête scientifique aussi passionnante que prometteuse avec, entre autres, la star des neurosciences Richard Davidson et son non moins célèbre cobaye, le moine bouddhiste Matthieu Ricard, qui depuis longtemps se sont invités dans le débat public avec un slogan plus révolutionnaire qu’il n’y paraît : "Changez votre cerveau, changez le monde !"

    Bonnes natures

    Les habitants de La Nouvelle-Orléans post-Katrina font sagement la queue sous le soleil pour se partager l’eau potable. Des anonymes, filmés par des caméras de surveillance, risquent spontanément leurs vies pour sauver celles d’inconnus. À travers des tests répétés des centaines de fois, des bébés américains de quelques mois témoignent d’un sens inné de la justice tandis que leurs homologues allemands, un peu plus âgés, manifestent une tendance naturelle à aider autrui… Entre expériences scientifiques et innovation sociale, entretiens et observation documentaire, Sylvie Gilman et Thierry de Lestrade montrent que la coopération constitue dans l’évolution un élément au moins aussi important que la compétition. Et c’est le pari des chercheurs qui s’expriment dans le film : si l’altruisme existe, on peut le cultiver !


    Sources : http://boutique.arte.tv/f10803-vers_un_monde_altruiste

    Réalisateurs : Sylvie Gilman et Thierry de Lestrade
    Producteurs : ARTE France, Via Découvertes 


  • Nouveau Numéro de l’AVP - "Les Autres Voix de la Planête"



    Il vous reste quelques jours pour vous inscrire à la revue du CADTM "Les autres voix de la planète" et ainsi recevoir le prochain numéro qui sera envoyé le 10 mai.


    Le CADTM édite cette revue deux fois par an. Elle décortique une thématique liée à la dette au travers d’articles, d’analyses, d’exemples... Elle paraît uniquement en français.


    La revue a connu récemment une évolution, passant d’une périodicité trimestrielle à semestrielle, d’une quarantaine de pages à une centaine, d’une revue abordant différents sujets d’actualité liés à la dette et aux mouvements sociaux, à une revue thématique.


    Après un AVP sur la question des restructurations, un sur la dette écologique et un autre sur la dette sociale, le prochain AVP porte sur les dettes privées illégitimes ( des chapitres sur les dettes privées dans l’histoire, microcrédit, dettes paysannes, dettes étudiantes, dettes hypothécaires) avec des analyses originales, documentées et accessibles, de membres du réseau international du CADTM ainsi que des personnes spécialisées sur ces questions : Fian et Fugea sur dettes paysannes, Silvia Federici sur microcrédit et luttes contre les dettes, Bruxelles laïque sur les médiations de dette, la FEF sur les luttes étudiantes, des membres de la PACD en Espagne, ...


    S’abonner ou diffusez l’info si ce n’est pas déjà fait !


    Et le lien pour vous abonner :http://www.cadtm.org/Revue-Les-autres-voix-de-la

    pour aller plus vite, 3 choses à retenir : 4 colis par an avec une revue ou un livre, 30 euros pour la Belgique (20 euros petits revenus), 38 euros pour l’Europe ; un numéro de compte : BE06 0012 3183 4322, et votre adresse de réception en communication 


    PRESENTATION


    Le sommaire de ce numéro


    http://www.cadtm.org/Debout-contre-les-dettes-privees


    INTRODUCTION
    dettes privées dans l’histoire et en Belgique
    - Briser le cercle vicieux des dettes privées illégitimes
    - Solon et la crise d’endettement dans la cité athénienne
    - La financiarisation, le microcrédit et l’architecture changeante de l’accumulation du capital
    - La médiation de dettes, une solution au surendettement ?


    Microcrédit
    - Muhammad Yunus : prix Nobel de l’ambiguïté ou du cynisme ?
    - Femmes africaines unies contre le microcrédit
    - Microcrédits : quand les pauvres financent les riches
    - Pourquoi les Institutions de la microfinance s’intéressent-elles autant aux femmes ?
    - Microcrédit et autogestion en Argentine
    - quand les banques et la finance avancent masquées derrière la lutte contre la pauvreté


    Dettes paysannes
    - Dette et agriculture industrielle : une union sacrée
    - Dette des ménages, microcrédit et piège de l’endettement
    - Un défi pour le 21è siècle : articuler luttes paysannes et alternatives agroécologiques !
    - La PAC et l’endettement des agriculteurs : quelles politiques alternatives ?
    - Au Mali : le cercle vicieux de l’endettement paysan


    dettes étudiantes
    - Afrique du Sud, décolonisation, races et politique de classe
    - Mobilisations étudiantes en Belgique
    - Luttes & dettes étudiantes au Québec
    - « Strike debt » : un plan de sauvetage du peuple par le peuple
    - Être payée pour étudier


    Dettes hypothécaires
    - Espagne : près d’un demi-million d’expulsions, le produit d’une loi franquiste
    - Grece : expulsions tous les mercredis
    - L’Islande n’a pas exproprié ses ménages
    - Le scandale du crédit en franc suisse
    - Troisième mémorandum - Le renversement d’un renversement
     conclusion


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    Debout contre les dettes privées illégitimes !


    28 avril par Robin Delobel , Simon Perrin


    Le dernier numéro Les Autres Voix de Planète, revue du CADTM, vient de paraître !


    Les membres et proches du réseau international du CADTM nous livrent ce trimestre leurs analyses et leurs expériences de luttes contre les dettes privées illégitimes (focus sur les dettes paysannes, dettes étudiantes, dettes hypothécaires, microcrédit)


    Tandis que nous aspirons à l’exercice de nos droits les plus fondamentaux, l’endettement s’impose à nous, en tant que citoyen-ne-s d’un État, contribuables d’une municipalité, et en tant qu’individus d’abord. Outils de spoliation et de dépossession des peuples depuis des millénaires, les dettes privées enserrent nos corps, dictent nos choix. Dettes paysannes, dettes étudiantes, dettes hypothécaires, microcrédit… les dettes privées ont un impact destructeur aux quatre coins de la planète. Ces dettes doivent être questionnées. D’où viennent-elles ? Comment sont-elles contractées ? Pourquoi augmentent-elles ? À qui profitent-elles réellement ? Et, pourrait-on s’en passer ?



    Du Sud au Nord, l’endettement de tou-te-s comme projet politique


    Si vous gardiez à l’esprit que l’émergence de la lutte des classes remontait, en Europe, à la période de la révolution industrielle, avec le développement du salariat et des mouvements sociaux au début du 19e, et les premières organisations de travailleurs et travailleuses au milieu du siècle, c’est probablement que vous étiez restés arrimés à une réalité que vous connaissez bien, celle de l’économie moderne et de l’émergence d’une opposition d’intérêts entre patrons et salarié-e-s. Détrompez-vous ! La lutte des classes c’est aussi et avant tout une lutte d’intérêts entre débiteurs et créanciers. Et cela fait 5000 ans que ça dure.


    L’expérience récente de la crise financière de 2007-2008 nous l’a âprement rappelé. Après avoir massivement distribué des prêts immobiliers toxiques à des millions de ménages désireux d’accéder à la propriété, la bulle immobilière a éclaté, et les banques, elles, ont été sauvées sans contreparties.


    Le sauvetage de ces banques a nécessité l’injection massive d’argent public pour en éponger les pertes, et a donc pesé sur la majorité des citoyen-ne-s. En a résulté une explosion des niveaux de dettes publiques dans l’ensemble des pays de la zone euro, et l’obligation a posteriori pour toutes et tous de subir les mesures d’austérité budgétaires imposées par la Troïka (Banque centrale européenne, Commission européenne, Fonds monétaire international) : coupes budgétaires dans l’éducation et la santé, privatisations, réformes du droit du travail et de la protection sociale, cadeaux fiscaux aux entreprises, etc.


    Ces politiques d’austérité, les mêmes qui sont appliquées dans les pays du Sud depuis la crise de la dette des années 1980, n’ont pas amélioré l’économie, ni l’emploi, mais ont bel et bien appauvri la population, coupé l’accès aux droits, délité les solidarités et creusé le lit des nationalismes et de la violence.


    La mise en faillite des banques, que les dirigeant-e-s politiques ont tout fait alors pour éviter, s’est appliquée immanquablement aux centaines de milliers de ménages qui se sont vus confisquer leurs biens comme c’est le cas en Espagne où plus de 600 000 personnes ont été expulsées de leurs logement depuis 2008, et en Grèce où des personnes sont jetées dehors car elles ne sont plus en mesure de payer leurs factures.


    Pour témoigner de ces situations désastreuses, et des luttes dont elles sont l’objet en Grèce, en Espagne, en Islande, en Hongrie, en Croatie et partout ailleurs, ce sont notamment Filipidos Filippides du Comité Ventes aux Enchères STOP, Jérôme Duval du CADTM Belgique et Fàtima Martìn de la Plate-forme d’audit citoyen de la dette en Espagne, qui nous éclairent dans ce nouveau numéro de l’AVP.


    Pendant ce temps-là, les banques, elles, ne sont pas réellement inquiétées, car rien n’a vraiment changé dans leur fonctionnement depuis la crise. La distribution de crédits toxiques a repris de plus belle et la casse des budgets sociaux, couplée à la baisse des revenus ne fait que relancer avec plus de vigueur la course à l’endettement des ménages, et de la majorité de la population appauvrie par l’austérité.


    Agnès Rousseaux (Bastamag) nous dépeint le portrait d’une Amérique où 3 ménages sur 4 et 60 % des étudiant-e-s sont actuellement endetté-e-s. Pour une majorité, il s’agit de subvenir à leurs besoins de base. Et de plus en plus, ces citoyen-ne-s sont soumis-ses au contrôle des agences de notation personnelle, consultables par les assureurs, mais aussi les employeurs-ses.


    Comme nous l’explique Eric Martin, professeur de philosophie au Québec, et Silvia Federici, militante féministe et écrivaine, l’endettement de tout un chacun est bien plus que le fruit hasardeux des relations asymétriques entre individus plus ou moins bien dotés en capital : il est un projet politique à part entière.


    La privatisation de l’enseignement aboutit à un système de contrainte qui pousse les étudiant-e-s à élaborer des calculs économiques pour faire leurs choix d’études et maximiser les chances de rembourser leurs dettes.


    De même, la récupération, par les agences de microcrédit, des initiatives d’entraide créées par les groupes de femmes, pour survivre aux effets délétères des plans d’ajustement structurel, aboutit à la destruction des solidarités et instaure des relations de contrôle, de surveillance et d’intimidation au sein même des communautés.


    Ce projet politique, un système « d’esclavage partiel » pour reprendre les termes utilisés par Milton Friedman, est aussi celui d’une société où les exploiteurs sont mieux cachés et les exploités, individualisés. C’est une société dans laquelle travailleuses et travailleurs s’exploitent d’eux-mêmes, sans médiation d’un contremaître ou d’un patron, en investissant sur leur propre capacité de travail. Cet auto-investissement en progression constante depuis l’émergence de la micro-finance au Sud, et de l’auto-entrepreneuriat au Nord, permet aux capitalistes et aux banques de capter à sa source la plus-value créée par le travail.



    Les institutions de microcrédit s’attaquent aux femmes


    Loin de permettre aux populations d’accéder de manière satisfaisante à leurs besoins fondamentaux, le microcrédit constitue une formidable opportunité pour les banques d’investissement de conquérir le marché colossal que représentent les masses laborieuses les plus vulnérables, au moyen d’une politique agressive de distribution de crédit et de recouvrement des dettes. Il aboutit in fine à la bancarisation globalisée, promue par les agences de développement, ONG, et institutions financières internationales comme c’est le cas avec la Bank Al Maghrib au Maroc.


    Fatima Zahra, au Maroc, Aurélie Kiyindon, au Congo Brazzaville, ou encore Émilie Atchaka, paysanne au Bénin, nous livrent témoignages, analyses et expériences de lutte contre les pratiques mafieuses du microcrédit qui s’adressent principalement aux femmes (70 % de la clientèle mondiale), et mène au surendettement, à la déscolarisation des enfants, à l’exclusion de la famille et de la communauté, voire à l’incarcération, et à la prostitution.


    Le microcrédit prospère également sur le dépérissement des agricultures des pays dits en développement depuis le démantèlement des grandes banques de crédit rural, et accule les paysans et paysannes jusqu’à provoquer une hécatombe de suicides. En Inde, on dénombre au cours des 20 dernières années plus de 300 000 suicides de paysan-ne-s endetté-e-s et le nombre de victimes ne faiblit pas. 

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    Accompagnant l’orientation des politiques agricoles vers l’import-export, la spécialisation des cultures, l’ouverture des marchés et la dérégulation des prix, l’endettement croissant de la paysannerie et ses conséquences sur les droits des paysan-ne-s et le droit à l’alimentation nous sont décrits par Sekou Diarra du CAD-Mali et Vanessa Martin, paysanne et membre de la Fugea en Belgique.



    Désobéir, aujourd’hui comme hier au système dette 


    Éric Toussaint nous démontre dans son article, 5000 ans de dettes privées, que cette histoire ne date pas d’hier. Déjà, à l’époque de la Grèce antique, la marchandisation de l’économie et l’inégale répartition des richesses ont abouti à des situations insoutenables dans lesquelles s’appauvrissait une classe d’exploité-e-s de plus en plus nombreuse, et s’enrichissait une classe de créanciers de plus en plus réduite.


    Pour remédier à ces situations de mise en servage, de l’époque mésopotamienne jusqu’au truck system de l’ère industrielle, les annulations de dettes et les grandes réformes contre les emprisonnements, contre les saisies (voire parfois les mutilations, les exécutions) et contre l’endettement insoutenable, ont toujours été le produit de luttes menées par les débiteurs contre leurs créanciers.


    Il est donc possible de combattre le projet politique du néolibéralisme et son programme d’endettement illégitime de masse, qui s’applique du Sud au Nord, crise après crise, aux États, aux municipalités, au logement, à l’éducation, à l’agriculture, à la santé, et enfin à chacun-e d’entre nous.


    L’endettement privé n’est pas différent de celui qui s’applique aux entités publiques, car il en est une des conséquences d’abord, et parce qu’il répond à une même logique ensuite, dont les principaux bénéficiaires restent les banques. Aussi, il nous permet de comprendre avec plus de sensibilité encore son pouvoir de contrôle, d’isolement et de destruction. Il nous fait sentir avec plus de proximité encore que seuls la solidarité et l’union de tout-e-s peut permettre de combattre efficacement un système injuste et insoutenable. 
    C’est le cas des militant-e-s du mouvement Strike Debt, littéralement « grève de la dette », issu de Occupy Wall Street, qui combat pour annuler les créances de milliers d’Étasunien-ne-s endetté-e-s pour des frais médicaux. De même que pour les militant-e-s de Vente aux enchères STOP en Grèce, la Plate-forme d’audit citoyen de la dette en Espagne, ou encore le Mouvement des victimes du microcrédit de Ouarzazate et la Caravane Internationale des Femmes contre le microcrédit au Maroc.


    De ces combats contre les dettes privées illégitimes, naissent parfois des alternatives locales, ainsi que nous le démontre l’expérience de microcrédit autogéré de l’Union des Travailleurs-ses Sans Terres et du Mouvement National des Paysan-ne-s Indigènes en Argentine, ou encore la CADD au Bénin qui s’est inspirée des tontines pour créer une structure de formation et d’accès au crédit à des taux d’intérêt faibles et qui permet à ses membres de fixer eux-mêmes les modalités de remboursement.


    Ailleurs encore, c’est le mouvement étudiant sud-africain #FeesMustFall qui fait preuve d’une détermination sans faille face à l’augmentation des frais d’inscription dans les universités, et qui, à l’image des Carrés rouges au Québec en 2012 - plus grand mouvement social de son histoire - , s’est construit sur la revendication du droit à l’éducation gratuite et pour toutes et tous et appelle dorénavant à la convergence des luttes pour combattre dans leur globalité les politiques néolibérales, néocoloniales et extractivistes mises en œuvre au bénéfice des grandes entreprises et sous la pression des agences de notation.


    C’est l’ensemble de ces combats, menés à travers le monde contre des dettes privées illégitimes et insoutenables, que vous pourrez découvrir dans ce nouveau numéro de Les Autres Voix de la Planète, avec des articles d’analyse fouillés ou proposant des alternatives concrètes : la médiation de dette, Des salaires pour les étudiant-e-s, l’Islande après-crise, les divers dispositifs législatifs mis en oeuvre au dépens des peuples pour entretenir un marché de débiteurs...


     


     


     

  • « Le Palais Vert »

    À l’origine du projet, il y a l’envie de transmettre sur l’alimentation durable (AD). Nous nous sommes rencontrées, Tania et Lola, lors d’une formation organisée par Rencontre des Continents pour approfondir nos connaissances du secteur de l’AD. Nous avons réalisé que nous avions une envie commune, celle d’animer des enfants. L’idée a germé de créer des ateliers de sensibilisation qui associent savoirs et savoirs-faire (on cuisine ensemble). Au travers de différentes thématiques nous souhaitons amener les enfants à prendre conscience de l’importance d’une alimentation saine pour eux et la planète, tout en y prenant plaisir.

    Il y a une réelle volonté de notre part de rendre ces ateliers accessibles à tous.

    La première s’intitule « Pourquoi je mange ? » et vise à aborder les différentes familles d’aliments et ce qui compose une assiette équilibrée. Nous destinons cette animation à des enfants entre 8 et 12 ans. Nous souhaitons fonctionner en petit groupe (10 enfants max).

    Voici le lien vers notre premier événement FB, dimanche 7 mai :

    Le Palais Vert ouvre ses portes ! Votre enfant a entre 8 et 12 ans et a envie de découvrir une alimentation saine pour lui et la planète ? Cette...

    https://www.facebook.com/events/1380829175332803/

    Le Palais Vert ouvre ses portes ! Votre enfant a entre 8 et 12 ans et a envie de découvrir une alimentation saine pour lui et la planète ? Cette animation est pour lui ! Le dimanche 7 mai, nous nous intéresserons à la question "Pourquoi je mange ?" et tenterons d’y répondre avec les enfants de manière ludique mais aussi en cuisine !
    L’animation se terminera avec un apéro gourmand pour les enfants et les parents !
    Votre enfant a envie de participer ? Alors inscriviez le rapidement (avant le 1 mai) en envoyant son nom et son âge par mail à l’adresse : info.lepalaisvert@gmail.com. Groupe de 12 enfants maximum.
    PAF : prix variables en fonction des moyens : 5 - 10 - 15€ (prix minimum, prix moyen et prix de soutien)
    Le prix de soutien permet de pouvoir proposer le prix minimum ;)

    Il y aura également une autre animation le mercredi 17 mai (15h - 17h) à la ’Guinguette du parc de Forest’.

mai 2017 :

avril 2017 | juin 2017

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