Actualités du 15 mai 2018


  • Le livre "L’entraide, l’autre loi de la jungle" par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle.


    Article de réflexion et résumé du livre par Daniel Cauchy, membre fondateur de Rencontre des Continents



     


    « La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international - la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous - ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature. »


    Gregory Bateson


     


    Si comme l’écrit François Flahault, « … la tâche de rappeler ce qui devrait être est aisée alors que celle de penser autrement ce qui est se révèle plus difficile que jamais. », nos deux auteurs affrontent une question difficile et proposent une cure de décolonisation de nos imaginaires modernes. Ils nous offrent une belle synthèse des connaissances scientifiques actuelles montrant que les « relations qui font la beauté de la nature » ne se limitent pas à la compétition et au combat de chacun contre chacun. Avec un livre comme « L’entraide, l’autre loi de la jungle », on sort complètement des discours moralisateurs ou normalisateurs nous décrivant comment le monde et les humains devraient être ! Il s’agit ici de voir la vie autrement !


    C’est un livre « médicament », il nous soigne de cette pensée bien installée dans nos têtes, nos pratiques, nos institutions, nos conceptions politiques : celle d’un homme « naturellement » mauvais, soumis à la loi de la jungle, à la « loi du plus fort », celle du combat de chacun contre chacun. Pensée qui nous propose la compétition comme seul facteur d’évolution. Comme le disent nos auteurs : « Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »


    Ce livre bouscule les frontières entre les disciplines scientifiques pour « comprendre la nature coopérative de l’être humain dans le sillage de celle des autres organismes vivants ». Et pour cela de mobiliser des connaissances issues de bien des disciplines différentes : de la biologie à l’ethnologie, des neurosciences à la génétique, de la sociologie à l’économie expérimentale. Il a pour but de dégager des principes généraux et une architecture générale de ce que l’on pourrait désormais appeler « l’autre loi de la jungle » : celle de l’entraide.


     


    Paradigme dominant : la compétition


    La « loi du plus fort » ou celle de la « guerre de tous contre tous », comme l’écrivait Thomas Hobbes, nous invite à voir la vie, le monde, comme une arène au sein de laquelle dominent la ruse et la force. Que le plus fort gagne ! Et notre culture « moderne et utilitariste, est effectivement devenue hypertrophiée en compétition, délaissant sa partie généreuse, altruiste et bienveillante, passablement atrophiée. »


    Nous le savons : « l’homme est un loup pour l’homme » ! La clé du succès, et de l’évolution, réside dans la compétition !


    Le dogme dominant affirme que toutes nos actions, normes, institutions et croyances s’expliquent par le jeu des intérêts en conflit.


     


     


    Et pourtant, partout de la collaboration 


    Même si les mécanismes de collaboration, de relations mutuellement bénéfiques, avaient été mises en évidence par Pierre Kropotkine dans son célèbre ouvrage « L’entraide » dès 1902, ce n’est que depuis les années 1970 que foisonnent les études qui mettent en évidence, pour les plantes, les animaux et les humains la puissance de ces forces au sein de l’évolution. Fourmis, sternes arctiques, pins à écorce blanche et sapin des Rocheuses : de l’entraide entre semblables, lointains cousins mais aussi « entre organismes qui n’ont rien à voir » ! « Des mutualismes (associations diffuses entre espèces) aux symbioses (associations obligatoires), de l’action collective ponctuelle à la coévolution fusionnelle, les services se donnent et se rendent dans tous les sens … ». Le vivant est une « inextricable pelote d’interdépendance ».


    Et les humains n’échappent pas à cette règle : partout de la coopération, de l’aide, du rejet des injustices et ceci principalement en situation de crise.


     


    Environnement


    Les conditions environnementales jouent un rôle prépondérant dans l’évolution de l’entraide.


    Darwin avait effectué ses observations sous les tropiques (milieu d’abondance nutritive et de confort thermique) et Kropotkine en Sibérie (moins de nutriments et conditions bien plus rudes). Milieux pauvres en ressources ou milieux riches privilégient soit l’entraide, soit la compétition.


     


    Comment nous expliquer ces comportements ?


    L’épigénétique a montré que l’activation ou la mise en veille de certains de nos gènes est héritable ! Et nos gènes réagissent à l’environnement, nous héritons donc des réactions de nos ancêtres à leur environnement, « la culture s’imprime dans notre biologie, de génération en génération. » Les hommes n’ont pu s’adapter qu’avec et grâce aux autres, la collaboration nous est indispensable. L’obligation de réciprocité est au cœur de l’humanité, la « triple obligation de "donner-recevoir-rendre" génère un état de dépendance réciproque ».


    Nous sommes « équipés » pour la collaboration. Nos cerveaux possèdent ce que l’on appelle des « neurones miroirs » qui nous permettent de percevoir, de sentir, d’entrer en résonance avec les émotions d’autrui. Et ce « lien qui nous attache aux sentiments des autres et qui nous rend interdépendants s’appelle l’empathie. »


     


     


    Et au sein de nos sociétés s’installe (plus ou moins !) un double mécanisme « qui récompense les comportements prosociaux (la carotte) et punit les comportements antisociaux. C’est la réciprocité renforcée. Différents mécanismes feront donc apparaître et renforceront l’entraide dans nos groupes et sociétés. L’éducation et les normes sociales peuvent, ou non, renforcer notre aptitude à collaborer. Une nouvelle conception de la nature humaine irrationnelle et prosociale se dessine !


     


    Une mythologie hémiplégique


    L’ouvrage nous propose donc une vision d’un monde composé tant de compétition que de coopération. Et ces deux mouvements forment nos relations au sein des collectifs et entre les collectifs. Les capacités d’entraide sont spontanées, mais pour les maintenir, il nous faut vivre dans un contexte qui les privilégient. L’entraide trouve son origine dans un acte de don, sa logique est celle de « donner-recevoir-rendre » au cœur de tout lien social. Le maintien d’une réciprocité généralisée à l’ensemble du groupe se fait « grâce à des mécanismes qui l’étendent et la renforcent : le mécanisme de réputation, la récompense des comportements vertueux et la punition des comportements antisociaux. »


     


    Pour conclure cette petite présentation, laissons Pablo s’exprimer : 


    « En baignant dans le mythe d’une nature agressive et compétitive, nous nous sommes battus sur le terrain imaginaire adverse. Or, nous savons désormais que compétition et coopération sont des forces antagonistes très puissantes qui coexistent à tous les niveaux du vivant. En observant le monde vivant sans œillères, nous pouvons commencer à faire le deuil du mythe d’un état de nature en guerre permanente de tous contre tous, d’un combat de gladiateurs quotidien où on ne se fait pas de quartier. Voici donc la première étape pour décloisonner notre imaginaire, pour le décomplexer et lui redonner confiance dans sa capacité à faire germer la coopération. Nous pouvons enfin, grâce aux découvertes de la science des dernières décennies, nous inspirer à nouveau du monde vivant pour innover. Ainsi, l’agroécologie, la permaculture et plus largement le biomimétisme ont pris racine dans cet incroyable réservoir de soutenabilité et de coopération qu’est la vie. Elles se sont ainsi rendu compte qu’en appliquant les principes du vivant – et en particulier la coopération– au fonctionnement de nos organisations, ces dernières se portaient beaucoup mieux, prenant ainsi soin des personnes qui y travaillent. » PABLO SERVIGNE


     



     


     


     


     


    Le livre "L’entraide, l’autre loi de la jungle" par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle.


    Article de réflexion et résumé du livre par Daniel Cauchy, membre fondateur de Rencontre des Continents



     


    « La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international - la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous - ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature. »


    Gregory Bateson


     


    Si comme l’écrit François Flahault, « … la tâche de rappeler ce qui devrait être est aisée alors que celle de penser autrement ce qui est se révèle plus difficile que jamais. », nos deux auteurs affrontent une question difficile et proposent une cure de décolonisation de nos imaginaires modernes. Ils nous offrent une belle synthèse des connaissances scientifiques actuelles montrant que les « relations qui font la beauté de la nature » ne se limitent pas à la compétition et au combat de chacun contre chacun. Avec un livre comme « L’entraide, l’autre loi de la jungle », on sort complètement des discours moralisateurs ou normalisateurs nous décrivant comment le monde et les humains devraient être ! Il s’agit ici de voir la vie autrement !


    C’est un livre « médicament », il nous soigne de cette pensée bien installée dans nos têtes, nos pratiques, nos institutions, nos conceptions politiques : celle d’un homme « naturellement » mauvais, soumis à la loi de la jungle, à la « loi du plus fort », celle du combat de chacun contre chacun. Pensée qui nous propose la compétition comme seul facteur d’évolution. Comme le disent nos auteurs : « Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »


    Ce livre bouscule les frontières entre les disciplines scientifiques pour « comprendre la nature coopérative de l’être humain dans le sillage de celle des autres organismes vivants ». Et pour cela de mobiliser des connaissances issues de bien des disciplines différentes : de la biologie à l’ethnologie, des neurosciences à la génétique, de la sociologie à l’économie expérimentale. Il a pour but de « dégager des principes généraux et une architecture générale de ce que l’on pourrait désormais appeler « l’autre loi de la jungle » : celle de l’entraide.


     


    - Paradigme dominant : la compétition


    La « loi du plus fort » ou celle de la « guerre de tous contre tous », comme l’écrivait Thomas Hobbes, nous invite à voir la vie, le monde, comme une arène au sein de laquelle dominent la ruse et la force. Que le plus fort gagne ! Et notre culture « moderne et utilitariste, est effectivement devenue hypertrophiée en compétition, délaissant sa partie généreuse, altruiste et bienveillante, passablement atrophiée. »


    Nous le savons : « l’homme est un loup pour l’homme » ! La clé du succès, et de l’évolution, réside dans la compétition !


    Le dogme dominant affirme que toutes nos actions, normes, institutions et croyances s’expliquent par le jeu des intérêts en conflit.


     


     


    Et pourtant, partout de la collaboration 


    Même si les mécanismes de collaboration, de relations mutuellement bénéfiques, avaient été mises en évidence par Pierre Kropotkine dans son célèbre ouvrage « L’entraide » dès 1902, ce n’est que depuis les années 1970 que foisonnent les études qui mettent en évidence, pour les plantes, les animaux et les humains la puissance de ces forces au sein de l’évolution. Fourmis, sternes arctiques, pins à écorce blanche et sapin des Rocheuses : de l’entraide entre semblables, lointains cousins mais aussi « entre organismes qui n’ont rien à voir » ! « Des mutualismes (associations diffuses entre espèces) aux symbioses (associations obligatoires), de l’action collective ponctuelle à la coévolution fusionnelle, les services se donnent et se rendent dans tous les sens … ». Le vivant est une « inextricable pelote d’interdépendance ».


    Et les humains n’échappent pas à cette règle : partout de la coopération, de l’aide, du rejet des injustices et ceci principalement en situation de crise.


     


    Environnement


    Les conditions environnementales jouent un rôle prépondérant dans l’évolution de l’entraide.


    Darwin avait effectué ses observations sous les tropiques (milieu d’abondance nutritive et de confort thermique) et Kropotkine en Sibérie (moins de nutriments et conditions bien plus rudes). Milieux pauvres en ressources ou milieux riches privilégient soit l’entraide, soit la compétition.


     


    Comment nous expliquer ces comportements ?


    L’épigénétique a montré que l’activation ou la mise en veille de certains de nos gènes est héritable ! Et nos gènes réagissent à l’environnement, nous héritons donc des réactions de nos ancêtres à leur environnement, « la culture s’imprime dans notre biologie, de génération en génération. » Les hommes n’ont pu s’adapter qu’avec et grâce aux autres, la collaboration nous est indispensable. L’obligation de réciprocité est au cœur de l’humanité, la « triple obligation de « donner-recevoir-rendre » génère un état de dépendance réciproque ».


    Nous sommes « équipés » pour la collaboration. Nos cerveaux possèdent ce que l’on appelle des « neurones miroirs » qui nous permettent de percevoir, de sentir, d’entrer en résonance avec les émotions d’autrui. Et ce « lien qui nous attache aux sentiments des autres et qui nous rend interdépendants s’appelle l’empathie. »


     


    Et au sein de nos sociétés s’installe (plus ou moins !) un double mécanisme « qui récompense les comportements prosociaux (la carotte) et punit les comportements antisociaux. C’est la réciprocité renforcée. Différents mécanismes feront donc apparaître et renforceront l’entraide dans nos groupes et sociétés. L’éducation et les normes sociales peuvent, ou non, renforcer notre aptitude à collaborer. Une nouvelle conception de la nature humaine irrationnelle et prosociale se dessine !


     


    Une mythologie hémiplégique


    L’ouvrage nous propose donc une vision d’un monde composé tant de compétition que de coopération. Et ces deux mouvements forment nos relations au sein des collectifs et entre les collectifs. Les capacités d’entraide sont spontanées, mais pour les maintenir, il nous faut vivre dans un contexte qui les privilégient. L’entraide trouve son origine dans un acte de don, sa logique est celle de « donner-recevoir-rendre » au cœur de tout lien social. Le maintien d’une réciprocité généralisée à l’ensemble du groupe se fait « grâce à des mécanismes qui l’étendent et la renforcent : le mécanisme de réputation, la récompense des comportements vertueux et la punition des comportements antisociaux. »


     


    Pour conclure cette petite présentation, laissons Pablo s’exprimer : 


    « En baignant dans le mythe d’une nature agressive et compétitive, nous nous sommes battus sur le terrain imaginaire adverse. Or, nous savons désormais que compétition et coopération sont des forces antagonistes très puissantes qui coexistent à tous les niveaux du vivant. En observant le monde vivant sans œillères, nous pouvons commencer à faire le deuil du mythe d’un état de nature en guerre permanente de tous contre tous, d’un combat de gladiateurs quotidien où on ne se fait pas de quartier. Voici donc la première étape pour décloisonner notre imaginaire, pour le décomplexer et lui redonner confiance dans sa capacité à faire germer la coopération. Nous pouvons enfin, grâce aux découvertes de la science des dernières décennies, nous inspirer à nouveau du monde vivant pour innover. Ainsi, l’agroécologie, la permaculture et plus largement le biomimétisme ont pris racine dans cet incroyable réservoir de soutenabilité et de coopération qu’est la vie. Elles se sont ainsi rendu compte qu’en appliquant les principes du vivant – et en particulier la coopération– au fonctionnement de nos organisations, ces dernières se portaient beaucoup mieux, prenant ainsi soin des personnes qui y travaillent. » PABLO SERVIGNE


     



     


     


     


     


    Le livre "L’entraide, l’autre loi de la jungle" par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle.


    Article de réflexion et résumé du livre par Daniel Cauchy, membre fondateur de Rencontre des Continents



     


    « La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international - la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous - ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature. »


    Gregory Bateson


     


    Si comme l’écrit François Flahault, « … la tâche de rappeler ce qui devrait être est aisée alors que celle de penser autrement ce qui est se révèle plus difficile que jamais. », nos deux auteurs affrontent une question difficile et proposent une cure de décolonisation de nos imaginaires modernes. Ils nous offrent une belle synthèse des connaissances scientifiques actuelles montrant que les « relations qui font la beauté de la nature » ne se limitent pas à la compétition et au combat de chacun contre chacun. Avec un livre comme « L’entraide, l’autre loi de la jungle », on sort complètement des discours moralisateurs ou normalisateurs nous décrivant comment le monde et les humains devraient être ! Il s’agit ici de voir la vie autrement !


    C’est un livre « médicament », il nous soigne de cette pensée bien installée dans nos têtes, nos pratiques, nos institutions, nos conceptions politiques : celle d’un homme « naturellement » mauvais, soumis à la loi de la jungle, à la « loi du plus fort », celle du combat de chacun contre chacun. Pensée qui nous propose la compétition comme seul facteur d’évolution. Comme le disent nos auteurs : « Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »


    Ce livre bouscule les frontières entre les disciplines scientifiques pour « comprendre la nature coopérative de l’être humain dans le sillage de celle des autres organismes vivants ». Et pour cela de mobiliser des connaissances issues de bien des disciplines différentes : de la biologie à l’ethnologie, des neurosciences à la génétique, de la sociologie à l’économie expérimentale. Il a pour but de « dégager des principes généraux et une architecture générale de ce que l’on pourrait désormais appeler « l’autre loi de la jungle » : celle de l’entraide.


     


    - Paradigme dominant : la compétition


    La « loi du plus fort » ou celle de la « guerre de tous contre tous », comme l’écrivait Thomas Hobbes, nous invite à voir la vie, le monde, comme une arène au sein de laquelle dominent la ruse et la force. Que le plus fort gagne ! Et notre culture « moderne et utilitariste, est effectivement devenue hypertrophiée en compétition, délaissant sa partie généreuse, altruiste et bienveillante, passablement atrophiée. »


    Nous le savons : « l’homme est un loup pour l’homme » ! La clé du succès, et de l’évolution, réside dans la compétition !


    Le dogme dominant affirme que toutes nos actions, normes, institutions et croyances s’expliquent par le jeu des intérêts en conflit.


     


     


    Et pourtant, partout de la collaboration 


    Même si les mécanismes de collaboration, de relations mutuellement bénéfiques, avaient été mises en évidence par Pierre Kropotkine dans son célèbre ouvrage « L’entraide » dès 1902, ce n’est que depuis les années 1970 que foisonnent les études qui mettent en évidence, pour les plantes, les animaux et les humains la puissance de ces forces au sein de l’évolution. Fourmis, sternes arctiques, pins à écorce blanche et sapin des Rocheuses : de l’entraide entre semblables, lointains cousins mais aussi « entre organismes qui n’ont rien à voir » ! « Des mutualismes (associations diffuses entre espèces) aux symbioses (associations obligatoires), de l’action collective ponctuelle à la coévolution fusionnelle, les services se donnent et se rendent dans tous les sens … ». Le vivant est une « inextricable pelote d’interdépendance ».


    Et les humains n’échappent pas à cette règle : partout de la coopération, de l’aide, du rejet des injustices et ceci principalement en situation de crise.


     


    Environnement


    Les conditions environnementales jouent un rôle prépondérant dans l’évolution de l’entraide.


    Darwin avait effectué ses observations sous les tropiques (milieu d’abondance nutritive et de confort thermique) et Kropotkine en Sibérie (moins de nutriments et conditions bien plus rudes). Milieux pauvres en ressources ou milieux riches privilégient soit l’entraide, soit la compétition.


     


    Comment nous expliquer ces comportements ?


    L’épigénétique a montré que l’activation ou la mise en veille de certains de nos gènes est héritable ! Et nos gènes réagissent à l’environnement, nous héritons donc des réactions de nos ancêtres à leur environnement, « la culture s’imprime dans notre biologie, de génération en génération. » Les hommes n’ont pu s’adapter qu’avec et grâce aux autres, la collaboration nous est indispensable. L’obligation de réciprocité est au cœur de l’humanité, la « triple obligation de « donner-recevoir-rendre » génère un état de dépendance réciproque ».


    Nous sommes « équipés » pour la collaboration. Nos cerveaux possèdent ce que l’on appelle des « neurones miroirs » qui nous permettent de percevoir, de sentir, d’entrer en résonance avec les émotions d’autrui. Et ce « lien qui nous attache aux sentiments des autres et qui nous rend interdépendants s’appelle l’empathie. »


     


    Et au sein de nos sociétés s’installe (plus ou moins !) un double mécanisme « qui récompense les comportements prosociaux (la carotte) et punit les comportements antisociaux. C’est la réciprocité renforcée. Différents mécanismes feront donc apparaître et renforceront l’entraide dans nos groupes et sociétés. L’éducation et les normes sociales peuvent, ou non, renforcer notre aptitude à collaborer. Une nouvelle conception de la nature humaine irrationnelle et prosociale se dessine !


     


    Une mythologie hémiplégique


    L’ouvrage nous propose donc une vision d’un monde composé tant de compétition que de coopération. Et ces deux mouvements forment nos relations au sein des collectifs et entre les collectifs. Les capacités d’entraide sont spontanées, mais pour les maintenir, il nous faut vivre dans un contexte qui les privilégient. L’entraide trouve son origine dans un acte de don, sa logique est celle de « donner-recevoir-rendre » au cœur de tout lien social. Le maintien d’une réciprocité généralisée à l’ensemble du groupe se fait « grâce à des mécanismes qui l’étendent et la renforcent : le mécanisme de réputation, la récompense des comportements vertueux et la punition des comportements antisociaux. »


     


    Pour conclure cette petite présentation, laissons Pablo s’exprimer : 


    « En baignant dans le mythe d’une nature agressive et compétitive, nous nous sommes battus sur le terrain imaginaire adverse. Or, nous savons désormais que compétition et coopération sont des forces antagonistes très puissantes qui coexistent à tous les niveaux du vivant. En observant le monde vivant sans œillères, nous pouvons commencer à faire le deuil du mythe d’un état de nature en guerre permanente de tous contre tous, d’un combat de gladiateurs quotidien où on ne se fait pas de quartier. Voici donc la première étape pour décloisonner notre imaginaire, pour le décomplexer et lui redonner confiance dans sa capacité à faire germer la coopération. Nous pouvons enfin, grâce aux découvertes de la science des dernières décennies, nous inspirer à nouveau du monde vivant pour innover. Ainsi, l’agroécologie, la permaculture et plus largement le biomimétisme ont pris racine dans cet incroyable réservoir de soutenabilité et de coopération qu’est la vie. Elles se sont ainsi rendu compte qu’en appliquant les principes du vivant – et en particulier la coopération– au fonctionnement de nos organisations, ces dernières se portaient beaucoup mieux, prenant ainsi soin des personnes qui y travaillent. » PABLO SERVIGNE


     



     


     


     


     


    Le livre "L’entraide, l’autre loi de la jungle" par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle.


    Article de réflexion et résumé du livre par Daniel Cauchy, membre fondateur de Rencontre des Continents



     


    « La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international - la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous - ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature. »


    Gregory Bateson


     


    Si comme l’écrit François Flahault, « … la tâche de rappeler ce qui devrait être est aisée alors que celle de penser autrement ce qui est se révèle plus difficile que jamais. », nos deux auteurs affrontent une question difficile et proposent une cure de décolonisation de nos imaginaires modernes. Ils nous offrent une belle synthèse des connaissances scientifiques actuelles montrant que les « relations qui font la beauté de la nature » ne se limitent pas à la compétition et au combat de chacun contre chacun. Avec un livre comme « L’entraide, l’autre loi de la jungle », on sort complètement des discours moralisateurs ou normalisateurs nous décrivant comment le monde et les humains devraient être ! Il s’agit ici de voir la vie autrement !


    C’est un livre « médicament », il nous soigne de cette pensée bien installée dans nos têtes, nos pratiques, nos institutions, nos conceptions politiques : celle d’un homme « naturellement » mauvais, soumis à la loi de la jungle, à la « loi du plus fort », celle du combat de chacun contre chacun. Pensée qui nous propose la compétition comme seul facteur d’évolution. Comme le disent nos auteurs : « Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »


    Ce livre bouscule les frontières entre les disciplines scientifiques pour « comprendre la nature coopérative de l’être humain dans le sillage de celle des autres organismes vivants ». Et pour cela de mobiliser des connaissances issues de bien des disciplines différentes : de la biologie à l’ethnologie, des neurosciences à la génétique, de la sociologie à l’économie expérimentale. Il a pour but de « dégager des principes généraux et une architecture générale de ce que l’on pourrait désormais appeler « l’autre loi de la jungle » : celle de l’entraide.


     


    - Paradigme dominant : la compétition


    La « loi du plus fort » ou celle de la « guerre de tous contre tous », comme l’écrivait Thomas Hobbes, nous invite à voir la vie, le monde, comme une arène au sein de laquelle dominent la ruse et la force. Que le plus fort gagne ! Et notre culture « moderne et utilitariste, est effectivement devenue hypertrophiée en compétition, délaissant sa partie généreuse, altruiste et bienveillante, passablement atrophiée. »


    Nous le savons : « l’homme est un loup pour l’homme » ! La clé du succès, et de l’évolution, réside dans la compétition !


    Le dogme dominant affirme que toutes nos actions, normes, institutions et croyances s’expliquent par le jeu des intérêts en conflit.


     


     


    Et pourtant, partout de la collaboration 


    Même si les mécanismes de collaboration, de relations mutuellement bénéfiques, avaient été mises en évidence par Pierre Kropotkine dans son célèbre ouvrage « L’entraide » dès 1902, ce n’est que depuis les années 1970 que foisonnent les études qui mettent en évidence, pour les plantes, les animaux et les humains la puissance de ces forces au sein de l’évolution. Fourmis, sternes arctiques, pins à écorce blanche et sapin des Rocheuses : de l’entraide entre semblables, lointains cousins mais aussi « entre organismes qui n’ont rien à voir » ! « Des mutualismes (associations diffuses entre espèces) aux symbioses (associations obligatoires), de l’action collective ponctuelle à la coévolution fusionnelle, les services se donnent et se rendent dans tous les sens … ». Le vivant est une « inextricable pelote d’interdépendance ».


    Et les humains n’échappent pas à cette règle : partout de la coopération, de l’aide, du rejet des injustices et ceci principalement en situation de crise.


     


    Environnement


    Les conditions environnementales jouent un rôle prépondérant dans l’évolution de l’entraide.


    Darwin avait effectué ses observations sous les tropiques (milieu d’abondance nutritive et de confort thermique) et Kropotkine en Sibérie (moins de nutriments et conditions bien plus rudes). Milieux pauvres en ressources ou milieux riches privilégient soit l’entraide, soit la compétition.


     


    Comment nous expliquer ces comportements ?


    L’épigénétique a montré que l’activation ou la mise en veille de certains de nos gènes est héritable ! Et nos gènes réagissent à l’environnement, nous héritons donc des réactions de nos ancêtres à leur environnement, « la culture s’imprime dans notre biologie, de génération en génération. » Les hommes n’ont pu s’adapter qu’avec et grâce aux autres, la collaboration nous est indispensable. L’obligation de réciprocité est au cœur de l’humanité, la « triple obligation de « donner-recevoir-rendre » génère un état de dépendance réciproque ».


    Nous sommes « équipés » pour la collaboration. Nos cerveaux possèdent ce que l’on appelle des « neurones miroirs » qui nous permettent de percevoir, de sentir, d’entrer en résonance avec les émotions d’autrui. Et ce « lien qui nous attache aux sentiments des autres et qui nous rend interdépendants s’appelle l’empathie. »


     


    Et au sein de nos sociétés s’installe (plus ou moins !) un double mécanisme « qui récompense les comportements prosociaux (la carotte) et punit les comportements antisociaux. C’est la réciprocité renforcée. Différents mécanismes feront donc apparaître et renforceront l’entraide dans nos groupes et sociétés. L’éducation et les normes sociales peuvent, ou non, renforcer notre aptitude à collaborer. Une nouvelle conception de la nature humaine irrationnelle et prosociale se dessine !


     


    Une mythologie hémiplégique


    L’ouvrage nous propose donc une vision d’un monde composé tant de compétition que de coopération. Et ces deux mouvements forment nos relations au sein des collectifs et entre les collectifs. Les capacités d’entraide sont spontanées, mais pour les maintenir, il nous faut vivre dans un contexte qui les privilégient. L’entraide trouve son origine dans un acte de don, sa logique est celle de « donner-recevoir-rendre » au cœur de tout lien social. Le maintien d’une réciprocité généralisée à l’ensemble du groupe se fait « grâce à des mécanismes qui l’étendent et la renforcent : le mécanisme de réputation, la récompense des comportements vertueux et la punition des comportements antisociaux. »


     


    Pour conclure cette petite présentation, laissons Pablo s’exprimer : 


    « En baignant dans le mythe d’une nature agressive et compétitive, nous nous sommes battus sur le terrain imaginaire adverse. Or, nous savons désormais que compétition et coopération sont des forces antagonistes très puissantes qui coexistent à tous les niveaux du vivant. En observant le monde vivant sans œillères, nous pouvons commencer à faire le deuil du mythe d’un état de nature en guerre permanente de tous contre tous, d’un combat de gladiateurs quotidien où on ne se fait pas de quartier. Voici donc la première étape pour décloisonner notre imaginaire, pour le décomplexer et lui redonner confiance dans sa capacité à faire germer la coopération. Nous pouvons enfin, grâce aux découvertes de la science des dernières décennies, nous inspirer à nouveau du monde vivant pour innover. Ainsi, l’agroécologie, la permaculture et plus largement le biomimétisme ont pris racine dans cet incroyable réservoir de soutenabilité et de coopération qu’est la vie. Elles se sont ainsi rendu compte qu’en appliquant les principes du vivant – et en particulier la coopération– au fonctionnement de nos organisations, ces dernières se portaient beaucoup mieux, prenant ainsi soin des personnes qui y travaillent. » PABLO SERVIGNE


     



     


     


     


     


    Le livre "L’entraide, l’autre loi de la jungle" par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle.


    Article de réflexion et résumé du livre par Daniel Cauchy, membre fondateur de Rencontre des Continents



     


    « La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international - la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous - ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature. »


    Gregory Bateson


     


    Si comme l’écrit François Flahault, « … la tâche de rappeler ce qui devrait être est aisée alors que celle de penser autrement ce qui est se révèle plus difficile que jamais. », nos deux auteurs affrontent une question difficile et proposent une cure de décolonisation de nos imaginaires modernes. Ils nous offrent une belle synthèse des connaissances scientifiques actuelles montrant que les « relations qui font la beauté de la nature » ne se limitent pas à la compétition et au combat de chacun contre chacun. Avec un livre comme « L’entraide, l’autre loi de la jungle », on sort complètement des discours moralisateurs ou normalisateurs nous décrivant comment le monde et les humains devraient être ! Il s’agit ici de voir la vie autrement !


    C’est un livre « médicament », il nous soigne de cette pensée bien installée dans nos têtes, nos pratiques, nos institutions, nos conceptions politiques : celle d’un homme « naturellement » mauvais, soumis à la loi de la jungle, à la « loi du plus fort », celle du combat de chacun contre chacun. Pensée qui nous propose la compétition comme seul facteur d’évolution. Comme le disent nos auteurs : « Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »


    Ce livre bouscule les frontières entre les disciplines scientifiques pour « comprendre la nature coopérative de l’être humain dans le sillage de celle des autres organismes vivants ». Et pour cela de mobiliser des connaissances issues de bien des disciplines différentes : de la biologie à l’ethnologie, des neurosciences à la génétique, de la sociologie à l’économie expérimentale. Il a pour but de « dégager des principes généraux et une architecture générale de ce que l’on pourrait désormais appeler « l’autre loi de la jungle » : celle de l’entraide.


     


    - Paradigme dominant : la compétition


    La « loi du plus fort » ou celle de la « guerre de tous contre tous », comme l’écrivait Thomas Hobbes, nous invite à voir la vie, le monde, comme une arène au sein de laquelle dominent la ruse et la force. Que le plus fort gagne ! Et notre culture « moderne et utilitariste, est effectivement devenue hypertrophiée en compétition, délaissant sa partie généreuse, altruiste et bienveillante, passablement atrophiée. »


    Nous le savons : « l’homme est un loup pour l’homme » ! La clé du succès, et de l’évolution, réside dans la compétition !


    Le dogme dominant affirme que toutes nos actions, normes, institutions et croyances s’expliquent par le jeu des intérêts en conflit.


     


     


    Et pourtant, partout de la collaboration 


    Même si les mécanismes de collaboration, de relations mutuellement bénéfiques, avaient été mises en évidence par Pierre Kropotkine dans son célèbre ouvrage « L’entraide » dès 1902, ce n’est que depuis les années 1970 que foisonnent les études qui mettent en évidence, pour les plantes, les animaux et les humains la puissance de ces forces au sein de l’évolution. Fourmis, sternes arctiques, pins à écorce blanche et sapin des Rocheuses : de l’entraide entre semblables, lointains cousins mais aussi « entre organismes qui n’ont rien à voir » ! « Des mutualismes (associations diffuses entre espèces) aux symbioses (associations obligatoires), de l’action collective ponctuelle à la coévolution fusionnelle, les services se donnent et se rendent dans tous les sens … ». Le vivant est une « inextricable pelote d’interdépendance ».


    Et les humains n’échappent pas à cette règle : partout de la coopération, de l’aide, du rejet des injustices et ceci principalement en situation de crise.


     


    Environnement


    Les conditions environnementales jouent un rôle prépondérant dans l’évolution de l’entraide.


    Darwin avait effectué ses observations sous les tropiques (milieu d’abondance nutritive et de confort thermique) et Kropotkine en Sibérie (moins de nutriments et conditions bien plus rudes). Milieux pauvres en ressources ou milieux riches privilégient soit l’entraide, soit la compétition.


     


    Comment nous expliquer ces comportements ?


    L’épigénétique a montré que l’activation ou la mise en veille de certains de nos gènes est héritable ! Et nos gènes réagissent à l’environnement, nous héritons donc des réactions de nos ancêtres à leur environnement, « la culture s’imprime dans notre biologie, de génération en génération. » Les hommes n’ont pu s’adapter qu’avec et grâce aux autres, la collaboration nous est indispensable. L’obligation de réciprocité est au cœur de l’humanité, la « triple obligation de « donner-recevoir-rendre » génère un état de dépendance réciproque ».


    Nous sommes « équipés » pour la collaboration. Nos cerveaux possèdent ce que l’on appelle des « neurones miroirs » qui nous permettent de percevoir, de sentir, d’entrer en résonance avec les émotions d’autrui. Et ce « lien qui nous attache aux sentiments des autres et qui nous rend interdépendants s’appelle l’empathie. »


     


    Et au sein de nos sociétés s’installe (plus ou moins !) un double mécanisme « qui récompense les comportements prosociaux (la carotte) et punit les comportements antisociaux. C’est la réciprocité renforcée. Différents mécanismes feront donc apparaître et renforceront l’entraide dans nos groupes et sociétés. L’éducation et les normes sociales peuvent, ou non, renforcer notre aptitude à collaborer. Une nouvelle conception de la nature humaine irrationnelle et prosociale se dessine !


     


    Une mythologie hémiplégique


    L’ouvrage nous propose donc une vision d’un monde composé tant de compétition que de coopération. Et ces deux mouvements forment nos relations au sein des collectifs et entre les collectifs. Les capacités d’entraide sont spontanées, mais pour les maintenir, il nous faut vivre dans un contexte qui les privilégient. L’entraide trouve son origine dans un acte de don, sa logique est celle de « donner-recevoir-rendre » au cœur de tout lien social. Le maintien d’une réciprocité généralisée à l’ensemble du groupe se fait « grâce à des mécanismes qui l’étendent et la renforcent : le mécanisme de réputation, la récompense des comportements vertueux et la punition des comportements antisociaux. »


     


    Pour conclure cette petite présentation, laissons Pablo s’exprimer : 


    « En baignant dans le mythe d’une nature agressive et compétitive, nous nous sommes battus sur le terrain imaginaire adverse. Or, nous savons désormais que compétition et coopération sont des forces antagonistes très puissantes qui coexistent à tous les niveaux du vivant. En observant le monde vivant sans œillères, nous pouvons commencer à faire le deuil du mythe d’un état de nature en guerre permanente de tous contre tous, d’un combat de gladiateurs quotidien où on ne se fait pas de quartier. Voici donc la première étape pour décloisonner notre imaginaire, pour le décomplexer et lui redonner confiance dans sa capacité à faire germer la coopération. Nous pouvons enfin, grâce aux découvertes de la science des dernières décennies, nous inspirer à nouveau du monde vivant pour innover. Ainsi, l’agroécologie, la permaculture et plus largement le biomimétisme ont pris racine dans cet incroyable réservoir de soutenabilité et de coopération qu’est la vie. Elles se sont ainsi rendu compte qu’en appliquant les principes du vivant – et en particulier la coopération– au fonctionnement de nos organisations, ces dernières se portaient beaucoup mieux, prenant ainsi soin des personnes qui y travaillent. » PABLO SERVIGNE


     



     


     


     


     


    Le livre "L’entraide, l’autre loi de la jungle" par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle.


    Article de réflexion et résumé du livre par Daniel Cauchy, membre fondateur de Rencontre des Continents



     


    « La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international - la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous - ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature. »


    Gregory Bateson


     


    Si comme l’écrit François Flahault, « … la tâche de rappeler ce qui devrait être est aisée alors que celle de penser autrement ce qui est se révèle plus difficile que jamais. », nos deux auteurs affrontent une question difficile et proposent une cure de décolonisation de nos imaginaires modernes. Ils nous offrent une belle synthèse des connaissances scientifiques actuelles montrant que les « relations qui font la beauté de la nature » ne se limitent pas à la compétition et au combat de chacun contre chacun. Avec un livre comme « L’entraide, l’autre loi de la jungle », on sort complètement des discours moralisateurs ou normalisateurs nous décrivant comment le monde et les humains devraient être ! Il s’agit ici de voir la vie autrement !


    C’est un livre « médicament », il nous soigne de cette pensée bien installée dans nos têtes, nos pratiques, nos institutions, nos conceptions politiques : celle d’un homme « naturellement » mauvais, soumis à la loi de la jungle, à la « loi du plus fort », celle du combat de chacun contre chacun. Pensée qui nous propose la compétition comme seul facteur d’évolution. Comme le disent nos auteurs : « Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »


    Ce livre bouscule les frontières entre les disciplines scientifiques pour « comprendre la nature coopérative de l’être humain dans le sillage de celle des autres organismes vivants ». Et pour cela de mobiliser des connaissances issues de bien des disciplines différentes : de la biologie à l’ethnologie, des neurosciences à la génétique, de la sociologie à l’économie expérimentale. Il a pour but de « dégager des principes généraux et une architecture générale de ce que l’on pourrait désormais appeler « l’autre loi de la jungle » : celle de l’entraide.


     


    - Paradigme dominant : la compétition


    La « loi du plus fort » ou celle de la « guerre de tous contre tous », comme l’écrivait Thomas Hobbes, nous invite à voir la vie, le monde, comme une arène au sein de laquelle dominent la ruse et la force. Que le plus fort gagne ! Et notre culture « moderne et utilitariste, est effectivement devenue hypertrophiée en compétition, délaissant sa partie généreuse, altruiste et bienveillante, passablement atrophiée. »


    Nous le savons : « l’homme est un loup pour l’homme » ! La clé du succès, et de l’évolution, réside dans la compétition !


    Le dogme dominant affirme que toutes nos actions, normes, institutions et croyances s’expliquent par le jeu des intérêts en conflit.


     


     


    Et pourtant, partout de la collaboration 


    Même si les mécanismes de collaboration, de relations mutuellement bénéfiques, avaient été mises en évidence par Pierre Kropotkine dans son célèbre ouvrage « L’entraide » dès 1902, ce n’est que depuis les années 1970 que foisonnent les études qui mettent en évidence, pour les plantes, les animaux et les humains la puissance de ces forces au sein de l’évolution. Fourmis, sternes arctiques, pins à écorce blanche et sapin des Rocheuses : de l’entraide entre semblables, lointains cousins mais aussi « entre organismes qui n’ont rien à voir » ! « Des mutualismes (associations diffuses entre espèces) aux symbioses (associations obligatoires), de l’action collective ponctuelle à la coévolution fusionnelle, les services se donnent et se rendent dans tous les sens … ». Le vivant est une « inextricable pelote d’interdépendance ».


    Et les humains n’échappent pas à cette règle : partout de la coopération, de l’aide, du rejet des injustices et ceci principalement en situation de crise.


     


    Environnement


    Les conditions environnementales jouent un rôle prépondérant dans l’évolution de l’entraide.


    Darwin avait effectué ses observations sous les tropiques (milieu d’abondance nutritive et de confort thermique) et Kropotkine en Sibérie (moins de nutriments et conditions bien plus rudes). Milieux pauvres en ressources ou milieux riches privilégient soit l’entraide, soit la compétition.


     


    Comment nous expliquer ces comportements ?


    L’épigénétique a montré que l’activation ou la mise en veille de certains de nos gènes est héritable ! Et nos gènes réagissent à l’environnement, nous héritons donc des réactions de nos ancêtres à leur environnement, « la culture s’imprime dans notre biologie, de génération en génération. » Les hommes n’ont pu s’adapter qu’avec et grâce aux autres, la collaboration nous est indispensable. L’obligation de réciprocité est au cœur de l’humanité, la « triple obligation de « donner-recevoir-rendre » génère un état de dépendance réciproque ».


    Nous sommes « équipés » pour la collaboration. Nos cerveaux possèdent ce que l’on appelle des « neurones miroirs » qui nous permettent de percevoir, de sentir, d’entrer en résonance avec les émotions d’autrui. Et ce « lien qui nous attache aux sentiments des autres et qui nous rend interdépendants s’appelle l’empathie. »


     


    Et au sein de nos sociétés s’installe (plus ou moins !) un double mécanisme « qui récompense les comportements prosociaux (la carotte) et punit les comportements antisociaux. C’est la réciprocité renforcée. Différents mécanismes feront donc apparaître et renforceront l’entraide dans nos groupes et sociétés. L’éducation et les normes sociales peuvent, ou non, renforcer notre aptitude à collaborer. Une nouvelle conception de la nature humaine irrationnelle et prosociale se dessine !


     


    Une mythologie hémiplégique


    L’ouvrage nous propose donc une vision d’un monde composé tant de compétition que de coopération. Et ces deux mouvements forment nos relations au sein des collectifs et entre les collectifs. Les capacités d’entraide sont spontanées, mais pour les maintenir, il nous faut vivre dans un contexte qui les privilégient. L’entraide trouve son origine dans un acte de don, sa logique est celle de « donner-recevoir-rendre » au cœur de tout lien social. Le maintien d’une réciprocité généralisée à l’ensemble du groupe se fait « grâce à des mécanismes qui l’étendent et la renforcent : le mécanisme de réputation, la récompense des comportements vertueux et la punition des comportements antisociaux. »


     


    Pour conclure cette petite présentation, laissons Pablo s’exprimer : 


    « En baignant dans le mythe d’une nature agressive et compétitive, nous nous sommes battus sur le terrain imaginaire adverse. Or, nous savons désormais que compétition et coopération sont des forces antagonistes très puissantes qui coexistent à tous les niveaux du vivant. En observant le monde vivant sans œillères, nous pouvons commencer à faire le deuil du mythe d’un état de nature en guerre permanente de tous contre tous, d’un combat de gladiateurs quotidien où on ne se fait pas de quartier. Voici donc la première étape pour décloisonner notre imaginaire, pour le décomplexer et lui redonner confiance dans sa capacité à faire germer la coopération. Nous pouvons enfin, grâce aux découvertes de la science des dernières décennies, nous inspirer à nouveau du monde vivant pour innover. Ainsi, l’agroécologie, la permaculture et plus largement le biomimétisme ont pris racine dans cet incroyable réservoir de soutenabilité et de coopération qu’est la vie. Elles se sont ainsi rendu compte qu’en appliquant les principes du vivant – et en particulier la coopération– au fonctionnement de nos organisations, ces dernières se portaient beaucoup mieux, prenant ainsi soin des personnes qui y travaillent. » PABLO SERVIGNE


     



     


     


     


     


    Le livre "L’entraide, l’autre loi de la jungle" par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle.


    Article de réflexion et résumé du livre par Daniel Cauchy, membre fondateur de Rencontre des Continents



     


    « La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international - la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous - ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature. »


    Gregory Bateson


     


    Si comme l’écrit François Flahault, « … la tâche de rappeler ce qui devrait être est aisée alors que celle de penser autrement ce qui est se révèle plus difficile que jamais. », nos deux auteurs affrontent une question difficile et proposent une cure de décolonisation de nos imaginaires modernes. Ils nous offrent une belle synthèse des connaissances scientifiques actuelles montrant que les « relations qui font la beauté de la nature » ne se limitent pas à la compétition et au combat de chacun contre chacun. Avec un livre comme « L’entraide, l’autre loi de la jungle », on sort complètement des discours moralisateurs ou normalisateurs nous décrivant comment le monde et les humains devraient être ! Il s’agit ici de voir la vie autrement !


    C’est un livre « médicament », il nous soigne de cette pensée bien installée dans nos têtes, nos pratiques, nos institutions, nos conceptions politiques : celle d’un homme « naturellement » mauvais, soumis à la loi de la jungle, à la « loi du plus fort », celle du combat de chacun contre chacun. Pensée qui nous propose la compétition comme seul facteur d’évolution. Comme le disent nos auteurs : « Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »


    Ce livre bouscule les frontières entre les disciplines scientifiques pour « comprendre la nature coopérative de l’être humain dans le sillage de celle des autres organismes vivants ». Et pour cela de mobiliser des connaissances issues de bien des disciplines différentes : de la biologie à l’ethnologie, des neurosciences à la génétique, de la sociologie à l’économie expérimentale. Il a pour but de « dégager des principes généraux et une architecture générale de ce que l’on pourrait désormais appeler « l’autre loi de la jungle » : celle de l’entraide.


     


    - Paradigme dominant : la compétition


    La « loi du plus fort » ou celle de la « guerre de tous contre tous », comme l’écrivait Thomas Hobbes, nous invite à voir la vie, le monde, comme une arène au sein de laquelle dominent la ruse et la force. Que le plus fort gagne ! Et notre culture « moderne et utilitariste, est effectivement devenue hypertrophiée en compétition, délaissant sa partie généreuse, altruiste et bienveillante, passablement atrophiée. »


    Nous le savons : « l’homme est un loup pour l’homme » ! La clé du succès, et de l’évolution, réside dans la compétition !


    Le dogme dominant affirme que toutes nos actions, normes, institutions et croyances s’expliquent par le jeu des intérêts en conflit.


     


     


    Et pourtant, partout de la collaboration 


    Même si les mécanismes de collaboration, de relations mutuellement bénéfiques, avaient été mises en évidence par Pierre Kropotkine dans son célèbre ouvrage « L’entraide » dès 1902, ce n’est que depuis les années 1970 que foisonnent les études qui mettent en évidence, pour les plantes, les animaux et les humains la puissance de ces forces au sein de l’évolution. Fourmis, sternes arctiques, pins à écorce blanche et sapin des Rocheuses : de l’entraide entre semblables, lointains cousins mais aussi « entre organismes qui n’ont rien à voir » ! « Des mutualismes (associations diffuses entre espèces) aux symbioses (associations obligatoires), de l’action collective ponctuelle à la coévolution fusionnelle, les services se donnent et se rendent dans tous les sens … ». Le vivant est une « inextricable pelote d’interdépendance ».


    Et les humains n’échappent pas à cette règle : partout de la coopération, de l’aide, du rejet des injustices et ceci principalement en situation de crise.


     


    Environnement


    Les conditions environnementales jouent un rôle prépondérant dans l’évolution de l’entraide.


    Darwin avait effectué ses observations sous les tropiques (milieu d’abondance nutritive et de confort thermique) et Kropotkine en Sibérie (moins de nutriments et conditions bien plus rudes). Milieux pauvres en ressources ou milieux riches privilégient soit l’entraide, soit la compétition.


     


    Comment nous expliquer ces comportements ?


    L’épigénétique a montré que l’activation ou la mise en veille de certains de nos gènes est héritable ! Et nos gènes réagissent à l’environnement, nous héritons donc des réactions de nos ancêtres à leur environnement, « la culture s’imprime dans notre biologie, de génération en génération. » Les hommes n’ont pu s’adapter qu’avec et grâce aux autres, la collaboration nous est indispensable. L’obligation de réciprocité est au cœur de l’humanité, la « triple obligation de « donner-recevoir-rendre » génère un état de dépendance réciproque ».


    Nous sommes « équipés » pour la collaboration. Nos cerveaux possèdent ce que l’on appelle des « neurones miroirs » qui nous permettent de percevoir, de sentir, d’entrer en résonance avec les émotions d’autrui. Et ce « lien qui nous attache aux sentiments des autres et qui nous rend interdépendants s’appelle l’empathie. »


     


    Et au sein de nos sociétés s’installe (plus ou moins !) un double mécanisme « qui récompense les comportements prosociaux (la carotte) et punit les comportements antisociaux. C’est la réciprocité renforcée. Différents mécanismes feront donc apparaître et renforceront l’entraide dans nos groupes et sociétés. L’éducation et les normes sociales peuvent, ou non, renforcer notre aptitude à collaborer. Une nouvelle conception de la nature humaine irrationnelle et prosociale se dessine !


     


    Une mythologie hémiplégique


    L’ouvrage nous propose donc une vision d’un monde composé tant de compétition que de coopération. Et ces deux mouvements forment nos relations au sein des collectifs et entre les collectifs. Les capacités d’entraide sont spontanées, mais pour les maintenir, il nous faut vivre dans un contexte qui les privilégient. L’entraide trouve son origine dans un acte de don, sa logique est celle de « donner-recevoir-rendre » au cœur de tout lien social. Le maintien d’une réciprocité généralisée à l’ensemble du groupe se fait « grâce à des mécanismes qui l’étendent et la renforcent : le mécanisme de réputation, la récompense des comportements vertueux et la punition des comportements antisociaux. »


     


    Pour conclure cette petite présentation, laissons Pablo s’exprimer : 


    « En baignant dans le mythe d’une nature agressive et compétitive, nous nous sommes battus sur le terrain imaginaire adverse. Or, nous savons désormais que compétition et coopération sont des forces antagonistes très puissantes qui coexistent à tous les niveaux du vivant. En observant le monde vivant sans œillères, nous pouvons commencer à faire le deuil du mythe d’un état de nature en guerre permanente de tous contre tous, d’un combat de gladiateurs quotidien où on ne se fait pas de quartier. Voici donc la première étape pour décloisonner notre imaginaire, pour le décomplexer et lui redonner confiance dans sa capacité à faire germer la coopération. Nous pouvons enfin, grâce aux découvertes de la science des dernières décennies, nous inspirer à nouveau du monde vivant pour innover. Ainsi, l’agroécologie, la permaculture et plus largement le biomimétisme ont pris racine dans cet incroyable réservoir de soutenabilité et de coopération qu’est la vie. Elles se sont ainsi rendu compte qu’en appliquant les principes du vivant – et en particulier la coopération– au fonctionnement de nos organisations, ces dernières se portaient beaucoup mieux, prenant ainsi soin des personnes qui y travaillent. » PABLO SERVIGNE


     



     


     


     


     


    Le livre "L’entraide, l’autre loi de la jungle" par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle.


    Article de réflexion et résumé du livre par Daniel Cauchy, membre fondateur de Rencontre des Continents



     


    « La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international - la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous - ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature. »


    Gregory Bateson


     


    Si comme l’écrit François Flahault, « … la tâche de rappeler ce qui devrait être est aisée alors que celle de penser autrement ce qui est se révèle plus difficile que jamais. », nos deux auteurs affrontent une question difficile et proposent une cure de décolonisation de nos imaginaires modernes. Ils nous offrent une belle synthèse des connaissances scientifiques actuelles montrant que les « relations qui font la beauté de la nature » ne se limitent pas à la compétition et au combat de chacun contre chacun. Avec un livre comme « L’entraide, l’autre loi de la jungle », on sort complètement des discours moralisateurs ou normalisateurs nous décrivant comment le monde et les humains devraient être ! Il s’agit ici de voir la vie autrement !


    C’est un livre « médicament », il nous soigne de cette pensée bien installée dans nos têtes, nos pratiques, nos institutions, nos conceptions politiques : celle d’un homme « naturellement » mauvais, soumis à la loi de la jungle, à la « loi du plus fort », celle du combat de chacun contre chacun. Pensée qui nous propose la compétition comme seul facteur d’évolution. Comme le disent nos auteurs : « Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »


    Ce livre bouscule les frontières entre les disciplines scientifiques pour « comprendre la nature coopérative de l’être humain dans le sillage de celle des autres organismes vivants ». Et pour cela de mobiliser des connaissances issues de bien des disciplines différentes : de la biologie à l’ethnologie, des neurosciences à la génétique, de la sociologie à l’économie expérimentale. Il a pour but de « dégager des principes généraux et une architecture générale de ce que l’on pourrait désormais appeler « l’autre loi de la jungle » : celle de l’entraide.


     


    - Paradigme dominant : la compétition


    La « loi du plus fort » ou celle de la « guerre de tous contre tous », comme l’écrivait Thomas Hobbes, nous invite à voir la vie, le monde, comme une arène au sein de laquelle dominent la ruse et la force. Que le plus fort gagne ! Et notre culture « moderne et utilitariste, est effectivement devenue hypertrophiée en compétition, délaissant sa partie généreuse, altruiste et bienveillante, passablement atrophiée. »


    Nous le savons : « l’homme est un loup pour l’homme » ! La clé du succès, et de l’évolution, réside dans la compétition !


    Le dogme dominant affirme que toutes nos actions, normes, institutions et croyances s’expliquent par le jeu des intérêts en conflit.


     


     


    Et pourtant, partout de la collaboration 


    Même si les mécanismes de collaboration, de relations mutuellement bénéfiques, avaient été mises en évidence par Pierre Kropotkine dans son célèbre ouvrage « L’entraide » dès 1902, ce n’est que depuis les années 1970 que foisonnent les études qui mettent en évidence, pour les plantes, les animaux et les humains la puissance de ces forces au sein de l’évolution. Fourmis, sternes arctiques, pins à écorce blanche et sapin des Rocheuses : de l’entraide entre semblables, lointains cousins mais aussi « entre organismes qui n’ont rien à voir » ! « Des mutualismes (associations diffuses entre espèces) aux symbioses (associations obligatoires), de l’action collective ponctuelle à la coévolution fusionnelle, les services se donnent et se rendent dans tous les sens … ». Le vivant est une « inextricable pelote d’interdépendance ».


    Et les humains n’échappent pas à cette règle : partout de la coopération, de l’aide, du rejet des injustices et ceci principalement en situation de crise.


     


    Environnement


    Les conditions environnementales jouent un rôle prépondérant dans l’évolution de l’entraide.


    Darwin avait effectué ses observations sous les tropiques (milieu d’abondance nutritive et de confort thermique) et Kropotkine en Sibérie (moins de nutriments et conditions bien plus rudes). Milieux pauvres en ressources ou milieux riches privilégient soit l’entraide, soit la compétition.


     


    Comment nous expliquer ces comportements ?


    L’épigénétique a montré que l’activation ou la mise en veille de certains de nos gènes est héritable ! Et nos gènes réagissent à l’environnement, nous héritons donc des réactions de nos ancêtres à leur environnement, « la culture s’imprime dans notre biologie, de génération en génération. » Les hommes n’ont pu s’adapter qu’avec et grâce aux autres, la collaboration nous est indispensable. L’obligation de réciprocité est au cœur de l’humanité, la « triple obligation de « donner-recevoir-rendre » génère un état de dépendance réciproque ».


    Nous sommes « équipés » pour la collaboration. Nos cerveaux possèdent ce que l’on appelle des « neurones miroirs » qui nous permettent de percevoir, de sentir, d’entrer en résonance avec les émotions d’autrui. Et ce « lien qui nous attache aux sentiments des autres et qui nous rend interdépendants s’appelle l’empathie. »


     


    Et au sein de nos sociétés s’installe (plus ou moins !) un double mécanisme « qui récompense les comportements prosociaux (la carotte) et punit les comportements antisociaux. C’est la réciprocité renforcée. Différents mécanismes feront donc apparaître et renforceront l’entraide dans nos groupes et sociétés. L’éducation et les normes sociales peuvent, ou non, renforcer notre aptitude à collaborer. Une nouvelle conception de la nature humaine irrationnelle et prosociale se dessine !


     


    Une mythologie hémiplégique


    L’ouvrage nous propose donc une vision d’un monde composé tant de compétition que de coopération. Et ces deux mouvements forment nos relations au sein des collectifs et entre les collectifs. Les capacités d’entraide sont spontanées, mais pour les maintenir, il nous faut vivre dans un contexte qui les privilégient. L’entraide trouve son origine dans un acte de don, sa logique est celle de « donner-recevoir-rendre » au cœur de tout lien social. Le maintien d’une réciprocité généralisée à l’ensemble du groupe se fait « grâce à des mécanismes qui l’étendent et la renforcent : le mécanisme de réputation, la récompense des comportements vertueux et la punition des comportements antisociaux. »


     


    Pour conclure cette petite présentation, laissons Pablo s’exprimer : 


    « En baignant dans le mythe d’une nature agressive et compétitive, nous nous sommes battus sur le terrain imaginaire adverse. Or, nous savons désormais que compétition et coopération sont des forces antagonistes très puissantes qui coexistent à tous les niveaux du vivant. En observant le monde vivant sans œillères, nous pouvons commencer à faire le deuil du mythe d’un état de nature en guerre permanente de tous contre tous, d’un combat de gladiateurs quotidien où on ne se fait pas de quartier. Voici donc la première étape pour décloisonner notre imaginaire, pour le décomplexer et lui redonner confiance dans sa capacité à faire germer la coopération. Nous pouvons enfin, grâce aux découvertes de la science des dernières décennies, nous inspirer à nouveau du monde vivant pour innover. Ainsi, l’agroécologie, la permaculture et plus largement le biomimétisme ont pris racine dans cet incroyable réservoir de soutenabilité et de coopération qu’est la vie. Elles se sont ainsi rendu compte qu’en appliquant les principes du vivant – et en particulier la coopération– au fonctionnement de nos organisations, ces dernières se portaient beaucoup mieux, prenant ainsi soin des personnes qui y travaillent. » PABLO SERVIGNE


     



     


     


     


     


    Le livre "L’entraide, l’autre loi de la jungle" par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle.


    Article de réflexion et résumé du livre par Daniel Cauchy, membre fondateur de Rencontre des Continents



     


    « La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international - la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous - ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature. »


    Gregory Bateson


     


    Si comme l’écrit François Flahault, « … la tâche de rappeler ce qui devrait être est aisée alors que celle de penser autrement ce qui est se révèle plus difficile que jamais. », nos deux auteurs affrontent une question difficile et proposent une cure de décolonisation de nos imaginaires modernes. Ils nous offrent une belle synthèse des connaissances scientifiques actuelles montrant que les « relations qui font la beauté de la nature » ne se limitent pas à la compétition et au combat de chacun contre chacun. Avec un livre comme « L’entraide, l’autre loi de la jungle », on sort complètement des discours moralisateurs ou normalisateurs nous décrivant comment le monde et les humains devraient être ! Il s’agit ici de voir la vie autrement !


    C’est un livre « médicament », il nous soigne de cette pensée bien installée dans nos têtes, nos pratiques, nos institutions, nos conceptions politiques : celle d’un homme « naturellement » mauvais, soumis à la loi de la jungle, à la « loi du plus fort », celle du combat de chacun contre chacun. Pensée qui nous propose la compétition comme seul facteur d’évolution. Comme le disent nos auteurs : « Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »


    Ce livre bouscule les frontières entre les disciplines scientifiques pour « comprendre la nature coopérative de l’être humain dans le sillage de celle des autres organismes vivants ». Et pour cela de mobiliser des connaissances issues de bien des disciplines différentes : de la biologie à l’ethnologie, des neurosciences à la génétique, de la sociologie à l’économie expérimentale. Il a pour but de « dégager des principes généraux et une architecture générale de ce que l’on pourrait désormais appeler « l’autre loi de la jungle » : celle de l’entraide.


     


    - Paradigme dominant : la compétition


    La « loi du plus fort » ou celle de la « guerre de tous contre tous », comme l’écrivait Thomas Hobbes, nous invite à voir la vie, le monde, comme une arène au sein de laquelle dominent la ruse et la force. Que le plus fort gagne ! Et notre culture « moderne et utilitariste, est effectivement devenue hypertrophiée en compétition, délaissant sa partie généreuse, altruiste et bienveillante, passablement atrophiée. »


    Nous le savons : « l’homme est un loup pour l’homme » ! La clé du succès, et de l’évolution, réside dans la compétition !


    Le dogme dominant affirme que toutes nos actions, normes, institutions et croyances s’expliquent par le jeu des intérêts en conflit.


     


     


    Et pourtant, partout de la collaboration 


    Même si les mécanismes de collaboration, de relations mutuellement bénéfiques, avaient été mises en évidence par Pierre Kropotkine dans son célèbre ouvrage « L’entraide » dès 1902, ce n’est que depuis les années 1970 que foisonnent les études qui mettent en évidence, pour les plantes, les animaux et les humains la puissance de ces forces au sein de l’évolution. Fourmis, sternes arctiques, pins à écorce blanche et sapin des Rocheuses : de l’entraide entre semblables, lointains cousins mais aussi « entre organismes qui n’ont rien à voir » ! « Des mutualismes (associations diffuses entre espèces) aux symbioses (associations obligatoires), de l’action collective ponctuelle à la coévolution fusionnelle, les services se donnent et se rendent dans tous les sens … ». Le vivant est une « inextricable pelote d’interdépendance ».


    Et les humains n’échappent pas à cette règle : partout de la coopération, de l’aide, du rejet des injustices et ceci principalement en situation de crise.


     


    Environnement


    Les conditions environnementales jouent un rôle prépondérant dans l’évolution de l’entraide.


    Darwin avait effectué ses observations sous les tropiques (milieu d’abondance nutritive et de confort thermique) et Kropotkine en Sibérie (moins de nutriments et conditions bien plus rudes). Milieux pauvres en ressources ou milieux riches privilégient soit l’entraide, soit la compétition.


     


    Comment nous expliquer ces comportements ?


    L’épigénétique a montré que l’activation ou la mise en veille de certains de nos gènes est héritable ! Et nos gènes réagissent à l’environnement, nous héritons donc des réactions de nos ancêtres à leur environnement, « la culture s’imprime dans notre biologie, de génération en génération. » Les hommes n’ont pu s’adapter qu’avec et grâce aux autres, la collaboration nous est indispensable. L’obligation de réciprocité est au cœur de l’humanité, la « triple obligation de « donner-recevoir-rendre » génère un état de dépendance réciproque ».


    Nous sommes « équipés » pour la collaboration. Nos cerveaux possèdent ce que l’on appelle des « neurones miroirs » qui nous permettent de percevoir, de sentir, d’entrer en résonance avec les émotions d’autrui. Et ce « lien qui nous attache aux sentiments des autres et qui nous rend interdépendants s’appelle l’empathie. »


     


    Et au sein de nos sociétés s’installe (plus ou moins !) un double mécanisme « qui récompense les comportements prosociaux (la carotte) et punit les comportements antisociaux. C’est la réciprocité renforcée. Différents mécanismes feront donc apparaître et renforceront l’entraide dans nos groupes et sociétés. L’éducation et les normes sociales peuvent, ou non, renforcer notre aptitude à collaborer. Une nouvelle conception de la nature humaine irrationnelle et prosociale se dessine !


     


    Une mythologie hémiplégique


    L’ouvrage nous propose donc une vision d’un monde composé tant de compétition que de coopération. Et ces deux mouvements forment nos relations au sein des collectifs et entre les collectifs. Les capacités d’entraide sont spontanées, mais pour les maintenir, il nous faut vivre dans un contexte qui les privilégient. L’entraide trouve son origine dans un acte de don, sa logique est celle de « donner-recevoir-rendre » au cœur de tout lien social. Le maintien d’une réciprocité généralisée à l’ensemble du groupe se fait « grâce à des mécanismes qui l’étendent et la renforcent : le mécanisme de réputation, la récompense des comportements vertueux et la punition des comportements antisociaux. »


     


    Pour conclure cette petite présentation, laissons Pablo s’exprimer : 


    « En baignant dans le mythe d’une nature agressive et compétitive, nous nous sommes battus sur le terrain imaginaire adverse. Or, nous savons désormais que compétition et coopération sont des forces antagonistes très puissantes qui coexistent à tous les niveaux du vivant. En observant le monde vivant sans œillères, nous pouvons commencer à faire le deuil du mythe d’un état de nature en guerre permanente de tous contre tous, d’un combat de gladiateurs quotidien où on ne se fait pas de quartier. Voici donc la première étape pour décloisonner notre imaginaire, pour le décomplexer et lui redonner confiance dans sa capacité à faire germer la coopération. Nous pouvons enfin, grâce aux découvertes de la science des dernières décennies, nous inspirer à nouveau du monde vivant pour innover. Ainsi, l’agroécologie, la permaculture et plus largement le biomimétisme ont pris racine dans cet incroyable réservoir de soutenabilité et de coopération qu’est la vie. Elles se sont ainsi rendu compte qu’en appliquant les principes du vivant – et en particulier la coopération– au fonctionnement de nos organisations, ces dernières se portaient beaucoup mieux, prenant ainsi soin des personnes qui y travaillent. » PABLO SERVIGNE


     



     


     


     


     


    Le livre "L’entraide, l’autre loi de la jungle" par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle.


    Article de réflexion et résumé du livre par Daniel Cauchy, membre fondateur de Rencontre des Continents



     


    « La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international - la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous - ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature. »


    Gregory Bateson


     


    Si comme l’écrit François Flahault, « … la tâche de rappeler ce qui devrait être est aisée alors que celle de penser autrement ce qui est se révèle plus difficile que jamais. », nos deux auteurs affrontent une question difficile et proposent une cure de décolonisation de nos imaginaires modernes. Ils nous offrent une belle synthèse des connaissances scientifiques actuelles montrant que les « relations qui font la beauté de la nature » ne se limitent pas à la compétition et au combat de chacun contre chacun. Avec un livre comme « L’entraide, l’autre loi de la jungle », on sort complètement des discours moralisateurs ou normalisateurs nous décrivant comment le monde et les humains devraient être ! Il s’agit ici de voir la vie autrement !


    C’est un livre « médicament », il nous soigne de cette pensée bien installée dans nos têtes, nos pratiques, nos institutions, nos conceptions politiques : celle d’un homme « naturellement » mauvais, soumis à la loi de la jungle, à la « loi du plus fort », celle du combat de chacun contre chacun. Pensée qui nous propose la compétition comme seul facteur d’évolution. Comme le disent nos auteurs : « Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »


    Ce livre bouscule les frontières entre les disciplines scientifiques pour « comprendre la nature coopérative de l’être humain dans le sillage de celle des autres organismes vivants ». Et pour cela de mobiliser des connaissances issues de bien des disciplines différentes : de la biologie à l’ethnologie, des neurosciences à la génétique, de la sociologie à l’économie expérimentale. Il a pour but de « dégager des principes généraux et une architecture générale de ce que l’on pourrait désormais appeler « l’autre loi de la jungle » : celle de l’entraide.


     


    - Paradigme dominant : la compétition


    La « loi du plus fort » ou celle de la « guerre de tous contre tous », comme l’écrivait Thomas Hobbes, nous invite à voir la vie, le monde, comme une arène au sein de laquelle dominent la ruse et la force. Que le plus fort gagne ! Et notre culture « moderne et utilitariste, est effectivement devenue hypertrophiée en compétition, délaissant sa partie généreuse, altruiste et bienveillante, passablement atrophiée. »


    Nous le savons : « l’homme est un loup pour l’homme » ! La clé du succès, et de l’évolution, réside dans la compétition !


    Le dogme dominant affirme que toutes nos actions, normes, institutions et croyances s’expliquent par le jeu des intérêts en conflit.


     


     


    Et pourtant, partout de la collaboration 


    Même si les mécanismes de collaboration, de relations mutuellement bénéfiques, avaient été mises en évidence par Pierre Kropotkine dans son célèbre ouvrage « L’entraide » dès 1902, ce n’est que depuis les années 1970 que foisonnent les études qui mettent en évidence, pour les plantes, les animaux et les humains la puissance de ces forces au sein de l’évolution. Fourmis, sternes arctiques, pins à écorce blanche et sapin des Rocheuses : de l’entraide entre semblables, lointains cousins mais aussi « entre organismes qui n’ont rien à voir » ! « Des mutualismes (associations diffuses entre espèces) aux symbioses (associations obligatoires), de l’action collective ponctuelle à la coévolution fusionnelle, les services se donnent et se rendent dans tous les sens … ». Le vivant est une « inextricable pelote d’interdépendance ».


    Et les humains n’échappent pas à cette règle : partout de la coopération, de l’aide, du rejet des injustices et ceci principalement en situation de crise.


     


    Environnement


    Les conditions environnementales jouent un rôle prépondérant dans l’évolution de l’entraide.


    Darwin avait effectué ses observations sous les tropiques (milieu d’abondance nutritive et de confort thermique) et Kropotkine en Sibérie (moins de nutriments et conditions bien plus rudes). Milieux pauvres en ressources ou milieux riches privilégient soit l’entraide, soit la compétition.


     


    Comment nous expliquer ces comportements ?


    L’épigénétique a montré que l’activation ou la mise en veille de certains de nos gènes est héritable ! Et nos gènes réagissent à l’environnement, nous héritons donc des réactions de nos ancêtres à leur environnement, « la culture s’imprime dans notre biologie, de génération en génération. » Les hommes n’ont pu s’adapter qu’avec et grâce aux autres, la collaboration nous est indispensable. L’obligation de réciprocité est au cœur de l’humanité, la « triple obligation de « donner-recevoir-rendre » génère un état de dépendance réciproque ».


    Nous sommes « équipés » pour la collaboration. Nos cerveaux possèdent ce que l’on appelle des « neurones miroirs » qui nous permettent de percevoir, de sentir, d’entrer en résonance avec les émotions d’autrui. Et ce « lien qui nous attache aux sentiments des autres et qui nous rend interdépendants s’appelle l’empathie. »


     


    Et au sein de nos sociétés s’installe (plus ou moins !) un double mécanisme « qui récompense les comportements prosociaux (la carotte) et punit les comportements antisociaux. C’est la réciprocité renforcée. Différents mécanismes feront donc apparaître et renforceront l’entraide dans nos groupes et sociétés. L’éducation et les normes sociales peuvent, ou non, renforcer notre aptitude à collaborer. Une nouvelle conception de la nature humaine irrationnelle et prosociale se dessine !


     


    Une mythologie hémiplégique


    L’ouvrage nous propose donc une vision d’un monde composé tant de compétition que de coopération. Et ces deux mouvements forment nos relations au sein des collectifs et entre les collectifs. Les capacités d’entraide sont spontanées, mais pour les maintenir, il nous faut vivre dans un contexte qui les privilégient. L’entraide trouve son origine dans un acte de don, sa logique est celle de « donner-recevoir-rendre » au cœur de tout lien social. Le maintien d’une réciprocité généralisée à l’ensemble du groupe se fait « grâce à des mécanismes qui l’étendent et la renforcent : le mécanisme de réputation, la récompense des comportements vertueux et la punition des comportements antisociaux. »


     


    Pour conclure cette petite présentation, laissons Pablo s’exprimer : 


    « En baignant dans le mythe d’une nature agressive et compétitive, nous nous sommes battus sur le terrain imaginaire adverse. Or, nous savons désormais que compétition et coopération sont des forces antagonistes très puissantes qui coexistent à tous les niveaux du vivant. En observant le monde vivant sans œillères, nous pouvons commencer à faire le deuil du mythe d’un état de nature en guerre permanente de tous contre tous, d’un combat de gladiateurs quotidien où on ne se fait pas de quartier. Voici donc la première étape pour décloisonner notre imaginaire, pour le décomplexer et lui redonner confiance dans sa capacité à faire germer la coopération. Nous pouvons enfin, grâce aux découvertes de la science des dernières décennies, nous inspirer à nouveau du monde vivant pour innover. Ainsi, l’agroécologie, la permaculture et plus largement le biomimétisme ont pris racine dans cet incroyable réservoir de soutenabilité et de coopération qu’est la vie. Elles se sont ainsi rendu compte qu’en appliquant les principes du vivant – et en particulier la coopération– au fonctionnement de nos organisations, ces dernières se portaient beaucoup mieux, prenant ainsi soin des personnes qui y travaillent. » PABLO SERVIGNE


     



     


     


     


     


    Le livre "L’entraide, l’autre loi de la jungle" par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle.


    Article de réflexion et résumé du livre par Daniel Cauchy, membre fondateur de Rencontre des Continents



     


    « La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international - la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous - ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature. »


    Gregory Bateson


     


    Si comme l’écrit François Flahault, « … la tâche de rappeler ce qui devrait être est aisée alors que celle de penser autrement ce qui est se révèle plus difficile que jamais. », nos deux auteurs affrontent une question difficile et proposent une cure de décolonisation de nos imaginaires modernes. Ils nous offrent une belle synthèse des connaissances scientifiques actuelles montrant que les « relations qui font la beauté de la nature » ne se limitent pas à la compétition et au combat de chacun contre chacun. Avec un livre comme « L’entraide, l’autre loi de la jungle », on sort complètement des discours moralisateurs ou normalisateurs nous décrivant comment le monde et les humains devraient être ! Il s’agit ici de voir la vie autrement !


    C’est un livre « médicament », il nous soigne de cette pensée bien installée dans nos têtes, nos pratiques, nos institutions, nos conceptions politiques : celle d’un homme « naturellement » mauvais, soumis à la loi de la jungle, à la « loi du plus fort », celle du combat de chacun contre chacun. Pensée qui nous propose la compétition comme seul facteur d’évolution. Comme le disent nos auteurs : « Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »


    Ce livre bouscule les frontières entre les disciplines scientifiques pour « comprendre la nature coopérative de l’être humain dans le sillage de celle des autres organismes vivants ». Et pour cela de mobiliser des connaissances issues de bien des disciplines différentes : de la biologie à l’ethnologie, des neurosciences à la génétique, de la sociologie à l’économie expérimentale. Il a pour but de « dégager des principes généraux et une architecture générale de ce que l’on pourrait désormais appeler « l’autre loi de la jungle » : celle de l’entraide.


     


    - Paradigme dominant : la compétition


    La « loi du plus fort » ou celle de la « guerre de tous contre tous », comme l’écrivait Thomas Hobbes, nous invite à voir la vie, le monde, comme une arène au sein de laquelle dominent la ruse et la force. Que le plus fort gagne ! Et notre culture « moderne et utilitariste, est effectivement devenue hypertrophiée en compétition, délaissant sa partie généreuse, altruiste et bienveillante, passablement atrophiée. »


    Nous le savons : « l’homme est un loup pour l’homme » ! La clé du succès, et de l’évolution, réside dans la compétition !


    Le dogme dominant affirme que toutes nos actions, normes, institutions et croyances s’expliquent par le jeu des intérêts en conflit.


     


     


    Et pourtant, partout de la collaboration 


    Même si les mécanismes de collaboration, de relations mutuellement bénéfiques, avaient été mises en évidence par Pierre Kropotkine dans son célèbre ouvrage « L’entraide » dès 1902, ce n’est que depuis les années 1970 que foisonnent les études qui mettent en évidence, pour les plantes, les animaux et les humains la puissance de ces forces au sein de l’évolution. Fourmis, sternes arctiques, pins à écorce blanche et sapin des Rocheuses : de l’entraide entre semblables, lointains cousins mais aussi « entre organismes qui n’ont rien à voir » ! « Des mutualismes (associations diffuses entre espèces) aux symbioses (associations obligatoires), de l’action collective ponctuelle à la coévolution fusionnelle, les services se donnent et se rendent dans tous les sens … ». Le vivant est une « inextricable pelote d’interdépendance ».


    Et les humains n’échappent pas à cette règle : partout de la coopération, de l’aide, du rejet des injustices et ceci principalement en situation de crise.


     


    Environnement


    Les conditions environnementales jouent un rôle prépondérant dans l’évolution de l’entraide.


    Darwin avait effectué ses observations sous les tropiques (milieu d’abondance nutritive et de confort thermique) et Kropotkine en Sibérie (moins de nutriments et conditions bien plus rudes). Milieux pauvres en ressources ou milieux riches privilégient soit l’entraide, soit la compétition.


     


    Comment nous expliquer ces comportements ?


    L’épigénétique a montré que l’activation ou la mise en veille de certains de nos gènes est héritable ! Et nos gènes réagissent à l’environnement, nous héritons donc des réactions de nos ancêtres à leur environnement, « la culture s’imprime dans notre biologie, de génération en génération. » Les hommes n’ont pu s’adapter qu’avec et grâce aux autres, la collaboration nous est indispensable. L’obligation de réciprocité est au cœur de l’humanité, la « triple obligation de « donner-recevoir-rendre » génère un état de dépendance réciproque ».


    Nous sommes « équipés » pour la collaboration. Nos cerveaux possèdent ce que l’on appelle des « neurones miroirs » qui nous permettent de percevoir, de sentir, d’entrer en résonance avec les émotions d’autrui. Et ce « lien qui nous attache aux sentiments des autres et qui nous rend interdépendants s’appelle l’empathie. »


     


    Et au sein de nos sociétés s’installe (plus ou moins !) un double mécanisme « qui récompense les comportements prosociaux (la carotte) et punit les comportements antisociaux. C’est la réciprocité renforcée. Différents mécanismes feront donc apparaître et renforceront l’entraide dans nos groupes et sociétés. L’éducation et les normes sociales peuvent, ou non, renforcer notre aptitude à collaborer. Une nouvelle conception de la nature humaine irrationnelle et prosociale se dessine !


     


    Une mythologie hémiplégique


    L’ouvrage nous propose donc une vision d’un monde composé tant de compétition que de coopération. Et ces deux mouvements forment nos relations au sein des collectifs et entre les collectifs. Les capacités d’entraide sont spontanées, mais pour les maintenir, il nous faut vivre dans un contexte qui les privilégient. L’entraide trouve son origine dans un acte de don, sa logique est celle de « donner-recevoir-rendre » au cœur de tout lien social. Le maintien d’une réciprocité généralisée à l’ensemble du groupe se fait « grâce à des mécanismes qui l’étendent et la renforcent : le mécanisme de réputation, la récompense des comportements vertueux et la punition des comportements antisociaux. »


     


    Pour conclure cette petite présentation, laissons Pablo s’exprimer : 


    « En baignant dans le mythe d’une nature agressive et compétitive, nous nous sommes battus sur le terrain imaginaire adverse. Or, nous savons désormais que compétition et coopération sont des forces antagonistes très puissantes qui coexistent à tous les niveaux du vivant. En observant le monde vivant sans œillères, nous pouvons commencer à faire le deuil du mythe d’un état de nature en guerre permanente de tous contre tous, d’un combat de gladiateurs quotidien où on ne se fait pas de quartier. Voici donc la première étape pour décloisonner notre imaginaire, pour le décomplexer et lui redonner confiance dans sa capacité à faire germer la coopération. Nous pouvons enfin, grâce aux découvertes de la science des dernières décennies, nous inspirer à nouveau du monde vivant pour innover. Ainsi, l’agroécologie, la permaculture et plus largement le biomimétisme ont pris racine dans cet incroyable réservoir de soutenabilité et de coopération qu’est la vie. Elles se sont ainsi rendu compte qu’en appliquant les principes du vivant – et en particulier la coopération– au fonctionnement de nos organisations, ces dernières se portaient beaucoup mieux, prenant ainsi soin des personnes qui y travaillent. » PABLO SERVIGNE


     



     


     


     


     


    Le livre "L’entraide, l’autre loi de la jungle" par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle.


    Article de réflexion et résumé du livre par Daniel Cauchy, membre fondateur de Rencontre des Continents



     


    « La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international - la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous - ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature. »


    Gregory Bateson


     


    Si comme l’écrit François Flahault, « … la tâche de rappeler ce qui devrait être est aisée alors que celle de penser autrement ce qui est se révèle plus difficile que jamais. », nos deux auteurs affrontent une question difficile et proposent une cure de décolonisation de nos imaginaires modernes. Ils nous offrent une belle synthèse des connaissances scientifiques actuelles montrant que les « relations qui font la beauté de la nature » ne se limitent pas à la compétition et au combat de chacun contre chacun. Avec un livre comme « L’entraide, l’autre loi de la jungle », on sort complètement des discours moralisateurs ou normalisateurs nous décrivant comment le monde et les humains devraient être ! Il s’agit ici de voir la vie autrement !


    C’est un livre « médicament », il nous soigne de cette pensée bien installée dans nos têtes, nos pratiques, nos institutions, nos conceptions politiques : celle d’un homme « naturellement » mauvais, soumis à la loi de la jungle, à la « loi du plus fort », celle du combat de chacun contre chacun. Pensée qui nous propose la compétition comme seul facteur d’évolution. Comme le disent nos auteurs : « Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »


    Ce livre bouscule les frontières entre les disciplines scientifiques pour « comprendre la nature coopérative de l’être humain dans le sillage de celle des autres organismes vivants ». Et pour cela de mobiliser des connaissances issues de bien des disciplines différentes : de la biologie à l’ethnologie, des neurosciences à la génétique, de la sociologie à l’économie expérimentale. Il a pour but de « dégager des principes généraux et une architecture générale de ce que l’on pourrait désormais appeler « l’autre loi de la jungle » : celle de l’entraide.


     


    - Paradigme dominant : la compétition


    La « loi du plus fort » ou celle de la « guerre de tous contre tous », comme l’écrivait Thomas Hobbes, nous invite à voir la vie, le monde, comme une arène au sein de laquelle dominent la ruse et la force. Que le plus fort gagne ! Et notre culture « moderne et utilitariste, est effectivement devenue hypertrophiée en compétition, délaissant sa partie généreuse, altruiste et bienveillante, passablement atrophiée. »


    Nous le savons : « l’homme est un loup pour l’homme » ! La clé du succès, et de l’évolution, réside dans la compétition !


    Le dogme dominant affirme que toutes nos actions, normes, institutions et croyances s’expliquent par le jeu des intérêts en conflit.


     


     


    Et pourtant, partout de la collaboration 


    Même si les mécanismes de collaboration, de relations mutuellement bénéfiques, avaient été mises en évidence par Pierre Kropotkine dans son célèbre ouvrage « L’entraide » dès 1902, ce n’est que depuis les années 1970 que foisonnent les études qui mettent en évidence, pour les plantes, les animaux et les humains la puissance de ces forces au sein de l’évolution. Fourmis, sternes arctiques, pins à écorce blanche et sapin des Rocheuses : de l’entraide entre semblables, lointains cousins mais aussi « entre organismes qui n’ont rien à voir » ! « Des mutualismes (associations diffuses entre espèces) aux symbioses (associations obligatoires), de l’action collective ponctuelle à la coévolution fusionnelle, les services se donnent et se rendent dans tous les sens … ». Le vivant est une « inextricable pelote d’interdépendance ».


    Et les humains n’échappent pas à cette règle : partout de la coopération, de l’aide, du rejet des injustices et ceci principalement en situation de crise.


     


    Environnement


    Les conditions environnementales jouent un rôle prépondérant dans l’évolution de l’entraide.


    Darwin avait effectué ses observations sous les tropiques (milieu d’abondance nutritive et de confort thermique) et Kropotkine en Sibérie (moins de nutriments et conditions bien plus rudes). Milieux pauvres en ressources ou milieux riches privilégient soit l’entraide, soit la compétition.


     


    Comment nous expliquer ces comportements ?


    L’épigénétique a montré que l’activation ou la mise en veille de certains de nos gènes est héritable ! Et nos gènes réagissent à l’environnement, nous héritons donc des réactions de nos ancêtres à leur environnement, « la culture s’imprime dans notre biologie, de génération en génération. » Les hommes n’ont pu s’adapter qu’avec et grâce aux autres, la collaboration nous est indispensable. L’obligation de réciprocité est au cœur de l’humanité, la « triple obligation de « donner-recevoir-rendre » génère un état de dépendance réciproque ».


    Nous sommes « équipés » pour la collaboration. Nos cerveaux possèdent ce que l’on appelle des « neurones miroirs » qui nous permettent de percevoir, de sentir, d’entrer en résonance avec les émotions d’autrui. Et ce « lien qui nous attache aux sentiments des autres et qui nous rend interdépendants s’appelle l’empathie. »


     


    Et au sein de nos sociétés s’installe (plus ou moins !) un double mécanisme « qui récompense les comportements prosociaux (la carotte) et punit les comportements antisociaux. C’est la réciprocité renforcée. Différents mécanismes feront donc apparaître et renforceront l’entraide dans nos groupes et sociétés. L’éducation et les normes sociales peuvent, ou non, renforcer notre aptitude à collaborer. Une nouvelle conception de la nature humaine irrationnelle et prosociale se dessine !


     


    Une mythologie hémiplégique


    L’ouvrage nous propose donc une vision d’un monde composé tant de compétition que de coopération. Et ces deux mouvements forment nos relations au sein des collectifs et entre les collectifs. Les capacités d’entraide sont spontanées, mais pour les maintenir, il nous faut vivre dans un contexte qui les privilégient. L’entraide trouve son origine dans un acte de don, sa logique est celle de « donner-recevoir-rendre » au cœur de tout lien social. Le maintien d’une réciprocité généralisée à l’ensemble du groupe se fait « grâce à des mécanismes qui l’étendent et la renforcent : le mécanisme de réputation, la récompense des comportements vertueux et la punition des comportements antisociaux. »


     


    Pour conclure cette petite présentation, laissons Pablo s’exprimer : 


    « En baignant dans le mythe d’une nature agressive et compétitive, nous nous sommes battus sur le terrain imaginaire adverse. Or, nous savons désormais que compétition et coopération sont des forces antagonistes très puissantes qui coexistent à tous les niveaux du vivant. En observant le monde vivant sans œillères, nous pouvons commencer à faire le deuil du mythe d’un état de nature en guerre permanente de tous contre tous, d’un combat de gladiateurs quotidien où on ne se fait pas de quartier. Voici donc la première étape pour décloisonner notre imaginaire, pour le décomplexer et lui redonner confiance dans sa capacité à faire germer la coopération. Nous pouvons enfin, grâce aux découvertes de la science des dernières décennies, nous inspirer à nouveau du monde vivant pour innover. Ainsi, l’agroécologie, la permaculture et plus largement le biomimétisme ont pris racine dans cet incroyable réservoir de soutenabilité et de coopération qu’est la vie. Elles se sont ainsi rendu compte qu’en appliquant les principes du vivant – et en particulier la coopération– au fonctionnement de nos organisations, ces dernières se portaient beaucoup mieux, prenant ainsi soin des personnes qui y travaillent. » PABLO SERVIGNE


     



     


     


     


     


    Le livre "L’entraide, l’autre loi de la jungle" par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle.


    Article de réflexion et résumé du livre par Daniel Cauchy, membre fondateur de Rencontre des Continents



     


    « La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international - la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous - ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature. »


    Gregory Bateson


     


    Si comme l’écrit François Flahault, « … la tâche de rappeler ce qui devrait être est aisée alors que celle de penser autrement ce qui est se révèle plus difficile que jamais. », nos deux auteurs affrontent une question difficile et proposent une cure de décolonisation de nos imaginaires modernes. Ils nous offrent une belle synthèse des connaissances scientifiques actuelles montrant que les « relations qui font la beauté de la nature » ne se limitent pas à la compétition et au combat de chacun contre chacun. Avec un livre comme « L’entraide, l’autre loi de la jungle », on sort complètement des discours moralisateurs ou normalisateurs nous décrivant comment le monde et les humains devraient être ! Il s’agit ici de voir la vie autrement !


    C’est un livre « médicament », il nous soigne de cette pensée bien installée dans nos têtes, nos pratiques, nos institutions, nos conceptions politiques : celle d’un homme « naturellement » mauvais, soumis à la loi de la jungle, à la « loi du plus fort », celle du combat de chacun contre chacun. Pensée qui nous propose la compétition comme seul facteur d’évolution. Comme le disent nos auteurs : « Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »


    Ce livre bouscule les frontières entre les disciplines scientifiques pour « comprendre la nature coopérative de l’être humain dans le sillage de celle des autres organismes vivants ». Et pour cela de mobiliser des connaissances issues de bien des disciplines différentes : de la biologie à l’ethnologie, des neurosciences à la génétique, de la sociologie à l’économie expérimentale. Il a pour but de « dégager des principes généraux et une architecture générale de ce que l’on pourrait désormais appeler « l’autre loi de la jungle » : celle de l’entraide.


     


    - Paradigme dominant : la compétition


    La « loi du plus fort » ou celle de la « guerre de tous contre tous », comme l’écrivait Thomas Hobbes, nous invite à voir la vie, le monde, comme une arène au sein de laquelle dominent la ruse et la force. Que le plus fort gagne ! Et notre culture « moderne et utilitariste, est effectivement devenue hypertrophiée en compétition, délaissant sa partie généreuse, altruiste et bienveillante, passablement atrophiée. »


    Nous le savons : « l’homme est un loup pour l’homme » ! La clé du succès, et de l’évolution, réside dans la compétition !


    Le dogme dominant affirme que toutes nos actions, normes, institutions et croyances s’expliquent par le jeu des intérêts en conflit.


     


     


    Et pourtant, partout de la collaboration 


    Même si les mécanismes de collaboration, de relations mutuellement bénéfiques, avaient été mises en évidence par Pierre Kropotkine dans son célèbre ouvrage « L’entraide » dès 1902, ce n’est que depuis les années 1970 que foisonnent les études qui mettent en évidence, pour les plantes, les animaux et les humains la puissance de ces forces au sein de l’évolution. Fourmis, sternes arctiques, pins à écorce blanche et sapin des Rocheuses : de l’entraide entre semblables, lointains cousins mais aussi « entre organismes qui n’ont rien à voir » ! « Des mutualismes (associations diffuses entre espèces) aux symbioses (associations obligatoires), de l’action collective ponctuelle à la coévolution fusionnelle, les services se donnent et se rendent dans tous les sens … ». Le vivant est une « inextricable pelote d’interdépendance ».


    Et les humains n’échappent pas à cette règle : partout de la coopération, de l’aide, du rejet des injustices et ceci principalement en situation de crise.


     


    Environnement


    Les conditions environnementales jouent un rôle prépondérant dans l’évolution de l’entraide.


    Darwin avait effectué ses observations sous les tropiques (milieu d’abondance nutritive et de confort thermique) et Kropotkine en Sibérie (moins de nutriments et conditions bien plus rudes). Milieux pauvres en ressources ou milieux riches privilégient soit l’entraide, soit la compétition.


     


    Comment nous expliquer ces comportements ?


    L’épigénétique a montré que l’activation ou la mise en veille de certains de nos gènes est héritable ! Et nos gènes réagissent à l’environnement, nous héritons donc des réactions de nos ancêtres à leur environnement, « la culture s’imprime dans notre biologie, de génération en génération. » Les hommes n’ont pu s’adapter qu’avec et grâce aux autres, la collaboration nous est indispensable. L’obligation de réciprocité est au cœur de l’humanité, la « triple obligation de « donner-recevoir-rendre » génère un état de dépendance réciproque ».


    Nous sommes « équipés » pour la collaboration. Nos cerveaux possèdent ce que l’on appelle des « neurones miroirs » qui nous permettent de percevoir, de sentir, d’entrer en résonance avec les émotions d’autrui. Et ce « lien qui nous attache aux sentiments des autres et qui nous rend interdépendants s’appelle l’empathie. »


     


    Et au sein de nos sociétés s’installe (plus ou moins !) un double mécanisme « qui récompense les comportements prosociaux (la carotte) et punit les comportements antisociaux. C’est la réciprocité renforcée. Différents mécanismes feront donc apparaître et renforceront l’entraide dans nos groupes et sociétés. L’éducation et les normes sociales peuvent, ou non, renforcer notre aptitude à collaborer. Une nouvelle conception de la nature humaine irrationnelle et prosociale se dessine !


     


    Une mythologie hémiplégique


    L’ouvrage nous propose donc une vision d’un monde composé tant de compétition que de coopération. Et ces deux mouvements forment nos relations au sein des collectifs et entre les collectifs. Les capacités d’entraide sont spontanées, mais pour les maintenir, il nous faut vivre dans un contexte qui les privilégient. L’entraide trouve son origine dans un acte de don, sa logique est celle de « donner-recevoir-rendre » au cœur de tout lien social. Le maintien d’une réciprocité généralisée à l’ensemble du groupe se fait « grâce à des mécanismes qui l’étendent et la renforcent : le mécanisme de réputation, la récompense des comportements vertueux et la punition des comportements antisociaux. »


     


    Pour conclure cette petite présentation, laissons Pablo s’exprimer : 


    « En baignant dans le mythe d’une nature agressive et compétitive, nous nous sommes battus sur le terrain imaginaire adverse. Or, nous savons désormais que compétition et coopération sont des forces antagonistes très puissantes qui coexistent à tous les niveaux du vivant. En observant le monde vivant sans œillères, nous pouvons commencer à faire le deuil du mythe d’un état de nature en guerre permanente de tous contre tous, d’un combat de gladiateurs quotidien où on ne se fait pas de quartier. Voici donc la première étape pour décloisonner notre imaginaire, pour le décomplexer et lui redonner confiance dans sa capacité à faire germer la coopération. Nous pouvons enfin, grâce aux découvertes de la science des dernières décennies, nous inspirer à nouveau du monde vivant pour innover. Ainsi, l’agroécologie, la permaculture et plus largement le biomimétisme ont pris racine dans cet incroyable réservoir de soutenabilité et de coopération qu’est la vie. Elles se sont ainsi rendu compte qu’en appliquant les principes du vivant – et en particulier la coopération– au fonctionnement de nos organisations, ces dernières se portaient beaucoup mieux, prenant ainsi soin des personnes qui y travaillent. » PABLO SERVIGNE


     



     


     


     


     


    Le livre "L’entraide, l’autre loi de la jungle" par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle.


    Article de réflexion et résumé du livre par Daniel Cauchy, membre fondateur de Rencontre des Continents



     


    « La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international - la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous - ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature. »


    Gregory Bateson


     


    Si comme l’écrit François Flahault, « … la tâche de rappeler ce qui devrait être est aisée alors que celle de penser autrement ce qui est se révèle plus difficile que jamais. », nos deux auteurs affrontent une question difficile et proposent une cure de décolonisation de nos imaginaires modernes. Ils nous offrent une belle synthèse des connaissances scientifiques actuelles montrant que les « relations qui font la beauté de la nature » ne se limitent pas à la compétition et au combat de chacun contre chacun. Avec un livre comme « L’entraide, l’autre loi de la jungle », on sort complètement des discours moralisateurs ou normalisateurs nous décrivant comment le monde et les humains devraient être ! Il s’agit ici de voir la vie autrement !


    C’est un livre « médicament », il nous soigne de cette pensée bien installée dans nos têtes, nos pratiques, nos institutions, nos conceptions politiques : celle d’un homme « naturellement » mauvais, soumis à la loi de la jungle, à la « loi du plus fort », celle du combat de chacun contre chacun. Pensée qui nous propose la compétition comme seul facteur d’évolution. Comme le disent nos auteurs : « Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »


    Ce livre bouscule les frontières entre les disciplines scientifiques pour « comprendre la nature coopérative de l’être humain dans le sillage de celle des autres organismes vivants ». Et pour cela de mobiliser des connaissances issues de bien des disciplines différentes : de la biologie à l’ethnologie, des neurosciences à la génétique, de la sociologie à l’économie expérimentale. Il a pour but de « dégager des principes généraux et une architecture générale de ce que l’on pourrait désormais appeler « l’autre loi de la jungle » : celle de l’entraide.


     


    - Paradigme dominant : la compétition


    La « loi du plus fort » ou celle de la « guerre de tous contre tous », comme l’écrivait Thomas Hobbes, nous invite à voir la vie, le monde, comme une arène au sein de laquelle dominent la ruse et la force. Que le plus fort gagne ! Et notre culture « moderne et utilitariste, est effectivement devenue hypertrophiée en compétition, délaissant sa partie généreuse, altruiste et bienveillante, passablement atrophiée. »


    Nous le savons : « l’homme est un loup pour l’homme » ! La clé du succès, et de l’évolution, réside dans la compétition !


    Le dogme dominant affirme que toutes nos actions, normes, institutions et croyances s’expliquent par le jeu des intérêts en conflit.


     


     


    Et pourtant, partout de la collaboration 


    Même si les mécanismes de collaboration, de relations mutuellement bénéfiques, avaient été mises en évidence par Pierre Kropotkine dans son célèbre ouvrage « L’entraide » dès 1902, ce n’est que depuis les années 1970 que foisonnent les études qui mettent en évidence, pour les plantes, les animaux et les humains la puissance de ces forces au sein de l’évolution. Fourmis, sternes arctiques, pins à écorce blanche et sapin des Rocheuses : de l’entraide entre semblables, lointains cousins mais aussi « entre organismes qui n’ont rien à voir » ! « Des mutualismes (associations diffuses entre espèces) aux symbioses (associations obligatoires), de l’action collective ponctuelle à la coévolution fusionnelle, les services se donnent et se rendent dans tous les sens … ». Le vivant est une « inextricable pelote d’interdépendance ».


    Et les humains n’échappent pas à cette règle : partout de la coopération, de l’aide, du rejet des injustices et ceci principalement en situation de crise.


     


    Environnement


    Les conditions environnementales jouent un rôle prépondérant dans l’évolution de l’entraide.


    Darwin avait effectué ses observations sous les tropiques (milieu d’abondance nutritive et de confort thermique) et Kropotkine en Sibérie (moins de nutriments et conditions bien plus rudes). Milieux pauvres en ressources ou milieux riches privilégient soit l’entraide, soit la compétition.


     


    Comment nous expliquer ces comportements ?


    L’épigénétique a montré que l’activation ou la mise en veille de certains de nos gènes est héritable ! Et nos gènes réagissent à l’environnement, nous héritons donc des réactions de nos ancêtres à leur environnement, « la culture s’imprime dans notre biologie, de génération en génération. » Les hommes n’ont pu s’adapter qu’avec et grâce aux autres, la collaboration nous est indispensable. L’obligation de réciprocité est au cœur de l’humanité, la « triple obligation de « donner-recevoir-rendre » génère un état de dépendance réciproque ».


    Nous sommes « équipés » pour la collaboration. Nos cerveaux possèdent ce que l’on appelle des « neurones miroirs » qui nous permettent de percevoir, de sentir, d’entrer en résonance avec les émotions d’autrui. Et ce « lien qui nous attache aux sentiments des autres et qui nous rend interdépendants s’appelle l’empathie. »


     


    Et au sein de nos sociétés s’installe (plus ou moins !) un double mécanisme « qui récompense les comportements prosociaux (la carotte) et punit les comportements antisociaux. C’est la réciprocité renforcée. Différents mécanismes feront donc apparaître et renforceront l’entraide dans nos groupes et sociétés. L’éducation et les normes sociales peuvent, ou non, renforcer notre aptitude à collaborer. Une nouvelle conception de la nature humaine irrationnelle et prosociale se dessine !


     


    Une mythologie hémiplégique


    L’ouvrage nous propose donc une vision d’un monde composé tant de compétition que de coopération. Et ces deux mouvements forment nos relations au sein des collectifs et entre les collectifs. Les capacités d’entraide sont spontanées, mais pour les maintenir, il nous faut vivre dans un contexte qui les privilégient. L’entraide trouve son origine dans un acte de don, sa logique est celle de « donner-recevoir-rendre » au cœur de tout lien social. Le maintien d’une réciprocité généralisée à l’ensemble du groupe se fait « grâce à des mécanismes qui l’étendent et la renforcent : le mécanisme de réputation, la récompense des comportements vertueux et la punition des comportements antisociaux. »


     


    Pour conclure cette petite présentation, laissons Pablo s’exprimer : 


    « En baignant dans le mythe d’une nature agressive et compétitive, nous nous sommes battus sur le terrain imaginaire adverse. Or, nous savons désormais que compétition et coopération sont des forces antagonistes très puissantes qui coexistent à tous les niveaux du vivant. En observant le monde vivant sans œillères, nous pouvons commencer à faire le deuil du mythe d’un état de nature en guerre permanente de tous contre tous, d’un combat de gladiateurs quotidien où on ne se fait pas de quartier. Voici donc la première étape pour décloisonner notre imaginaire, pour le décomplexer et lui redonner confiance dans sa capacité à faire germer la coopération. Nous pouvons enfin, grâce aux découvertes de la science des dernières décennies, nous inspirer à nouveau du monde vivant pour innover. Ainsi, l’agroécologie, la permaculture et plus largement le biomimétisme ont pris racine dans cet incroyable réservoir de soutenabilité et de coopération qu’est la vie. Elles se sont ainsi rendu compte qu’en appliquant les principes du vivant – et en particulier la coopération– au fonctionnement de nos organisations, ces dernières se portaient beaucoup mieux, prenant ainsi soin des personnes qui y travaillent. » PABLO SERVIGNE


     



     


     


     


     


    Le livre "L’entraide, l’autre loi de la jungle" par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle.


    Article de réflexion et résumé du livre par Daniel Cauchy, membre fondateur de Rencontre des Continents



     


    « La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international - la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous - ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature. »


    Gregory Bateson


     


    Si comme l’écrit François Flahault, « … la tâche de rappeler ce qui devrait être est aisée alors que celle de penser autrement ce qui est se révèle plus difficile que jamais. », nos deux auteurs affrontent une question difficile et proposent une cure de décolonisation de nos imaginaires modernes. Ils nous offrent une belle synthèse des connaissances scientifiques actuelles montrant que les « relations qui font la beauté de la nature » ne se limitent pas à la compétition et au combat de chacun contre chacun. Avec un livre comme « L’entraide, l’autre loi de la jungle », on sort complètement des discours moralisateurs ou normalisateurs nous décrivant comment le monde et les humains devraient être ! Il s’agit ici de voir la vie autrement !


    C’est un livre « médicament », il nous soigne de cette pensée bien installée dans nos têtes, nos pratiques, nos institutions, nos conceptions politiques : celle d’un homme « naturellement » mauvais, soumis à la loi de la jungle, à la « loi du plus fort », celle du combat de chacun contre chacun. Pensée qui nous propose la compétition comme seul facteur d’évolution. Comme le disent nos auteurs : « Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »


    Ce livre bouscule les frontières entre les disciplines scientifiques pour « comprendre la nature coopérative de l’être humain dans le sillage de celle des autres organismes vivants ». Et pour cela de mobiliser des connaissances issues de bien des disciplines différentes : de la biologie à l’ethnologie, des neurosciences à la génétique, de la sociologie à l’économie expérimentale. Il a pour but de « dégager des principes généraux et une architecture générale de ce que l’on pourrait désormais appeler « l’autre loi de la jungle » : celle de l’entraide.


     


    - Paradigme dominant : la compétition


    La « loi du plus fort » ou celle de la « guerre de tous contre tous », comme l’écrivait Thomas Hobbes, nous invite à voir la vie, le monde, comme une arène au sein de laquelle dominent la ruse et la force. Que le plus fort gagne ! Et notre culture « moderne et utilitariste, est effectivement devenue hypertrophiée en compétition, délaissant sa partie généreuse, altruiste et bienveillante, passablement atrophiée. »


    Nous le savons : « l’homme est un loup pour l’homme » ! La clé du succès, et de l’évolution, réside dans la compétition !


    Le dogme dominant affirme que toutes nos actions, normes, institutions et croyances s’expliquent par le jeu des intérêts en conflit.


     


     


    Et pourtant, partout de la collaboration 


    Même si les mécanismes de collaboration, de relations mutuellement bénéfiques, avaient été mises en évidence par Pierre Kropotkine dans son célèbre ouvrage « L’entraide » dès 1902, ce n’est que depuis les années 1970 que foisonnent les études qui mettent en évidence, pour les plantes, les animaux et les humains la puissance de ces forces au sein de l’évolution. Fourmis, sternes arctiques, pins à écorce blanche et sapin des Rocheuses : de l’entraide entre semblables, lointains cousins mais aussi « entre organismes qui n’ont rien à voir » ! « Des mutualismes (associations diffuses entre espèces) aux symbioses (associations obligatoires), de l’action collective ponctuelle à la coévolution fusionnelle, les services se donnent et se rendent dans tous les sens … ». Le vivant est une « inextricable pelote d’interdépendance ».


    Et les humains n’échappent pas à cette règle : partout de la coopération, de l’aide, du rejet des injustices et ceci principalement en situation de crise.


     


    Environnement


    Les conditions environnementales jouent un rôle prépondérant dans l’évolution de l’entraide.


    Darwin avait effectué ses observations sous les tropiques (milieu d’abondance nutritive et de confort thermique) et Kropotkine en Sibérie (moins de nutriments et conditions bien plus rudes). Milieux pauvres en ressources ou milieux riches privilégient soit l’entraide, soit la compétition.


     


    Comment nous expliquer ces comportements ?


    L’épigénétique a montré que l’activation ou la mise en veille de certains de nos gènes est héritable ! Et nos gènes réagissent à l’environnement, nous héritons donc des réactions de nos ancêtres à leur environnement, « la culture s’imprime dans notre biologie, de génération en génération. » Les hommes n’ont pu s’adapter qu’avec et grâce aux autres, la collaboration nous est indispensable. L’obligation de réciprocité est au cœur de l’humanité, la « triple obligation de « donner-recevoir-rendre » génère un état de dépendance réciproque ».


    Nous sommes « équipés » pour la collaboration. Nos cerveaux possèdent ce que l’on appelle des « neurones miroirs » qui nous permettent de percevoir, de sentir, d’entrer en résonance avec les émotions d’autrui. Et ce « lien qui nous attache aux sentiments des autres et qui nous rend interdépendants s’appelle l’empathie. »


     


    Et au sein de nos sociétés s’installe (plus ou moins !) un double mécanisme « qui récompense les comportements prosociaux (la carotte) et punit les comportements antisociaux. C’est la réciprocité renforcée. Différents mécanismes feront donc apparaître et renforceront l’entraide dans nos groupes et sociétés. L’éducation et les normes sociales peuvent, ou non, renforcer notre aptitude à collaborer. Une nouvelle conception de la nature humaine irrationnelle et prosociale se dessine !


     


    Une mythologie hémiplégique


    L’ouvrage nous propose donc une vision d’un monde composé tant de compétition que de coopération. Et ces deux mouvements forment nos relations au sein des collectifs et entre les collectifs. Les capacités d’entraide sont spontanées, mais pour les maintenir, il nous faut vivre dans un contexte qui les privilégient. L’entraide trouve son origine dans un acte de don, sa logique est celle de « donner-recevoir-rendre » au cœur de tout lien social. Le maintien d’une réciprocité généralisée à l’ensemble du groupe se fait « grâce à des mécanismes qui l’étendent et la renforcent : le mécanisme de réputation, la récompense des comportements vertueux et la punition des comportements antisociaux. »


     


    Pour conclure cette petite présentation, laissons Pablo s’exprimer : 


    « En baignant dans le mythe d’une nature agressive et compétitive, nous nous sommes battus sur le terrain imaginaire adverse. Or, nous savons désormais que compétition et coopération sont des forces antagonistes très puissantes qui coexistent à tous les niveaux du vivant. En observant le monde vivant sans œillères, nous pouvons commencer à faire le deuil du mythe d’un état de nature en guerre permanente de tous contre tous, d’un combat de gladiateurs quotidien où on ne se fait pas de quartier. Voici donc la première étape pour décloisonner notre imaginaire, pour le décomplexer et lui redonner confiance dans sa capacité à faire germer la coopération. Nous pouvons enfin, grâce aux découvertes de la science des dernières décennies, nous inspirer à nouveau du monde vivant pour innover. Ainsi, l’agroécologie, la permaculture et plus largement le biomimétisme ont pris racine dans cet incroyable réservoir de soutenabilité et de coopération qu’est la vie. Elles se sont ainsi rendu compte qu’en appliquant les principes du vivant – et en particulier la coopération– au fonctionnement de nos organisations, ces dernières se portaient beaucoup mieux, prenant ainsi soin des personnes qui y travaillent. » PABLO SERVIGNE


     



     


     


     


     


    Le livre "L’entraide, l’autre loi de la jungle" par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle.


    Article de réflexion et résumé du livre par Daniel Cauchy, membre fondateur de Rencontre des Continents



     


    « La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international - la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous - ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature. »


    Gregory Bateson


     


    Si comme l’écrit François Flahault, « … la tâche de rappeler ce qui devrait être est aisée alors que celle de penser autrement ce qui est se révèle plus difficile que jamais. », nos deux auteurs affrontent une question difficile et proposent une cure de décolonisation de nos imaginaires modernes. Ils nous offrent une belle synthèse des connaissances scientifiques actuelles montrant que les « relations qui font la beauté de la nature » ne se limitent pas à la compétition et au combat de chacun contre chacun. Avec un livre comme « L’entraide, l’autre loi de la jungle », on sort complètement des discours moralisateurs ou normalisateurs nous décrivant comment le monde et les humains devraient être ! Il s’agit ici de voir la vie autrement !


    C’est un livre « médicament », il nous soigne de cette pensée bien installée dans nos têtes, nos pratiques, nos institutions, nos conceptions politiques : celle d’un homme « naturellement » mauvais, soumis à la loi de la jungle, à la « loi du plus fort », celle du combat de chacun contre chacun. Pensée qui nous propose la compétition comme seul facteur d’évolution. Comme le disent nos auteurs : « Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »


    Ce livre bouscule les frontières entre les disciplines scientifiques pour « comprendre la nature coopérative de l’être humain dans le sillage de celle des autres organismes vivants ». Et pour cela de mobiliser des connaissances issues de bien des disciplines différentes : de la biologie à l’ethnologie, des neurosciences à la génétique, de la sociologie à l’économie expérimentale. Il a pour but de « dégager des principes généraux et une architecture générale de ce que l’on pourrait désormais appeler « l’autre loi de la jungle » : celle de l’entraide.


     


    - Paradigme dominant : la compétition


    La « loi du plus fort » ou celle de la « guerre de tous contre tous », comme l’écrivait Thomas Hobbes, nous invite à voir la vie, le monde, comme une arène au sein de laquelle dominent la ruse et la force. Que le plus fort gagne ! Et notre culture « moderne et utilitariste, est effectivement devenue hypertrophiée en compétition, délaissant sa partie généreuse, altruiste et bienveillante, passablement atrophiée. »


    Nous le savons : « l’homme est un loup pour l’homme » ! La clé du succès, et de l’évolution, réside dans la compétition !


    Le dogme dominant affirme que toutes nos actions, normes, institutions et croyances s’expliquent par le jeu des intérêts en conflit.


     


     


    Et pourtant, partout de la collaboration 


    Même si les mécanismes de collaboration, de relations mutuellement bénéfiques, avaient été mises en évidence par Pierre Kropotkine dans son célèbre ouvrage « L’entraide » dès 1902, ce n’est que depuis les années 1970 que foisonnent les études qui mettent en évidence, pour les plantes, les animaux et les humains la puissance de ces forces au sein de l’évolution. Fourmis, sternes arctiques, pins à écorce blanche et sapin des Rocheuses : de l’entraide entre semblables, lointains cousins mais aussi « entre organismes qui n’ont rien à voir » ! « Des mutualismes (associations diffuses entre espèces) aux symbioses (associations obligatoires), de l’action collective ponctuelle à la coévolution fusionnelle, les services se donnent et se rendent dans tous les sens … ». Le vivant est une « inextricable pelote d’interdépendance ».


    Et les humains n’échappent pas à cette règle : partout de la coopération, de l’aide, du rejet des injustices et ceci principalement en situation de crise.


     


    Environnement


    Les conditions environnementales jouent un rôle prépondérant dans l’évolution de l’entraide.


    Darwin avait effectué ses observations sous les tropiques (milieu d’abondance nutritive et de confort thermique) et Kropotkine en Sibérie (moins de nutriments et conditions bien plus rudes). Milieux pauvres en ressources ou milieux riches privilégient soit l’entraide, soit la compétition.


     


    Comment nous expliquer ces comportements ?


    L’épigénétique a montré que l’activation ou la mise en veille de certains de nos gènes est héritable ! Et nos gènes réagissent à l’environnement, nous héritons donc des réactions de nos ancêtres à leur environnement, « la culture s’imprime dans notre biologie, de génération en génération. » Les hommes n’ont pu s’adapter qu’avec et grâce aux autres, la collaboration nous est indispensable. L’obligation de réciprocité est au cœur de l’humanité, la « triple obligation de « donner-recevoir-rendre » génère un état de dépendance réciproque ».


    Nous sommes « équipés » pour la collaboration. Nos cerveaux possèdent ce que l’on appelle des « neurones miroirs » qui nous permettent de percevoir, de sentir, d’entrer en résonance avec les émotions d’autrui. Et ce « lien qui nous attache aux sentiments des autres et qui nous rend interdépendants s’appelle l’empathie. »


     


    Et au sein de nos sociétés s’installe (plus ou moins !) un double mécanisme « qui récompense les comportements prosociaux (la carotte) et punit les comportements antisociaux. C’est la réciprocité renforcée. Différents mécanismes feront donc apparaître et renforceront l’entraide dans nos groupes et sociétés. L’éducation et les normes sociales peuvent, ou non, renforcer notre aptitude à collaborer. Une nouvelle conception de la nature humaine irrationnelle et prosociale se dessine !


     


    Une mythologie hémiplégique


    L’ouvrage nous propose donc une vision d’un monde composé tant de compétition que de coopération. Et ces deux mouvements forment nos relations au sein des collectifs et entre les collectifs. Les capacités d’entraide sont spontanées, mais pour les maintenir, il nous faut vivre dans un contexte qui les privilégient. L’entraide trouve son origine dans un acte de don, sa logique est celle de « donner-recevoir-rendre » au cœur de tout lien social. Le maintien d’une réciprocité généralisée à l’ensemble du groupe se fait « grâce à des mécanismes qui l’étendent et la renforcent : le mécanisme de réputation, la récompense des comportements vertueux et la punition des comportements antisociaux. »


     


    Pour conclure cette petite présentation, laissons Pablo s’exprimer : 


    « En baignant dans le mythe d’une nature agressive et compétitive, nous nous sommes battus sur le terrain imaginaire adverse. Or, nous savons désormais que compétition et coopération sont des forces antagonistes très puissantes qui coexistent à tous les niveaux du vivant. En observant le monde vivant sans œillères, nous pouvons commencer à faire le deuil du mythe d’un état de nature en guerre permanente de tous contre tous, d’un combat de gladiateurs quotidien où on ne se fait pas de quartier. Voici donc la première étape pour décloisonner notre imaginaire, pour le décomplexer et lui redonner confiance dans sa capacité à faire germer la coopération. Nous pouvons enfin, grâce aux découvertes de la science des dernières décennies, nous inspirer à nouveau du monde vivant pour innover. Ainsi, l’agroécologie, la permaculture et plus largement le biomimétisme ont pris racine dans cet incroyable réservoir de soutenabilité et de coopération qu’est la vie. Elles se sont ainsi rendu compte qu’en appliquant les principes du vivant – et en particulier la coopération– au fonctionnement de nos organisations, ces dernières se portaient beaucoup mieux, prenant ainsi soin des personnes qui y travaillent. » PABLO SERVIGNE


     



     


     


     


     


    Le livre "L’entraide, l’autre loi de la jungle" par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle.


    Article de réflexion et résumé du livre par Daniel Cauchy, membre fondateur de Rencontre des Continents



     


    « La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international - la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous - ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature. »


    Gregory Bateson


     


    Si comme l’écrit François Flahault, « … la tâche de rappeler ce qui devrait être est aisée alors que celle de penser autrement ce qui est se révèle plus difficile que jamais. », nos deux auteurs affrontent une question difficile et proposent une cure de décolonisation de nos imaginaires modernes. Ils nous offrent une belle synthèse des connaissances scientifiques actuelles montrant que les « relations qui font la beauté de la nature » ne se limitent pas à la compétition et au combat de chacun contre chacun. Avec un livre comme « L’entraide, l’autre loi de la jungle », on sort complètement des discours moralisateurs ou normalisateurs nous décrivant comment le monde et les humains devraient être ! Il s’agit ici de voir la vie autrement !


    C’est un livre « médicament », il nous soigne de cette pensée bien installée dans nos têtes, nos pratiques, nos institutions, nos conceptions politiques : celle d’un homme « naturellement » mauvais, soumis à la loi de la jungle, à la « loi du plus fort », celle du combat de chacun contre chacun. Pensée qui nous propose la compétition comme seul facteur d’évolution. Comme le disent nos auteurs : « Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »


    Ce livre bouscule les frontières entre les disciplines scientifiques pour « comprendre la nature coopérative de l’être humain dans le sillage de celle des autres organismes vivants ». Et pour cela de mobiliser des connaissances issues de bien des disciplines différentes : de la biologie à l’ethnologie, des neurosciences à la génétique, de la sociologie à l’économie expérimentale. Il a pour but de « dégager des principes généraux et une architecture générale de ce que l’on pourrait désormais appeler « l’autre loi de la jungle » : celle de l’entraide.


     


    - Paradigme dominant : la compétition


    La « loi du plus fort » ou celle de la « guerre de tous contre tous », comme l’écrivait Thomas Hobbes, nous invite à voir la vie, le monde, comme une arène au sein de laquelle dominent la ruse et la force. Que le plus fort gagne ! Et notre culture « moderne et utilitariste, est effectivement devenue hypertrophiée en compétition, délaissant sa partie généreuse, altruiste et bienveillante, passablement atrophiée. »


    Nous le savons : « l’homme est un loup pour l’homme » ! La clé du succès, et de l’évolution, réside dans la compétition !


    Le dogme dominant affirme que toutes nos actions, normes, institutions et croyances s’expliquent par le jeu des intérêts en conflit.


     


     


    Et pourtant, partout de la collaboration 


    Même si les mécanismes de collaboration, de relations mutuellement bénéfiques, avaient été mises en évidence par Pierre Kropotkine dans son célèbre ouvrage « L’entraide » dès 1902, ce n’est que depuis les années 1970 que foisonnent les études qui mettent en évidence, pour les plantes, les animaux et les humains la puissance de ces forces au sein de l’évolution. Fourmis, sternes arctiques, pins à écorce blanche et sapin des Rocheuses : de l’entraide entre semblables, lointains cousins mais aussi « entre organismes qui n’ont rien à voir » ! « Des mutualismes (associations diffuses entre espèces) aux symbioses (associations obligatoires), de l’action collective ponctuelle à la coévolution fusionnelle, les services se donnent et se rendent dans tous les sens … ». Le vivant est une « inextricable pelote d’interdépendance ».


    Et les humains n’échappent pas à cette règle : partout de la coopération, de l’aide, du rejet des injustices et ceci principalement en situation de crise.


     


    Environnement


    Les conditions environnementales jouent un rôle prépondérant dans l’évolution de l’entraide.


    Darwin avait effectué ses observations sous les tropiques (milieu d’abondance nutritive et de confort thermique) et Kropotkine en Sibérie (moins de nutriments et conditions bien plus rudes). Milieux pauvres en ressources ou milieux riches privilégient soit l’entraide, soit la compétition.


     


    Comment nous expliquer ces comportements ?


    L’épigénétique a montré que l’activation ou la mise en veille de certains de nos gènes est héritable ! Et nos gènes réagissent à l’environnement, nous héritons donc des réactions de nos ancêtres à leur environnement, « la culture s’imprime dans notre biologie, de génération en génération. » Les hommes n’ont pu s’adapter qu’avec et grâce aux autres, la collaboration nous est indispensable. L’obligation de réciprocité est au cœur de l’humanité, la « triple obligation de « donner-recevoir-rendre » génère un état de dépendance réciproque ».


    Nous sommes « équipés » pour la collaboration. Nos cerveaux possèdent ce que l’on appelle des « neurones miroirs » qui nous permettent de percevoir, de sentir, d’entrer en résonance avec les émotions d’autrui. Et ce « lien qui nous attache aux sentiments des autres et qui nous rend interdépendants s’appelle l’empathie. »


     


    Et au sein de nos sociétés s’installe (plus ou moins !) un double mécanisme « qui récompense les comportements prosociaux (la carotte) et punit les comportements antisociaux. C’est la réciprocité renforcée. Différents mécanismes feront donc apparaître et renforceront l’entraide dans nos groupes et sociétés. L’éducation et les normes sociales peuvent, ou non, renforcer notre aptitude à collaborer. Une nouvelle conception de la nature humaine irrationnelle et prosociale se dessine !


     


    Une mythologie hémiplégique


    L’ouvrage nous propose donc une vision d’un monde composé tant de compétition que de coopération. Et ces deux mouvements forment nos relations au sein des collectifs et entre les collectifs. Les capacités d’entraide sont spontanées, mais pour les maintenir, il nous faut vivre dans un contexte qui les privilégient. L’entraide trouve son origine dans un acte de don, sa logique est celle de « donner-recevoir-rendre » au cœur de tout lien social. Le maintien d’une réciprocité généralisée à l’ensemble du groupe se fait « grâce à des mécanismes qui l’étendent et la renforcent : le mécanisme de réputation, la récompense des comportements vertueux et la punition des comportements antisociaux. »


     


    Pour conclure cette petite présentation, laissons Pablo s’exprimer : 


    « En baignant dans le mythe d’une nature agressive et compétitive, nous nous sommes battus sur le terrain imaginaire adverse. Or, nous savons désormais que compétition et coopération sont des forces antagonistes très puissantes qui coexistent à tous les niveaux du vivant. En observant le monde vivant sans œillères, nous pouvons commencer à faire le deuil du mythe d’un état de nature en guerre permanente de tous contre tous, d’un combat de gladiateurs quotidien où on ne se fait pas de quartier. Voici donc la première étape pour décloisonner notre imaginaire, pour le décomplexer et lui redonner confiance dans sa capacité à faire germer la coopération. Nous pouvons enfin, grâce aux découvertes de la science des dernières décennies, nous inspirer à nouveau du monde vivant pour innover. Ainsi, l’agroécologie, la permaculture et plus largement le biomimétisme ont pris racine dans cet incroyable réservoir de soutenabilité et de coopération qu’est la vie. Elles se sont ainsi rendu compte qu’en appliquant les principes du vivant – et en particulier la coopération– au fonctionnement de nos organisations, ces dernières se portaient beaucoup mieux, prenant ainsi soin des personnes qui y travaillent. » PABLO SERVIGNE


     



     


     


     


     


    Le livre "L’entraide, l’autre loi de la jungle" par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle.


    Article de réflexion et résumé du livre par Daniel Cauchy, membre fondateur de Rencontre des Continents



     


    « La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international - la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous - ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature. »


    Gregory Bateson


     


    Si comme l’écrit François Flahault, « … la tâche de rappeler ce qui devrait être est aisée alors que celle de penser autrement ce qui est se révèle plus difficile que jamais. », nos deux auteurs affrontent une question difficile et proposent une cure de décolonisation de nos imaginaires modernes. Ils nous offrent une belle synthèse des connaissances scientifiques actuelles montrant que les « relations qui font la beauté de la nature » ne se limitent pas à la compétition et au combat de chacun contre chacun. Avec un livre comme « L’entraide, l’autre loi de la jungle », on sort complètement des discours moralisateurs ou normalisateurs nous décrivant comment le monde et les humains devraient être ! Il s’agit ici de voir la vie autrement !


    C’est un livre « médicament », il nous soigne de cette pensée bien installée dans nos têtes, nos pratiques, nos institutions, nos conceptions politiques : celle d’un homme « naturellement » mauvais, soumis à la loi de la jungle, à la « loi du plus fort », celle du combat de chacun contre chacun. Pensée qui nous propose la compétition comme seul facteur d’évolution. Comme le disent nos auteurs : « Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »


    Ce livre bouscule les frontières entre les disciplines scientifiques pour « comprendre la nature coopérative de l’être humain dans le sillage de celle des autres organismes vivants ». Et pour cela de mobiliser des connaissances issues de bien des disciplines différentes : de la biologie à l’ethnologie, des neurosciences à la génétique, de la sociologie à l’économie expérimentale. Il a pour but de « dégager des principes généraux et une architecture générale de ce que l’on pourrait désormais appeler « l’autre loi de la jungle » : celle de l’entraide.


     


    - Paradigme dominant : la compétition


    La « loi du plus fort » ou celle de la « guerre de tous contre tous », comme l’écrivait Thomas Hobbes, nous invite à voir la vie, le monde, comme une arène au sein de laquelle dominent la ruse et la force. Que le plus fort gagne ! Et notre culture « moderne et utilitariste, est effectivement devenue hypertrophiée en compétition, délaissant sa partie généreuse, altruiste et bienveillante, passablement atrophiée. »


    Nous le savons : « l’homme est un loup pour l’homme » ! La clé du succès, et de l’évolution, réside dans la compétition !


    Le dogme dominant affirme que toutes nos actions, normes, institutions et croyances s’expliquent par le jeu des intérêts en conflit.


     


     


    Et pourtant, partout de la collaboration 


    Même si les mécanismes de collaboration, de relations mutuellement bénéfiques, avaient été mises en évidence par Pierre Kropotkine dans son célèbre ouvrage « L’entraide » dès 1902, ce n’est que depuis les années 1970 que foisonnent les études qui mettent en évidence, pour les plantes, les animaux et les humains la puissance de ces forces au sein de l’évolution. Fourmis, sternes arctiques, pins à écorce blanche et sapin des Rocheuses : de l’entraide entre semblables, lointains cousins mais aussi « entre organismes qui n’ont rien à voir » ! « Des mutualismes (associations diffuses entre espèces) aux symbioses (associations obligatoires), de l’action collective ponctuelle à la coévolution fusionnelle, les services se donnent et se rendent dans tous les sens … ». Le vivant est une « inextricable pelote d’interdépendance ».


    Et les humains n’échappent pas à cette règle : partout de la coopération, de l’aide, du rejet des injustices et ceci principalement en situation de crise.


     


    Environnement


    Les conditions environnementales jouent un rôle prépondérant dans l’évolution de l’entraide.


    Darwin avait effectué ses observations sous les tropiques (milieu d’abondance nutritive et de confort thermique) et Kropotkine en Sibérie (moins de nutriments et conditions bien plus rudes). Milieux pauvres en ressources ou milieux riches privilégient soit l’entraide, soit la compétition.


     


    Comment nous expliquer ces comportements ?


    L’épigénétique a montré que l’activation ou la mise en veille de certains de nos gènes est héritable ! Et nos gènes réagissent à l’environnement, nous héritons donc des réactions de nos ancêtres à leur environnement, « la culture s’imprime dans notre biologie, de génération en génération. » Les hommes n’ont pu s’adapter qu’avec et grâce aux autres, la collaboration nous est indispensable. L’obligation de réciprocité est au cœur de l’humanité, la « triple obligation de « donner-recevoir-rendre » génère un état de dépendance réciproque ».


    Nous sommes « équipés » pour la collaboration. Nos cerveaux possèdent ce que l’on appelle des « neurones miroirs » qui nous permettent de percevoir, de sentir, d’entrer en résonance avec les émotions d’autrui. Et ce « lien qui nous attache aux sentiments des autres et qui nous rend interdépendants s’appelle l’empathie. »


     


    Et au sein de nos sociétés s’installe (plus ou moins !) un double mécanisme « qui récompense les comportements prosociaux (la carotte) et punit les comportements antisociaux. C’est la réciprocité renforcée. Différents mécanismes feront donc apparaître et renforceront l’entraide dans nos groupes et sociétés. L’éducation et les normes sociales peuvent, ou non, renforcer notre aptitude à collaborer. Une nouvelle conception de la nature humaine irrationnelle et prosociale se dessine !


     


    Une mythologie hémiplégique


    L’ouvrage nous propose donc une vision d’un monde composé tant de compétition que de coopération. Et ces deux mouvements forment nos relations au sein des collectifs et entre les collectifs. Les capacités d’entraide sont spontanées, mais pour les maintenir, il nous faut vivre dans un contexte qui les privilégient. L’entraide trouve son origine dans un acte de don, sa logique est celle de « donner-recevoir-rendre » au cœur de tout lien social. Le maintien d’une réciprocité généralisée à l’ensemble du groupe se fait « grâce à des mécanismes qui l’étendent et la renforcent : le mécanisme de réputation, la récompense des comportements vertueux et la punition des comportements antisociaux. »


     


    Pour conclure cette petite présentation, laissons Pablo s’exprimer : 


    « En baignant dans le mythe d’une nature agressive et compétitive, nous nous sommes battus sur le terrain imaginaire adverse. Or, nous savons désormais que compétition et coopération sont des forces antagonistes très puissantes qui coexistent à tous les niveaux du vivant. En observant le monde vivant sans œillères, nous pouvons commencer à faire le deuil du mythe d’un état de nature en guerre permanente de tous contre tous, d’un combat de gladiateurs quotidien où on ne se fait pas de quartier. Voici donc la première étape pour décloisonner notre imaginaire, pour le décomplexer et lui redonner confiance dans sa capacité à faire germer la coopération. Nous pouvons enfin, grâce aux découvertes de la science des dernières décennies, nous inspirer à nouveau du monde vivant pour innover. Ainsi, l’agroécologie, la permaculture et plus largement le biomimétisme ont pris racine dans cet incroyable réservoir de soutenabilité et de coopération qu’est la vie. Elles se sont ainsi rendu compte qu’en appliquant les principes du vivant – et en particulier la coopération– au fonctionnement de nos organisations, ces dernières se portaient beaucoup mieux, prenant ainsi soin des personnes qui y travaillent. » PABLO SERVIGNE


     



     


     


     


     


    Le livre "L’entraide, l’autre loi de la jungle" par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle.


    Article de réflexion et résumé du livre par Daniel Cauchy, membre fondateur de Rencontre des Continents



     


    « La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international - la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous - ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature. »


    Gregory Bateson


     


    Si comme l’écrit François Flahault, « … la tâche de rappeler ce qui devrait être est aisée alors que celle de penser autrement ce qui est se révèle plus difficile que jamais. », nos deux auteurs affrontent une question difficile et proposent une cure de décolonisation de nos imaginaires modernes. Ils nous offrent une belle synthèse des connaissances scientifiques actuelles montrant que les « relations qui font la beauté de la nature » ne se limitent pas à la compétition et au combat de chacun contre chacun. Avec un livre comme « L’entraide, l’autre loi de la jungle », on sort complètement des discours moralisateurs ou normalisateurs nous décrivant comment le monde et les humains devraient être ! Il s’agit ici de voir la vie autrement !


    C’est un livre « médicament », il nous soigne de cette pensée bien installée dans nos têtes, nos pratiques, nos institutions, nos conceptions politiques : celle d’un homme « naturellement » mauvais, soumis à la loi de la jungle, à la « loi du plus fort », celle du combat de chacun contre chacun. Pensée qui nous propose la compétition comme seul facteur d’évolution. Comme le disent nos auteurs : « Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »


    Ce livre bouscule les frontières entre les disciplines scientifiques pour « comprendre la nature coopérative de l’être humain dans le sillage de celle des autres organismes vivants ». Et pour cela de mobiliser des connaissances issues de bien des disciplines différentes : de la biologie à l’ethnologie, des neurosciences à la génétique, de la sociologie à l’économie expérimentale. Il a pour but de « dégager des principes généraux et une architecture générale de ce que l’on pourrait désormais appeler « l’autre loi de la jungle » : celle de l’entraide.


     


    - Paradigme dominant : la compétition


    La « loi du plus fort » ou celle de la « guerre de tous contre tous », comme l’écrivait Thomas Hobbes, nous invite à voir la vie, le monde, comme une arène au sein de laquelle dominent la ruse et la force. Que le plus fort gagne ! Et notre culture « moderne et utilitariste, est effectivement devenue hypertrophiée en compétition, délaissant sa partie généreuse, altruiste et bienveillante, passablement atrophiée. »


    Nous le savons : « l’homme est un loup pour l’homme » ! La clé du succès, et de l’évolution, réside dans la compétition !


    Le dogme dominant affirme que toutes nos actions, normes, institutions et croyances s’expliquent par le jeu des intérêts en conflit.


     


     


    Et pourtant, partout de la collaboration 


    Même si les mécanismes de collaboration, de relations mutuellement bénéfiques, avaient été mises en évidence par Pierre Kropotkine dans son célèbre ouvrage « L’entraide » dès 1902, ce n’est que depuis les années 1970 que foisonnent les études qui mettent en évidence, pour les plantes, les animaux et les humains la puissance de ces forces au sein de l’évolution. Fourmis, sternes arctiques, pins à écorce blanche et sapin des Rocheuses : de l’entraide entre semblables, lointains cousins mais aussi « entre organismes qui n’ont rien à voir » ! « Des mutualismes (associations diffuses entre espèces) aux symbioses (associations obligatoires), de l’action collective ponctuelle à la coévolution fusionnelle, les services se donnent et se rendent dans tous les sens … ». Le vivant est une « inextricable pelote d’interdépendance ».


    Et les humains n’échappent pas à cette règle : partout de la coopération, de l’aide, du rejet des injustices et ceci principalement en situation de crise.


     


    Environnement


    Les conditions environnementales jouent un rôle prépondérant dans l’évolution de l’entraide.


    Darwin avait effectué ses observations sous les tropiques (milieu d’abondance nutritive et de confort thermique) et Kropotkine en Sibérie (moins de nutriments et conditions bien plus rudes). Milieux pauvres en ressources ou milieux riches privilégient soit l’entraide, soit la compétition.


     


    Comment nous expliquer ces comportements ?


    L’épigénétique a montré que l’activation ou la mise en veille de certains de nos gènes est héritable ! Et nos gènes réagissent à l’environnement, nous héritons donc des réactions de nos ancêtres à leur environnement, « la culture s’imprime dans notre biologie, de génération en génération. » Les hommes n’ont pu s’adapter qu’avec et grâce aux autres, la collaboration nous est indispensable. L’obligation de réciprocité est au cœur de l’humanité, la « triple obligation de « donner-recevoir-rendre » génère un état de dépendance réciproque ».


    Nous sommes « équipés » pour la collaboration. Nos cerveaux possèdent ce que l’on appelle des « neurones miroirs » qui nous permettent de percevoir, de sentir, d’entrer en résonance avec les émotions d’autrui. Et ce « lien qui nous attache aux sentiments des autres et qui nous rend interdépendants s’appelle l’empathie. »


     


    Et au sein de nos sociétés s’installe (plus ou moins !) un double mécanisme « qui récompense les comportements prosociaux (la carotte) et punit les comportements antisociaux. C’est la réciprocité renforcée. Différents mécanismes feront donc apparaître et renforceront l’entraide dans nos groupes et sociétés. L’éducation et les normes sociales peuvent, ou non, renforcer notre aptitude à collaborer. Une nouvelle conception de la nature humaine irrationnelle et prosociale se dessine !


     


    Une mythologie hémiplégique


    L’ouvrage nous propose donc une vision d’un monde composé tant de compétition que de coopération. Et ces deux mouvements forment nos relations au sein des collectifs et entre les collectifs. Les capacités d’entraide sont spontanées, mais pour les maintenir, il nous faut vivre dans un contexte qui les privilégient. L’entraide trouve son origine dans un acte de don, sa logique est celle de « donner-recevoir-rendre » au cœur de tout lien social. Le maintien d’une réciprocité généralisée à l’ensemble du groupe se fait « grâce à des mécanismes qui l’étendent et la renforcent : le mécanisme de réputation, la récompense des comportements vertueux et la punition des comportements antisociaux. »


     


    Pour conclure cette petite présentation, laissons Pablo s’exprimer : 


    « En baignant dans le mythe d’une nature agressive et compétitive, nous nous sommes battus sur le terrain imaginaire adverse. Or, nous savons désormais que compétition et coopération sont des forces antagonistes très puissantes qui coexistent à tous les niveaux du vivant. En observant le monde vivant sans œillères, nous pouvons commencer à faire le deuil du mythe d’un état de nature en guerre permanente de tous contre tous, d’un combat de gladiateurs quotidien où on ne se fait pas de quartier. Voici donc la première étape pour décloisonner notre imaginaire, pour le décomplexer et lui redonner confiance dans sa capacité à faire germer la coopération. Nous pouvons enfin, grâce aux découvertes de la science des dernières décennies, nous inspirer à nouveau du monde vivant pour innover. Ainsi, l’agroécologie, la permaculture et plus largement le biomimétisme ont pris racine dans cet incroyable réservoir de soutenabilité et de coopération qu’est la vie. Elles se sont ainsi rendu compte qu’en appliquant les principes du vivant – et en particulier la coopération– au fonctionnement de nos organisations, ces dernières se portaient beaucoup mieux, prenant ainsi soin des personnes qui y travaillent. » PABLO SERVIGNE


     



     


     


     


     


    Le livre "L’entraide, l’autre loi de la jungle" par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle.


    Article de réflexion et résumé du livre par Daniel Cauchy, membre fondateur de Rencontre des Continents



     


    « La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international - la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous - ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature. »


    Gregory Bateson


     


    Si comme l’écrit François Flahault, « … la tâche de rappeler ce qui devrait être est aisée alors que celle de penser autrement ce qui est se révèle plus difficile que jamais. », nos deux auteurs affrontent une question difficile et proposent une cure de décolonisation de nos imaginaires modernes. Ils nous offrent une belle synthèse des connaissances scientifiques actuelles montrant que les « relations qui font la beauté de la nature » ne se limitent pas à la compétition et au combat de chacun contre chacun. Avec un livre comme « L’entraide, l’autre loi de la jungle », on sort complètement des discours moralisateurs ou normalisateurs nous décrivant comment le monde et les humains devraient être ! Il s’agit ici de voir la vie autrement !


    C’est un livre « médicament », il nous soigne de cette pensée bien installée dans nos têtes, nos pratiques, nos institutions, nos conceptions politiques : celle d’un homme « naturellement » mauvais, soumis à la loi de la jungle, à la « loi du plus fort », celle du combat de chacun contre chacun. Pensée qui nous propose la compétition comme seul facteur d’évolution. Comme le disent nos auteurs : « Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »


    Ce livre bouscule les frontières entre les disciplines scientifiques pour « comprendre la nature coopérative de l’être humain dans le sillage de celle des autres organismes vivants ». Et pour cela de mobiliser des connaissances issues de bien des disciplines différentes : de la biologie à l’ethnologie, des neurosciences à la génétique, de la sociologie à l’économie expérimentale. Il a pour but de « dégager des principes généraux et une architecture générale de ce que l’on pourrait désormais appeler « l’autre loi de la jungle » : celle de l’entraide.


     


    - Paradigme dominant : la compétition


    La « loi du plus fort » ou celle de la « guerre de tous contre tous », comme l’écrivait Thomas Hobbes, nous invite à voir la vie, le monde, comme une arène au sein de laquelle dominent la ruse et la force. Que le plus fort gagne ! Et notre culture « moderne et utilitariste, est effectivement devenue hypertrophiée en compétition, délaissant sa partie généreuse, altruiste et bienveillante, passablement atrophiée. »


    Nous le savons : « l’homme est un loup pour l’homme » ! La clé du succès, et de l’évolution, réside dans la compétition !


    Le dogme dominant affirme que toutes nos actions, normes, institutions et croyances s’expliquent par le jeu des intérêts en conflit.


     


     


    Et pourtant, partout de la collaboration 


    Même si les mécanismes de collaboration, de relations mutuellement bénéfiques, avaient été mises en évidence par Pierre Kropotkine dans son célèbre ouvrage « L’entraide » dès 1902, ce n’est que depuis les années 1970 que foisonnent les études qui mettent en évidence, pour les plantes, les animaux et les humains la puissance de ces forces au sein de l’évolution. Fourmis, sternes arctiques, pins à écorce blanche et sapin des Rocheuses : de l’entraide entre semblables, lointains cousins mais aussi « entre organismes qui n’ont rien à voir » ! « Des mutualismes (associations diffuses entre espèces) aux symbioses (associations obligatoires), de l’action collective ponctuelle à la coévolution fusionnelle, les services se donnent et se rendent dans tous les sens … ». Le vivant est une « inextricable pelote d’interdépendance ».


    Et les humains n’échappent pas à cette règle : partout de la coopération, de l’aide, du rejet des injustices et ceci principalement en situation de crise.


     


    Environnement


    Les conditions environnementales jouent un rôle prépondérant dans l’évolution de l’entraide.


    Darwin avait effectué ses observations sous les tropiques (milieu d’abondance nutritive et de confort thermique) et Kropotkine en Sibérie (moins de nutriments et conditions bien plus rudes). Milieux pauvres en ressources ou milieux riches privilégient soit l’entraide, soit la compétition.


     


    Comment nous expliquer ces comportements ?


    L’épigénétique a montré que l’activation ou la mise en veille de certains de nos gènes est héritable ! Et nos gènes réagissent à l’environnement, nous héritons donc des réactions de nos ancêtres à leur environnement, « la culture s’imprime dans notre biologie, de génération en génération. » Les hommes n’ont pu s’adapter qu’avec et grâce aux autres, la collaboration nous est indispensable. L’obligation de réciprocité est au cœur de l’humanité, la « triple obligation de « donner-recevoir-rendre » génère un état de dépendance réciproque ».


    Nous sommes « équipés » pour la collaboration. Nos cerveaux possèdent ce que l’on appelle des « neurones miroirs » qui nous permettent de percevoir, de sentir, d’entrer en résonance avec les émotions d’autrui. Et ce « lien qui nous attache aux sentiments des autres et qui nous rend interdépendants s’appelle l’empathie. »


     


    Et au sein de nos sociétés s’installe (plus ou moins !) un double mécanisme « qui récompense les comportements prosociaux (la carotte) et punit les comportements antisociaux. C’est la réciprocité renforcée. Différents mécanismes feront donc apparaître et renforceront l’entraide dans nos groupes et sociétés. L’éducation et les normes sociales peuvent, ou non, renforcer notre aptitude à collaborer. Une nouvelle conception de la nature humaine irrationnelle et prosociale se dessine !


     


    Une mythologie hémiplégique


    L’ouvrage nous propose donc une vision d’un monde composé tant de compétition que de coopération. Et ces deux mouvements forment nos relations au sein des collectifs et entre les collectifs. Les capacités d’entraide sont spontanées, mais pour les maintenir, il nous faut vivre dans un contexte qui les privilégient. L’entraide trouve son origine dans un acte de don, sa logique est celle de « donner-recevoir-rendre » au cœur de tout lien social. Le maintien d’une réciprocité généralisée à l’ensemble du groupe se fait « grâce à des mécanismes qui l’étendent et la renforcent : le mécanisme de réputation, la récompense des comportements vertueux et la punition des comportements antisociaux. »


     


    Pour conclure cette petite présentation, laissons Pablo s’exprimer : 


    « En baignant dans le mythe d’une nature agressive et compétitive, nous nous sommes battus sur le terrain imaginaire adverse. Or, nous savons désormais que compétition et coopération sont des forces antagonistes très puissantes qui coexistent à tous les niveaux du vivant. En observant le monde vivant sans œillères, nous pouvons commencer à faire le deuil du mythe d’un état de nature en guerre permanente de tous contre tous, d’un combat de gladiateurs quotidien où on ne se fait pas de quartier. Voici donc la première étape pour décloisonner notre imaginaire, pour le décomplexer et lui redonner confiance dans sa capacité à faire germer la coopération. Nous pouvons enfin, grâce aux découvertes de la science des dernières décennies, nous inspirer à nouveau du monde vivant pour innover. Ainsi, l’agroécologie, la permaculture et plus largement le biomimétisme ont pris racine dans cet incroyable réservoir de soutenabilité et de coopération qu’est la vie. Elles se sont ainsi rendu compte qu’en appliquant les principes du vivant – et en particulier la coopération– au fonctionnement de nos organisations, ces dernières se portaient beaucoup mieux, prenant ainsi soin des personnes qui y travaillent. » PABLO SERVIGNE


     



     


     


     


     


    Le livre "L’entraide, l’autre loi de la jungle" par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle.


    Article de réflexion et résumé du livre par Daniel Cauchy, membre fondateur de Rencontre des Continents



     


    « La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international - la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous - ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature. »


    Gregory Bateson


     


    Si comme l’écrit François Flahault, « … la tâche de rappeler ce qui devrait être est aisée alors que celle de penser autrement ce qui est se révèle plus difficile que jamais. », nos deux auteurs affrontent une question difficile et proposent une cure de décolonisation de nos imaginaires modernes. Ils nous offrent une belle synthèse des connaissances scientifiques actuelles montrant que les « relations qui font la beauté de la nature » ne se limitent pas à la compétition et au combat de chacun contre chacun. Avec un livre comme « L’entraide, l’autre loi de la jungle », on sort complètement des discours moralisateurs ou normalisateurs nous décrivant comment le monde et les humains devraient être ! Il s’agit ici de voir la vie autrement !


    C’est un livre « médicament », il nous soigne de cette pensée bien installée dans nos têtes, nos pratiques, nos institutions, nos conceptions politiques : celle d’un homme « naturellement » mauvais, soumis à la loi de la jungle, à la « loi du plus fort », celle du combat de chacun contre chacun. Pensée qui nous propose la compétition comme seul facteur d’évolution. Comme le disent nos auteurs : « Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »


    Ce livre bouscule les frontières entre les disciplines scientifiques pour « comprendre la nature coopérative de l’être humain dans le sillage de celle des autres organismes vivants ». Et pour cela de mobiliser des connaissances issues de bien des disciplines différentes : de la biologie à l’ethnologie, des neurosciences à la génétique, de la sociologie à l’économie expérimentale. Il a pour but de « dégager des principes généraux et une architecture générale de ce que l’on pourrait désormais appeler « l’autre loi de la jungle » : celle de l’entraide.


     


    - Paradigme dominant : la compétition


    La « loi du plus fort » ou celle de la « guerre de tous contre tous », comme l’écrivait Thomas Hobbes, nous invite à voir la vie, le monde, comme une arène au sein de laquelle dominent la ruse et la force. Que le plus fort gagne ! Et notre culture « moderne et utilitariste, est effectivement devenue hypertrophiée en compétition, délaissant sa partie généreuse, altruiste et bienveillante, passablement atrophiée. »


    Nous le savons : « l’homme est un loup pour l’homme » ! La clé du succès, et de l’évolution, réside dans la compétition !


    Le dogme dominant affirme que toutes nos actions, normes, institutions et croyances s’expliquent par le jeu des intérêts en conflit.


     


     


    Et pourtant, partout de la collaboration 


    Même si les mécanismes de collaboration, de relations mutuellement bénéfiques, avaient été mises en évidence par Pierre Kropotkine dans son célèbre ouvrage « L’entraide » dès 1902, ce n’est que depuis les années 1970 que foisonnent les études qui mettent en évidence, pour les plantes, les animaux et les humains la puissance de ces forces au sein de l’évolution. Fourmis, sternes arctiques, pins à écorce blanche et sapin des Rocheuses : de l’entraide entre semblables, lointains cousins mais aussi « entre organismes qui n’ont rien à voir » ! « Des mutualismes (associations diffuses entre espèces) aux symbioses (associations obligatoires), de l’action collective ponctuelle à la coévolution fusionnelle, les services se donnent et se rendent dans tous les sens … ». Le vivant est une « inextricable pelote d’interdépendance ».


    Et les humains n’échappent pas à cette règle : partout de la coopération, de l’aide, du rejet des injustices et ceci principalement en situation de crise.


     


    Environnement


    Les conditions environnementales jouent un rôle prépondérant dans l’évolution de l’entraide.


    Darwin avait effectué ses observations sous les tropiques (milieu d’abondance nutritive et de confort thermique) et Kropotkine en Sibérie (moins de nutriments et conditions bien plus rudes). Milieux pauvres en ressources ou milieux riches privilégient soit l’entraide, soit la compétition.


     


    Comment nous expliquer ces comportements ?


    L’épigénétique a montré que l’activation ou la mise en veille de certains de nos gènes est héritable ! Et nos gènes réagissent à l’environnement, nous héritons donc des réactions de nos ancêtres à leur environnement, « la culture s’imprime dans notre biologie, de génération en génération. » Les hommes n’ont pu s’adapter qu’avec et grâce aux autres, la collaboration nous est indispensable. L’obligation de réciprocité est au cœur de l’humanité, la « triple obligation de « donner-recevoir-rendre » génère un état de dépendance réciproque ».


    Nous sommes « équipés » pour la collaboration. Nos cerveaux possèdent ce que l’on appelle des « neurones miroirs » qui nous permettent de percevoir, de sentir, d’entrer en résonance avec les émotions d’autrui. Et ce « lien qui nous attache aux sentiments des autres et qui nous rend interdépendants s’appelle l’empathie. »


     


    Et au sein de nos sociétés s’installe (plus ou moins !) un double mécanisme « qui récompense les comportements prosociaux (la carotte) et punit les comportements antisociaux. C’est la réciprocité renforcée. Différents mécanismes feront donc apparaître et renforceront l’entraide dans nos groupes et sociétés. L’éducation et les normes sociales peuvent, ou non, renforcer notre aptitude à collaborer. Une nouvelle conception de la nature humaine irrationnelle et prosociale se dessine !


     


    Une mythologie hémiplégique


    L’ouvrage nous propose donc une vision d’un monde composé tant de compétition que de coopération. Et ces deux mouvements forment nos relations au sein des collectifs et entre les collectifs. Les capacités d’entraide sont spontanées, mais pour les maintenir, il nous faut vivre dans un contexte qui les privilégient. L’entraide trouve son origine dans un acte de don, sa logique est celle de « donner-recevoir-rendre » au cœur de tout lien social. Le maintien d’une réciprocité généralisée à l’ensemble du groupe se fait « grâce à des mécanismes qui l’étendent et la renforcent : le mécanisme de réputation, la récompense des comportements vertueux et la punition des comportements antisociaux. »


     


    Pour conclure cette petite présentation, laissons Pablo s’exprimer : 


    « En baignant dans le mythe d’une nature agressive et compétitive, nous nous sommes battus sur le terrain imaginaire adverse. Or, nous savons désormais que compétition et coopération sont des forces antagonistes très puissantes qui coexistent à tous les niveaux du vivant. En observant le monde vivant sans œillères, nous pouvons commencer à faire le deuil du mythe d’un état de nature en guerre permanente de tous contre tous, d’un combat de gladiateurs quotidien où on ne se fait pas de quartier. Voici donc la première étape pour décloisonner notre imaginaire, pour le décomplexer et lui redonner confiance dans sa capacité à faire germer la coopération. Nous pouvons enfin, grâce aux découvertes de la science des dernières décennies, nous inspirer à nouveau du monde vivant pour innover. Ainsi, l’agroécologie, la permaculture et plus largement le biomimétisme ont pris racine dans cet incroyable réservoir de soutenabilité et de coopération qu’est la vie. Elles se sont ainsi rendu compte qu’en appliquant les principes du vivant – et en particulier la coopération– au fonctionnement de nos organisations, ces dernières se portaient beaucoup mieux, prenant ainsi soin des personnes qui y travaillent. » PABLO SERVIGNE


     



     


     


     


     


    Le livre "L’entraide, l’autre loi de la jungle" par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle.


    Article de réflexion et résumé du livre par Daniel Cauchy, membre fondateur de Rencontre des Continents



     


    « La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international - la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous - ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature. »


    Gregory Bateson


     


    Si comme l’écrit François Flahault, « … la tâche de rappeler ce qui devrait être est aisée alors que celle de penser autrement ce qui est se révèle plus difficile que jamais. », nos deux auteurs affrontent une question difficile et proposent une cure de décolonisation de nos imaginaires modernes. Ils nous offrent une belle synthèse des connaissances scientifiques actuelles montrant que les « relations qui font la beauté de la nature » ne se limitent pas à la compétition et au combat de chacun contre chacun. Avec un livre comme « L’entraide, l’autre loi de la jungle », on sort complètement des discours moralisateurs ou normalisateurs nous décrivant comment le monde et les humains devraient être ! Il s’agit ici de voir la vie autrement !


    C’est un livre « médicament », il nous soigne de cette pensée bien installée dans nos têtes, nos pratiques, nos institutions, nos conceptions politiques : celle d’un homme « naturellement » mauvais, soumis à la loi de la jungle, à la « loi du plus fort », celle du combat de chacun contre chacun. Pensée qui nous propose la compétition comme seul facteur d’évolution. Comme le disent nos auteurs : « Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »


    Ce livre bouscule les frontières entre les disciplines scientifiques pour « comprendre la nature coopérative de l’être humain dans le sillage de celle des autres organismes vivants ». Et pour cela de mobiliser des connaissances issues de bien des disciplines différentes : de la biologie à l’ethnologie, des neurosciences à la génétique, de la sociologie à l’économie expérimentale. Il a pour but de « dégager des principes généraux et une architecture générale de ce que l’on pourrait désormais appeler « l’autre loi de la jungle » : celle de l’entraide.


     


    - Paradigme dominant : la compétition


    La « loi du plus fort » ou celle de la « guerre de tous contre tous », comme l’écrivait Thomas Hobbes, nous invite à voir la vie, le monde, comme une arène au sein de laquelle dominent la ruse et la force. Que le plus fort gagne ! Et notre culture « moderne et utilitariste, est effectivement devenue hypertrophiée en compétition, délaissant sa partie généreuse, altruiste et bienveillante, passablement atrophiée. »


    Nous le savons : « l’homme est un loup pour l’homme » ! La clé du succès, et de l’évolution, réside dans la compétition !


    Le dogme dominant affirme que toutes nos actions, normes, institutions et croyances s’expliquent par le jeu des intérêts en conflit.


     


     


    Et pourtant, partout de la collaboration 


    Même si les mécanismes de collaboration, de relations mutuellement bénéfiques, avaient été mises en évidence par Pierre Kropotkine dans son célèbre ouvrage « L’entraide » dès 1902, ce n’est que depuis les années 1970 que foisonnent les études qui mettent en évidence, pour les plantes, les animaux et les humains la puissance de ces forces au sein de l’évolution. Fourmis, sternes arctiques, pins à écorce blanche et sapin des Rocheuses : de l’entraide entre semblables, lointains cousins mais aussi « entre organismes qui n’ont rien à voir » ! « Des mutualismes (associations diffuses entre espèces) aux symbioses (associations obligatoires), de l’action collective ponctuelle à la coévolution fusionnelle, les services se donnent et se rendent dans tous les sens … ». Le vivant est une « inextricable pelote d’interdépendance ».


    Et les humains n’échappent pas à cette règle : partout de la coopération, de l’aide, du rejet des injustices et ceci principalement en situation de crise.


     


    Environnement


    Les conditions environnementales jouent un rôle prépondérant dans l’évolution de l’entraide.


    Darwin avait effectué ses observations sous les tropiques (milieu d’abondance nutritive et de confort thermique) et Kropotkine en Sibérie (moins de nutriments et conditions bien plus rudes). Milieux pauvres en ressources ou milieux riches privilégient soit l’entraide, soit la compétition.


     


    Comment nous expliquer ces comportements ?


    L’épigénétique a montré que l’activation ou la mise en veille de certains de nos gènes est héritable ! Et nos gènes réagissent à l’environnement, nous héritons donc des réactions de nos ancêtres à leur environnement, « la culture s’imprime dans notre biologie, de génération en génération. » Les hommes n’ont pu s’adapter qu’avec et grâce aux autres, la collaboration nous est indispensable. L’obligation de réciprocité est au cœur de l’humanité, la « triple obligation de « donner-recevoir-rendre » génère un état de dépendance réciproque ».


    Nous sommes « équipés » pour la collaboration. Nos cerveaux possèdent ce que l’on appelle des « neurones miroirs » qui nous permettent de percevoir, de sentir, d’entrer en résonance avec les émotions d’autrui. Et ce « lien qui nous attache aux sentiments des autres et qui nous rend interdépendants s’appelle l’empathie. »


     


    Et au sein de nos sociétés s’installe (plus ou moins !) un double mécanisme « qui récompense les comportements prosociaux (la carotte) et punit les comportements antisociaux. C’est la réciprocité renforcée. Différents mécanismes feront donc apparaître et renforceront l’entraide dans nos groupes et sociétés. L’éducation et les normes sociales peuvent, ou non, renforcer notre aptitude à collaborer. Une nouvelle conception de la nature humaine irrationnelle et prosociale se dessine !


     


    Une mythologie hémiplégique


    L’ouvrage nous propose donc une vision d’un monde composé tant de compétition que de coopération. Et ces deux mouvements forment nos relations au sein des collectifs et entre les collectifs. Les capacités d’entraide sont spontanées, mais pour les maintenir, il nous faut vivre dans un contexte qui les privilégient. L’entraide trouve son origine dans un acte de don, sa logique est celle de « donner-recevoir-rendre » au cœur de tout lien social. Le maintien d’une réciprocité généralisée à l’ensemble du groupe se fait « grâce à des mécanismes qui l’étendent et la renforcent : le mécanisme de réputation, la récompense des comportements vertueux et la punition des comportements antisociaux. »


     


    Pour conclure cette petite présentation, laissons Pablo s’exprimer : 


    « En baignant dans le mythe d’une nature agressive et compétitive, nous nous sommes battus sur le terrain imaginaire adverse. Or, nous savons désormais que compétition et coopération sont des forces antagonistes très puissantes qui coexistent à tous les niveaux du vivant. En observant le monde vivant sans œillères, nous pouvons commencer à faire le deuil du mythe d’un état de nature en guerre permanente de tous contre tous, d’un combat de gladiateurs quotidien où on ne se fait pas de quartier. Voici donc la première étape pour décloisonner notre imaginaire, pour le décomplexer et lui redonner confiance dans sa capacité à faire germer la coopération. Nous pouvons enfin, grâce aux découvertes de la science des dernières décennies, nous inspirer à nouveau du monde vivant pour innover. Ainsi, l’agroécologie, la permaculture et plus largement le biomimétisme ont pris racine dans cet incroyable réservoir de soutenabilité et de coopération qu’est la vie. Elles se sont ainsi rendu compte qu’en appliquant les principes du vivant – et en particulier la coopération– au fonctionnement de nos organisations, ces dernières se portaient beaucoup mieux, prenant ainsi soin des personnes qui y travaillent. » PABLO SERVIGNE


     



     


     


     


     


    Le livre "L’entraide, l’autre loi de la jungle" par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle.


    Article de réflexion et résumé du livre par Daniel Cauchy, membre fondateur de Rencontre des Continents



     


    « La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international - la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous - ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature. »


    Gregory Bateson


     


    Si comme l’écrit François Flahault, « … la tâche de rappeler ce qui devrait être est aisée alors que celle de penser autrement ce qui est se révèle plus difficile que jamais. », nos deux auteurs affrontent une question difficile et proposent une cure de décolonisation de nos imaginaires modernes. Ils nous offrent une belle synthèse des connaissances scientifiques actuelles montrant que les « relations qui font la beauté de la nature » ne se limitent pas à la compétition et au combat de chacun contre chacun. Avec un livre comme « L’entraide, l’autre loi de la jungle », on sort complètement des discours moralisateurs ou normalisateurs nous décrivant comment le monde et les humains devraient être ! Il s’agit ici de voir la vie autrement !


    C’est un livre « médicament », il nous soigne de cette pensée bien installée dans nos têtes, nos pratiques, nos institutions, nos conceptions politiques : celle d’un homme « naturellement » mauvais, soumis à la loi de la jungle, à la « loi du plus fort », celle du combat de chacun contre chacun. Pensée qui nous propose la compétition comme seul facteur d’évolution. Comme le disent nos auteurs : « Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »


    Ce livre bouscule les frontières entre les disciplines scientifiques pour « comprendre la nature coopérative de l’être humain dans le sillage de celle des autres organismes vivants ». Et pour cela de mobiliser des connaissances issues de bien des disciplines différentes : de la biologie à l’ethnologie, des neurosciences à la génétique, de la sociologie à l’économie expérimentale. Il a pour but de « dégager des principes généraux et une architecture générale de ce que l’on pourrait désormais appeler « l’autre loi de la jungle » : celle de l’entraide.


     


    - Paradigme dominant : la compétition


    La « loi du plus fort » ou celle de la « guerre de tous contre tous », comme l’écrivait Thomas Hobbes, nous invite à voir la vie, le monde, comme une arène au sein de laquelle dominent la ruse et la force. Que le plus fort gagne ! Et notre culture « moderne et utilitariste, est effectivement devenue hypertrophiée en compétition, délaissant sa partie généreuse, altruiste et bienveillante, passablement atrophiée. »


    Nous le savons : « l’homme est un loup pour l’homme » ! La clé du succès, et de l’évolution, réside dans la compétition !


    Le dogme dominant affirme que toutes nos actions, normes, institutions et croyances s’expliquent par le jeu des intérêts en conflit.


     


     


    Et pourtant, partout de la collaboration 


    Même si les mécanismes de collaboration, de relations mutuellement bénéfiques, avaient été mises en évidence par Pierre Kropotkine dans son célèbre ouvrage « L’entraide » dès 1902, ce n’est que depuis les années 1970 que foisonnent les études qui mettent en évidence, pour les plantes, les animaux et les humains la puissance de ces forces au sein de l’évolution. Fourmis, sternes arctiques, pins à écorce blanche et sapin des Rocheuses : de l’entraide entre semblables, lointains cousins mais aussi « entre organismes qui n’ont rien à voir » ! « Des mutualismes (associations diffuses entre espèces) aux symbioses (associations obligatoires), de l’action collective ponctuelle à la coévolution fusionnelle, les services se donnent et se rendent dans tous les sens … ». Le vivant est une « inextricable pelote d’interdépendance ».


    Et les humains n’échappent pas à cette règle : partout de la coopération, de l’aide, du rejet des injustices et ceci principalement en situation de crise.


     


    Environnement


    Les conditions environnementales jouent un rôle prépondérant dans l’évolution de l’entraide.


    Darwin avait effectué ses observations sous les tropiques (milieu d’abondance nutritive et de confort thermique) et Kropotkine en Sibérie (moins de nutriments et conditions bien plus rudes). Milieux pauvres en ressources ou milieux riches privilégient soit l’entraide, soit la compétition.


     


    Comment nous expliquer ces comportements ?


    L’épigénétique a montré que l’activation ou la mise en veille de certains de nos gènes est héritable ! Et nos gènes réagissent à l’environnement, nous héritons donc des réactions de nos ancêtres à leur environnement, « la culture s’imprime dans notre biologie, de génération en génération. » Les hommes n’ont pu s’adapter qu’avec et grâce aux autres, la collaboration nous est indispensable. L’obligation de réciprocité est au cœur de l’humanité, la « triple obligation de « donner-recevoir-rendre » génère un état de dépendance réciproque ».


    Nous sommes « équipés » pour la collaboration. Nos cerveaux possèdent ce que l’on appelle des « neurones miroirs » qui nous permettent de percevoir, de sentir, d’entrer en résonance avec les émotions d’autrui. Et ce « lien qui nous attache aux sentiments des autres et qui nous rend interdépendants s’appelle l’empathie. »


     


    Et au sein de nos sociétés s’installe (plus ou moins !) un double mécanisme « qui récompense les comportements prosociaux (la carotte) et punit les comportements antisociaux. C’est la réciprocité renforcée. Différents mécanismes feront donc apparaître et renforceront l’entraide dans nos groupes et sociétés. L’éducation et les normes sociales peuvent, ou non, renforcer notre aptitude à collaborer. Une nouvelle conception de la nature humaine irrationnelle et prosociale se dessine !


     


    Une mythologie hémiplégique


    L’ouvrage nous propose donc une vision d’un monde composé tant de compétition que de coopération. Et ces deux mouvements forment nos relations au sein des collectifs et entre les collectifs. Les capacités d’entraide sont spontanées, mais pour les maintenir, il nous faut vivre dans un contexte qui les privilégient. L’entraide trouve son origine dans un acte de don, sa logique est celle de « donner-recevoir-rendre » au cœur de tout lien social. Le maintien d’une réciprocité généralisée à l’ensemble du groupe se fait « grâce à des mécanismes qui l’étendent et la renforcent : le mécanisme de réputation, la récompense des comportements vertueux et la punition des comportements antisociaux. »


     


    Pour conclure cette petite présentation, laissons Pablo s’exprimer : 


    « En baignant dans le mythe d’une nature agressive et compétitive, nous nous sommes battus sur le terrain imaginaire adverse. Or, nous savons désormais que compétition et coopération sont des forces antagonistes très puissantes qui coexistent à tous les niveaux du vivant. En observant le monde vivant sans œillères, nous pouvons commencer à faire le deuil du mythe d’un état de nature en guerre permanente de tous contre tous, d’un combat de gladiateurs quotidien où on ne se fait pas de quartier. Voici donc la première étape pour décloisonner notre imaginaire, pour le décomplexer et lui redonner confiance dans sa capacité à faire germer la coopération. Nous pouvons enfin, grâce aux découvertes de la science des dernières décennies, nous inspirer à nouveau du monde vivant pour innover. Ainsi, l’agroécologie, la permaculture et plus largement le biomimétisme ont pris racine dans cet incroyable réservoir de soutenabilité et de coopération qu’est la vie. Elles se sont ainsi rendu compte qu’en appliquant les principes du vivant – et en particulier la coopération– au fonctionnement de nos organisations, ces dernières se portaient beaucoup mieux, prenant ainsi soin des personnes qui y travaillent. » PABLO SERVIGNE


     



     


     


     


     


    Le livre "L’entraide, l’autre loi de la jungle" par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle.


    Article de réflexion et résumé du livre par Daniel Cauchy, membre fondateur de Rencontre des Continents



     


    « La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international - la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous - ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature. »


    Gregory Bateson


     


    Si comme l’écrit François Flahault, « … la tâche de rappeler ce qui devrait être est aisée alors que celle de penser autrement ce qui est se révèle plus difficile que jamais. », nos deux auteurs affrontent une question difficile et proposent une cure de décolonisation de nos imaginaires modernes. Ils nous offrent une belle synthèse des connaissances scientifiques actuelles montrant que les « relations qui font la beauté de la nature » ne se limitent pas à la compétition et au combat de chacun contre chacun. Avec un livre comme « L’entraide, l’autre loi de la jungle », on sort complètement des discours moralisateurs ou normalisateurs nous décrivant comment le monde et les humains devraient être ! Il s’agit ici de voir la vie autrement !


    C’est un livre « médicament », il nous soigne de cette pensée bien installée dans nos têtes, nos pratiques, nos institutions, nos conceptions politiques : celle d’un homme « naturellement » mauvais, soumis à la loi de la jungle, à la « loi du plus fort », celle du combat de chacun contre chacun. Pensée qui nous propose la compétition comme seul facteur d’évolution. Comme le disent nos auteurs : « Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »


    Ce livre bouscule les frontières entre les disciplines scientifiques pour « comprendre la nature coopérative de l’être humain dans le sillage de celle des autres organismes vivants ». Et pour cela de mobiliser des connaissances issues de bien des disciplines différentes : de la biologie à l’ethnologie, des neurosciences à la génétique, de la sociologie à l’économie expérimentale. Il a pour but de « dégager des principes généraux et une architecture générale de ce que l’on pourrait désormais appeler « l’autre loi de la jungle » : celle de l’entraide.


     


    - Paradigme dominant : la compétition


    La « loi du plus fort » ou celle de la « guerre de tous contre tous », comme l’écrivait Thomas Hobbes, nous invite à voir la vie, le monde, comme une arène au sein de laquelle dominent la ruse et la force. Que le plus fort gagne ! Et notre culture « moderne et utilitariste, est effectivement devenue hypertrophiée en compétition, délaissant sa partie généreuse, altruiste et bienveillante, passablement atrophiée. »


    Nous le savons : « l’homme est un loup pour l’homme » ! La clé du succès, et de l’évolution, réside dans la compétition !


    Le dogme dominant affirme que toutes nos actions, normes, institutions et croyances s’expliquent par le jeu des intérêts en conflit.


     


     


    Et pourtant, partout de la collaboration 


    Même si les mécanismes de collaboration, de relations mutuellement bénéfiques, avaient été mises en évidence par Pierre Kropotkine dans son célèbre ouvrage « L’entraide » dès 1902, ce n’est que depuis les années 1970 que foisonnent les études qui mettent en évidence, pour les plantes, les animaux et les humains la puissance de ces forces au sein de l’évolution. Fourmis, sternes arctiques, pins à écorce blanche et sapin des Rocheuses : de l’entraide entre semblables, lointains cousins mais aussi « entre organismes qui n’ont rien à voir » ! « Des mutualismes (associations diffuses entre espèces) aux symbioses (associations obligatoires), de l’action collective ponctuelle à la coévolution fusionnelle, les services se donnent et se rendent dans tous les sens … ». Le vivant est une « inextricable pelote d’interdépendance ».


    Et les humains n’échappent pas à cette règle : partout de la coopération, de l’aide, du rejet des injustices et ceci principalement en situation de crise.


     


    Environnement


    Les conditions environnementales jouent un rôle prépondérant dans l’évolution de l’entraide.


    Darwin avait effectué ses observations sous les tropiques (milieu d’abondance nutritive et de confort thermique) et Kropotkine en Sibérie (moins de nutriments et conditions bien plus rudes). Milieux pauvres en ressources ou milieux riches privilégient soit l’entraide, soit la compétition.


     


    Comment nous expliquer ces comportements ?


    L’épigénétique a montré que l’activation ou la mise en veille de certains de nos gènes est héritable ! Et nos gènes réagissent à l’environnement, nous héritons donc des réactions de nos ancêtres à leur environnement, « la culture s’imprime dans notre biologie, de génération en génération. » Les hommes n’ont pu s’adapter qu’avec et grâce aux autres, la collaboration nous est indispensable. L’obligation de réciprocité est au cœur de l’humanité, la « triple obligation de « donner-recevoir-rendre » génère un état de dépendance réciproque ».


    Nous sommes « équipés » pour la collaboration. Nos cerveaux possèdent ce que l’on appelle des « neurones miroirs » qui nous permettent de percevoir, de sentir, d’entrer en résonance avec les émotions d’autrui. Et ce « lien qui nous attache aux sentiments des autres et qui nous rend interdépendants s’appelle l’empathie. »


     


    Et au sein de nos sociétés s’installe (plus ou moins !) un double mécanisme « qui récompense les comportements prosociaux (la carotte) et punit les comportements antisociaux. C’est la réciprocité renforcée. Différents mécanismes feront donc apparaître et renforceront l’entraide dans nos groupes et sociétés. L’éducation et les normes sociales peuvent, ou non, renforcer notre aptitude à collaborer. Une nouvelle conception de la nature humaine irrationnelle et prosociale se dessine !


     


    Une mythologie hémiplégique


    L’ouvrage nous propose donc une vision d’un monde composé tant de compétition que de coopération. Et ces deux mouvements forment nos relations au sein des collectifs et entre les collectifs. Les capacités d’entraide sont spontanées, mais pour les maintenir, il nous faut vivre dans un contexte qui les privilégient. L’entraide trouve son origine dans un acte de don, sa logique est celle de « donner-recevoir-rendre » au cœur de tout lien social. Le maintien d’une réciprocité généralisée à l’ensemble du groupe se fait « grâce à des mécanismes qui l’étendent et la renforcent : le mécanisme de réputation, la récompense des comportements vertueux et la punition des comportements antisociaux. »


     


    Pour conclure cette petite présentation, laissons Pablo s’exprimer : 


    « En baignant dans le mythe d’une nature agressive et compétitive, nous nous sommes battus sur le terrain imaginaire adverse. Or, nous savons désormais que compétition et coopération sont des forces antagonistes très puissantes qui coexistent à tous les niveaux du vivant. En observant le monde vivant sans œillères, nous pouvons commencer à faire le deuil du mythe d’un état de nature en guerre permanente de tous contre tous, d’un combat de gladiateurs quotidien où on ne se fait pas de quartier. Voici donc la première étape pour décloisonner notre imaginaire, pour le décomplexer et lui redonner confiance dans sa capacité à faire germer la coopération. Nous pouvons enfin, grâce aux découvertes de la science des dernières décennies, nous inspirer à nouveau du monde vivant pour innover. Ainsi, l’agroécologie, la permaculture et plus largement le biomimétisme ont pris racine dans cet incroyable réservoir de soutenabilité et de coopération qu’est la vie. Elles se sont ainsi rendu compte qu’en appliquant les principes du vivant – et en particulier la coopération– au fonctionnement de nos organisations, ces dernières se portaient beaucoup mieux, prenant ainsi soin des personnes qui y travaillent. » PABLO SERVIGNE


     



     


     


     


     


    Le livre "L’entraide, l’autre loi de la jungle" par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle.


    Article de réflexion et résumé du livre par Daniel Cauchy, membre fondateur de Rencontre des Continents



     


    « La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international - la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous - ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature. »


    Gregory Bateson


     


    Si comme l’écrit François Flahault, « … la tâche de rappeler ce qui devrait être est aisée alors que celle de penser autrement ce qui est se révèle plus difficile que jamais. », nos deux auteurs affrontent une question difficile et proposent une cure de décolonisation de nos imaginaires modernes. Ils nous offrent une belle synthèse des connaissances scientifiques actuelles montrant que les « relations qui font la beauté de la nature » ne se limitent pas à la compétition et au combat de chacun contre chacun. Avec un livre comme « L’entraide, l’autre loi de la jungle », on sort complètement des discours moralisateurs ou normalisateurs nous décrivant comment le monde et les humains devraient être ! Il s’agit ici de voir la vie autrement !


    C’est un livre « médicament », il nous soigne de cette pensée bien installée dans nos têtes, nos pratiques, nos institutions, nos conceptions politiques : celle d’un homme « naturellement » mauvais, soumis à la loi de la jungle, à la « loi du plus fort », celle du combat de chacun contre chacun. Pensée qui nous propose la compétition comme seul facteur d’évolution. Comme le disent nos auteurs : « Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »


    Ce livre bouscule les frontières entre les disciplines scientifiques pour « comprendre la nature coopérative de l’être humain dans le sillage de celle des autres organismes vivants ». Et pour cela de mobiliser des connaissances issues de bien des disciplines différentes : de la biologie à l’ethnologie, des neurosciences à la génétique, de la sociologie à l’économie expérimentale. Il a pour but de « dégager des principes généraux et une architecture générale de ce que l’on pourrait désormais appeler « l’autre loi de la jungle » : celle de l’entraide.


     


    - Paradigme dominant : la compétition


    La « loi du plus fort » ou celle de la « guerre de tous contre tous », comme l’écrivait Thomas Hobbes, nous invite à voir la vie, le monde, comme une arène au sein de laquelle dominent la ruse et la force. Que le plus fort gagne ! Et notre culture « moderne et utilitariste, est effectivement devenue hypertrophiée en compétition, délaissant sa partie généreuse, altruiste et bienveillante, passablement atrophiée. »


    Nous le savons : « l’homme est un loup pour l’homme » ! La clé du succès, et de l’évolution, réside dans la compétition !


    Le dogme dominant affirme que toutes nos actions, normes, institutions et croyances s’expliquent par le jeu des intérêts en conflit.


     


     


    Et pourtant, partout de la collaboration 


    Même si les mécanismes de collaboration, de relations mutuellement bénéfiques, avaient été mises en évidence par Pierre Kropotkine dans son célèbre ouvrage « L’entraide » dès 1902, ce n’est que depuis les années 1970 que foisonnent les études qui mettent en évidence, pour les plantes, les animaux et les humains la puissance de ces forces au sein de l’évolution. Fourmis, sternes arctiques, pins à écorce blanche et sapin des Rocheuses : de l’entraide entre semblables, lointains cousins mais aussi « entre organismes qui n’ont rien à voir » ! « Des mutualismes (associations diffuses entre espèces) aux symbioses (associations obligatoires), de l’action collective ponctuelle à la coévolution fusionnelle, les services se donnent et se rendent dans tous les sens … ». Le vivant est une « inextricable pelote d’interdépendance ».


    Et les humains n’échappent pas à cette règle : partout de la coopération, de l’aide, du rejet des injustices et ceci principalement en situation de crise.


     


    Environnement


    Les conditions environnementales jouent un rôle prépondérant dans l’évolution de l’entraide.


    Darwin avait effectué ses observations sous les tropiques (milieu d’abondance nutritive et de confort thermique) et Kropotkine en Sibérie (moins de nutriments et conditions bien plus rudes). Milieux pauvres en ressources ou milieux riches privilégient soit l’entraide, soit la compétition.


     


    Comment nous expliquer ces comportements ?


    L’épigénétique a montré que l’activation ou la mise en veille de certains de nos gènes est héritable ! Et nos gènes réagissent à l’environnement, nous héritons donc des réactions de nos ancêtres à leur environnement, « la culture s’imprime dans notre biologie, de génération en génération. » Les hommes n’ont pu s’adapter qu’avec et grâce aux autres, la collaboration nous est indispensable. L’obligation de réciprocité est au cœur de l’humanité, la « triple obligation de « donner-recevoir-rendre » génère un état de dépendance réciproque ».


    Nous sommes « équipés » pour la collaboration. Nos cerveaux possèdent ce que l’on appelle des « neurones miroirs » qui nous permettent de percevoir, de sentir, d’entrer en résonance avec les émotions d’autrui. Et ce « lien qui nous attache aux sentiments des autres et qui nous rend interdépendants s’appelle l’empathie. »


     


    Et au sein de nos sociétés s’installe (plus ou moins !) un double mécanisme « qui récompense les comportements prosociaux (la carotte) et punit les comportements antisociaux. C’est la réciprocité renforcée. Différents mécanismes feront donc apparaître et renforceront l’entraide dans nos groupes et sociétés. L’éducation et les normes sociales peuvent, ou non, renforcer notre aptitude à collaborer. Une nouvelle conception de la nature humaine irrationnelle et prosociale se dessine !


     


    Une mythologie hémiplégique


    L’ouvrage nous propose donc une vision d’un monde composé tant de compétition que de coopération. Et ces deux mouvements forment nos relations au sein des collectifs et entre les collectifs. Les capacités d’entraide sont spontanées, mais pour les maintenir, il nous faut vivre dans un contexte qui les privilégient. L’entraide trouve son origine dans un acte de don, sa logique est celle de « donner-recevoir-rendre » au cœur de tout lien social. Le maintien d’une réciprocité généralisée à l’ensemble du groupe se fait « grâce à des mécanismes qui l’étendent et la renforcent : le mécanisme de réputation, la récompense des comportements vertueux et la punition des comportements antisociaux. »


     


    Pour conclure cette petite présentation, laissons Pablo s’exprimer : 


    « En baignant dans le mythe d’une nature agressive et compétitive, nous nous sommes battus sur le terrain imaginaire adverse. Or, nous savons désormais que compétition et coopération sont des forces antagonistes très puissantes qui coexistent à tous les niveaux du vivant. En observant le monde vivant sans œillères, nous pouvons commencer à faire le deuil du mythe d’un état de nature en guerre permanente de tous contre tous, d’un combat de gladiateurs quotidien où on ne se fait pas de quartier. Voici donc la première étape pour décloisonner notre imaginaire, pour le décomplexer et lui redonner confiance dans sa capacité à faire germer la coopération. Nous pouvons enfin, grâce aux découvertes de la science des dernières décennies, nous inspirer à nouveau du monde vivant pour innover. Ainsi, l’agroécologie, la permaculture et plus largement le biomimétisme ont pris racine dans cet incroyable réservoir de soutenabilité et de coopération qu’est la vie. Elles se sont ainsi rendu compte qu’en appliquant les principes du vivant – et en particulier la coopération– au fonctionnement de nos organisations, ces dernières se portaient beaucoup mieux, prenant ainsi soin des personnes qui y travaillent. » PABLO SERVIGNE


     



     


     


     


     


    Le livre "L’entraide, l’autre loi de la jungle" par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle.


    Article de réflexion et résumé du livre par Daniel Cauchy, membre fondateur de Rencontre des Continents



     


    « La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international - la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous - ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature. »


    Gregory Bateson


     


    Si comme l’écrit François Flahault, « … la tâche de rappeler ce qui devrait être est aisée alors que celle de penser autrement ce qui est se révèle plus difficile que jamais. », nos deux auteurs affrontent une question difficile et proposent une cure de décolonisation de nos imaginaires modernes. Ils nous offrent une belle synthèse des connaissances scientifiques actuelles montrant que les « relations qui font la beauté de la nature » ne se limitent pas à la compétition et au combat de chacun contre chacun. Avec un livre comme « L’entraide, l’autre loi de la jungle », on sort complètement des discours moralisateurs ou normalisateurs nous décrivant comment le monde et les humains devraient être ! Il s’agit ici de voir la vie autrement !


    C’est un livre « médicament », il nous soigne de cette pensée bien installée dans nos têtes, nos pratiques, nos institutions, nos conceptions politiques : celle d’un homme « naturellement » mauvais, soumis à la loi de la jungle, à la « loi du plus fort », celle du combat de chacun contre chacun. Pensée qui nous propose la compétition comme seul facteur d’évolution. Comme le disent nos auteurs : « Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »


    Ce livre bouscule les frontières entre les disciplines scientifiques pour « comprendre la nature coopérative de l’être humain dans le sillage de celle des autres organismes vivants ». Et pour cela de mobiliser des connaissances issues de bien des disciplines différentes : de la biologie à l’ethnologie, des neurosciences à la génétique, de la sociologie à l’économie expérimentale. Il a pour but de « dégager des principes généraux et une architecture générale de ce que l’on pourrait désormais appeler « l’autre loi de la jungle » : celle de l’entraide.


     


    - Paradigme dominant : la compétition


    La « loi du plus fort » ou celle de la « guerre de tous contre tous », comme l’écrivait Thomas Hobbes, nous invite à voir la vie, le monde, comme une arène au sein de laquelle dominent la ruse et la force. Que le plus fort gagne ! Et notre culture « moderne et utilitariste, est effectivement devenue hypertrophiée en compétition, délaissant sa partie généreuse, altruiste et bienveillante, passablement atrophiée. »


    Nous le savons : « l’homme est un loup pour l’homme » ! La clé du succès, et de l’évolution, réside dans la compétition !


    Le dogme dominant affirme que toutes nos actions, normes, institutions et croyances s’expliquent par le jeu des intérêts en conflit.


     


     


    Et pourtant, partout de la collaboration 


    Même si les mécanismes de collaboration, de relations mutuellement bénéfiques, avaient été mises en évidence par Pierre Kropotkine dans son célèbre ouvrage « L’entraide » dès 1902, ce n’est que depuis les années 1970 que foisonnent les études qui mettent en évidence, pour les plantes, les animaux et les humains la puissance de ces forces au sein de l’évolution. Fourmis, sternes arctiques, pins à écorce blanche et sapin des Rocheuses : de l’entraide entre semblables, lointains cousins mais aussi « entre organismes qui n’ont rien à voir » ! « Des mutualismes (associations diffuses entre espèces) aux symbioses (associations obligatoires), de l’action collective ponctuelle à la coévolution fusionnelle, les services se donnent et se rendent dans tous les sens … ». Le vivant est une « inextricable pelote d’interdépendance ».


    Et les humains n’échappent pas à cette règle : partout de la coopération, de l’aide, du rejet des injustices et ceci principalement en situation de crise.


     


    Environnement


    Les conditions environnementales jouent un rôle prépondérant dans l’évolution de l’entraide.


    Darwin avait effectué ses observations sous les tropiques (milieu d’abondance nutritive et de confort thermique) et Kropotkine en Sibérie (moins de nutriments et conditions bien plus rudes). Milieux pauvres en ressources ou milieux riches privilégient soit l’entraide, soit la compétition.


     


    Comment nous expliquer ces comportements ?


    L’épigénétique a montré que l’activation ou la mise en veille de certains de nos gènes est héritable ! Et nos gènes réagissent à l’environnement, nous héritons donc des réactions de nos ancêtres à leur environnement, « la culture s’imprime dans notre biologie, de génération en génération. » Les hommes n’ont pu s’adapter qu’avec et grâce aux autres, la collaboration nous est indispensable. L’obligation de réciprocité est au cœur de l’humanité, la « triple obligation de « donner-recevoir-rendre » génère un état de dépendance réciproque ».


    Nous sommes « équipés » pour la collaboration. Nos cerveaux possèdent ce que l’on appelle des « neurones miroirs » qui nous permettent de percevoir, de sentir, d’entrer en résonance avec les émotions d’autrui. Et ce « lien qui nous attache aux sentiments des autres et qui nous rend interdépendants s’appelle l’empathie. »


     


    Et au sein de nos sociétés s’installe (plus ou moins !) un double mécanisme « qui récompense les comportements prosociaux (la carotte) et punit les comportements antisociaux. C’est la réciprocité renforcée. Différents mécanismes feront donc apparaître et renforceront l’entraide dans nos groupes et sociétés. L’éducation et les normes sociales peuvent, ou non, renforcer notre aptitude à collaborer. Une nouvelle conception de la nature humaine irrationnelle et prosociale se dessine !


     


    Une mythologie hémiplégique


    L’ouvrage nous propose donc une vision d’un monde composé tant de compétition que de coopération. Et ces deux mouvements forment nos relations au sein des collectifs et entre les collectifs. Les capacités d’entraide sont spontanées, mais pour les maintenir, il nous faut vivre dans un contexte qui les privilégient. L’entraide trouve son origine dans un acte de don, sa logique est celle de « donner-recevoir-rendre » au cœur de tout lien social. Le maintien d’une réciprocité généralisée à l’ensemble du groupe se fait « grâce à des mécanismes qui l’étendent et la renforcent : le mécanisme de réputation, la récompense des comportements vertueux et la punition des comportements antisociaux. »


     


    Pour conclure cette petite présentation, laissons Pablo s’exprimer : 


    « En baignant dans le mythe d’une nature agressive et compétitive, nous nous sommes battus sur le terrain imaginaire adverse. Or, nous savons désormais que compétition et coopération sont des forces antagonistes très puissantes qui coexistent à tous les niveaux du vivant. En observant le monde vivant sans œillères, nous pouvons commencer à faire le deuil du mythe d’un état de nature en guerre permanente de tous contre tous, d’un combat de gladiateurs quotidien où on ne se fait pas de quartier. Voici donc la première étape pour décloisonner notre imaginaire, pour le décomplexer et lui redonner confiance dans sa capacité à faire germer la coopération. Nous pouvons enfin, grâce aux découvertes de la science des dernières décennies, nous inspirer à nouveau du monde vivant pour innover. Ainsi, l’agroécologie, la permaculture et plus largement le biomimétisme ont pris racine dans cet incroyable réservoir de soutenabilité et de coopération qu’est la vie. Elles se sont ainsi rendu compte qu’en appliquant les principes du vivant – et en particulier la coopération– au fonctionnement de nos organisations, ces dernières se portaient beaucoup mieux, prenant ainsi soin des personnes qui y travaillent. » PABLO SERVIGNE


     



     


     


     


     


    Le livre "L’entraide, l’autre loi de la jungle" par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle.


    Article de réflexion et résumé du livre par Daniel Cauchy, membre fondateur de Rencontre des Continents



     


    « La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international - la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous - ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature. »


    Gregory Bateson


     


    Si comme l’écrit François Flahault, « … la tâche de rappeler ce qui devrait être est aisée alors que celle de penser autrement ce qui est se révèle plus difficile que jamais. », nos deux auteurs affrontent une question difficile et proposent une cure de décolonisation de nos imaginaires modernes. Ils nous offrent une belle synthèse des connaissances scientifiques actuelles montrant que les « relations qui font la beauté de la nature » ne se limitent pas à la compétition et au combat de chacun contre chacun. Avec un livre comme « L’entraide, l’autre loi de la jungle », on sort complètement des discours moralisateurs ou normalisateurs nous décrivant comment le monde et les humains devraient être ! Il s’agit ici de voir la vie autrement !


    C’est un livre « médicament », il nous soigne de cette pensée bien installée dans nos têtes, nos pratiques, nos institutions, nos conceptions politiques : celle d’un homme « naturellement » mauvais, soumis à la loi de la jungle, à la « loi du plus fort », celle du combat de chacun contre chacun. Pensée qui nous propose la compétition comme seul facteur d’évolution. Comme le disent nos auteurs : « Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »


    Ce livre bouscule les frontières entre les disciplines scientifiques pour « comprendre la nature coopérative de l’être humain dans le sillage de celle des autres organismes vivants ». Et pour cela de mobiliser des connaissances issues de bien des disciplines différentes : de la biologie à l’ethnologie, des neurosciences à la génétique, de la sociologie à l’économie expérimentale. Il a pour but de « dégager des principes généraux et une architecture générale de ce que l’on pourrait désormais appeler « l’autre loi de la jungle » : celle de l’entraide.


     


    - Paradigme dominant : la compétition


    La « loi du plus fort » ou celle de la « guerre de tous contre tous », comme l’écrivait Thomas Hobbes, nous invite à voir la vie, le monde, comme une arène au sein de laquelle dominent la ruse et la force. Que le plus fort gagne ! Et notre culture « moderne et utilitariste, est effectivement devenue hypertrophiée en compétition, délaissant sa partie généreuse, altruiste et bienveillante, passablement atrophiée. »


    Nous le savons : « l’homme est un loup pour l’homme » ! La clé du succès, et de l’évolution, réside dans la compétition !


    Le dogme dominant affirme que toutes nos actions, normes, institutions et croyances s’expliquent par le jeu des intérêts en conflit.


     


     


    Et pourtant, partout de la collaboration 


    Même si les mécanismes de collaboration, de relations mutuellement bénéfiques, avaient été mises en évidence par Pierre Kropotkine dans son célèbre ouvrage « L’entraide » dès 1902, ce n’est que depuis les années 1970 que foisonnent les études qui mettent en évidence, pour les plantes, les animaux et les humains la puissance de ces forces au sein de l’évolution. Fourmis, sternes arctiques, pins à écorce blanche et sapin des Rocheuses : de l’entraide entre semblables, lointains cousins mais aussi « entre organismes qui n’ont rien à voir » ! « Des mutualismes (associations diffuses entre espèces) aux symbioses (associations obligatoires), de l’action collective ponctuelle à la coévolution fusionnelle, les services se donnent et se rendent dans tous les sens … ». Le vivant est une « inextricable pelote d’interdépendance ».


    Et les humains n’échappent pas à cette règle : partout de la coopération, de l’aide, du rejet des injustices et ceci principalement en situation de crise.


     


    Environnement


    Les conditions environnementales jouent un rôle prépondérant dans l’évolution de l’entraide.


    Darwin avait effectué ses observations sous les tropiques (milieu d’abondance nutritive et de confort thermique) et Kropotkine en Sibérie (moins de nutriments et conditions bien plus rudes). Milieux pauvres en ressources ou milieux riches privilégient soit l’entraide, soit la compétition.


     


    Comment nous expliquer ces comportements ?


    L’épigénétique a montré que l’activation ou la mise en veille de certains de nos gènes est héritable ! Et nos gènes réagissent à l’environnement, nous héritons donc des réactions de nos ancêtres à leur environnement, « la culture s’imprime dans notre biologie, de génération en génération. » Les hommes n’ont pu s’adapter qu’avec et grâce aux autres, la collaboration nous est indispensable. L’obligation de réciprocité est au cœur de l’humanité, la « triple obligation de « donner-recevoir-rendre » génère un état de dépendance réciproque ».


    Nous sommes « équipés » pour la collaboration. Nos cerveaux possèdent ce que l’on appelle des « neurones miroirs » qui nous permettent de percevoir, de sentir, d’entrer en résonance avec les émotions d’autrui. Et ce « lien qui nous attache aux sentiments des autres et qui nous rend interdépendants s’appelle l’empathie. »


     


    Et au sein de nos sociétés s’installe (plus ou moins !) un double mécanisme « qui récompense les comportements prosociaux (la carotte) et punit les comportements antisociaux. C’est la réciprocité renforcée. Différents mécanismes feront donc apparaître et renforceront l’entraide dans nos groupes et sociétés. L’éducation et les normes sociales peuvent, ou non, renforcer notre aptitude à collaborer. Une nouvelle conception de la nature humaine irrationnelle et prosociale se dessine !


     


    Une mythologie hémiplégique


    L’ouvrage nous propose donc une vision d’un monde composé tant de compétition que de coopération. Et ces deux mouvements forment nos relations au sein des collectifs et entre les collectifs. Les capacités d’entraide sont spontanées, mais pour les maintenir, il nous faut vivre dans un contexte qui les privilégient. L’entraide trouve son origine dans un acte de don, sa logique est celle de « donner-recevoir-rendre » au cœur de tout lien social. Le maintien d’une réciprocité généralisée à l’ensemble du groupe se fait « grâce à des mécanismes qui l’étendent et la renforcent : le mécanisme de réputation, la récompense des comportements vertueux et la punition des comportements antisociaux. »


     


    Pour conclure cette petite présentation, laissons Pablo s’exprimer : 


    « En baignant dans le mythe d’une nature agressive et compétitive, nous nous sommes battus sur le terrain imaginaire adverse. Or, nous savons désormais que compétition et coopération sont des forces antagonistes très puissantes qui coexistent à tous les niveaux du vivant. En observant le monde vivant sans œillères, nous pouvons commencer à faire le deuil du mythe d’un état de nature en guerre permanente de tous contre tous, d’un combat de gladiateurs quotidien où on ne se fait pas de quartier. Voici donc la première étape pour décloisonner notre imaginaire, pour le décomplexer et lui redonner confiance dans sa capacité à faire germer la coopération. Nous pouvons enfin, grâce aux découvertes de la science des dernières décennies, nous inspirer à nouveau du monde vivant pour innover. Ainsi, l’agroécologie, la permaculture et plus largement le biomimétisme ont pris racine dans cet incroyable réservoir de soutenabilité et de coopération qu’est la vie. Elles se sont ainsi rendu compte qu’en appliquant les principes du vivant – et en particulier la coopération– au fonctionnement de nos organisations, ces dernières se portaient beaucoup mieux, prenant ainsi soin des personnes qui y travaillent. » PABLO SERVIGNE


     



     


     


     


     


    Le livre "L’entraide, l’autre loi de la jungle" par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle.


    Article de réflexion et résumé du livre par Daniel Cauchy, membre fondateur de Rencontre des Continents



     


    « La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international - la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous - ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature. »


    Gregory Bateson


     


    Si comme l’écrit François Flahault, « … la tâche de rappeler ce qui devrait être est aisée alors que celle de penser autrement ce qui est se révèle plus difficile que jamais. », nos deux auteurs affrontent une question difficile et proposent une cure de décolonisation de nos imaginaires modernes. Ils nous offrent une belle synthèse des connaissances scientifiques actuelles montrant que les « relations qui font la beauté de la nature » ne se limitent pas à la compétition et au combat de chacun contre chacun. Avec un livre comme « L’entraide, l’autre loi de la jungle », on sort complètement des discours moralisateurs ou normalisateurs nous décrivant comment le monde et les humains devraient être ! Il s’agit ici de voir la vie autrement !


    C’est un livre « médicament », il nous soigne de cette pensée bien installée dans nos têtes, nos pratiques, nos institutions, nos conceptions politiques : celle d’un homme « naturellement » mauvais, soumis à la loi de la jungle, à la « loi du plus fort », celle du combat de chacun contre chacun. Pensée qui nous propose la compétition comme seul facteur d’évolution. Comme le disent nos auteurs : « Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »


    Ce livre bouscule les frontières entre les disciplines scientifiques pour « comprendre la nature coopérative de l’être humain dans le sillage de celle des autres organismes vivants ». Et pour cela de mobiliser des connaissances issues de bien des disciplines différentes : de la biologie à l’ethnologie, des neurosciences à la génétique, de la sociologie à l’économie expérimentale. Il a pour but de « dégager des principes généraux et une architecture générale de ce que l’on pourrait désormais appeler « l’autre loi de la jungle » : celle de l’entraide.


     


    - Paradigme dominant : la compétition


    La « loi du plus fort » ou celle de la « guerre de tous contre tous », comme l’écrivait Thomas Hobbes, nous invite à voir la vie, le monde, comme une arène au sein de laquelle dominent la ruse et la force. Que le plus fort gagne ! Et notre culture « moderne et utilitariste, est effectivement devenue hypertrophiée en compétition, délaissant sa partie généreuse, altruiste et bienveillante, passablement atrophiée. »


    Nous le savons : « l’homme est un loup pour l’homme » ! La clé du succès, et de l’évolution, réside dans la compétition !


    Le dogme dominant affirme que toutes nos actions, normes, institutions et croyances s’expliquent par le jeu des intérêts en conflit.


     


     


    Et pourtant, partout de la collaboration 


    Même si les mécanismes de collaboration, de relations mutuellement bénéfiques, avaient été mises en évidence par Pierre Kropotkine dans son célèbre ouvrage « L’entraide » dès 1902, ce n’est que depuis les années 1970 que foisonnent les études qui mettent en évidence, pour les plantes, les animaux et les humains la puissance de ces forces au sein de l’évolution. Fourmis, sternes arctiques, pins à écorce blanche et sapin des Rocheuses : de l’entraide entre semblables, lointains cousins mais aussi « entre organismes qui n’ont rien à voir » ! « Des mutualismes (associations diffuses entre espèces) aux symbioses (associations obligatoires), de l’action collective ponctuelle à la coévolution fusionnelle, les services se donnent et se rendent dans tous les sens … ». Le vivant est une « inextricable pelote d’interdépendance ».


    Et les humains n’échappent pas à cette règle : partout de la coopération, de l’aide, du rejet des injustices et ceci principalement en situation de crise.


     


    Environnement


    Les conditions environnementales jouent un rôle prépondérant dans l’évolution de l’entraide.


    Darwin avait effectué ses observations sous les tropiques (milieu d’abondance nutritive et de confort thermique) et Kropotkine en Sibérie (moins de nutriments et conditions bien plus rudes). Milieux pauvres en ressources ou milieux riches privilégient soit l’entraide, soit la compétition.


     


    Comment nous expliquer ces comportements ?


    L’épigénétique a montré que l’activation ou la mise en veille de certains de nos gènes est héritable ! Et nos gènes réagissent à l’environnement, nous héritons donc des réactions de nos ancêtres à leur environnement, « la culture s’imprime dans notre biologie, de génération en génération. » Les hommes n’ont pu s’adapter qu’avec et grâce aux autres, la collaboration nous est indispensable. L’obligation de réciprocité est au cœur de l’humanité, la « triple obligation de « donner-recevoir-rendre » génère un état de dépendance réciproque ».


    Nous sommes « équipés » pour la collaboration. Nos cerveaux possèdent ce que l’on appelle des « neurones miroirs » qui nous permettent de percevoir, de sentir, d’entrer en résonance avec les émotions d’autrui. Et ce « lien qui nous attache aux sentiments des autres et qui nous rend interdépendants s’appelle l’empathie. »


     


    Et au sein de nos sociétés s’installe (plus ou moins !) un double mécanisme « qui récompense les comportements prosociaux (la carotte) et punit les comportements antisociaux. C’est la réciprocité renforcée. Différents mécanismes feront donc apparaître et renforceront l’entraide dans nos groupes et sociétés. L’éducation et les normes sociales peuvent, ou non, renforcer notre aptitude à collaborer. Une nouvelle conception de la nature humaine irrationnelle et prosociale se dessine !


     


    Une mythologie hémiplégique


    L’ouvrage nous propose donc une vision d’un monde composé tant de compétition que de coopération. Et ces deux mouvements forment nos relations au sein des collectifs et entre les collectifs. Les capacités d’entraide sont spontanées, mais pour les maintenir, il nous faut vivre dans un contexte qui les privilégient. L’entraide trouve son origine dans un acte de don, sa logique est celle de « donner-recevoir-rendre » au cœur de tout lien social. Le maintien d’une réciprocité généralisée à l’ensemble du groupe se fait « grâce à des mécanismes qui l’étendent et la renforcent : le mécanisme de réputation, la récompense des comportements vertueux et la punition des comportements antisociaux. »


     


    Pour conclure cette petite présentation, laissons Pablo s’exprimer : 


    « En baignant dans le mythe d’une nature agressive et compétitive, nous nous sommes battus sur le terrain imaginaire adverse. Or, nous savons désormais que compétition et coopération sont des forces antagonistes très puissantes qui coexistent à tous les niveaux du vivant. En observant le monde vivant sans œillères, nous pouvons commencer à faire le deuil du mythe d’un état de nature en guerre permanente de tous contre tous, d’un combat de gladiateurs quotidien où on ne se fait pas de quartier. Voici donc la première étape pour décloisonner notre imaginaire, pour le décomplexer et lui redonner confiance dans sa capacité à faire germer la coopération. Nous pouvons enfin, grâce aux découvertes de la science des dernières décennies, nous inspirer à nouveau du monde vivant pour innover. Ainsi, l’agroécologie, la permaculture et plus largement le biomimétisme ont pris racine dans cet incroyable réservoir de soutenabilité et de coopération qu’est la vie. Elles se sont ainsi rendu compte qu’en appliquant les principes du vivant – et en particulier la coopération– au fonctionnement de nos organisations, ces dernières se portaient beaucoup mieux, prenant ainsi soin des personnes qui y travaillent. » PABLO SERVIGNE


     



     


     


     


     


    Le livre "L’entraide, l’autre loi de la jungle" par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle.


    Article de réflexion et résumé du livre par Daniel Cauchy, membre fondateur de Rencontre des Continents



     


    « La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international - la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous - ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature. »


    Gregory Bateson


     


    Si comme l’écrit François Flahault, « … la tâche de rappeler ce qui devrait être est aisée alors que celle de penser autrement ce qui est se révèle plus difficile que jamais. », nos deux auteurs affrontent une question difficile et proposent une cure de décolonisation de nos imaginaires modernes. Ils nous offrent une belle synthèse des connaissances scientifiques actuelles montrant que les « relations qui font la beauté de la nature » ne se limitent pas à la compétition et au combat de chacun contre chacun. Avec un livre comme « L’entraide, l’autre loi de la jungle », on sort complètement des discours moralisateurs ou normalisateurs nous décrivant comment le monde et les humains devraient être ! Il s’agit ici de voir la vie autrement !


    C’est un livre « médicament », il nous soigne de cette pensée bien installée dans nos têtes, nos pratiques, nos institutions, nos conceptions politiques : celle d’un homme « naturellement » mauvais, soumis à la loi de la jungle, à la « loi du plus fort », celle du combat de chacun contre chacun. Pensée qui nous propose la compétition comme seul facteur d’évolution. Comme le disent nos auteurs : « Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »


    Ce livre bouscule les frontières entre les disciplines scientifiques pour « comprendre la nature coopérative de l’être humain dans le sillage de celle des autres organismes vivants ». Et pour cela de mobiliser des connaissances issues de bien des disciplines différentes : de la biologie à l’ethnologie, des neurosciences à la génétique, de la sociologie à l’économie expérimentale. Il a pour but de « dégager des principes généraux et une architecture générale de ce que l’on pourrait désormais appeler « l’autre loi de la jungle » : celle de l’entraide.


     


    - Paradigme dominant : la compétition


    La « loi du plus fort » ou celle de la « guerre de tous contre tous », comme l’écrivait Thomas Hobbes, nous invite à voir la vie, le monde, comme une arène au sein de laquelle dominent la ruse et la force. Que le plus fort gagne ! Et notre culture « moderne et utilitariste, est effectivement devenue hypertrophiée en compétition, délaissant sa partie généreuse, altruiste et bienveillante, passablement atrophiée. »


    Nous le savons : « l’homme est un loup pour l’homme » ! La clé du succès, et de l’évolution, réside dans la compétition !


    Le dogme dominant affirme que toutes nos actions, normes, institutions et croyances s’expliquent par le jeu des intérêts en conflit.


     


     


    Et pourtant, partout de la collaboration 


    Même si les mécanismes de collaboration, de relations mutuellement bénéfiques, avaient été mises en évidence par Pierre Kropotkine dans son célèbre ouvrage « L’entraide » dès 1902, ce n’est que depuis les années 1970 que foisonnent les études qui mettent en évidence, pour les plantes, les animaux et les humains la puissance de ces forces au sein de l’évolution. Fourmis, sternes arctiques, pins à écorce blanche et sapin des Rocheuses : de l’entraide entre semblables, lointains cousins mais aussi « entre organismes qui n’ont rien à voir » ! « Des mutualismes (associations diffuses entre espèces) aux symbioses (associations obligatoires), de l’action collective ponctuelle à la coévolution fusionnelle, les services se donnent et se rendent dans tous les sens … ». Le vivant est une « inextricable pelote d’interdépendance ».


    Et les humains n’échappent pas à cette règle : partout de la coopération, de l’aide, du rejet des injustices et ceci principalement en situation de crise.


     


    Environnement


    Les conditions environnementales jouent un rôle prépondérant dans l’évolution de l’entraide.


    Darwin avait effectué ses observations sous les tropiques (milieu d’abondance nutritive et de confort thermique) et Kropotkine en Sibérie (moins de nutriments et conditions bien plus rudes). Milieux pauvres en ressources ou milieux riches privilégient soit l’entraide, soit la compétition.


     


    Comment nous expliquer ces comportements ?


    L’épigénétique a montré que l’activation ou la mise en veille de certains de nos gènes est héritable ! Et nos gènes réagissent à l’environnement, nous héritons donc des réactions de nos ancêtres à leur environnement, « la culture s’imprime dans notre biologie, de génération en génération. » Les hommes n’ont pu s’adapter qu’avec et grâce aux autres, la collaboration nous est indispensable. L’obligation de réciprocité est au cœur de l’humanité, la « triple obligation de « donner-recevoir-rendre » génère un état de dépendance réciproque ».


    Nous sommes « équipés » pour la collaboration. Nos cerveaux possèdent ce que l’on appelle des « neurones miroirs » qui nous permettent de percevoir, de sentir, d’entrer en résonance avec les émotions d’autrui. Et ce « lien qui nous attache aux sentiments des autres et qui nous rend interdépendants s’appelle l’empathie. »


     


    Et au sein de nos sociétés s’installe (plus ou moins !) un double mécanisme « qui récompense les comportements prosociaux (la carotte) et punit les comportements antisociaux. C’est la réciprocité renforcée. Différents mécanismes feront donc apparaître et renforceront l’entraide dans nos groupes et sociétés. L’éducation et les normes sociales peuvent, ou non, renforcer notre aptitude à collaborer. Une nouvelle conception de la nature humaine irrationnelle et prosociale se dessine !


     


    Une mythologie hémiplégique


    L’ouvrage nous propose donc une vision d’un monde composé tant de compétition que de coopération. Et ces deux mouvements forment nos relations au sein des collectifs et entre les collectifs. Les capacités d’entraide sont spontanées, mais pour les maintenir, il nous faut vivre dans un contexte qui les privilégient. L’entraide trouve son origine dans un acte de don, sa logique est celle de « donner-recevoir-rendre » au cœur de tout lien social. Le maintien d’une réciprocité généralisée à l’ensemble du groupe se fait « grâce à des mécanismes qui l’étendent et la renforcent : le mécanisme de réputation, la récompense des comportements vertueux et la punition des comportements antisociaux. »


     


    Pour conclure cette petite présentation, laissons Pablo s’exprimer : 


    « En baignant dans le mythe d’une nature agressive et compétitive, nous nous sommes battus sur le terrain imaginaire adverse. Or, nous savons désormais que compétition et coopération sont des forces antagonistes très puissantes qui coexistent à tous les niveaux du vivant. En observant le monde vivant sans œillères, nous pouvons commencer à faire le deuil du mythe d’un état de nature en guerre permanente de tous contre tous, d’un combat de gladiateurs quotidien où on ne se fait pas de quartier. Voici donc la première étape pour décloisonner notre imaginaire, pour le décomplexer et lui redonner confiance dans sa capacité à faire germer la coopération. Nous pouvons enfin, grâce aux découvertes de la science des dernières décennies, nous inspirer à nouveau du monde vivant pour innover. Ainsi, l’agroécologie, la permaculture et plus largement le biomimétisme ont pris racine dans cet incroyable réservoir de soutenabilité et de coopération qu’est la vie. Elles se sont ainsi rendu compte qu’en appliquant les principes du vivant – et en particulier la coopération– au fonctionnement de nos organisations, ces dernières se portaient beaucoup mieux, prenant ainsi soin des personnes qui y travaillent. » PABLO SERVIGNE


     



     


     


     


     


    Le livre "L’entraide, l’autre loi de la jungle" par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle.


    Article de réflexion et résumé du livre par Daniel Cauchy, membre fondateur de Rencontre des Continents



     


    « La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international - la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous - ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature. »


    Gregory Bateson


     


    Si comme l’écrit François Flahault, « … la tâche de rappeler ce qui devrait être est aisée alors que celle de penser autrement ce qui est se révèle plus difficile que jamais. », nos deux auteurs affrontent une question difficile et proposent une cure de décolonisation de nos imaginaires modernes. Ils nous offrent une belle synthèse des connaissances scientifiques actuelles montrant que les « relations qui font la beauté de la nature » ne se limitent pas à la compétition et au combat de chacun contre chacun. Avec un livre comme « L’entraide, l’autre loi de la jungle », on sort complètement des discours moralisateurs ou normalisateurs nous décrivant comment le monde et les humains devraient être ! Il s’agit ici de voir la vie autrement !


    C’est un livre « médicament », il nous soigne de cette pensée bien installée dans nos têtes, nos pratiques, nos institutions, nos conceptions politiques : celle d’un homme « naturellement » mauvais, soumis à la loi de la jungle, à la « loi du plus fort », celle du combat de chacun contre chacun. Pensée qui nous propose la compétition comme seul facteur d’évolution. Comme le disent nos auteurs : « Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »


    Ce livre bouscule les frontières entre les disciplines scientifiques pour « comprendre la nature coopérative de l’être humain dans le sillage de celle des autres organismes vivants ». Et pour cela de mobiliser des connaissances issues de bien des disciplines différentes : de la biologie à l’ethnologie, des neurosciences à la génétique, de la sociologie à l’économie expérimentale. Il a pour but de « dégager des principes généraux et une architecture générale de ce que l’on pourrait désormais appeler « l’autre loi de la jungle » : celle de l’entraide.


     


    - Paradigme dominant : la compétition


    La « loi du plus fort » ou celle de la « guerre de tous contre tous », comme l’écrivait Thomas Hobbes, nous invite à voir la vie, le monde, comme une arène au sein de laquelle dominent la ruse et la force. Que le plus fort gagne ! Et notre culture « moderne et utilitariste, est effectivement devenue hypertrophiée en compétition, délaissant sa partie généreuse, altruiste et bienveillante, passablement atrophiée. »


    Nous le savons : « l’homme est un loup pour l’homme » ! La clé du succès, et de l’évolution, réside dans la compétition !


    Le dogme dominant affirme que toutes nos actions, normes, institutions et croyances s’expliquent par le jeu des intérêts en conflit.


     


     


    Et pourtant, partout de la collaboration 


    Même si les mécanismes de collaboration, de relations mutuellement bénéfiques, avaient été mises en évidence par Pierre Kropotkine dans son célèbre ouvrage « L’entraide » dès 1902, ce n’est que depuis les années 1970 que foisonnent les études qui mettent en évidence, pour les plantes, les animaux et les humains la puissance de ces forces au sein de l’évolution. Fourmis, sternes arctiques, pins à écorce blanche et sapin des Rocheuses : de l’entraide entre semblables, lointains cousins mais aussi « entre organismes qui n’ont rien à voir » ! « Des mutualismes (associations diffuses entre espèces) aux symbioses (associations obligatoires), de l’action collective ponctuelle à la coévolution fusionnelle, les services se donnent et se rendent dans tous les sens … ». Le vivant est une « inextricable pelote d’interdépendance ».


    Et les humains n’échappent pas à cette règle : partout de la coopération, de l’aide, du rejet des injustices et ceci principalement en situation de crise.


     


    Environnement


    Les conditions environnementales jouent un rôle prépondérant dans l’évolution de l’entraide.


    Darwin avait effectué ses observations sous les tropiques (milieu d’abondance nutritive et de confort thermique) et Kropotkine en Sibérie (moins de nutriments et conditions bien plus rudes). Milieux pauvres en ressources ou milieux riches privilégient soit l’entraide, soit la compétition.


     


    Comment nous expliquer ces comportements ?


    L’épigénétique a montré que l’activation ou la mise en veille de certains de nos gènes est héritable ! Et nos gènes réagissent à l’environnement, nous héritons donc des réactions de nos ancêtres à leur environnement, « la culture s’imprime dans notre biologie, de génération en génération. » Les hommes n’ont pu s’adapter qu’avec et grâce aux autres, la collaboration nous est indispensable. L’obligation de réciprocité est au cœur de l’humanité, la « triple obligation de « donner-recevoir-rendre » génère un état de dépendance réciproque ».


    Nous sommes « équipés » pour la collaboration. Nos cerveaux possèdent ce que l’on appelle des « neurones miroirs » qui nous permettent de percevoir, de sentir, d’entrer en résonance avec les émotions d’autrui. Et ce « lien qui nous attache aux sentiments des autres et qui nous rend interdépendants s’appelle l’empathie. »


     


    Et au sein de nos sociétés s’installe (plus ou moins !) un double mécanisme « qui récompense les comportements prosociaux (la carotte) et punit les comportements antisociaux. C’est la réciprocité renforcée. Différents mécanismes feront donc apparaître et renforceront l’entraide dans nos groupes et sociétés. L’éducation et les normes sociales peuvent, ou non, renforcer notre aptitude à collaborer. Une nouvelle conception de la nature humaine irrationnelle et prosociale se dessine !


     


    Une mythologie hémiplégique


    L’ouvrage nous propose donc une vision d’un monde composé tant de compétition que de coopération. Et ces deux mouvements forment nos relations au sein des collectifs et entre les collectifs. Les capacités d’entraide sont spontanées, mais pour les maintenir, il nous faut vivre dans un contexte qui les privilégient. L’entraide trouve son origine dans un acte de don, sa logique est celle de « donner-recevoir-rendre » au cœur de tout lien social. Le maintien d’une réciprocité généralisée à l’ensemble du groupe se fait « grâce à des mécanismes qui l’étendent et la renforcent : le mécanisme de réputation, la récompense des comportements vertueux et la punition des comportements antisociaux. »


     


    Pour conclure cette petite présentation, laissons Pablo s’exprimer : 


    « En baignant dans le mythe d’une nature agressive et compétitive, nous nous sommes battus sur le terrain imaginaire adverse. Or, nous savons désormais que compétition et coopération sont des forces antagonistes très puissantes qui coexistent à tous les niveaux du vivant. En observant le monde vivant sans œillères, nous pouvons commencer à faire le deuil du mythe d’un état de nature en guerre permanente de tous contre tous, d’un combat de gladiateurs quotidien où on ne se fait pas de quartier. Voici donc la première étape pour décloisonner notre imaginaire, pour le décomplexer et lui redonner confiance dans sa capacité à faire germer la coopération. Nous pouvons enfin, grâce aux découvertes de la science des dernières décennies, nous inspirer à nouveau du monde vivant pour innover. Ainsi, l’agroécologie, la permaculture et plus largement le biomimétisme ont pris racine dans cet incroyable réservoir de soutenabilité et de coopération qu’est la vie. Elles se sont ainsi rendu compte qu’en appliquant les principes du vivant – et en particulier la coopération– au fonctionnement de nos organisations, ces dernières se portaient beaucoup mieux, prenant ainsi soin des personnes qui y travaillent. » PABLO SERVIGNE


     



     


     


     


     


    Le livre "L’entraide, l’autre loi de la jungle" par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle.


    Article de réflexion et résumé du livre par Daniel Cauchy, membre fondateur de Rencontre des Continents



     


    « La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international - la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous - ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature. »


    Gregory Bateson


     


    Si comme l’écrit François Flahault, « … la tâche de rappeler ce qui devrait être est aisée alors que celle de penser autrement ce qui est se révèle plus difficile que jamais. », nos deux auteurs affrontent une question difficile et proposent une cure de décolonisation de nos imaginaires modernes. Ils nous offrent une belle synthèse des connaissances scientifiques actuelles montrant que les « relations qui font la beauté de la nature » ne se limitent pas à la compétition et au combat de chacun contre chacun. Avec un livre comme « L’entraide, l’autre loi de la jungle », on sort complètement des discours moralisateurs ou normalisateurs nous décrivant comment le monde et les humains devraient être ! Il s’agit ici de voir la vie autrement !


    C’est un livre « médicament », il nous soigne de cette pensée bien installée dans nos têtes, nos pratiques, nos institutions, nos conceptions politiques : celle d’un homme « naturellement » mauvais, soumis à la loi de la jungle, à la « loi du plus fort », celle du combat de chacun contre chacun. Pensée qui nous propose la compétition comme seul facteur d’évolution. Comme le disent nos auteurs : « Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »


    Ce livre bouscule les frontières entre les disciplines scientifiques pour « comprendre la nature coopérative de l’être humain dans le sillage de celle des autres organismes vivants ». Et pour cela de mobiliser des connaissances issues de bien des disciplines différentes : de la biologie à l’ethnologie, des neurosciences à la génétique, de la sociologie à l’économie expérimentale. Il a pour but de « dégager des principes généraux et une architecture générale de ce que l’on pourrait désormais appeler « l’autre loi de la jungle » : celle de l’entraide.


     


    - Paradigme dominant : la compétition


    La « loi du plus fort » ou celle de la « guerre de tous contre tous », comme l’écrivait Thomas Hobbes, nous invite à voir la vie, le monde, comme une arène au sein de laquelle dominent la ruse et la force. Que le plus fort gagne ! Et notre culture « moderne et utilitariste, est effectivement devenue hypertrophiée en compétition, délaissant sa partie généreuse, altruiste et bienveillante, passablement atrophiée. »


    Nous le savons : « l’homme est un loup pour l’homme » ! La clé du succès, et de l’évolution, réside dans la compétition !


    Le dogme dominant affirme que toutes nos actions, normes, institutions et croyances s’expliquent par le jeu des intérêts en conflit.


     


     


    Et pourtant, partout de la collaboration 


    Même si les mécanismes de collaboration, de relations mutuellement bénéfiques, avaient été mises en évidence par Pierre Kropotkine dans son célèbre ouvrage « L’entraide » dès 1902, ce n’est que depuis les années 1970 que foisonnent les études qui mettent en évidence, pour les plantes, les animaux et les humains la puissance de ces forces au sein de l’évolution. Fourmis, sternes arctiques, pins à écorce blanche et sapin des Rocheuses : de l’entraide entre semblables, lointains cousins mais aussi « entre organismes qui n’ont rien à voir » ! « Des mutualismes (associations diffuses entre espèces) aux symbioses (associations obligatoires), de l’action collective ponctuelle à la coévolution fusionnelle, les services se donnent et se rendent dans tous les sens … ». Le vivant est une « inextricable pelote d’interdépendance ».


    Et les humains n’échappent pas à cette règle : partout de la coopération, de l’aide, du rejet des injustices et ceci principalement en situation de crise.


     


    Environnement


    Les conditions environnementales jouent un rôle prépondérant dans l’évolution de l’entraide.


    Darwin avait effectué ses observations sous les tropiques (milieu d’abondance nutritive et de confort thermique) et Kropotkine en Sibérie (moins de nutriments et conditions bien plus rudes). Milieux pauvres en ressources ou milieux riches privilégient soit l’entraide, soit la compétition.


     


    Comment nous expliquer ces comportements ?


    L’épigénétique a montré que l’activation ou la mise en veille de certains de nos gènes est héritable ! Et nos gènes réagissent à l’environnement, nous héritons donc des réactions de nos ancêtres à leur environnement, « la culture s’imprime dans notre biologie, de génération en génération. » Les hommes n’ont pu s’adapter qu’avec et grâce aux autres, la collaboration nous est indispensable. L’obligation de réciprocité est au cœur de l’humanité, la « triple obligation de « donner-recevoir-rendre » génère un état de dépendance réciproque ».


    Nous sommes « équipés » pour la collaboration. Nos cerveaux possèdent ce que l’on appelle des « neurones miroirs » qui nous permettent de percevoir, de sentir, d’entrer en résonance avec les émotions d’autrui. Et ce « lien qui nous attache aux sentiments des autres et qui nous rend interdépendants s’appelle l’empathie. »


     


    Et au sein de nos sociétés s’installe (plus ou moins !) un double mécanisme « qui récompense les comportements prosociaux (la carotte) et punit les comportements antisociaux. C’est la réciprocité renforcée. Différents mécanismes feront donc apparaître et renforceront l’entraide dans nos groupes et sociétés. L’éducation et les normes sociales peuvent, ou non, renforcer notre aptitude à collaborer. Une nouvelle conception de la nature humaine irrationnelle et prosociale se dessine !


     


    Une mythologie hémiplégique


    L’ouvrage nous propose donc une vision d’un monde composé tant de compétition que de coopération. Et ces deux mouvements forment nos relations au sein des collectifs et entre les collectifs. Les capacités d’entraide sont spontanées, mais pour les maintenir, il nous faut vivre dans un contexte qui les privilégient. L’entraide trouve son origine dans un acte de don, sa logique est celle de « donner-recevoir-rendre » au cœur de tout lien social. Le maintien d’une réciprocité généralisée à l’ensemble du groupe se fait « grâce à des mécanismes qui l’étendent et la renforcent : le mécanisme de réputation, la récompense des comportements vertueux et la punition des comportements antisociaux. »


     


    Pour conclure cette petite présentation, laissons Pablo s’exprimer : 


    « En baignant dans le mythe d’une nature agressive et compétitive, nous nous sommes battus sur le terrain imaginaire adverse. Or, nous savons désormais que compétition et coopération sont des forces antagonistes très puissantes qui coexistent à tous les niveaux du vivant. En observant le monde vivant sans œillères, nous pouvons commencer à faire le deuil du mythe d’un état de nature en guerre permanente de tous contre tous, d’un combat de gladiateurs quotidien où on ne se fait pas de quartier. Voici donc la première étape pour décloisonner notre imaginaire, pour le décomplexer et lui redonner confiance dans sa capacité à faire germer la coopération. Nous pouvons enfin, grâce aux découvertes de la science des dernières décennies, nous inspirer à nouveau du monde vivant pour innover. Ainsi, l’agroécologie, la permaculture et plus largement le biomimétisme ont pris racine dans cet incroyable réservoir de soutenabilité et de coopération qu’est la vie. Elles se sont ainsi rendu compte qu’en appliquant les principes du vivant – et en particulier la coopération– au fonctionnement de nos organisations, ces dernières se portaient beaucoup mieux, prenant ainsi soin des personnes qui y travaillent. » PABLO SERVIGNE


     



     


     


     


     


    Le livre "L’entraide, l’autre loi de la jungle" par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle.


    Article de réflexion et résumé du livre par Daniel Cauchy, membre fondateur de Rencontre des Continents



     


    « La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international - la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous - ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature. »


    Gregory Bateson


     


    Si comme l’écrit François Flahault, « … la tâche de rappeler ce qui devrait être est aisée alors que celle de penser autrement ce qui est se révèle plus difficile que jamais. », nos deux auteurs affrontent une question difficile et proposent une cure de décolonisation de nos imaginaires modernes. Ils nous offrent une belle synthèse des connaissances scientifiques actuelles montrant que les « relations qui font la beauté de la nature » ne se limitent pas à la compétition et au combat de chacun contre chacun. Avec un livre comme « L’entraide, l’autre loi de la jungle », on sort complètement des discours moralisateurs ou normalisateurs nous décrivant comment le monde et les humains devraient être ! Il s’agit ici de voir la vie autrement !


    C’est un livre « médicament », il nous soigne de cette pensée bien installée dans nos têtes, nos pratiques, nos institutions, nos conceptions politiques : celle d’un homme « naturellement » mauvais, soumis à la loi de la jungle, à la « loi du plus fort », celle du combat de chacun contre chacun. Pensée qui nous propose la compétition comme seul facteur d’évolution. Comme le disent nos auteurs : « Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »


    Ce livre bouscule les frontières entre les disciplines scientifiques pour « comprendre la nature coopérative de l’être humain dans le sillage de celle des autres organismes vivants ». Et pour cela de mobiliser des connaissances issues de bien des disciplines différentes : de la biologie à l’ethnologie, des neurosciences à la génétique, de la sociologie à l’économie expérimentale. Il a pour but de « dégager des principes généraux et une architecture générale de ce que l’on pourrait désormais appeler « l’autre loi de la jungle » : celle de l’entraide.


     


    - Paradigme dominant : la compétition


    La « loi du plus fort » ou celle de la « guerre de tous contre tous », comme l’écrivait Thomas Hobbes, nous invite à voir la vie, le monde, comme une arène au sein de laquelle dominent la ruse et la force. Que le plus fort gagne ! Et notre culture « moderne et utilitariste, est effectivement devenue hypertrophiée en compétition, délaissant sa partie généreuse, altruiste et bienveillante, passablement atrophiée. »


    Nous le savons : « l’homme est un loup pour l’homme » ! La clé du succès, et de l’évolution, réside dans la compétition !


    Le dogme dominant affirme que toutes nos actions, normes, institutions et croyances s’expliquent par le jeu des intérêts en conflit.


     


     


    Et pourtant, partout de la collaboration 


    Même si les mécanismes de collaboration, de relations mutuellement bénéfiques, avaient été mises en évidence par Pierre Kropotkine dans son célèbre ouvrage « L’entraide » dès 1902, ce n’est que depuis les années 1970 que foisonnent les études qui mettent en évidence, pour les plantes, les animaux et les humains la puissance de ces forces au sein de l’évolution. Fourmis, sternes arctiques, pins à écorce blanche et sapin des Rocheuses : de l’entraide entre semblables, lointains cousins mais aussi « entre organismes qui n’ont rien à voir » ! « Des mutualismes (associations diffuses entre espèces) aux symbioses (associations obligatoires), de l’action collective ponctuelle à la coévolution fusionnelle, les services se donnent et se rendent dans tous les sens … ». Le vivant est une « inextricable pelote d’interdépendance ».


    Et les humains n’échappent pas à cette règle : partout de la coopération, de l’aide, du rejet des injustices et ceci principalement en situation de crise.


     


    Environnement


    Les conditions environnementales jouent un rôle prépondérant dans l’évolution de l’entraide.


    Darwin avait effectué ses observations sous les tropiques (milieu d’abondance nutritive et de confort thermique) et Kropotkine en Sibérie (moins de nutriments et conditions bien plus rudes). Milieux pauvres en ressources ou milieux riches privilégient soit l’entraide, soit la compétition.


     


    Comment nous expliquer ces comportements ?


    L’épigénétique a montré que l’activation ou la mise en veille de certains de nos gènes est héritable ! Et nos gènes réagissent à l’environnement, nous héritons donc des réactions de nos ancêtres à leur environnement, « la culture s’imprime dans notre biologie, de génération en génération. » Les hommes n’ont pu s’adapter qu’avec et grâce aux autres, la collaboration nous est indispensable. L’obligation de réciprocité est au cœur de l’humanité, la « triple obligation de « donner-recevoir-rendre » génère un état de dépendance réciproque ».


    Nous sommes « équipés » pour la collaboration. Nos cerveaux possèdent ce que l’on appelle des « neurones miroirs » qui nous permettent de percevoir, de sentir, d’entrer en résonance avec les émotions d’autrui. Et ce « lien qui nous attache aux sentiments des autres et qui nous rend interdépendants s’appelle l’empathie. »


     


    Et au sein de nos sociétés s’installe (plus ou moins !) un double mécanisme « qui récompense les comportements prosociaux (la carotte) et punit les comportements antisociaux. C’est la réciprocité renforcée. Différents mécanismes feront donc apparaître et renforceront l’entraide dans nos groupes et sociétés. L’éducation et les normes sociales peuvent, ou non, renforcer notre aptitude à collaborer. Une nouvelle conception de la nature humaine irrationnelle et prosociale se dessine !


     


    Une mythologie hémiplégique


    L’ouvrage nous propose donc une vision d’un monde composé tant de compétition que de coopération. Et ces deux mouvements forment nos relations au sein des collectifs et entre les collectifs. Les capacités d’entraide sont spontanées, mais pour les maintenir, il nous faut vivre dans un contexte qui les privilégient. L’entraide trouve son origine dans un acte de don, sa logique est celle de « donner-recevoir-rendre » au cœur de tout lien social. Le maintien d’une réciprocité généralisée à l’ensemble du groupe se fait « grâce à des mécanismes qui l’étendent et la renforcent : le mécanisme de réputation, la récompense des comportements vertueux et la punition des comportements antisociaux. »


     


    Pour conclure cette petite présentation, laissons Pablo s’exprimer : 


    « En baignant dans le mythe d’une nature agressive et compétitive, nous nous sommes battus sur le terrain imaginaire adverse. Or, nous savons désormais que compétition et coopération sont des forces antagonistes très puissantes qui coexistent à tous les niveaux du vivant. En observant le monde vivant sans œillères, nous pouvons commencer à faire le deuil du mythe d’un état de nature en guerre permanente de tous contre tous, d’un combat de gladiateurs quotidien où on ne se fait pas de quartier. Voici donc la première étape pour décloisonner notre imaginaire, pour le décomplexer et lui redonner confiance dans sa capacité à faire germer la coopération. Nous pouvons enfin, grâce aux découvertes de la science des dernières décennies, nous inspirer à nouveau du monde vivant pour innover. Ainsi, l’agroécologie, la permaculture et plus largement le biomimétisme ont pris racine dans cet incroyable réservoir de soutenabilité et de coopération qu’est la vie. Elles se sont ainsi rendu compte qu’en appliquant les principes du vivant – et en particulier la coopération– au fonctionnement de nos organisations, ces dernières se portaient beaucoup mieux, prenant ainsi soin des personnes qui y travaillent. » PABLO SERVIGNE


     



     


     


     


     


    Le livre "L’entraide, l’autre loi de la jungle" par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle.


    Article de réflexion et résumé du livre par Daniel Cauchy, membre fondateur de Rencontre des Continents



     


    « La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international - la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous - ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature. »


    Gregory Bateson


     


    Si comme l’écrit François Flahault, « … la tâche de rappeler ce qui devrait être est aisée alors que celle de penser autrement ce qui est se révèle plus difficile que jamais. », nos deux auteurs affrontent une question difficile et proposent une cure de décolonisation de nos imaginaires modernes. Ils nous offrent une belle synthèse des connaissances scientifiques actuelles montrant que les « relations qui font la beauté de la nature » ne se limitent pas à la compétition et au combat de chacun contre chacun. Avec un livre comme « L’entraide, l’autre loi de la jungle », on sort complètement des discours moralisateurs ou normalisateurs nous décrivant comment le monde et les humains devraient être ! Il s’agit ici de voir la vie autrement !


    C’est un livre « médicament », il nous soigne de cette pensée bien installée dans nos têtes, nos pratiques, nos institutions, nos conceptions politiques : celle d’un homme « naturellement » mauvais, soumis à la loi de la jungle, à la « loi du plus fort », celle du combat de chacun contre chacun. Pensée qui nous propose la compétition comme seul facteur d’évolution. Comme le disent nos auteurs : « Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »


    Ce livre bouscule les frontières entre les disciplines scientifiques pour « comprendre la nature coopérative de l’être humain dans le sillage de celle des autres organismes vivants ». Et pour cela de mobiliser des connaissances issues de bien des disciplines différentes : de la biologie à l’ethnologie, des neurosciences à la génétique, de la sociologie à l’économie expérimentale. Il a pour but de « dégager des principes généraux et une architecture générale de ce que l’on pourrait désormais appeler « l’autre loi de la jungle » : celle de l’entraide.


     


    - Paradigme dominant : la compétition


    La « loi du plus fort » ou celle de la « guerre de tous contre tous », comme l’écrivait Thomas Hobbes, nous invite à voir la vie, le monde, comme une arène au sein de laquelle dominent la ruse et la force. Que le plus fort gagne ! Et notre culture « moderne et utilitariste, est effectivement devenue hypertrophiée en compétition, délaissant sa partie généreuse, altruiste et bienveillante, passablement atrophiée. »


    Nous le savons : « l’homme est un loup pour l’homme » ! La clé du succès, et de l’évolution, réside dans la compétition !


    Le dogme dominant affirme que toutes nos actions, normes, institutions et croyances s’expliquent par le jeu des intérêts en conflit.


     


     


    Et pourtant, partout de la collaboration 


    Même si les mécanismes de collaboration, de relations mutuellement bénéfiques, avaient été mises en évidence par Pierre Kropotkine dans son célèbre ouvrage « L’entraide » dès 1902, ce n’est que depuis les années 1970 que foisonnent les études qui mettent en évidence, pour les plantes, les animaux et les humains la puissance de ces forces au sein de l’évolution. Fourmis, sternes arctiques, pins à écorce blanche et sapin des Rocheuses : de l’entraide entre semblables, lointains cousins mais aussi « entre organismes qui n’ont rien à voir » ! « Des mutualismes (associations diffuses entre espèces) aux symbioses (associations obligatoires), de l’action collective ponctuelle à la coévolution fusionnelle, les services se donnent et se rendent dans tous les sens … ». Le vivant est une « inextricable pelote d’interdépendance ».


    Et les humains n’échappent pas à cette règle : partout de la coopération, de l’aide, du rejet des injustices et ceci principalement en situation de crise.


     


    Environnement


    Les conditions environnementales jouent un rôle prépondérant dans l’évolution de l’entraide.


    Darwin avait effectué ses observations sous les tropiques (milieu d’abondance nutritive et de confort thermique) et Kropotkine en Sibérie (moins de nutriments et conditions bien plus rudes). Milieux pauvres en ressources ou milieux riches privilégient soit l’entraide, soit la compétition.


     


    Comment nous expliquer ces comportements ?


    L’épigénétique a montré que l’activation ou la mise en veille de certains de nos gènes est héritable ! Et nos gènes réagissent à l’environnement, nous héritons donc des réactions de nos ancêtres à leur environnement, « la culture s’imprime dans notre biologie, de génération en génération. » Les hommes n’ont pu s’adapter qu’avec et grâce aux autres, la collaboration nous est indispensable. L’obligation de réciprocité est au cœur de l’humanité, la « triple obligation de « donner-recevoir-rendre » génère un état de dépendance réciproque ».


    Nous sommes « équipés » pour la collaboration. Nos cerveaux possèdent ce que l’on appelle des « neurones miroirs » qui nous permettent de percevoir, de sentir, d’entrer en résonance avec les émotions d’autrui. Et ce « lien qui nous attache aux sentiments des autres et qui nous rend interdépendants s’appelle l’empathie. »


     


    Et au sein de nos sociétés s’installe (plus ou moins !) un double mécanisme « qui récompense les comportements prosociaux (la carotte) et punit les comportements antisociaux. C’est la réciprocité renforcée. Différents mécanismes feront donc apparaître et renforceront l’entraide dans nos groupes et sociétés. L’éducation et les normes sociales peuvent, ou non, renforcer notre aptitude à collaborer. Une nouvelle conception de la nature humaine irrationnelle et prosociale se dessine !


     


    Une mythologie hémiplégique


    L’ouvrage nous propose donc une vision d’un monde composé tant de compétition que de coopération. Et ces deux mouvements forment nos relations au sein des collectifs et entre les collectifs. Les capacités d’entraide sont spontanées, mais pour les maintenir, il nous faut vivre dans un contexte qui les privilégient. L’entraide trouve son origine dans un acte de don, sa logique est celle de « donner-recevoir-rendre » au cœur de tout lien social. Le maintien d’une réciprocité généralisée à l’ensemble du groupe se fait « grâce à des mécanismes qui l’étendent et la renforcent : le mécanisme de réputation, la récompense des comportements vertueux et la punition des comportements antisociaux. »


     


    Pour conclure cette petite présentation, laissons Pablo s’exprimer : 


    « En baignant dans le mythe d’une nature agressive et compétitive, nous nous sommes battus sur le terrain imaginaire adverse. Or, nous savons désormais que compétition et coopération sont des forces antagonistes très puissantes qui coexistent à tous les niveaux du vivant. En observant le monde vivant sans œillères, nous pouvons commencer à faire le deuil du mythe d’un état de nature en guerre permanente de tous contre tous, d’un combat de gladiateurs quotidien où on ne se fait pas de quartier. Voici donc la première étape pour décloisonner notre imaginaire, pour le décomplexer et lui redonner confiance dans sa capacité à faire germer la coopération. Nous pouvons enfin, grâce aux découvertes de la science des dernières décennies, nous inspirer à nouveau du monde vivant pour innover. Ainsi, l’agroécologie, la permaculture et plus largement le biomimétisme ont pris racine dans cet incroyable réservoir de soutenabilité et de coopération qu’est la vie. Elles se sont ainsi rendu compte qu’en appliquant les principes du vivant – et en particulier la coopération– au fonctionnement de nos organisations, ces dernières se portaient beaucoup mieux, prenant ainsi soin des personnes qui y travaillent. » PABLO SERVIGNE


     



     


     


     


     


    Le livre "L’entraide, l’autre loi de la jungle" par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle.


    Article de réflexion et résumé du livre par Daniel Cauchy, membre fondateur de Rencontre des Continents



     


    « La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international - la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous - ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature. »


    Gregory Bateson


     


    Si comme l’écrit François Flahault, « … la tâche de rappeler ce qui devrait être est aisée alors que celle de penser autrement ce qui est se révèle plus difficile que jamais. », nos deux auteurs affrontent une question difficile et proposent une cure de décolonisation de nos imaginaires modernes. Ils nous offrent une belle synthèse des connaissances scientifiques actuelles montrant que les « relations qui font la beauté de la nature » ne se limitent pas à la compétition et au combat de chacun contre chacun. Avec un livre comme « L’entraide, l’autre loi de la jungle », on sort complètement des discours moralisateurs ou normalisateurs nous décrivant comment le monde et les humains devraient être ! Il s’agit ici de voir la vie autrement !


    C’est un livre « médicament », il nous soigne de cette pensée bien installée dans nos têtes, nos pratiques, nos institutions, nos conceptions politiques : celle d’un homme « naturellement » mauvais, soumis à la loi de la jungle, à la « loi du plus fort », celle du combat de chacun contre chacun. Pensée qui nous propose la compétition comme seul facteur d’évolution. Comme le disent nos auteurs : « Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »


    Ce livre bouscule les frontières entre les disciplines scientifiques pour « comprendre la nature coopérative de l’être humain dans le sillage de celle des autres organismes vivants ». Et pour cela de mobiliser des connaissances issues de bien des disciplines différentes : de la biologie à l’ethnologie, des neurosciences à la génétique, de la sociologie à l’économie expérimentale. Il a pour but de « dégager des principes généraux et une architecture générale de ce que l’on pourrait désormais appeler « l’autre loi de la jungle » : celle de l’entraide.


     


    - Paradigme dominant : la compétition


    La « loi du plus fort » ou celle de la « guerre de tous contre tous », comme l’écrivait Thomas Hobbes, nous invite à voir la vie, le monde, comme une arène au sein de laquelle dominent la ruse et la force. Que le plus fort gagne ! Et notre culture « moderne et utilitariste, est effectivement devenue hypertrophiée en compétition, délaissant sa partie généreuse, altruiste et bienveillante, passablement atrophiée. »


    Nous le savons : « l’homme est un loup pour l’homme » ! La clé du succès, et de l’évolution, réside dans la compétition !


    Le dogme dominant affirme que toutes nos actions, normes, institutions et croyances s’expliquent par le jeu des intérêts en conflit.


     


     


    Et pourtant, partout de la collaboration 


    Même si les mécanismes de collaboration, de relations mutuellement bénéfiques, avaient été mises en évidence par Pierre Kropotkine dans son célèbre ouvrage « L’entraide » dès 1902, ce n’est que depuis les années 1970 que foisonnent les études qui mettent en évidence, pour les plantes, les animaux et les humains la puissance de ces forces au sein de l’évolution. Fourmis, sternes arctiques, pins à écorce blanche et sapin des Rocheuses : de l’entraide entre semblables, lointains cousins mais aussi « entre organismes qui n’ont rien à voir » ! « Des mutualismes (associations diffuses entre espèces) aux symbioses (associations obligatoires), de l’action collective ponctuelle à la coévolution fusionnelle, les services se donnent et se rendent dans tous les sens … ». Le vivant est une « inextricable pelote d’interdépendance ».


    Et les humains n’échappent pas à cette règle : partout de la coopération, de l’aide, du rejet des injustices et ceci principalement en situation de crise.


     


    Environnement


    Les conditions environnementales jouent un rôle prépondérant dans l’évolution de l’entraide.


    Darwin avait effectué ses observations sous les tropiques (milieu d’abondance nutritive et de confort thermique) et Kropotkine en Sibérie (moins de nutriments et conditions bien plus rudes). Milieux pauvres en ressources ou milieux riches privilégient soit l’entraide, soit la compétition.


     


    Comment nous expliquer ces comportements ?


    L’épigénétique a montré que l’activation ou la mise en veille de certains de nos gènes est héritable ! Et nos gènes réagissent à l’environnement, nous héritons donc des réactions de nos ancêtres à leur environnement, « la culture s’imprime dans notre biologie, de génération en génération. » Les hommes n’ont pu s’adapter qu’avec et grâce aux autres, la collaboration nous est indispensable. L’obligation de réciprocité est au cœur de l’humanité, la « triple obligation de « donner-recevoir-rendre » génère un état de dépendance réciproque ».


    Nous sommes « équipés » pour la collaboration. Nos cerveaux possèdent ce que l’on appelle des « neurones miroirs » qui nous permettent de percevoir, de sentir, d’entrer en résonance avec les émotions d’autrui. Et ce « lien qui nous attache aux sentiments des autres et qui nous rend interdépendants s’appelle l’empathie. »


     


    Et au sein de nos sociétés s’installe (plus ou moins !) un double mécanisme « qui récompense les comportements prosociaux (la carotte) et punit les comportements antisociaux. C’est la réciprocité renforcée. Différents mécanismes feront donc apparaître et renforceront l’entraide dans nos groupes et sociétés. L’éducation et les normes sociales peuvent, ou non, renforcer notre aptitude à collaborer. Une nouvelle conception de la nature humaine irrationnelle et prosociale se dessine !


     


    Une mythologie hémiplégique


    L’ouvrage nous propose donc une vision d’un monde composé tant de compétition que de coopération. Et ces deux mouvements forment nos relations au sein des collectifs et entre les collectifs. Les capacités d’entraide sont spontanées, mais pour les maintenir, il nous faut vivre dans un contexte qui les privilégient. L’entraide trouve son origine dans un acte de don, sa logique est celle de « donner-recevoir-rendre » au cœur de tout lien social. Le maintien d’une réciprocité généralisée à l’ensemble du groupe se fait « grâce à des mécanismes qui l’étendent et la renforcent : le mécanisme de réputation, la récompense des comportements vertueux et la punition des comportements antisociaux. »


     


    Pour conclure cette petite présentation, laissons Pablo s’exprimer : 


    « En baignant dans le mythe d’une nature agressive et compétitive, nous nous sommes battus sur le terrain imaginaire adverse. Or, nous savons désormais que compétition et coopération sont des forces antagonistes très puissantes qui coexistent à tous les niveaux du vivant. En observant le monde vivant sans œillères, nous pouvons commencer à faire le deuil du mythe d’un état de nature en guerre permanente de tous contre tous, d’un combat de gladiateurs quotidien où on ne se fait pas de quartier. Voici donc la première étape pour décloisonner notre imaginaire, pour le décomplexer et lui redonner confiance dans sa capacité à faire germer la coopération. Nous pouvons enfin, grâce aux découvertes de la science des dernières décennies, nous inspirer à nouveau du monde vivant pour innover. Ainsi, l’agroécologie, la permaculture et plus largement le biomimétisme ont pris racine dans cet incroyable réservoir de soutenabilité et de coopération qu’est la vie. Elles se sont ainsi rendu compte qu’en appliquant les principes du vivant – et en particulier la coopération– au fonctionnement de nos organisations, ces dernières se portaient beaucoup mieux, prenant ainsi soin des personnes qui y travaillent. » PABLO SERVIGNE


     



     


     


     


     


    Le livre "L’entraide, l’autre loi de la jungle" par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle.


    Article de réflexion et résumé du livre par Daniel Cauchy, membre fondateur de Rencontre des Continents



     


    « La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international - la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous - ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature. »


    Gregory Bateson


     


    Si comme l’écrit François Flahault, « … la tâche de rappeler ce qui devrait être est aisée alors que celle de penser autrement ce qui est se révèle plus difficile que jamais. », nos deux auteurs affrontent une question difficile et proposent une cure de décolonisation de nos imaginaires modernes. Ils nous offrent une belle synthèse des connaissances scientifiques actuelles montrant que les « relations qui font la beauté de la nature » ne se limitent pas à la compétition et au combat de chacun contre chacun. Avec un livre comme « L’entraide, l’autre loi de la jungle », on sort complètement des discours moralisateurs ou normalisateurs nous décrivant comment le monde et les humains devraient être ! Il s’agit ici de voir la vie autrement !


    C’est un livre « médicament », il nous soigne de cette pensée bien installée dans nos têtes, nos pratiques, nos institutions, nos conceptions politiques : celle d’un homme « naturellement » mauvais, soumis à la loi de la jungle, à la « loi du plus fort », celle du combat de chacun contre chacun. Pensée qui nous propose la compétition comme seul facteur d’évolution. Comme le disent nos auteurs : « Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »


    Ce livre bouscule les frontières entre les disciplines scientifiques pour « comprendre la nature coopérative de l’être humain dans le sillage de celle des autres organismes vivants ». Et pour cela de mobiliser des connaissances issues de bien des disciplines différentes : de la biologie à l’ethnologie, des neurosciences à la génétique, de la sociologie à l’économie expérimentale. Il a pour but de « dégager des principes généraux et une architecture générale de ce que l’on pourrait désormais appeler « l’autre loi de la jungle » : celle de l’entraide.


     


    - Paradigme dominant : la compétition


    La « loi du plus fort » ou celle de la « guerre de tous contre tous », comme l’écrivait Thomas Hobbes, nous invite à voir la vie, le monde, comme une arène au sein de laquelle dominent la ruse et la force. Que le plus fort gagne ! Et notre culture « moderne et utilitariste, est effectivement devenue hypertrophiée en compétition, délaissant sa partie généreuse, altruiste et bienveillante, passablement atrophiée. »


    Nous le savons : « l’homme est un loup pour l’homme » ! La clé du succès, et de l’évolution, réside dans la compétition !


    Le dogme dominant affirme que toutes nos actions, normes, institutions et croyances s’expliquent par le jeu des intérêts en conflit.


     


     


    Et pourtant, partout de la collaboration 


    Même si les mécanismes de collaboration, de relations mutuellement bénéfiques, avaient été mises en évidence par Pierre Kropotkine dans son célèbre ouvrage « L’entraide » dès 1902, ce n’est que depuis les années 1970 que foisonnent les études qui mettent en évidence, pour les plantes, les animaux et les humains la puissance de ces forces au sein de l’évolution. Fourmis, sternes arctiques, pins à écorce blanche et sapin des Rocheuses : de l’entraide entre semblables, lointains cousins mais aussi « entre organismes qui n’ont rien à voir » ! « Des mutualismes (associations diffuses entre espèces) aux symbioses (associations obligatoires), de l’action collective ponctuelle à la coévolution fusionnelle, les services se donnent et se rendent dans tous les sens … ». Le vivant est une « inextricable pelote d’interdépendance ».


    Et les humains n’échappent pas à cette règle : partout de la coopération, de l’aide, du rejet des injustices et ceci principalement en situation de crise.


     


    Environnement


    Les conditions environnementales jouent un rôle prépondérant dans l’évolution de l’entraide.


    Darwin avait effectué ses observations sous les tropiques (milieu d’abondance nutritive et de confort thermique) et Kropotkine en Sibérie (moins de nutriments et conditions bien plus rudes). Milieux pauvres en ressources ou milieux riches privilégient soit l’entraide, soit la compétition.


     


    Comment nous expliquer ces comportements ?


    L’épigénétique a montré que l’activation ou la mise en veille de certains de nos gènes est héritable ! Et nos gènes réagissent à l’environnement, nous héritons donc des réactions de nos ancêtres à leur environnement, « la culture s’imprime dans notre biologie, de génération en génération. » Les hommes n’ont pu s’adapter qu’avec et grâce aux autres, la collaboration nous est indispensable. L’obligation de réciprocité est au cœur de l’humanité, la « triple obligation de « donner-recevoir-rendre » génère un état de dépendance réciproque ».


    Nous sommes « équipés » pour la collaboration. Nos cerveaux possèdent ce que l’on appelle des « neurones miroirs » qui nous permettent de percevoir, de sentir, d’entrer en résonance avec les émotions d’autrui. Et ce « lien qui nous attache aux sentiments des autres et qui nous rend interdépendants s’appelle l’empathie. »


     


    Et au sein de nos sociétés s’installe (plus ou moins !) un double mécanisme « qui récompense les comportements prosociaux (la carotte) et punit les comportements antisociaux. C’est la réciprocité renforcée. Différents mécanismes feront donc apparaître et renforceront l’entraide dans nos groupes et sociétés. L’éducation et les normes sociales peuvent, ou non, renforcer notre aptitude à collaborer. Une nouvelle conception de la nature humaine irrationnelle et prosociale se dessine !


     


    Une mythologie hémiplégique


    L’ouvrage nous propose donc une vision d’un monde composé tant de compétition que de coopération. Et ces deux mouvements forment nos relations au sein des collectifs et entre les collectifs. Les capacités d’entraide sont spontanées, mais pour les maintenir, il nous faut vivre dans un contexte qui les privilégient. L’entraide trouve son origine dans un acte de don, sa logique est celle de « donner-recevoir-rendre » au cœur de tout lien social. Le maintien d’une réciprocité généralisée à l’ensemble du groupe se fait « grâce à des mécanismes qui l’étendent et la renforcent : le mécanisme de réputation, la récompense des comportements vertueux et la punition des comportements antisociaux. »


     


    Pour conclure cette petite présentation, laissons Pablo s’exprimer : 


    « En baignant dans le mythe d’une nature agressive et compétitive, nous nous sommes battus sur le terrain imaginaire adverse. Or, nous savons désormais que compétition et coopération sont des forces antagonistes très puissantes qui coexistent à tous les niveaux du vivant. En observant le monde vivant sans œillères, nous pouvons commencer à faire le deuil du mythe d’un état de nature en guerre permanente de tous contre tous, d’un combat de gladiateurs quotidien où on ne se fait pas de quartier. Voici donc la première étape pour décloisonner notre imaginaire, pour le décomplexer et lui redonner confiance dans sa capacité à faire germer la coopération. Nous pouvons enfin, grâce aux découvertes de la science des dernières décennies, nous inspirer à nouveau du monde vivant pour innover. Ainsi, l’agroécologie, la permaculture et plus largement le biomimétisme ont pris racine dans cet incroyable réservoir de soutenabilité et de coopération qu’est la vie. Elles se sont ainsi rendu compte qu’en appliquant les principes du vivant – et en particulier la coopération– au fonctionnement de nos organisations, ces dernières se portaient beaucoup mieux, prenant ainsi soin des personnes qui y travaillent. » PABLO SERVIGNE


     



     


     


     


     


    Le livre "L’entraide, l’autre loi de la jungle" par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle.


    Article de réflexion et résumé du livre par Daniel Cauchy, membre fondateur de Rencontre des Continents



     


    « La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international - la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous - ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature. »


    Gregory Bateson


     


    Si comme l’écrit François Flahault, « … la tâche de rappeler ce qui devrait être est aisée alors que celle de penser autrement ce qui est se révèle plus difficile que jamais. », nos deux auteurs affrontent une question difficile et proposent une cure de décolonisation de nos imaginaires modernes. Ils nous offrent une belle synthèse des connaissances scientifiques actuelles montrant que les « relations qui font la beauté de la nature » ne se limitent pas à la compétition et au combat de chacun contre chacun. Avec un livre comme « L’entraide, l’autre loi de la jungle », on sort complètement des discours moralisateurs ou normalisateurs nous décrivant comment le monde et les humains devraient être ! Il s’agit ici de voir la vie autrement !


    C’est un livre « médicament », il nous soigne de cette pensée bien installée dans nos têtes, nos pratiques, nos institutions, nos conceptions politiques : celle d’un homme « naturellement » mauvais, soumis à la loi de la jungle, à la « loi du plus fort », celle du combat de chacun contre chacun. Pensée qui nous propose la compétition comme seul facteur d’évolution. Comme le disent nos auteurs : « Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »


    Ce livre bouscule les frontières entre les disciplines scientifiques pour « comprendre la nature coopérative de l’être humain dans le sillage de celle des autres organismes vivants ». Et pour cela de mobiliser des connaissances issues de bien des disciplines différentes : de la biologie à l’ethnologie, des neurosciences à la génétique, de la sociologie à l’économie expérimentale. Il a pour but de « dégager des principes généraux et une architecture générale de ce que l’on pourrait désormais appeler « l’autre loi de la jungle » : celle de l’entraide.


     


    - Paradigme dominant : la compétition


    La « loi du plus fort » ou celle de la « guerre de tous contre tous », comme l’écrivait Thomas Hobbes, nous invite à voir la vie, le monde, comme une arène au sein de laquelle dominent la ruse et la force. Que le plus fort gagne ! Et notre culture « moderne et utilitariste, est effectivement devenue hypertrophiée en compétition, délaissant sa partie généreuse, altruiste et bienveillante, passablement atrophiée. »


    Nous le savons : « l’homme est un loup pour l’homme » ! La clé du succès, et de l’évolution, réside dans la compétition !


    Le dogme dominant affirme que toutes nos actions, normes, institutions et croyances s’expliquent par le jeu des intérêts en conflit.


     


     


    Et pourtant, partout de la collaboration 


    Même si les mécanismes de collaboration, de relations mutuellement bénéfiques, avaient été mises en évidence par Pierre Kropotkine dans son célèbre ouvrage « L’entraide » dès 1902, ce n’est que depuis les années 1970 que foisonnent les études qui mettent en évidence, pour les plantes, les animaux et les humains la puissance de ces forces au sein de l’évolution. Fourmis, sternes arctiques, pins à écorce blanche et sapin des Rocheuses : de l’entraide entre semblables, lointains cousins mais aussi « entre organismes qui n’ont rien à voir » ! « Des mutualismes (associations diffuses entre espèces) aux symbioses (associations obligatoires), de l’action collective ponctuelle à la coévolution fusionnelle, les services se donnent et se rendent dans tous les sens … ». Le vivant est une « inextricable pelote d’interdépendance ».


    Et les humains n’échappent pas à cette règle : partout de la coopération, de l’aide, du rejet des injustices et ceci principalement en situation de crise.


     


    Environnement


    Les conditions environnementales jouent un rôle prépondérant dans l’évolution de l’entraide.


    Darwin avait effectué ses observations sous les tropiques (milieu d’abondance nutritive et de confort thermique) et Kropotkine en Sibérie (moins de nutriments et conditions bien plus rudes). Milieux pauvres en ressources ou milieux riches privilégient soit l’entraide, soit la compétition.


     


    Comment nous expliquer ces comportements ?


    L’épigénétique a montré que l’activation ou la mise en veille de certains de nos gènes est héritable ! Et nos gènes réagissent à l’environnement, nous héritons donc des réactions de nos ancêtres à leur environnement, « la culture s’imprime dans notre biologie, de génération en génération. » Les hommes n’ont pu s’adapter qu’avec et grâce aux autres, la collaboration nous est indispensable. L’obligation de réciprocité est au cœur de l’humanité, la « triple obligation de « donner-recevoir-rendre » génère un état de dépendance réciproque ».


    Nous sommes « équipés » pour la collaboration. Nos cerveaux possèdent ce que l’on appelle des « neurones miroirs » qui nous permettent de percevoir, de sentir, d’entrer en résonance avec les émotions d’autrui. Et ce « lien qui nous attache aux sentiments des autres et qui nous rend interdépendants s’appelle l’empathie. »


     


    Et au sein de nos sociétés s’installe (plus ou moins !) un double mécanisme « qui récompense les comportements prosociaux (la carotte) et punit les comportements antisociaux. C’est la réciprocité renforcée. Différents mécanismes feront donc apparaître et renforceront l’entraide dans nos groupes et sociétés. L’éducation et les normes sociales peuvent, ou non, renforcer notre aptitude à collaborer. Une nouvelle conception de la nature humaine irrationnelle et prosociale se dessine !


     


    Une mythologie hémiplégique


    L’ouvrage nous propose donc une vision d’un monde composé tant de compétition que de coopération. Et ces deux mouvements forment nos relations au sein des collectifs et entre les collectifs. Les capacités d’entraide sont spontanées, mais pour les maintenir, il nous faut vivre dans un contexte qui les privilégient. L’entraide trouve son origine dans un acte de don, sa logique est celle de « donner-recevoir-rendre » au cœur de tout lien social. Le maintien d’une réciprocité généralisée à l’ensemble du groupe se fait « grâce à des mécanismes qui l’étendent et la renforcent : le mécanisme de réputation, la récompense des comportements vertueux et la punition des comportements antisociaux. »


     


    Pour conclure cette petite présentation, laissons Pablo s’exprimer : 


    « En baignant dans le mythe d’une nature agressive et compétitive, nous nous sommes battus sur le terrain imaginaire adverse. Or, nous savons désormais que compétition et coopération sont des forces antagonistes très puissantes qui coexistent à tous les niveaux du vivant. En observant le monde vivant sans œillères, nous pouvons commencer à faire le deuil du mythe d’un état de nature en guerre permanente de tous contre tous, d’un combat de gladiateurs quotidien où on ne se fait pas de quartier. Voici donc la première étape pour décloisonner notre imaginaire, pour le décomplexer et lui redonner confiance dans sa capacité à faire germer la coopération. Nous pouvons enfin, grâce aux découvertes de la science des dernières décennies, nous inspirer à nouveau du monde vivant pour innover. Ainsi, l’agroécologie, la permaculture et plus largement le biomimétisme ont pris racine dans cet incroyable réservoir de soutenabilité et de coopération qu’est la vie. Elles se sont ainsi rendu compte qu’en appliquant les principes du vivant – et en particulier la coopération– au fonctionnement de nos organisations, ces dernières se portaient beaucoup mieux, prenant ainsi soin des personnes qui y travaillent. » PABLO SERVIGNE


     



     


     


     


     


    Le livre "L’entraide, l’autre loi de la jungle" par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle.


    Article de réflexion et résumé du livre par Daniel Cauchy, membre fondateur de Rencontre des Continents



     


    « La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international - la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous - ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature. »


    Gregory Bateson


     


    Si comme l’écrit François Flahault, « … la tâche de rappeler ce qui devrait être est aisée alors que celle de penser autrement ce qui est se révèle plus difficile que jamais. », nos deux auteurs affrontent une question difficile et proposent une cure de décolonisation de nos imaginaires modernes. Ils nous offrent une belle synthèse des connaissances scientifiques actuelles montrant que les « relations qui font la beauté de la nature » ne se limitent pas à la compétition et au combat de chacun contre chacun. Avec un livre comme « L’entraide, l’autre loi de la jungle », on sort complètement des discours moralisateurs ou normalisateurs nous décrivant comment le monde et les humains devraient être ! Il s’agit ici de voir la vie autrement !


    C’est un livre « médicament », il nous soigne de cette pensée bien installée dans nos têtes, nos pratiques, nos institutions, nos conceptions politiques : celle d’un homme « naturellement » mauvais, soumis à la loi de la jungle, à la « loi du plus fort », celle du combat de chacun contre chacun. Pensée qui nous propose la compétition comme seul facteur d’évolution. Comme le disent nos auteurs : « Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »


    Ce livre bouscule les frontières entre les disciplines scientifiques pour « comprendre la nature coopérative de l’être humain dans le sillage de celle des autres organismes vivants ». Et pour cela de mobiliser des connaissances issues de bien des disciplines différentes : de la biologie à l’ethnologie, des neurosciences à la génétique, de la sociologie à l’économie expérimentale. Il a pour but de « dégager des principes généraux et une architecture générale de ce que l’on pourrait désormais appeler « l’autre loi de la jungle » : celle de l’entraide.


     


    - Paradigme dominant : la compétition


    La « loi du plus fort » ou celle de la « guerre de tous contre tous », comme l’écrivait Thomas Hobbes, nous invite à voir la vie, le monde, comme une arène au sein de laquelle dominent la ruse et la force. Que le plus fort gagne ! Et notre culture « moderne et utilitariste, est effectivement devenue hypertrophiée en compétition, délaissant sa partie généreuse, altruiste et bienveillante, passablement atrophiée. »


    Nous le savons : « l’homme est un loup pour l’homme » ! La clé du succès, et de l’évolution, réside dans la compétition !


    Le dogme dominant affirme que toutes nos actions, normes, institutions et croyances s’expliquent par le jeu des intérêts en conflit.


     


     


    Et pourtant, partout de la collaboration 


    Même si les mécanismes de collaboration, de relations mutuellement bénéfiques, avaient été mises en évidence par Pierre Kropotkine dans son célèbre ouvrage « L’entraide » dès 1902, ce n’est que depuis les années 1970 que foisonnent les études qui mettent en évidence, pour les plantes, les animaux et les humains la puissance de ces forces au sein de l’évolution. Fourmis, sternes arctiques, pins à écorce blanche et sapin des Rocheuses : de l’entraide entre semblables, lointains cousins mais aussi « entre organismes qui n’ont rien à voir » ! « Des mutualismes (associations diffuses entre espèces) aux symbioses (associations obligatoires), de l’action collective ponctuelle à la coévolution fusionnelle, les services se donnent et se rendent dans tous les sens … ». Le vivant est une « inextricable pelote d’interdépendance ».


    Et les humains n’échappent pas à cette règle : partout de la coopération, de l’aide, du rejet des injustices et ceci principalement en situation de crise.


     


    Environnement


    Les conditions environnementales jouent un rôle prépondérant dans l’évolution de l’entraide.


    Darwin avait effectué ses observations sous les tropiques (milieu d’abondance nutritive et de confort thermique) et Kropotkine en Sibérie (moins de nutriments et conditions bien plus rudes). Milieux pauvres en ressources ou milieux riches privilégient soit l’entraide, soit la compétition.


     


    Comment nous expliquer ces comportements ?


    L’épigénétique a montré que l’activation ou la mise en veille de certains de nos gènes est héritable ! Et nos gènes réagissent à l’environnement, nous héritons donc des réactions de nos ancêtres à leur environnement, « la culture s’imprime dans notre biologie, de génération en génération. » Les hommes n’ont pu s’adapter qu’avec et grâce aux autres, la collaboration nous est indispensable. L’obligation de réciprocité est au cœur de l’humanité, la « triple obligation de « donner-recevoir-rendre » génère un état de dépendance réciproque ».


    Nous sommes « équipés » pour la collaboration. Nos cerveaux possèdent ce que l’on appelle des « neurones miroirs » qui nous permettent de percevoir, de sentir, d’entrer en résonance avec les émotions d’autrui. Et ce « lien qui nous attache aux sentiments des autres et qui nous rend interdépendants s’appelle l’empathie. »


     


    Et au sein de nos sociétés s’installe (plus ou moins !) un double mécanisme « qui récompense les comportements prosociaux (la carotte) et punit les comportements antisociaux. C’est la réciprocité renforcée. Différents mécanismes feront donc apparaître et renforceront l’entraide dans nos groupes et sociétés. L’éducation et les normes sociales peuvent, ou non, renforcer notre aptitude à collaborer. Une nouvelle conception de la nature humaine irrationnelle et prosociale se dessine !


     


    Une mythologie hémiplégique


    L’ouvrage nous propose donc une vision d’un monde composé tant de compétition que de coopération. Et ces deux mouvements forment nos relations au sein des collectifs et entre les collectifs. Les capacités d’entraide sont spontanées, mais pour les maintenir, il nous faut vivre dans un contexte qui les privilégient. L’entraide trouve son origine dans un acte de don, sa logique est celle de « donner-recevoir-rendre » au cœur de tout lien social. Le maintien d’une réciprocité généralisée à l’ensemble du groupe se fait « grâce à des mécanismes qui l’étendent et la renforcent : le mécanisme de réputation, la récompense des comportements vertueux et la punition des comportements antisociaux. »


     


    Pour conclure cette petite présentation, laissons Pablo s’exprimer : 


    « En baignant dans le mythe d’une nature agressive et compétitive, nous nous sommes battus sur le terrain imaginaire adverse. Or, nous savons désormais que compétition et coopération sont des forces antagonistes très puissantes qui coexistent à tous les niveaux du vivant. En observant le monde vivant sans œillères, nous pouvons commencer à faire le deuil du mythe d’un état de nature en guerre permanente de tous contre tous, d’un combat de gladiateurs quotidien où on ne se fait pas de quartier. Voici donc la première étape pour décloisonner notre imaginaire, pour le décomplexer et lui redonner confiance dans sa capacité à faire germer la coopération. Nous pouvons enfin, grâce aux découvertes de la science des dernières décennies, nous inspirer à nouveau du monde vivant pour innover. Ainsi, l’agroécologie, la permaculture et plus largement le biomimétisme ont pris racine dans cet incroyable réservoir de soutenabilité et de coopération qu’est la vie. Elles se sont ainsi rendu compte qu’en appliquant les principes du vivant – et en particulier la coopération– au fonctionnement de nos organisations, ces dernières se portaient beaucoup mieux, prenant ainsi soin des personnes qui y travaillent. » PABLO SERVIGNE


     



     


     


     


     


    Le livre "L’entraide, l’autre loi de la jungle" par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle.


    Article de réflexion et résumé du livre par Daniel Cauchy, membre fondateur de Rencontre des Continents



     


    « La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international - la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous - ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature. »


    Gregory Bateson


     


    Si comme l’écrit François Flahault, « … la tâche de rappeler ce qui devrait être est aisée alors que celle de penser autrement ce qui est se révèle plus difficile que jamais. », nos deux auteurs affrontent une question difficile et proposent une cure de décolonisation de nos imaginaires modernes. Ils nous offrent une belle synthèse des connaissances scientifiques actuelles montrant que les « relations qui font la beauté de la nature » ne se limitent pas à la compétition et au combat de chacun contre chacun. Avec un livre comme « L’entraide, l’autre loi de la jungle », on sort complètement des discours moralisateurs ou normalisateurs nous décrivant comment le monde et les humains devraient être ! Il s’agit ici de voir la vie autrement !


    C’est un livre « médicament », il nous soigne de cette pensée bien installée dans nos têtes, nos pratiques, nos institutions, nos conceptions politiques : celle d’un homme « naturellement » mauvais, soumis à la loi de la jungle, à la « loi du plus fort », celle du combat de chacun contre chacun. Pensée qui nous propose la compétition comme seul facteur d’évolution. Comme le disent nos auteurs : « Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »


    Ce livre bouscule les frontières entre les disciplines scientifiques pour « comprendre la nature coopérative de l’être humain dans le sillage de celle des autres organismes vivants ». Et pour cela de mobiliser des connaissances issues de bien des disciplines différentes : de la biologie à l’ethnologie, des neurosciences à la génétique, de la sociologie à l’économie expérimentale. Il a pour but de « dégager des principes généraux et une architecture générale de ce que l’on pourrait désormais appeler « l’autre loi de la jungle » : celle de l’entraide.


     


    - Paradigme dominant : la compétition


    La « loi du plus fort » ou celle de la « guerre de tous contre tous », comme l’écrivait Thomas Hobbes, nous invite à voir la vie, le monde, comme une arène au sein de laquelle dominent la ruse et la force. Que le plus fort gagne ! Et notre culture « moderne et utilitariste, est effectivement devenue hypertrophiée en compétition, délaissant sa partie généreuse, altruiste et bienveillante, passablement atrophiée. »


    Nous le savons : « l’homme est un loup pour l’homme » ! La clé du succès, et de l’évolution, réside dans la compétition !


    Le dogme dominant affirme que toutes nos actions, normes, institutions et croyances s’expliquent par le jeu des intérêts en conflit.


     


     


    Et pourtant, partout de la collaboration 


    Même si les mécanismes de collaboration, de relations mutuellement bénéfiques, avaient été mises en évidence par Pierre Kropotkine dans son célèbre ouvrage « L’entraide » dès 1902, ce n’est que depuis les années 1970 que foisonnent les études qui mettent en évidence, pour les plantes, les animaux et les humains la puissance de ces forces au sein de l’évolution. Fourmis, sternes arctiques, pins à écorce blanche et sapin des Rocheuses : de l’entraide entre semblables, lointains cousins mais aussi « entre organismes qui n’ont rien à voir » ! « Des mutualismes (associations diffuses entre espèces) aux symbioses (associations obligatoires), de l’action collective ponctuelle à la coévolution fusionnelle, les services se donnent et se rendent dans tous les sens … ». Le vivant est une « inextricable pelote d’interdépendance ».


    Et les humains n’échappent pas à cette règle : partout de la coopération, de l’aide, du rejet des injustices et ceci principalement en situation de crise.


     


    Environnement


    Les conditions environnementales jouent un rôle prépondérant dans l’évolution de l’entraide.


    Darwin avait effectué ses observations sous les tropiques (milieu d’abondance nutritive et de confort thermique) et Kropotkine en Sibérie (moins de nutriments et conditions bien plus rudes). Milieux pauvres en ressources ou milieux riches privilégient soit l’entraide, soit la compétition.


     


    Comment nous expliquer ces comportements ?


    L’épigénétique a montré que l’activation ou la mise en veille de certains de nos gènes est héritable ! Et nos gènes réagissent à l’environnement, nous héritons donc des réactions de nos ancêtres à leur environnement, « la culture s’imprime dans notre biologie, de génération en génération. » Les hommes n’ont pu s’adapter qu’avec et grâce aux autres, la collaboration nous est indispensable. L’obligation de réciprocité est au cœur de l’humanité, la « triple obligation de « donner-recevoir-rendre » génère un état de dépendance réciproque ».


    Nous sommes « équipés » pour la collaboration. Nos cerveaux possèdent ce que l’on appelle des « neurones miroirs » qui nous permettent de percevoir, de sentir, d’entrer en résonance avec les émotions d’autrui. Et ce « lien qui nous attache aux sentiments des autres et qui nous rend interdépendants s’appelle l’empathie. »


     


    Et au sein de nos sociétés s’installe (plus ou moins !) un double mécanisme « qui récompense les comportements prosociaux (la carotte) et punit les comportements antisociaux. C’est la réciprocité renforcée. Différents mécanismes feront donc apparaître et renforceront l’entraide dans nos groupes et sociétés. L’éducation et les normes sociales peuvent, ou non, renforcer notre aptitude à collaborer. Une nouvelle conception de la nature humaine irrationnelle et prosociale se dessine !


     


    Une mythologie hémiplégique


    L’ouvrage nous propose donc une vision d’un monde composé tant de compétition que de coopération. Et ces deux mouvements forment nos relations au sein des collectifs et entre les collectifs. Les capacités d’entraide sont spontanées, mais pour les maintenir, il nous faut vivre dans un contexte qui les privilégient. L’entraide trouve son origine dans un acte de don, sa logique est celle de « donner-recevoir-rendre » au cœur de tout lien social. Le maintien d’une réciprocité généralisée à l’ensemble du groupe se fait « grâce à des mécanismes qui l’étendent et la renforcent : le mécanisme de réputation, la récompense des comportements vertueux et la punition des comportements antisociaux. »


     


    Pour conclure cette petite présentation, laissons Pablo s’exprimer : 


    « En baignant dans le mythe d’une nature agressive et compétitive, nous nous sommes battus sur le terrain imaginaire adverse. Or, nous savons désormais que compétition et coopération sont des forces antagonistes très puissantes qui coexistent à tous les niveaux du vivant. En observant le monde vivant sans œillères, nous pouvons commencer à faire le deuil du mythe d’un état de nature en guerre permanente de tous contre tous, d’un combat de gladiateurs quotidien où on ne se fait pas de quartier. Voici donc la première étape pour décloisonner notre imaginaire, pour le décomplexer et lui redonner confiance dans sa capacité à faire germer la coopération. Nous pouvons enfin, grâce aux découvertes de la science des dernières décennies, nous inspirer à nouveau du monde vivant pour innover. Ainsi, l’agroécologie, la permaculture et plus largement le biomimétisme ont pris racine dans cet incroyable réservoir de soutenabilité et de coopération qu’est la vie. Elles se sont ainsi rendu compte qu’en appliquant les principes du vivant – et en particulier la coopération– au fonctionnement de nos organisations, ces dernières se portaient beaucoup mieux, prenant ainsi soin des personnes qui y travaillent. » PABLO SERVIGNE


     



     


     


     


     


    Le livre "L’entraide, l’autre loi de la jungle" par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle.


    Article de réflexion et résumé du livre par Daniel Cauchy, membre fondateur de Rencontre des Continents



     


    « La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international - la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous - ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature. »


    Gregory Bateson


     


    Si comme l’écrit François Flahault, « … la tâche de rappeler ce qui devrait être est aisée alors que celle de penser autrement ce qui est se révèle plus difficile que jamais. », nos deux auteurs affrontent une question difficile et proposent une cure de décolonisation de nos imaginaires modernes. Ils nous offrent une belle synthèse des connaissances scientifiques actuelles montrant que les « relations qui font la beauté de la nature » ne se limitent pas à la compétition et au combat de chacun contre chacun. Avec un livre comme « L’entraide, l’autre loi de la jungle », on sort complètement des discours moralisateurs ou normalisateurs nous décrivant comment le monde et les humains devraient être ! Il s’agit ici de voir la vie autrement !


    C’est un livre « médicament », il nous soigne de cette pensée bien installée dans nos têtes, nos pratiques, nos institutions, nos conceptions politiques : celle d’un homme « naturellement » mauvais, soumis à la loi de la jungle, à la « loi du plus fort », celle du combat de chacun contre chacun. Pensée qui nous propose la compétition comme seul facteur d’évolution. Comme le disent nos auteurs : « Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »


    Ce livre bouscule les frontières entre les disciplines scientifiques pour « comprendre la nature coopérative de l’être humain dans le sillage de celle des autres organismes vivants ». Et pour cela de mobiliser des connaissances issues de bien des disciplines différentes : de la biologie à l’ethnologie, des neurosciences à la génétique, de la sociologie à l’économie expérimentale. Il a pour but de « dégager des principes généraux et une architecture générale de ce que l’on pourrait désormais appeler « l’autre loi de la jungle » : celle de l’entraide.


     


    - Paradigme dominant : la compétition


    La « loi du plus fort » ou celle de la « guerre de tous contre tous », comme l’écrivait Thomas Hobbes, nous invite à voir la vie, le monde, comme une arène au sein de laquelle dominent la ruse et la force. Que le plus fort gagne ! Et notre culture « moderne et utilitariste, est effectivement devenue hypertrophiée en compétition, délaissant sa partie généreuse, altruiste et bienveillante, passablement atrophiée. »


    Nous le savons : « l’homme est un loup pour l’homme » ! La clé du succès, et de l’évolution, réside dans la compétition !


    Le dogme dominant affirme que toutes nos actions, normes, institutions et croyances s’expliquent par le jeu des intérêts en conflit.


     


     


    Et pourtant, partout de la collaboration 


    Même si les mécanismes de collaboration, de relations mutuellement bénéfiques, avaient été mises en évidence par Pierre Kropotkine dans son célèbre ouvrage « L’entraide » dès 1902, ce n’est que depuis les années 1970 que foisonnent les études qui mettent en évidence, pour les plantes, les animaux et les humains la puissance de ces forces au sein de l’évolution. Fourmis, sternes arctiques, pins à écorce blanche et sapin des Rocheuses : de l’entraide entre semblables, lointains cousins mais aussi « entre organismes qui n’ont rien à voir » ! « Des mutualismes (associations diffuses entre espèces) aux symbioses (associations obligatoires), de l’action collective ponctuelle à la coévolution fusionnelle, les services se donnent et se rendent dans tous les sens … ». Le vivant est une « inextricable pelote d’interdépendance ».


    Et les humains n’échappent pas à cette règle : partout de la coopération, de l’aide, du rejet des injustices et ceci principalement en situation de crise.


     


    Environnement


    Les conditions environnementales jouent un rôle prépondérant dans l’évolution de l’entraide.


    Darwin avait effectué ses observations sous les tropiques (milieu d’abondance nutritive et de confort thermique) et Kropotkine en Sibérie (moins de nutriments et conditions bien plus rudes). Milieux pauvres en ressources ou milieux riches privilégient soit l’entraide, soit la compétition.


     


    Comment nous expliquer ces comportements ?


    L’épigénétique a montré que l’activation ou la mise en veille de certains de nos gènes est héritable ! Et nos gènes réagissent à l’environnement, nous héritons donc des réactions de nos ancêtres à leur environnement, « la culture s’imprime dans notre biologie, de génération en génération. » Les hommes n’ont pu s’adapter qu’avec et grâce aux autres, la collaboration nous est indispensable. L’obligation de réciprocité est au cœur de l’humanité, la « triple obligation de « donner-recevoir-rendre » génère un état de dépendance réciproque ».


    Nous sommes « équipés » pour la collaboration. Nos cerveaux possèdent ce que l’on appelle des « neurones miroirs » qui nous permettent de percevoir, de sentir, d’entrer en résonance avec les émotions d’autrui. Et ce « lien qui nous attache aux sentiments des autres et qui nous rend interdépendants s’appelle l’empathie. »


     


    Et au sein de nos sociétés s’installe (plus ou moins !) un double mécanisme « qui récompense les comportements prosociaux (la carotte) et punit les comportements antisociaux. C’est la réciprocité renforcée. Différents mécanismes feront donc apparaître et renforceront l’entraide dans nos groupes et sociétés. L’éducation et les normes sociales peuvent, ou non, renforcer notre aptitude à collaborer. Une nouvelle conception de la nature humaine irrationnelle et prosociale se dessine !


     


    Une mythologie hémiplégique


    L’ouvrage nous propose donc une vision d’un monde composé tant de compétition que de coopération. Et ces deux mouvements forment nos relations au sein des collectifs et entre les collectifs. Les capacités d’entraide sont spontanées, mais pour les maintenir, il nous faut vivre dans un contexte qui les privilégient. L’entraide trouve son origine dans un acte de don, sa logique est celle de « donner-recevoir-rendre » au cœur de tout lien social. Le maintien d’une réciprocité généralisée à l’ensemble du groupe se fait « grâce à des mécanismes qui l’étendent et la renforcent : le mécanisme de réputation, la récompense des comportements vertueux et la punition des comportements antisociaux. »


     


    Pour conclure cette petite présentation, laissons Pablo s’exprimer : 


    « En baignant dans le mythe d’une nature agressive et compétitive, nous nous sommes battus sur le terrain imaginaire adverse. Or, nous savons désormais que compétition et coopération sont des forces antagonistes très puissantes qui coexistent à tous les niveaux du vivant. En observant le monde vivant sans œillères, nous pouvons commencer à faire le deuil du mythe d’un état de nature en guerre permanente de tous contre tous, d’un combat de gladiateurs quotidien où on ne se fait pas de quartier. Voici donc la première étape pour décloisonner notre imaginaire, pour le décomplexer et lui redonner confiance dans sa capacité à faire germer la coopération. Nous pouvons enfin, grâce aux découvertes de la science des dernières décennies, nous inspirer à nouveau du monde vivant pour innover. Ainsi, l’agroécologie, la permaculture et plus largement le biomimétisme ont pris racine dans cet incroyable réservoir de soutenabilité et de coopération qu’est la vie. Elles se sont ainsi rendu compte qu’en appliquant les principes du vivant – et en particulier la coopération– au fonctionnement de nos organisations, ces dernières se portaient beaucoup mieux, prenant ainsi soin des personnes qui y travaillent. » PABLO SERVIGNE


     



     


     


     


     


    Le livre "L’entraide, l’autre loi de la jungle" par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle.


    Article de réflexion et résumé du livre par Daniel Cauchy, membre fondateur de Rencontre des Continents



     


    « La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international - la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous - ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature. »


    Gregory Bateson


     


    Si comme l’écrit François Flahault, « … la tâche de rappeler ce qui devrait être est aisée alors que celle de penser autrement ce qui est se révèle plus difficile que jamais. », nos deux auteurs affrontent une question difficile et proposent une cure de décolonisation de nos imaginaires modernes. Ils nous offrent une belle synthèse des connaissances scientifiques actuelles montrant que les « relations qui font la beauté de la nature » ne se limitent pas à la compétition et au combat de chacun contre chacun. Avec un livre comme « L’entraide, l’autre loi de la jungle », on sort complètement des discours moralisateurs ou normalisateurs nous décrivant comment le monde et les humains devraient être ! Il s’agit ici de voir la vie autrement !


    C’est un livre « médicament », il nous soigne de cette pensée bien installée dans nos têtes, nos pratiques, nos institutions, nos conceptions politiques : celle d’un homme « naturellement » mauvais, soumis à la loi de la jungle, à la « loi du plus fort », celle du combat de chacun contre chacun. Pensée qui nous propose la compétition comme seul facteur d’évolution. Comme le disent nos auteurs : « Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »


    Ce livre bouscule les frontières entre les disciplines scientifiques pour « comprendre la nature coopérative de l’être humain dans le sillage de celle des autres organismes vivants ». Et pour cela de mobiliser des connaissances issues de bien des disciplines différentes : de la biologie à l’ethnologie, des neurosciences à la génétique, de la sociologie à l’économie expérimentale. Il a pour but de « dégager des principes généraux et une architecture générale de ce que l’on pourrait désormais appeler « l’autre loi de la jungle » : celle de l’entraide.


     


    - Paradigme dominant : la compétition


    La « loi du plus fort » ou celle de la « guerre de tous contre tous », comme l’écrivait Thomas Hobbes, nous invite à voir la vie, le monde, comme une arène au sein de laquelle dominent la ruse et la force. Que le plus fort gagne ! Et notre culture « moderne et utilitariste, est effectivement devenue hypertrophiée en compétition, délaissant sa partie généreuse, altruiste et bienveillante, passablement atrophiée. »


    Nous le savons : « l’homme est un loup pour l’homme » ! La clé du succès, et de l’évolution, réside dans la compétition !


    Le dogme dominant affirme que toutes nos actions, normes, institutions et croyances s’expliquent par le jeu des intérêts en conflit.


     


     


    Et pourtant, partout de la collaboration 


    Même si les mécanismes de collaboration, de relations mutuellement bénéfiques, avaient été mises en évidence par Pierre Kropotkine dans son célèbre ouvrage « L’entraide » dès 1902, ce n’est que depuis les années 1970 que foisonnent les études qui mettent en évidence, pour les plantes, les animaux et les humains la puissance de ces forces au sein de l’évolution. Fourmis, sternes arctiques, pins à écorce blanche et sapin des Rocheuses : de l’entraide entre semblables, lointains cousins mais aussi « entre organismes qui n’ont rien à voir » ! « Des mutualismes (associations diffuses entre espèces) aux symbioses (associations obligatoires), de l’action collective ponctuelle à la coévolution fusionnelle, les services se donnent et se rendent dans tous les sens … ». Le vivant est une « inextricable pelote d’interdépendance ».


    Et les humains n’échappent pas à cette règle : partout de la coopération, de l’aide, du rejet des injustices et ceci principalement en situation de crise.


     


    Environnement


    Les conditions environnementales jouent un rôle prépondérant dans l’évolution de l’entraide.


    Darwin avait effectué ses observations sous les tropiques (milieu d’abondance nutritive et de confort thermique) et Kropotkine en Sibérie (moins de nutriments et conditions bien plus rudes). Milieux pauvres en ressources ou milieux riches privilégient soit l’entraide, soit la compétition.


     


    Comment nous expliquer ces comportements ?


    L’épigénétique a montré que l’activation ou la mise en veille de certains de nos gènes est héritable ! Et nos gènes réagissent à l’environnement, nous héritons donc des réactions de nos ancêtres à leur environnement, « la culture s’imprime dans notre biologie, de génération en génération. » Les hommes n’ont pu s’adapter qu’avec et grâce aux autres, la collaboration nous est indispensable. L’obligation de réciprocité est au cœur de l’humanité, la « triple obligation de « donner-recevoir-rendre » génère un état de dépendance réciproque ».


    Nous sommes « équipés » pour la collaboration. Nos cerveaux possèdent ce que l’on appelle des « neurones miroirs » qui nous permettent de percevoir, de sentir, d’entrer en résonance avec les émotions d’autrui. Et ce « lien qui nous attache aux sentiments des autres et qui nous rend interdépendants s’appelle l’empathie. »


     


    Et au sein de nos sociétés s’installe (plus ou moins !) un double mécanisme « qui récompense les comportements prosociaux (la carotte) et punit les comportements antisociaux. C’est la réciprocité renforcée. Différents mécanismes feront donc apparaître et renforceront l’entraide dans nos groupes et sociétés. L’éducation et les normes sociales peuvent, ou non, renforcer notre aptitude à collaborer. Une nouvelle conception de la nature humaine irrationnelle et prosociale se dessine !


     


    Une mythologie hémiplégique


    L’ouvrage nous propose donc une vision d’un monde composé tant de compétition que de coopération. Et ces deux mouvements forment nos relations au sein des collectifs et entre les collectifs. Les capacités d’entraide sont spontanées, mais pour les maintenir, il nous faut vivre dans un contexte qui les privilégient. L’entraide trouve son origine dans un acte de don, sa logique est celle de « donner-recevoir-rendre » au cœur de tout lien social. Le maintien d’une réciprocité généralisée à l’ensemble du groupe se fait « grâce à des mécanismes qui l’étendent et la renforcent : le mécanisme de réputation, la récompense des comportements vertueux et la punition des comportements antisociaux. »


     


    Pour conclure cette petite présentation, laissons Pablo s’exprimer : 


    « En baignant dans le mythe d’une nature agressive et compétitive, nous nous sommes battus sur le terrain imaginaire adverse. Or, nous savons désormais que compétition et coopération sont des forces antagonistes très puissantes qui coexistent à tous les niveaux du vivant. En observant le monde vivant sans œillères, nous pouvons commencer à faire le deuil du mythe d’un état de nature en guerre permanente de tous contre tous, d’un combat de gladiateurs quotidien où on ne se fait pas de quartier. Voici donc la première étape pour décloisonner notre imaginaire, pour le décomplexer et lui redonner confiance dans sa capacité à faire germer la coopération. Nous pouvons enfin, grâce aux découvertes de la science des dernières décennies, nous inspirer à nouveau du monde vivant pour innover. Ainsi, l’agroécologie, la permaculture et plus largement le biomimétisme ont pris racine dans cet incroyable réservoir de soutenabilité et de coopération qu’est la vie. Elles se sont ainsi rendu compte qu’en appliquant les principes du vivant – et en particulier la coopération– au fonctionnement de nos organisations, ces dernières se portaient beaucoup mieux, prenant ainsi soin des personnes qui y travaillent. » PABLO SERVIGNE


     



     


     


     


     


    Le livre "L’entraide, l’autre loi de la jungle" par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle.


    Article de réflexion et résumé du livre par Daniel Cauchy, membre fondateur de Rencontre des Continents



     


    « La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international - la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous - ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature. »


    Gregory Bateson


     


    Si comme l’écrit François Flahault, « … la tâche de rappeler ce qui devrait être est aisée alors que celle de penser autrement ce qui est se révèle plus difficile que jamais. », nos deux auteurs affrontent une question difficile et proposent une cure de décolonisation de nos imaginaires modernes. Ils nous offrent une belle synthèse des connaissances scientifiques actuelles montrant que les « relations qui font la beauté de la nature » ne se limitent pas à la compétition et au combat de chacun contre chacun. Avec un livre comme « L’entraide, l’autre loi de la jungle », on sort complètement des discours moralisateurs ou normalisateurs nous décrivant comment le monde et les humains devraient être ! Il s’agit ici de voir la vie autrement !


    C’est un livre « médicament », il nous soigne de cette pensée bien installée dans nos têtes, nos pratiques, nos institutions, nos conceptions politiques : celle d’un homme « naturellement » mauvais, soumis à la loi de la jungle, à la « loi du plus fort », celle du combat de chacun contre chacun. Pensée qui nous propose la compétition comme seul facteur d’évolution. Comme le disent nos auteurs : « Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »


    Ce livre bouscule les frontières entre les disciplines scientifiques pour « comprendre la nature coopérative de l’être humain dans le sillage de celle des autres organismes vivants ». Et pour cela de mobiliser des connaissances issues de bien des disciplines différentes : de la biologie à l’ethnologie, des neurosciences à la génétique, de la sociologie à l’économie expérimentale. Il a pour but de « dégager des principes généraux et une architecture générale de ce que l’on pourrait désormais appeler « l’autre loi de la jungle » : celle de l’entraide.


     


    - Paradigme dominant : la compétition


    La « loi du plus fort » ou celle de la « guerre de tous contre tous », comme l’écrivait Thomas Hobbes, nous invite à voir la vie, le monde, comme une arène au sein de laquelle dominent la ruse et la force. Que le plus fort gagne ! Et notre culture « moderne et utilitariste, est effectivement devenue hypertrophiée en compétition, délaissant sa partie généreuse, altruiste et bienveillante, passablement atrophiée. »


    Nous le savons : « l’homme est un loup pour l’homme » ! La clé du succès, et de l’évolution, réside dans la compétition !


    Le dogme dominant affirme que toutes nos actions, normes, institutions et croyances s’expliquent par le jeu des intérêts en conflit.


     


     


    Et pourtant, partout de la collaboration 


    Même si les mécanismes de collaboration, de relations mutuellement bénéfiques, avaient été mises en évidence par Pierre Kropotkine dans son célèbre ouvrage « L’entraide » dès 1902, ce n’est que depuis les années 1970 que foisonnent les études qui mettent en évidence, pour les plantes, les animaux et les humains la puissance de ces forces au sein de l’évolution. Fourmis, sternes arctiques, pins à écorce blanche et sapin des Rocheuses : de l’entraide entre semblables, lointains cousins mais aussi « entre organismes qui n’ont rien à voir » ! « Des mutualismes (associations diffuses entre espèces) aux symbioses (associations obligatoires), de l’action collective ponctuelle à la coévolution fusionnelle, les services se donnent et se rendent dans tous les sens … ». Le vivant est une « inextricable pelote d’interdépendance ».


    Et les humains n’échappent pas à cette règle : partout de la coopération, de l’aide, du rejet des injustices et ceci principalement en situation de crise.


     


    Environnement


    Les conditions environnementales jouent un rôle prépondérant dans l’évolution de l’entraide.


    Darwin avait effectué ses observations sous les tropiques (milieu d’abondance nutritive et de confort thermique) et Kropotkine en Sibérie (moins de nutriments et conditions bien plus rudes). Milieux pauvres en ressources ou milieux riches privilégient soit l’entraide, soit la compétition.


     


    Comment nous expliquer ces comportements ?


    L’épigénétique a montré que l’activation ou la mise en veille de certains de nos gènes est héritable ! Et nos gènes réagissent à l’environnement, nous héritons donc des réactions de nos ancêtres à leur environnement, « la culture s’imprime dans notre biologie, de génération en génération. » Les hommes n’ont pu s’adapter qu’avec et grâce aux autres, la collaboration nous est indispensable. L’obligation de réciprocité est au cœur de l’humanité, la « triple obligation de « donner-recevoir-rendre » génère un état de dépendance réciproque ».


    Nous sommes « équipés » pour la collaboration. Nos cerveaux possèdent ce que l’on appelle des « neurones miroirs » qui nous permettent de percevoir, de sentir, d’entrer en résonance avec les émotions d’autrui. Et ce « lien qui nous attache aux sentiments des autres et qui nous rend interdépendants s’appelle l’empathie. »


     


    Et au sein de nos sociétés s’installe (plus ou moins !) un double mécanisme « qui récompense les comportements prosociaux (la carotte) et punit les comportements antisociaux. C’est la réciprocité renforcée. Différents mécanismes feront donc apparaître et renforceront l’entraide dans nos groupes et sociétés. L’éducation et les normes sociales peuvent, ou non, renforcer notre aptitude à collaborer. Une nouvelle conception de la nature humaine irrationnelle et prosociale se dessine !


     


    Une mythologie hémiplégique


    L’ouvrage nous propose donc une vision d’un monde composé tant de compétition que de coopération. Et ces deux mouvements forment nos relations au sein des collectifs et entre les collectifs. Les capacités d’entraide sont spontanées, mais pour les maintenir, il nous faut vivre dans un contexte qui les privilégient. L’entraide trouve son origine dans un acte de don, sa logique est celle de « donner-recevoir-rendre » au cœur de tout lien social. Le maintien d’une réciprocité généralisée à l’ensemble du groupe se fait « grâce à des mécanismes qui l’étendent et la renforcent : le mécanisme de réputation, la récompense des comportements vertueux et la punition des comportements antisociaux. »


     


    Pour conclure cette petite présentation, laissons Pablo s’exprimer : 


    « En baignant dans le mythe d’une nature agressive et compétitive, nous nous sommes battus sur le terrain imaginaire adverse. Or, nous savons désormais que compétition et coopération sont des forces antagonistes très puissantes qui coexistent à tous les niveaux du vivant. En observant le monde vivant sans œillères, nous pouvons commencer à faire le deuil du mythe d’un état de nature en guerre permanente de tous contre tous, d’un combat de gladiateurs quotidien où on ne se fait pas de quartier. Voici donc la première étape pour décloisonner notre imaginaire, pour le décomplexer et lui redonner confiance dans sa capacité à faire germer la coopération. Nous pouvons enfin, grâce aux découvertes de la science des dernières décennies, nous inspirer à nouveau du monde vivant pour innover. Ainsi, l’agroécologie, la permaculture et plus largement le biomimétisme ont pris racine dans cet incroyable réservoir de soutenabilité et de coopération qu’est la vie. Elles se sont ainsi rendu compte qu’en appliquant les principes du vivant – et en particulier la coopération– au fonctionnement de nos organisations, ces dernières se portaient beaucoup mieux, prenant ainsi soin des personnes qui y travaillent. » PABLO SERVIGNE


     



     


     


     


     


    Le livre "L’entraide, l’autre loi de la jungle" par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle.


    Article de réflexion et résumé du livre par Daniel Cauchy, membre fondateur de Rencontre des Continents



     


    « La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international - la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous - ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature. »


    Gregory Bateson


     


    Si comme l’écrit François Flahault, « … la tâche de rappeler ce qui devrait être est aisée alors que celle de penser autrement ce qui est se révèle plus difficile que jamais. », nos deux auteurs affrontent une question difficile et proposent une cure de décolonisation de nos imaginaires modernes. Ils nous offrent une belle synthèse des connaissances scientifiques actuelles montrant que les « relations qui font la beauté de la nature » ne se limitent pas à la compétition et au combat de chacun contre chacun. Avec un livre comme « L’entraide, l’autre loi de la jungle », on sort complètement des discours moralisateurs ou normalisateurs nous décrivant comment le monde et les humains devraient être ! Il s’agit ici de voir la vie autrement !


    C’est un livre « médicament », il nous soigne de cette pensée bien installée dans nos têtes, nos pratiques, nos institutions, nos conceptions politiques : celle d’un homme « naturellement » mauvais, soumis à la loi de la jungle, à la « loi du plus fort », celle du combat de chacun contre chacun. Pensée qui nous propose la compétition comme seul facteur d’évolution. Comme le disent nos auteurs : « Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »


    Ce livre bouscule les frontières entre les disciplines scientifiques pour « comprendre la nature coopérative de l’être humain dans le sillage de celle des autres organismes vivants ». Et pour cela de mobiliser des connaissances issues de bien des disciplines différentes : de la biologie à l’ethnologie, des neurosciences à la génétique, de la sociologie à l’économie expérimentale. Il a pour but de « dégager des principes généraux et une architecture générale de ce que l’on pourrait désormais appeler « l’autre loi de la jungle » : celle de l’entraide.


     


    - Paradigme dominant : la compétition


    La « loi du plus fort » ou celle de la « guerre de tous contre tous », comme l’écrivait Thomas Hobbes, nous invite à voir la vie, le monde, comme une arène au sein de laquelle dominent la ruse et la force. Que le plus fort gagne ! Et notre culture « moderne et utilitariste, est effectivement devenue hypertrophiée en compétition, délaissant sa partie généreuse, altruiste et bienveillante, passablement atrophiée. »


    Nous le savons : « l’homme est un loup pour l’homme » ! La clé du succès, et de l’évolution, réside dans la compétition !


    Le dogme dominant affirme que toutes nos actions, normes, institutions et croyances s’expliquent par le jeu des intérêts en conflit.


     


     


    Et pourtant, partout de la collaboration 


    Même si les mécanismes de collaboration, de relations mutuellement bénéfiques, avaient été mises en évidence par Pierre Kropotkine dans son célèbre ouvrage « L’entraide » dès 1902, ce n’est que depuis les années 1970 que foisonnent les études qui mettent en évidence, pour les plantes, les animaux et les humains la puissance de ces forces au sein de l’évolution. Fourmis, sternes arctiques, pins à écorce blanche et sapin des Rocheuses : de l’entraide entre semblables, lointains cousins mais aussi « entre organismes qui n’ont rien à voir » ! « Des mutualismes (associations diffuses entre espèces) aux symbioses (associations obligatoires), de l’action collective ponctuelle à la coévolution fusionnelle, les services se donnent et se rendent dans tous les sens … ». Le vivant est une « inextricable pelote d’interdépendance ».


    Et les humains n’échappent pas à cette règle : partout de la coopération, de l’aide, du rejet des injustices et ceci principalement en situation de crise.


     


    Environnement


    Les conditions environnementales jouent un rôle prépondérant dans l’évolution de l’entraide.


    Darwin avait effectué ses observations sous les tropiques (milieu d’abondance nutritive et de confort thermique) et Kropotkine en Sibérie (moins de nutriments et conditions bien plus rudes). Milieux pauvres en ressources ou milieux riches privilégient soit l’entraide, soit la compétition.


     


    Comment nous expliquer ces comportements ?


    L’épigénétique a montré que l’activation ou la mise en veille de certains de nos gènes est héritable ! Et nos gènes réagissent à l’environnement, nous héritons donc des réactions de nos ancêtres à leur environnement, « la culture s’imprime dans notre biologie, de génération en génération. » Les hommes n’ont pu s’adapter qu’avec et grâce aux autres, la collaboration nous est indispensable. L’obligation de réciprocité est au cœur de l’humanité, la « triple obligation de « donner-recevoir-rendre » génère un état de dépendance réciproque ».


    Nous sommes « équipés » pour la collaboration. Nos cerveaux possèdent ce que l’on appelle des « neurones miroirs » qui nous permettent de percevoir, de sentir, d’entrer en résonance avec les émotions d’autrui. Et ce « lien qui nous attache aux sentiments des autres et qui nous rend interdépendants s’appelle l’empathie. »


     


    Et au sein de nos sociétés s’installe (plus ou moins !) un double mécanisme « qui récompense les comportements prosociaux (la carotte) et punit les comportements antisociaux. C’est la réciprocité renforcée. Différents mécanismes feront donc apparaître et renforceront l’entraide dans nos groupes et sociétés. L’éducation et les normes sociales peuvent, ou non, renforcer notre aptitude à collaborer. Une nouvelle conception de la nature humaine irrationnelle et prosociale se dessine !


     


    Une mythologie hémiplégique


    L’ouvrage nous propose donc une vision d’un monde composé tant de compétition que de coopération. Et ces deux mouvements forment nos relations au sein des collectifs et entre les collectifs. Les capacités d’entraide sont spontanées, mais pour les maintenir, il nous faut vivre dans un contexte qui les privilégient. L’entraide trouve son origine dans un acte de don, sa logique est celle de « donner-recevoir-rendre » au cœur de tout lien social. Le maintien d’une réciprocité généralisée à l’ensemble du groupe se fait « grâce à des mécanismes qui l’étendent et la renforcent : le mécanisme de réputation, la récompense des comportements vertueux et la punition des comportements antisociaux. »


     


    Pour conclure cette petite présentation, laissons Pablo s’exprimer : 


    « En baignant dans le mythe d’une nature agressive et compétitive, nous nous sommes battus sur le terrain imaginaire adverse. Or, nous savons désormais que compétition et coopération sont des forces antagonistes très puissantes qui coexistent à tous les niveaux du vivant. En observant le monde vivant sans œillères, nous pouvons commencer à faire le deuil du mythe d’un état de nature en guerre permanente de tous contre tous, d’un combat de gladiateurs quotidien où on ne se fait pas de quartier. Voici donc la première étape pour décloisonner notre imaginaire, pour le décomplexer et lui redonner confiance dans sa capacité à faire germer la coopération. Nous pouvons enfin, grâce aux découvertes de la science des dernières décennies, nous inspirer à nouveau du monde vivant pour innover. Ainsi, l’agroécologie, la permaculture et plus largement le biomimétisme ont pris racine dans cet incroyable réservoir de soutenabilité et de coopération qu’est la vie. Elles se sont ainsi rendu compte qu’en appliquant les principes du vivant – et en particulier la coopération– au fonctionnement de nos organisations, ces dernières se portaient beaucoup mieux, prenant ainsi soin des personnes qui y travaillent. » PABLO SERVIGNE


     



     


     


     


     


    Le livre "L’entraide, l’autre loi de la jungle" par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle.


    Article de réflexion et résumé du livre par Daniel Cauchy, membre fondateur de Rencontre des Continents



     


    « La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international - la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous - ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature. »


    Gregory Bateson


     


    Si comme l’écrit François Flahault, « … la tâche de rappeler ce qui devrait être est aisée alors que celle de penser autrement ce qui est se révèle plus difficile que jamais. », nos deux auteurs affrontent une question difficile et proposent une cure de décolonisation de nos imaginaires modernes. Ils nous offrent une belle synthèse des connaissances scientifiques actuelles montrant que les « relations qui font la beauté de la nature » ne se limitent pas à la compétition et au combat de chacun contre chacun. Avec un livre comme « L’entraide, l’autre loi de la jungle », on sort complètement des discours moralisateurs ou normalisateurs nous décrivant comment le monde et les humains devraient être ! Il s’agit ici de voir la vie autrement !


    C’est un livre « médicament », il nous soigne de cette pensée bien installée dans nos têtes, nos pratiques, nos institutions, nos conceptions politiques : celle d’un homme « naturellement » mauvais, soumis à la loi de la jungle, à la « loi du plus fort », celle du combat de chacun contre chacun. Pensée qui nous propose la compétition comme seul facteur d’évolution. Comme le disent nos auteurs : « Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »


    Ce livre bouscule les frontières entre les disciplines scientifiques pour « comprendre la nature coopérative de l’être humain dans le sillage de celle des autres organismes vivants ». Et pour cela de mobiliser des connaissances issues de bien des disciplines différentes : de la biologie à l’ethnologie, des neurosciences à la génétique, de la sociologie à l’économie expérimentale. Il a pour but de « dégager des principes généraux et une architecture générale de ce que l’on pourrait désormais appeler « l’autre loi de la jungle » : celle de l’entraide.


     


    - Paradigme dominant : la compétition


    La « loi du plus fort » ou celle de la « guerre de tous contre tous », comme l’écrivait Thomas Hobbes, nous invite à voir la vie, le monde, comme une arène au sein de laquelle dominent la ruse et la force. Que le plus fort gagne ! Et notre culture « moderne et utilitariste, est effectivement devenue hypertrophiée en compétition, délaissant sa partie généreuse, altruiste et bienveillante, passablement atrophiée. »


    Nous le savons : « l’homme est un loup pour l’homme » ! La clé du succès, et de l’évolution, réside dans la compétition !


    Le dogme dominant affirme que toutes nos actions, normes, institutions et croyances s’expliquent par le jeu des intérêts en conflit.


     


     


    Et pourtant, partout de la collaboration 


    Même si les mécanismes de collaboration, de relations mutuellement bénéfiques, avaient été mises en évidence par Pierre Kropotkine dans son célèbre ouvrage « L’entraide » dès 1902, ce n’est que depuis les années 1970 que foisonnent les études qui mettent en évidence, pour les plantes, les animaux et les humains la puissance de ces forces au sein de l’évolution. Fourmis, sternes arctiques, pins à écorce blanche et sapin des Rocheuses : de l’entraide entre semblables, lointains cousins mais aussi « entre organismes qui n’ont rien à voir » ! « Des mutualismes (associations diffuses entre espèces) aux symbioses (associations obligatoires), de l’action collective ponctuelle à la coévolution fusionnelle, les services se donnent et se rendent dans tous les sens … ». Le vivant est une « inextricable pelote d’interdépendance ».


    Et les humains n’échappent pas à cette règle : partout de la coopération, de l’aide, du rejet des injustices et ceci principalement en situation de crise.


     


    Environnement


    Les conditions environnementales jouent un rôle prépondérant dans l’évolution de l’entraide.


    Darwin avait effectué ses observations sous les tropiques (milieu d’abondance nutritive et de confort thermique) et Kropotkine en Sibérie (moins de nutriments et conditions bien plus rudes). Milieux pauvres en ressources ou milieux riches privilégient soit l’entraide, soit la compétition.


     


    Comment nous expliquer ces comportements ?


    L’épigénétique a montré que l’activation ou la mise en veille de certains de nos gènes est héritable ! Et nos gènes réagissent à l’environnement, nous héritons donc des réactions de nos ancêtres à leur environnement, « la culture s’imprime dans notre biologie, de génération en génération. » Les hommes n’ont pu s’adapter qu’avec et grâce aux autres, la collaboration nous est indispensable. L’obligation de réciprocité est au cœur de l’humanité, la « triple obligation de « donner-recevoir-rendre » génère un état de dépendance réciproque ».


    Nous sommes « équipés » pour la collaboration. Nos cerveaux possèdent ce que l’on appelle des « neurones miroirs » qui nous permettent de percevoir, de sentir, d’entrer en résonance avec les émotions d’autrui. Et ce « lien qui nous attache aux sentiments des autres et qui nous rend interdépendants s’appelle l’empathie. »


     


    Et au sein de nos sociétés s’installe (plus ou moins !) un double mécanisme « qui récompense les comportements prosociaux (la carotte) et punit les comportements antisociaux. C’est la réciprocité renforcée. Différents mécanismes feront donc apparaître et renforceront l’entraide dans nos groupes et sociétés. L’éducation et les normes sociales peuvent, ou non, renforcer notre aptitude à collaborer. Une nouvelle conception de la nature humaine irrationnelle et prosociale se dessine !


     


    Une mythologie hémiplégique


    L’ouvrage nous propose donc une vision d’un monde composé tant de compétition que de coopération. Et ces deux mouvements forment nos relations au sein des collectifs et entre les collectifs. Les capacités d’entraide sont spontanées, mais pour les maintenir, il nous faut vivre dans un contexte qui les privilégient. L’entraide trouve son origine dans un acte de don, sa logique est celle de « donner-recevoir-rendre » au cœur de tout lien social. Le maintien d’une réciprocité généralisée à l’ensemble du groupe se fait « grâce à des mécanismes qui l’étendent et la renforcent : le mécanisme de réputation, la récompense des comportements vertueux et la punition des comportements antisociaux. »


     


    Pour conclure cette petite présentation, laissons Pablo s’exprimer : 


    « En baignant dans le mythe d’une nature agressive et compétitive, nous nous sommes battus sur le terrain imaginaire adverse. Or, nous savons désormais que compétition et coopération sont des forces antagonistes très puissantes qui coexistent à tous les niveaux du vivant. En observant le monde vivant sans œillères, nous pouvons commencer à faire le deuil du mythe d’un état de nature en guerre permanente de tous contre tous, d’un combat de gladiateurs quotidien où on ne se fait pas de quartier. Voici donc la première étape pour décloisonner notre imaginaire, pour le décomplexer et lui redonner confiance dans sa capacité à faire germer la coopération. Nous pouvons enfin, grâce aux découvertes de la science des dernières décennies, nous inspirer à nouveau du monde vivant pour innover. Ainsi, l’agroécologie, la permaculture et plus largement le biomimétisme ont pris racine dans cet incroyable réservoir de soutenabilité et de coopération qu’est la vie. Elles se sont ainsi rendu compte qu’en appliquant les principes du vivant – et en particulier la coopération– au fonctionnement de nos organisations, ces dernières se portaient beaucoup mieux, prenant ainsi soin des personnes qui y travaillent. » PABLO SERVIGNE


     



     


     


     


     


    Le livre "L’entraide, l’autre loi de la jungle" par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle.


    Article de réflexion et résumé du livre par Daniel Cauchy, membre fondateur de Rencontre des Continents



     


    « La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international - la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous - ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature. »


    Gregory Bateson


     


    Si comme l’écrit François Flahault, « … la tâche de rappeler ce qui devrait être est aisée alors que celle de penser autrement ce qui est se révèle plus difficile que jamais. », nos deux auteurs affrontent une question difficile et proposent une cure de décolonisation de nos imaginaires modernes. Ils nous offrent une belle synthèse des connaissances scientifiques actuelles montrant que les « relations qui font la beauté de la nature » ne se limitent pas à la compétition et au combat de chacun contre chacun. Avec un livre comme « L’entraide, l’autre loi de la jungle », on sort complètement des discours moralisateurs ou normalisateurs nous décrivant comment le monde et les humains devraient être ! Il s’agit ici de voir la vie autrement !


    C’est un livre « médicament », il nous soigne de cette pensée bien installée dans nos têtes, nos pratiques, nos institutions, nos conceptions politiques : celle d’un homme « naturellement » mauvais, soumis à la loi de la jungle, à la « loi du plus fort », celle du combat de chacun contre chacun. Pensée qui nous propose la compétition comme seul facteur d’évolution. Comme le disent nos auteurs : « Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »


    Ce livre bouscule les frontières entre les disciplines scientifiques pour « comprendre la nature coopérative de l’être humain dans le sillage de celle des autres organismes vivants ». Et pour cela de mobiliser des connaissances issues de bien des disciplines différentes : de la biologie à l’ethnologie, des neurosciences à la génétique, de la sociologie à l’économie expérimentale. Il a pour but de « dégager des principes généraux et une architecture générale de ce que l’on pourrait désormais appeler « l’autre loi de la jungle » : celle de l’entraide.


     


    - Paradigme dominant : la compétition


    La « loi du plus fort » ou celle de la « guerre de tous contre tous », comme l’écrivait Thomas Hobbes, nous invite à voir la vie, le monde, comme une arène au sein de laquelle dominent la ruse et la force. Que le plus fort gagne ! Et notre culture « moderne et utilitariste, est effectivement devenue hypertrophiée en compétition, délaissant sa partie généreuse, altruiste et bienveillante, passablement atrophiée. »


    Nous le savons : « l’homme est un loup pour l’homme » ! La clé du succès, et de l’évolution, réside dans la compétition !


    Le dogme dominant affirme que toutes nos actions, normes, institutions et croyances s’expliquent par le jeu des intérêts en conflit.


     


     


    Et pourtant, partout de la collaboration 


    Même si les mécanismes de collaboration, de relations mutuellement bénéfiques, avaient été mises en évidence par Pierre Kropotkine dans son célèbre ouvrage « L’entraide » dès 1902, ce n’est que depuis les années 1970 que foisonnent les études qui mettent en évidence, pour les plantes, les animaux et les humains la puissance de ces forces au sein de l’évolution. Fourmis, sternes arctiques, pins à écorce blanche et sapin des Rocheuses : de l’entraide entre semblables, lointains cousins mais aussi « entre organismes qui n’ont rien à voir » ! « Des mutualismes (associations diffuses entre espèces) aux symbioses (associations obligatoires), de l’action collective ponctuelle à la coévolution fusionnelle, les services se donnent et se rendent dans tous les sens … ». Le vivant est une « inextricable pelote d’interdépendance ».


    Et les humains n’échappent pas à cette règle : partout de la coopération, de l’aide, du rejet des injustices et ceci principalement en situation de crise.


     


    Environnement


    Les conditions environnementales jouent un rôle prépondérant dans l’évolution de l’entraide.


    Darwin avait effectué ses observations sous les tropiques (milieu d’abondance nutritive et de confort thermique) et Kropotkine en Sibérie (moins de nutriments et conditions bien plus rudes). Milieux pauvres en ressources ou milieux riches privilégient soit l’entraide, soit la compétition.


     


    Comment nous expliquer ces comportements ?


    L’épigénétique a montré que l’activation ou la mise en veille de certains de nos gènes est héritable ! Et nos gènes réagissent à l’environnement, nous héritons donc des réactions de nos ancêtres à leur environnement, « la culture s’imprime dans notre biologie, de génération en génération. » Les hommes n’ont pu s’adapter qu’avec et grâce aux autres, la collaboration nous est indispensable. L’obligation de réciprocité est au cœur de l’humanité, la « triple obligation de « donner-recevoir-rendre » génère un état de dépendance réciproque ».


    Nous sommes « équipés » pour la collaboration. Nos cerveaux possèdent ce que l’on appelle des « neurones miroirs » qui nous permettent de percevoir, de sentir, d’entrer en résonance avec les émotions d’autrui. Et ce « lien qui nous attache aux sentiments des autres et qui nous rend interdépendants s’appelle l’empathie. »


     


    Et au sein de nos sociétés s’installe (plus ou moins !) un double mécanisme « qui récompense les comportements prosociaux (la carotte) et punit les comportements antisociaux. C’est la réciprocité renforcée. Différents mécanismes feront donc apparaître et renforceront l’entraide dans nos groupes et sociétés. L’éducation et les normes sociales peuvent, ou non, renforcer notre aptitude à collaborer. Une nouvelle conception de la nature humaine irrationnelle et prosociale se dessine !


     


    Une mythologie hémiplégique


    L’ouvrage nous propose donc une vision d’un monde composé tant de compétition que de coopération. Et ces deux mouvements forment nos relations au sein des collectifs et entre les collectifs. Les capacités d’entraide sont spontanées, mais pour les maintenir, il nous faut vivre dans un contexte qui les privilégient. L’entraide trouve son origine dans un acte de don, sa logique est celle de « donner-recevoir-rendre » au cœur de tout lien social. Le maintien d’une réciprocité généralisée à l’ensemble du groupe se fait « grâce à des mécanismes qui l’étendent et la renforcent : le mécanisme de réputation, la récompense des comportements vertueux et la punition des comportements antisociaux. »


     


    Pour conclure cette petite présentation, laissons Pablo s’exprimer : 


    « En baignant dans le mythe d’une nature agressive et compétitive, nous nous sommes battus sur le terrain imaginaire adverse. Or, nous savons désormais que compétition et coopération sont des forces antagonistes très puissantes qui coexistent à tous les niveaux du vivant. En observant le monde vivant sans œillères, nous pouvons commencer à faire le deuil du mythe d’un état de nature en guerre permanente de tous contre tous, d’un combat de gladiateurs quotidien où on ne se fait pas de quartier. Voici donc la première étape pour décloisonner notre imaginaire, pour le décomplexer et lui redonner confiance dans sa capacité à faire germer la coopération. Nous pouvons enfin, grâce aux découvertes de la science des dernières décennies, nous inspirer à nouveau du monde vivant pour innover. Ainsi, l’agroécologie, la permaculture et plus largement le biomimétisme ont pris racine dans cet incroyable réservoir de soutenabilité et de coopération qu’est la vie. Elles se sont ainsi rendu compte qu’en appliquant les principes du vivant – et en particulier la coopération– au fonctionnement de nos organisations, ces dernières se portaient beaucoup mieux, prenant ainsi soin des personnes qui y travaillent. » PABLO SERVIGNE


     



     


     


     


     


    Le livre "L’entraide, l’autre loi de la jungle" par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle.


    Article de réflexion et résumé du livre par Daniel Cauchy, membre fondateur de Rencontre des Continents



     


    « La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international - la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous - ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature. »


    Gregory Bateson


     


    Si comme l’écrit François Flahault, « … la tâche de rappeler ce qui devrait être est aisée alors que celle de penser autrement ce qui est se révèle plus difficile que jamais. », nos deux auteurs affrontent une question difficile et proposent une cure de décolonisation de nos imaginaires modernes. Ils nous offrent une belle synthèse des connaissances scientifiques actuelles montrant que les « relations qui font la beauté de la nature » ne se limitent pas à la compétition et au combat de chacun contre chacun. Avec un livre comme « L’entraide, l’autre loi de la jungle », on sort complètement des discours moralisateurs ou normalisateurs nous décrivant comment le monde et les humains devraient être ! Il s’agit ici de voir la vie autrement !


    C’est un livre « médicament », il nous soigne de cette pensée bien installée dans nos têtes, nos pratiques, nos institutions, nos conceptions politiques : celle d’un homme « naturellement » mauvais, soumis à la loi de la jungle, à la « loi du plus fort », celle du combat de chacun contre chacun. Pensée qui nous propose la compétition comme seul facteur d’évolution. Comme le disent nos auteurs : « Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »


    Ce livre bouscule les frontières entre les disciplines scientifiques pour « comprendre la nature coopérative de l’être humain dans le sillage de celle des autres organismes vivants ». Et pour cela de mobiliser des connaissances issues de bien des disciplines différentes : de la biologie à l’ethnologie, des neurosciences à la génétique, de la sociologie à l’économie expérimentale. Il a pour but de « dégager des principes généraux et une architecture générale de ce que l’on pourrait désormais appeler « l’autre loi de la jungle » : celle de l’entraide.


     


    - Paradigme dominant : la compétition


    La « loi du plus fort » ou celle de la « guerre de tous contre tous », comme l’écrivait Thomas Hobbes, nous invite à voir la vie, le monde, comme une arène au sein de laquelle dominent la ruse et la force. Que le plus fort gagne ! Et notre culture « moderne et utilitariste, est effectivement devenue hypertrophiée en compétition, délaissant sa partie généreuse, altruiste et bienveillante, passablement atrophiée. »


    Nous le savons : « l’homme est un loup pour l’homme » ! La clé du succès, et de l’évolution, réside dans la compétition !


    Le dogme dominant affirme que toutes nos actions, normes, institutions et croyances s’expliquent par le jeu des intérêts en conflit.


     


     


    Et pourtant, partout de la collaboration 


    Même si les mécanismes de collaboration, de relations mutuellement bénéfiques, avaient été mises en évidence par Pierre Kropotkine dans son célèbre ouvrage « L’entraide » dès 1902, ce n’est que depuis les années 1970 que foisonnent les études qui mettent en évidence, pour les plantes, les animaux et les humains la puissance de ces forces au sein de l’évolution. Fourmis, sternes arctiques, pins à écorce blanche et sapin des Rocheuses : de l’entraide entre semblables, lointains cousins mais aussi « entre organismes qui n’ont rien à voir » ! « Des mutualismes (associations diffuses entre espèces) aux symbioses (associations obligatoires), de l’action collective ponctuelle à la coévolution fusionnelle, les services se donnent et se rendent dans tous les sens … ». Le vivant est une « inextricable pelote d’interdépendance ».


    Et les humains n’échappent pas à cette règle : partout de la coopération, de l’aide, du rejet des injustices et ceci principalement en situation de crise.


     


    Environnement


    Les conditions environnementales jouent un rôle prépondérant dans l’évolution de l’entraide.


    Darwin avait effectué ses observations sous les tropiques (milieu d’abondance nutritive et de confort thermique) et Kropotkine en Sibérie (moins de nutriments et conditions bien plus rudes). Milieux pauvres en ressources ou milieux riches privilégient soit l’entraide, soit la compétition.


     


    Comment nous expliquer ces comportements ?


    L’épigénétique a montré que l’activation ou la mise en veille de certains de nos gènes est héritable ! Et nos gènes réagissent à l’environnement, nous héritons donc des réactions de nos ancêtres à leur environnement, « la culture s’imprime dans notre biologie, de génération en génération. » Les hommes n’ont pu s’adapter qu’avec et grâce aux autres, la collaboration nous est indispensable. L’obligation de réciprocité est au cœur de l’humanité, la « triple obligation de « donner-recevoir-rendre » génère un état de dépendance réciproque ».


    Nous sommes « équipés » pour la collaboration. Nos cerveaux possèdent ce que l’on appelle des « neurones miroirs » qui nous permettent de percevoir, de sentir, d’entrer en résonance avec les émotions d’autrui. Et ce « lien qui nous attache aux sentiments des autres et qui nous rend interdépendants s’appelle l’empathie. »


     


    Et au sein de nos sociétés s’installe (plus ou moins !) un double mécanisme « qui récompense les comportements prosociaux (la carotte) et punit les comportements antisociaux. C’est la réciprocité renforcée. Différents mécanismes feront donc apparaître et renforceront l’entraide dans nos groupes et sociétés. L’éducation et les normes sociales peuvent, ou non, renforcer notre aptitude à collaborer. Une nouvelle conception de la nature humaine irrationnelle et prosociale se dessine !


     


    Une mythologie hémiplégique


    L’ouvrage nous propose donc une vision d’un monde composé tant de compétition que de coopération. Et ces deux mouvements forment nos relations au sein des collectifs et entre les collectifs. Les capacités d’entraide sont spontanées, mais pour les maintenir, il nous faut vivre dans un contexte qui les privilégient. L’entraide trouve son origine dans un acte de don, sa logique est celle de « donner-recevoir-rendre » au cœur de tout lien social. Le maintien d’une réciprocité généralisée à l’ensemble du groupe se fait « grâce à des mécanismes qui l’étendent et la renforcent : le mécanisme de réputation, la récompense des comportements vertueux et la punition des comportements antisociaux. »


     


    Pour conclure cette petite présentation, laissons Pablo s’exprimer : 


    « En baignant dans le mythe d’une nature agressive et compétitive, nous nous sommes battus sur le terrain imaginaire adverse. Or, nous savons désormais que compétition et coopération sont des forces antagonistes très puissantes qui coexistent à tous les niveaux du vivant. En observant le monde vivant sans œillères, nous pouvons commencer à faire le deuil du mythe d’un état de nature en guerre permanente de tous contre tous, d’un combat de gladiateurs quotidien où on ne se fait pas de quartier. Voici donc la première étape pour décloisonner notre imaginaire, pour le décomplexer et lui redonner confiance dans sa capacité à faire germer la coopération. Nous pouvons enfin, grâce aux découvertes de la science des dernières décennies, nous inspirer à nouveau du monde vivant pour innover. Ainsi, l’agroécologie, la permaculture et plus largement le biomimétisme ont pris racine dans cet incroyable réservoir de soutenabilité et de coopération qu’est la vie. Elles se sont ainsi rendu compte qu’en appliquant les principes du vivant – et en particulier la coopération– au fonctionnement de nos organisations, ces dernières se portaient beaucoup mieux, prenant ainsi soin des personnes qui y travaillent. » PABLO SERVIGNE


     



     


     


     


     


    Le livre "L’entraide, l’autre loi de la jungle" par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle.


    Article de réflexion et résumé du livre par Daniel Cauchy, membre fondateur de Rencontre des Continents



     


    « La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international - la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous - ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature. »


    Gregory Bateson


     


    Si comme l’écrit François Flahault, « … la tâche de rappeler ce qui devrait être est aisée alors que celle de penser autrement ce qui est se révèle plus difficile que jamais. », nos deux auteurs affrontent une question difficile et proposent une cure de décolonisation de nos imaginaires modernes. Ils nous offrent une belle synthèse des connaissances scientifiques actuelles montrant que les « relations qui font la beauté de la nature » ne se limitent pas à la compétition et au combat de chacun contre chacun. Avec un livre comme « L’entraide, l’autre loi de la jungle », on sort complètement des discours moralisateurs ou normalisateurs nous décrivant comment le monde et les humains devraient être ! Il s’agit ici de voir la vie autrement !


    C’est un livre « médicament », il nous soigne de cette pensée bien installée dans nos têtes, nos pratiques, nos institutions, nos conceptions politiques : celle d’un homme « naturellement » mauvais, soumis à la loi de la jungle, à la « loi du plus fort », celle du combat de chacun contre chacun. Pensée qui nous propose la compétition comme seul facteur d’évolution. Comme le disent nos auteurs : « Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »


    Ce livre bouscule les frontières entre les disciplines scientifiques pour « comprendre la nature coopérative de l’être humain dans le sillage de celle des autres organismes vivants ». Et pour cela de mobiliser des connaissances issues de bien des disciplines différentes : de la biologie à l’ethnologie, des neurosciences à la génétique, de la sociologie à l’économie expérimentale. Il a pour but de « dégager des principes généraux et une architecture générale de ce que l’on pourrait désormais appeler « l’autre loi de la jungle » : celle de l’entraide.


     


    - Paradigme dominant : la compétition


    La « loi du plus fort » ou celle de la « guerre de tous contre tous », comme l’écrivait Thomas Hobbes, nous invite à voir la vie, le monde, comme une arène au sein de laquelle dominent la ruse et la force. Que le plus fort gagne ! Et notre culture « moderne et utilitariste, est effectivement devenue hypertrophiée en compétition, délaissant sa partie généreuse, altruiste et bienveillante, passablement atrophiée. »


    Nous le savons : « l’homme est un loup pour l’homme » ! La clé du succès, et de l’évolution, réside dans la compétition !


    Le dogme dominant affirme que toutes nos actions, normes, institutions et croyances s’expliquent par le jeu des intérêts en conflit.


     


     


    Et pourtant, partout de la collaboration 


    Même si les mécanismes de collaboration, de relations mutuellement bénéfiques, avaient été mises en évidence par Pierre Kropotkine dans son célèbre ouvrage « L’entraide » dès 1902, ce n’est que depuis les années 1970 que foisonnent les études qui mettent en évidence, pour les plantes, les animaux et les humains la puissance de ces forces au sein de l’évolution. Fourmis, sternes arctiques, pins à écorce blanche et sapin des Rocheuses : de l’entraide entre semblables, lointains cousins mais aussi « entre organismes qui n’ont rien à voir » ! « Des mutualismes (associations diffuses entre espèces) aux symbioses (associations obligatoires), de l’action collective ponctuelle à la coévolution fusionnelle, les services se donnent et se rendent dans tous les sens … ». Le vivant est une « inextricable pelote d’interdépendance ».


    Et les humains n’échappent pas à cette règle : partout de la coopération, de l’aide, du rejet des injustices et ceci principalement en situation de crise.


     


    Environnement


    Les conditions environnementales jouent un rôle prépondérant dans l’évolution de l’entraide.


    Darwin avait effectué ses observations sous les tropiques (milieu d’abondance nutritive et de confort thermique) et Kropotkine en Sibérie (moins de nutriments et conditions bien plus rudes). Milieux pauvres en ressources ou milieux riches privilégient soit l’entraide, soit la compétition.


     


    Comment nous expliquer ces comportements ?


    L’épigénétique a montré que l’activation ou la mise en veille de certains de nos gènes est héritable ! Et nos gènes réagissent à l’environnement, nous héritons donc des réactions de nos ancêtres à leur environnement, « la culture s’imprime dans notre biologie, de génération en génération. » Les hommes n’ont pu s’adapter qu’avec et grâce aux autres, la collaboration nous est indispensable. L’obligation de réciprocité est au cœur de l’humanité, la « triple obligation de « donner-recevoir-rendre » génère un état de dépendance réciproque ».


    Nous sommes « équipés » pour la collaboration. Nos cerveaux possèdent ce que l’on appelle des « neurones miroirs » qui nous permettent de percevoir, de sentir, d’entrer en résonance avec les émotions d’autrui. Et ce « lien qui nous attache aux sentiments des autres et qui nous rend interdépendants s’appelle l’empathie. »


     


    Et au sein de nos sociétés s’installe (plus ou moins !) un double mécanisme « qui récompense les comportements prosociaux (la carotte) et punit les comportements antisociaux. C’est la réciprocité renforcée. Différents mécanismes feront donc apparaître et renforceront l’entraide dans nos groupes et sociétés. L’éducation et les normes sociales peuvent, ou non, renforcer notre aptitude à collaborer. Une nouvelle conception de la nature humaine irrationnelle et prosociale se dessine !


     


    Une mythologie hémiplégique


    L’ouvrage nous propose donc une vision d’un monde composé tant de compétition que de coopération. Et ces deux mouvements forment nos relations au sein des collectifs et entre les collectifs. Les capacités d’entraide sont spontanées, mais pour les maintenir, il nous faut vivre dans un contexte qui les privilégient. L’entraide trouve son origine dans un acte de don, sa logique est celle de « donner-recevoir-rendre » au cœur de tout lien social. Le maintien d’une réciprocité généralisée à l’ensemble du groupe se fait « grâce à des mécanismes qui l’étendent et la renforcent : le mécanisme de réputation, la récompense des comportements vertueux et la punition des comportements antisociaux. »


     


    Pour conclure cette petite présentation, laissons Pablo s’exprimer : 


    « En baignant dans le mythe d’une nature agressive et compétitive, nous nous sommes battus sur le terrain imaginaire adverse. Or, nous savons désormais que compétition et coopération sont des forces antagonistes très puissantes qui coexistent à tous les niveaux du vivant. En observant le monde vivant sans œillères, nous pouvons commencer à faire le deuil du mythe d’un état de nature en guerre permanente de tous contre tous, d’un combat de gladiateurs quotidien où on ne se fait pas de quartier. Voici donc la première étape pour décloisonner notre imaginaire, pour le décomplexer et lui redonner confiance dans sa capacité à faire germer la coopération. Nous pouvons enfin, grâce aux découvertes de la science des dernières décennies, nous inspirer à nouveau du monde vivant pour innover. Ainsi, l’agroécologie, la permaculture et plus largement le biomimétisme ont pris racine dans cet incroyable réservoir de soutenabilité et de coopération qu’est la vie. Elles se sont ainsi rendu compte qu’en appliquant les principes du vivant – et en particulier la coopération– au fonctionnement de nos organisations, ces dernières se portaient beaucoup mieux, prenant ainsi soin des personnes qui y travaillent. » PABLO SERVIGNE


     



     


     


     


     


    Le livre "L’entraide, l’autre loi de la jungle" par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle.


    Article de réflexion et résumé du livre par Daniel Cauchy, membre fondateur de Rencontre des Continents



     


    « La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international - la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous - ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature. »


    Gregory Bateson


     


    Si comme l’écrit François Flahault, « … la tâche de rappeler ce qui devrait être est aisée alors que celle de penser autrement ce qui est se révèle plus difficile que jamais. », nos deux auteurs affrontent une question difficile et proposent une cure de décolonisation de nos imaginaires modernes. Ils nous offrent une belle synthèse des connaissances scientifiques actuelles montrant que les « relations qui font la beauté de la nature » ne se limitent pas à la compétition et au combat de chacun contre chacun. Avec un livre comme « L’entraide, l’autre loi de la jungle », on sort complètement des discours moralisateurs ou normalisateurs nous décrivant comment le monde et les humains devraient être ! Il s’agit ici de voir la vie autrement !


    C’est un livre « médicament », il nous soigne de cette pensée bien installée dans nos têtes, nos pratiques, nos institutions, nos conceptions politiques : celle d’un homme « naturellement » mauvais, soumis à la loi de la jungle, à la « loi du plus fort », celle du combat de chacun contre chacun. Pensée qui nous propose la compétition comme seul facteur d’évolution. Comme le disent nos auteurs : « Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »


    Ce livre bouscule les frontières entre les disciplines scientifiques pour « comprendre la nature coopérative de l’être humain dans le sillage de celle des autres organismes vivants ». Et pour cela de mobiliser des connaissances issues de bien des disciplines différentes : de la biologie à l’ethnologie, des neurosciences à la génétique, de la sociologie à l’économie expérimentale. Il a pour but de « dégager des principes généraux et une architecture générale de ce que l’on pourrait désormais appeler « l’autre loi de la jungle » : celle de l’entraide.


     


    - Paradigme dominant : la compétition


    La « loi du plus fort » ou celle de la « guerre de tous contre tous », comme l’écrivait Thomas Hobbes, nous invite à voir la vie, le monde, comme une arène au sein de laquelle dominent la ruse et la force. Que le plus fort gagne ! Et notre culture « moderne et utilitariste, est effectivement devenue hypertrophiée en compétition, délaissant sa partie généreuse, altruiste et bienveillante, passablement atrophiée. »


    Nous le savons : « l’homme est un loup pour l’homme » ! La clé du succès, et de l’évolution, réside dans la compétition !


    Le dogme dominant affirme que toutes nos actions, normes, institutions et croyances s’expliquent par le jeu des intérêts en conflit.


     


     


    Et pourtant, partout de la collaboration 


    Même si les mécanismes de collaboration, de relations mutuellement bénéfiques, avaient été mises en évidence par Pierre Kropotkine dans son célèbre ouvrage « L’entraide » dès 1902, ce n’est que depuis les années 1970 que foisonnent les études qui mettent en évidence, pour les plantes, les animaux et les humains la puissance de ces forces au sein de l’évolution. Fourmis, sternes arctiques, pins à écorce blanche et sapin des Rocheuses : de l’entraide entre semblables, lointains cousins mais aussi « entre organismes qui n’ont rien à voir » ! « Des mutualismes (associations diffuses entre espèces) aux symbioses (associations obligatoires), de l’action collective ponctuelle à la coévolution fusionnelle, les services se donnent et se rendent dans tous les sens … ». Le vivant est une « inextricable pelote d’interdépendance ».


    Et les humains n’échappent pas à cette règle : partout de la coopération, de l’aide, du rejet des injustices et ceci principalement en situation de crise.


     


    Environnement


    Les conditions environnementales jouent un rôle prépondérant dans l’évolution de l’entraide.


    Darwin avait effectué ses observations sous les tropiques (milieu d’abondance nutritive et de confort thermique) et Kropotkine en Sibérie (moins de nutriments et conditions bien plus rudes). Milieux pauvres en ressources ou milieux riches privilégient soit l’entraide, soit la compétition.


     


    Comment nous expliquer ces comportements ?


    L’épigénétique a montré que l’activation ou la mise en veille de certains de nos gènes est héritable ! Et nos gènes réagissent à l’environnement, nous héritons donc des réactions de nos ancêtres à leur environnement, « la culture s’imprime dans notre biologie, de génération en génération. » Les hommes n’ont pu s’adapter qu’avec et grâce aux autres, la collaboration nous est indispensable. L’obligation de réciprocité est au cœur de l’humanité, la « triple obligation de « donner-recevoir-rendre » génère un état de dépendance réciproque ».


    Nous sommes « équipés » pour la collaboration. Nos cerveaux possèdent ce que l’on appelle des « neurones miroirs » qui nous permettent de percevoir, de sentir, d’entrer en résonance avec les émotions d’autrui. Et ce « lien qui nous attache aux sentiments des autres et qui nous rend interdépendants s’appelle l’empathie. »


     


    Et au sein de nos sociétés s’installe (plus ou moins !) un double mécanisme « qui récompense les comportements prosociaux (la carotte) et punit les comportements antisociaux. C’est la réciprocité renforcée. Différents mécanismes feront donc apparaître et renforceront l’entraide dans nos groupes et sociétés. L’éducation et les normes sociales peuvent, ou non, renforcer notre aptitude à collaborer. Une nouvelle conception de la nature humaine irrationnelle et prosociale se dessine !


     


    Une mythologie hémiplégique


    L’ouvrage nous propose donc une vision d’un monde composé tant de compétition que de coopération. Et ces deux mouvements forment nos relations au sein des collectifs et entre les collectifs. Les capacités d’entraide sont spontanées, mais pour les maintenir, il nous faut vivre dans un contexte qui les privilégient. L’entraide trouve son origine dans un acte de don, sa logique est celle de « donner-recevoir-rendre » au cœur de tout lien social. Le maintien d’une réciprocité généralisée à l’ensemble du groupe se fait « grâce à des mécanismes qui l’étendent et la renforcent : le mécanisme de réputation, la récompense des comportements vertueux et la punition des comportements antisociaux. »


     


    Pour conclure cette petite présentation, laissons Pablo s’exprimer : 


    « En baignant dans le mythe d’une nature agressive et compétitive, nous nous sommes battus sur le terrain imaginaire adverse. Or, nous savons désormais que compétition et coopération sont des forces antagonistes très puissantes qui coexistent à tous les niveaux du vivant. En observant le monde vivant sans œillères, nous pouvons commencer à faire le deuil du mythe d’un état de nature en guerre permanente de tous contre tous, d’un combat de gladiateurs quotidien où on ne se fait pas de quartier. Voici donc la première étape pour décloisonner notre imaginaire, pour le décomplexer et lui redonner confiance dans sa capacité à faire germer la coopération. Nous pouvons enfin, grâce aux découvertes de la science des dernières décennies, nous inspirer à nouveau du monde vivant pour innover. Ainsi, l’agroécologie, la permaculture et plus largement le biomimétisme ont pris racine dans cet incroyable réservoir de soutenabilité et de coopération qu’est la vie. Elles se sont ainsi rendu compte qu’en appliquant les principes du vivant – et en particulier la coopération– au fonctionnement de nos organisations, ces dernières se portaient beaucoup mieux, prenant ainsi soin des personnes qui y travaillent. » PABLO SERVIGNE


     



     


     


     


     


    Le livre "L’entraide, l’autre loi de la jungle" par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle.


    Article de réflexion et résumé du livre par Daniel Cauchy, membre fondateur de Rencontre des Continents



     


    « La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international - la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous - ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature. »


    Gregory Bateson


     


    Si comme l’écrit François Flahault, « … la tâche de rappeler ce qui devrait être est aisée alors que celle de penser autrement ce qui est se révèle plus difficile que jamais. », nos deux auteurs affrontent une question difficile et proposent une cure de décolonisation de nos imaginaires modernes. Ils nous offrent une belle synthèse des connaissances scientifiques actuelles montrant que les « relations qui font la beauté de la nature » ne se limitent pas à la compétition et au combat de chacun contre chacun. Avec un livre comme « L’entraide, l’autre loi de la jungle », on sort complètement des discours moralisateurs ou normalisateurs nous décrivant comment le monde et les humains devraient être ! Il s’agit ici de voir la vie autrement !


    C’est un livre « médicament », il nous soigne de cette pensée bien installée dans nos têtes, nos pratiques, nos institutions, nos conceptions politiques : celle d’un homme « naturellement » mauvais, soumis à la loi de la jungle, à la « loi du plus fort », celle du combat de chacun contre chacun. Pensée qui nous propose la compétition comme seul facteur d’évolution. Comme le disent nos auteurs : « Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »


    Ce livre bouscule les frontières entre les disciplines scientifiques pour « comprendre la nature coopérative de l’être humain dans le sillage de celle des autres organismes vivants ». Et pour cela de mobiliser des connaissances issues de bien des disciplines différentes : de la biologie à l’ethnologie, des neurosciences à la génétique, de la sociologie à l’économie expérimentale. Il a pour but de « dégager des principes généraux et une architecture générale de ce que l’on pourrait désormais appeler « l’autre loi de la jungle » : celle de l’entraide.


     


    - Paradigme dominant : la compétition


    La « loi du plus fort » ou celle de la « guerre de tous contre tous », comme l’écrivait Thomas Hobbes, nous invite à voir la vie, le monde, comme une arène au sein de laquelle dominent la ruse et la force. Que le plus fort gagne ! Et notre culture « moderne et utilitariste, est effectivement devenue hypertrophiée en compétition, délaissant sa partie généreuse, altruiste et bienveillante, passablement atrophiée. »


    Nous le savons : « l’homme est un loup pour l’homme » ! La clé du succès, et de l’évolution, réside dans la compétition !


    Le dogme dominant affirme que toutes nos actions, normes, institutions et croyances s’expliquent par le jeu des intérêts en conflit.


     


     


    Et pourtant, partout de la collaboration 


    Même si les mécanismes de collaboration, de relations mutuellement bénéfiques, avaient été mises en évidence par Pierre Kropotkine dans son célèbre ouvrage « L’entraide » dès 1902, ce n’est que depuis les années 1970 que foisonnent les études qui mettent en évidence, pour les plantes, les animaux et les humains la puissance de ces forces au sein de l’évolution. Fourmis, sternes arctiques, pins à écorce blanche et sapin des Rocheuses : de l’entraide entre semblables, lointains cousins mais aussi « entre organismes qui n’ont rien à voir » ! « Des mutualismes (associations diffuses entre espèces) aux symbioses (associations obligatoires), de l’action collective ponctuelle à la coévolution fusionnelle, les services se donnent et se rendent dans tous les sens … ». Le vivant est une « inextricable pelote d’interdépendance ».


    Et les humains n’échappent pas à cette règle : partout de la coopération, de l’aide, du rejet des injustices et ceci principalement en situation de crise.


     


    Environnement


    Les conditions environnementales jouent un rôle prépondérant dans l’évolution de l’entraide.


    Darwin avait effectué ses observations sous les tropiques (milieu d’abondance nutritive et de confort thermique) et Kropotkine en Sibérie (moins de nutriments et conditions bien plus rudes). Milieux pauvres en ressources ou milieux riches privilégient soit l’entraide, soit la compétition.


     


    Comment nous expliquer ces comportements ?


    L’épigénétique a montré que l’activation ou la mise en veille de certains de nos gènes est héritable ! Et nos gènes réagissent à l’environnement, nous héritons donc des réactions de nos ancêtres à leur environnement, « la culture s’imprime dans notre biologie, de génération en génération. » Les hommes n’ont pu s’adapter qu’avec et grâce aux autres, la collaboration nous est indispensable. L’obligation de réciprocité est au cœur de l’humanité, la « triple obligation de « donner-recevoir-rendre » génère un état de dépendance réciproque ».


    Nous sommes « équipés » pour la collaboration. Nos cerveaux possèdent ce que l’on appelle des « neurones miroirs » qui nous permettent de percevoir, de sentir, d’entrer en résonance avec les émotions d’autrui. Et ce « lien qui nous attache aux sentiments des autres et qui nous rend interdépendants s’appelle l’empathie. »


     


    Et au sein de nos sociétés s’installe (plus ou moins !) un double mécanisme « qui récompense les comportements prosociaux (la carotte) et punit les comportements antisociaux. C’est la réciprocité renforcée. Différents mécanismes feront donc apparaître et renforceront l’entraide dans nos groupes et sociétés. L’éducation et les normes sociales peuvent, ou non, renforcer notre aptitude à collaborer. Une nouvelle conception de la nature humaine irrationnelle et prosociale se dessine !


     


    Une mythologie hémiplégique


    L’ouvrage nous propose donc une vision d’un monde composé tant de compétition que de coopération. Et ces deux mouvements forment nos relations au sein des collectifs et entre les collectifs. Les capacités d’entraide sont spontanées, mais pour les maintenir, il nous faut vivre dans un contexte qui les privilégient. L’entraide trouve son origine dans un acte de don, sa logique est celle de « donner-recevoir-rendre » au cœur de tout lien social. Le maintien d’une réciprocité généralisée à l’ensemble du groupe se fait « grâce à des mécanismes qui l’étendent et la renforcent : le mécanisme de réputation, la récompense des comportements vertueux et la punition des comportements antisociaux. »


     


    Pour conclure cette petite présentation, laissons Pablo s’exprimer : 


    « En baignant dans le mythe d’une nature agressive et compétitive, nous nous sommes battus sur le terrain imaginaire adverse. Or, nous savons désormais que compétition et coopération sont des forces antagonistes très puissantes qui coexistent à tous les niveaux du vivant. En observant le monde vivant sans œillères, nous pouvons commencer à faire le deuil du mythe d’un état de nature en guerre permanente de tous contre tous, d’un combat de gladiateurs quotidien où on ne se fait pas de quartier. Voici donc la première étape pour décloisonner notre imaginaire, pour le décomplexer et lui redonner confiance dans sa capacité à faire germer la coopération. Nous pouvons enfin, grâce aux découvertes de la science des dernières décennies, nous inspirer à nouveau du monde vivant pour innover. Ainsi, l’agroécologie, la permaculture et plus largement le biomimétisme ont pris racine dans cet incroyable réservoir de soutenabilité et de coopération qu’est la vie. Elles se sont ainsi rendu compte qu’en appliquant les principes du vivant – et en particulier la coopération– au fonctionnement de nos organisations, ces dernières se portaient beaucoup mieux, prenant ainsi soin des personnes qui y travaillent. » PABLO SERVIGNE


     



     


     


     


     


    Le livre "L’entraide, l’autre loi de la jungle" par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle.


    Article de réflexion et résumé du livre par Daniel Cauchy, membre fondateur de Rencontre des Continents



     


    « La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international - la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous - ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature. »


    Gregory Bateson


     


    Si comme l’écrit François Flahault, « … la tâche de rappeler ce qui devrait être est aisée alors que celle de penser autrement ce qui est se révèle plus difficile que jamais. », nos deux auteurs affrontent une question difficile et proposent une cure de décolonisation de nos imaginaires modernes. Ils nous offrent une belle synthèse des connaissances scientifiques actuelles montrant que les « relations qui font la beauté de la nature » ne se limitent pas à la compétition et au combat de chacun contre chacun. Avec un livre comme « L’entraide, l’autre loi de la jungle », on sort complètement des discours moralisateurs ou normalisateurs nous décrivant comment le monde et les humains devraient être ! Il s’agit ici de voir la vie autrement !


    C’est un livre « médicament », il nous soigne de cette pensée bien installée dans nos têtes, nos pratiques, nos institutions, nos conceptions politiques : celle d’un homme « naturellement » mauvais, soumis à la loi de la jungle, à la « loi du plus fort », celle du combat de chacun contre chacun. Pensée qui nous propose la compétition comme seul facteur d’évolution. Comme le disent nos auteurs : « Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »


    Ce livre bouscule les frontières entre les disciplines scientifiques pour « comprendre la nature coopérative de l’être humain dans le sillage de celle des autres organismes vivants ». Et pour cela de mobiliser des connaissances issues de bien des disciplines différentes : de la biologie à l’ethnologie, des neurosciences à la génétique, de la sociologie à l’économie expérimentale. Il a pour but de « dégager des principes généraux et une architecture générale de ce que l’on pourrait désormais appeler « l’autre loi de la jungle » : celle de l’entraide.


     


    - Paradigme dominant : la compétition


    La « loi du plus fort » ou celle de la « guerre de tous contre tous », comme l’écrivait Thomas Hobbes, nous invite à voir la vie, le monde, comme une arène au sein de laquelle dominent la ruse et la force. Que le plus fort gagne ! Et notre culture « moderne et utilitariste, est effectivement devenue hypertrophiée en compétition, délaissant sa partie généreuse, altruiste et bienveillante, passablement atrophiée. »


    Nous le savons : « l’homme est un loup pour l’homme » ! La clé du succès, et de l’évolution, réside dans la compétition !


    Le dogme dominant affirme que toutes nos actions, normes, institutions et croyances s’expliquent par le jeu des intérêts en conflit.


     


     


    Et pourtant, partout de la collaboration 


    Même si les mécanismes de collaboration, de relations mutuellement bénéfiques, avaient été mises en évidence par Pierre Kropotkine dans son célèbre ouvrage « L’entraide » dès 1902, ce n’est que depuis les années 1970 que foisonnent les études qui mettent en évidence, pour les plantes, les animaux et les humains la puissance de ces forces au sein de l’évolution. Fourmis, sternes arctiques, pins à écorce blanche et sapin des Rocheuses : de l’entraide entre semblables, lointains cousins mais aussi « entre organismes qui n’ont rien à voir » ! « Des mutualismes (associations diffuses entre espèces) aux symbioses (associations obligatoires), de l’action collective ponctuelle à la coévolution fusionnelle, les services se donnent et se rendent dans tous les sens … ». Le vivant est une « inextricable pelote d’interdépendance ».


    Et les humains n’échappent pas à cette règle : partout de la coopération, de l’aide, du rejet des injustices et ceci principalement en situation de crise.


     


    Environnement


    Les conditions environnementales jouent un rôle prépondérant dans l’évolution de l’entraide.


    Darwin avait effectué ses observations sous les tropiques (milieu d’abondance nutritive et de confort thermique) et Kropotkine en Sibérie (moins de nutriments et conditions bien plus rudes). Milieux pauvres en ressources ou milieux riches privilégient soit l’entraide, soit la compétition.


     


    Comment nous expliquer ces comportements ?


    L’épigénétique a montré que l’activation ou la mise en veille de certains de nos gènes est héritable ! Et nos gènes réagissent à l’environnement, nous héritons donc des réactions de nos ancêtres à leur environnement, « la culture s’imprime dans notre biologie, de génération en génération. » Les hommes n’ont pu s’adapter qu’avec et grâce aux autres, la collaboration nous est indispensable. L’obligation de réciprocité est au cœur de l’humanité, la « triple obligation de « donner-recevoir-rendre » génère un état de dépendance réciproque ».


    Nous sommes « équipés » pour la collaboration. Nos cerveaux possèdent ce que l’on appelle des « neurones miroirs » qui nous permettent de percevoir, de sentir, d’entrer en résonance avec les émotions d’autrui. Et ce « lien qui nous attache aux sentiments des autres et qui nous rend interdépendants s’appelle l’empathie. »


     


    Et au sein de nos sociétés s’installe (plus ou moins !) un double mécanisme « qui récompense les comportements prosociaux (la carotte) et punit les comportements antisociaux. C’est la réciprocité renforcée. Différents mécanismes feront donc apparaître et renforceront l’entraide dans nos groupes et sociétés. L’éducation et les normes sociales peuvent, ou non, renforcer notre aptitude à collaborer. Une nouvelle conception de la nature humaine irrationnelle et prosociale se dessine !


     


    Une mythologie hémiplégique


    L’ouvrage nous propose donc une vision d’un monde composé tant de compétition que de coopération. Et ces deux mouvements forment nos relations au sein des collectifs et entre les collectifs. Les capacités d’entraide sont spontanées, mais pour les maintenir, il nous faut vivre dans un contexte qui les privilégient. L’entraide trouve son origine dans un acte de don, sa logique est celle de « donner-recevoir-rendre » au cœur de tout lien social. Le maintien d’une réciprocité généralisée à l’ensemble du groupe se fait « grâce à des mécanismes qui l’étendent et la renforcent : le mécanisme de réputation, la récompense des comportements vertueux et la punition des comportements antisociaux. »


     


    Pour conclure cette petite présentation, laissons Pablo s’exprimer : 


    « En baignant dans le mythe d’une nature agressive et compétitive, nous nous sommes battus sur le terrain imaginaire adverse. Or, nous savons désormais que compétition et coopération sont des forces antagonistes très puissantes qui coexistent à tous les niveaux du vivant. En observant le monde vivant sans œillères, nous pouvons commencer à faire le deuil du mythe d’un état de nature en guerre permanente de tous contre tous, d’un combat de gladiateurs quotidien où on ne se fait pas de quartier. Voici donc la première étape pour décloisonner notre imaginaire, pour le décomplexer et lui redonner confiance dans sa capacité à faire germer la coopération. Nous pouvons enfin, grâce aux découvertes de la science des dernières décennies, nous inspirer à nouveau du monde vivant pour innover. Ainsi, l’agroécologie, la permaculture et plus largement le biomimétisme ont pris racine dans cet incroyable réservoir de soutenabilité et de coopération qu’est la vie. Elles se sont ainsi rendu compte qu’en appliquant les principes du vivant – et en particulier la coopération– au fonctionnement de nos organisations, ces dernières se portaient beaucoup mieux, prenant ainsi soin des personnes qui y travaillent. » PABLO SERVIGNE


     



     


     


     


     


    Le livre "L’entraide, l’autre loi de la jungle" par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle.


    Article de réflexion et résumé du livre par Daniel Cauchy, membre fondateur de Rencontre des Continents



     


    « La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international - la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous - ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature. »


    Gregory Bateson


     


    Si comme l’écrit François Flahault, « … la tâche de rappeler ce qui devrait être est aisée alors que celle de penser autrement ce qui est se révèle plus difficile que jamais. », nos deux auteurs affrontent une question difficile et proposent une cure de décolonisation de nos imaginaires modernes. Ils nous offrent une belle synthèse des connaissances scientifiques actuelles montrant que les « relations qui font la beauté de la nature » ne se limitent pas à la compétition et au combat de chacun contre chacun. Avec un livre comme « L’entraide, l’autre loi de la jungle », on sort complètement des discours moralisateurs ou normalisateurs nous décrivant comment le monde et les humains devraient être ! Il s’agit ici de voir la vie autrement !


    C’est un livre « médicament », il nous soigne de cette pensée bien installée dans nos têtes, nos pratiques, nos institutions, nos conceptions politiques : celle d’un homme « naturellement » mauvais, soumis à la loi de la jungle, à la « loi du plus fort », celle du combat de chacun contre chacun. Pensée qui nous propose la compétition comme seul facteur d’évolution. Comme le disent nos auteurs : « Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »


    Ce livre bouscule les frontières entre les disciplines scientifiques pour « comprendre la nature coopérative de l’être humain dans le sillage de celle des autres organismes vivants ». Et pour cela de mobiliser des connaissances issues de bien des disciplines différentes : de la biologie à l’ethnologie, des neurosciences à la génétique, de la sociologie à l’économie expérimentale. Il a pour but de « dégager des principes généraux et une architecture générale de ce que l’on pourrait désormais appeler « l’autre loi de la jungle » : celle de l’entraide.


     


    - Paradigme dominant : la compétition


    La « loi du plus fort » ou celle de la « guerre de tous contre tous », comme l’écrivait Thomas Hobbes, nous invite à voir la vie, le monde, comme une arène au sein de laquelle dominent la ruse et la force. Que le plus fort gagne ! Et notre culture « moderne et utilitariste, est effectivement devenue hypertrophiée en compétition, délaissant sa partie généreuse, altruiste et bienveillante, passablement atrophiée. »


    Nous le savons : « l’homme est un loup pour l’homme » ! La clé du succès, et de l’évolution, réside dans la compétition !


    Le dogme dominant affirme que toutes nos actions, normes, institutions et croyances s’expliquent par le jeu des intérêts en conflit.


     


     


    Et pourtant, partout de la collaboration 


    Même si les mécanismes de collaboration, de relations mutuellement bénéfiques, avaient été mises en évidence par Pierre Kropotkine dans son célèbre ouvrage « L’entraide » dès 1902, ce n’est que depuis les années 1970 que foisonnent les études qui mettent en évidence, pour les plantes, les animaux et les humains la puissance de ces forces au sein de l’évolution. Fourmis, sternes arctiques, pins à écorce blanche et sapin des Rocheuses : de l’entraide entre semblables, lointains cousins mais aussi « entre organismes qui n’ont rien à voir » ! « Des mutualismes (associations diffuses entre espèces) aux symbioses (associations obligatoires), de l’action collective ponctuelle à la coévolution fusionnelle, les services se donnent et se rendent dans tous les sens … ». Le vivant est une « inextricable pelote d’interdépendance ».


    Et les humains n’échappent pas à cette règle : partout de la coopération, de l’aide, du rejet des injustices et ceci principalement en situation de crise.


     


    Environnement


    Les conditions environnementales jouent un rôle prépondérant dans l’évolution de l’entraide.


    Darwin avait effectué ses observations sous les tropiques (milieu d’abondance nutritive et de confort thermique) et Kropotkine en Sibérie (moins de nutriments et conditions bien plus rudes). Milieux pauvres en ressources ou milieux riches privilégient soit l’entraide, soit la compétition.


     


    Comment nous expliquer ces comportements ?


    L’épigénétique a montré que l’activation ou la mise en veille de certains de nos gènes est héritable ! Et nos gènes réagissent à l’environnement, nous héritons donc des réactions de nos ancêtres à leur environnement, « la culture s’imprime dans notre biologie, de génération en génération. » Les hommes n’ont pu s’adapter qu’avec et grâce aux autres, la collaboration nous est indispensable. L’obligation de réciprocité est au cœur de l’humanité, la « triple obligation de « donner-recevoir-rendre » génère un état de dépendance réciproque ».


    Nous sommes « équipés » pour la collaboration. Nos cerveaux possèdent ce que l’on appelle des « neurones miroirs » qui nous permettent de percevoir, de sentir, d’entrer en résonance avec les émotions d’autrui. Et ce « lien qui nous attache aux sentiments des autres et qui nous rend interdépendants s’appelle l’empathie. »


     


    Et au sein de nos sociétés s’installe (plus ou moins !) un double mécanisme « qui récompense les comportements prosociaux (la carotte) et punit les comportements antisociaux. C’est la réciprocité renforcée. Différents mécanismes feront donc apparaître et renforceront l’entraide dans nos groupes et sociétés. L’éducation et les normes sociales peuvent, ou non, renforcer notre aptitude à collaborer. Une nouvelle conception de la nature humaine irrationnelle et prosociale se dessine !


     


    Une mythologie hémiplégique


    L’ouvrage nous propose donc une vision d’un monde composé tant de compétition que de coopération. Et ces deux mouvements forment nos relations au sein des collectifs et entre les collectifs. Les capacités d’entraide sont spontanées, mais pour les maintenir, il nous faut vivre dans un contexte qui les privilégient. L’entraide trouve son origine dans un acte de don, sa logique est celle de « donner-recevoir-rendre » au cœur de tout lien social. Le maintien d’une réciprocité généralisée à l’ensemble du groupe se fait « grâce à des mécanismes qui l’étendent et la renforcent : le mécanisme de réputation, la récompense des comportements vertueux et la punition des comportements antisociaux. »


     


    Pour conclure cette petite présentation, laissons Pablo s’exprimer : 


    « En baignant dans le mythe d’une nature agressive et compétitive, nous nous sommes battus sur le terrain imaginaire adverse. Or, nous savons désormais que compétition et coopération sont des forces antagonistes très puissantes qui coexistent à tous les niveaux du vivant. En observant le monde vivant sans œillères, nous pouvons commencer à faire le deuil du mythe d’un état de nature en guerre permanente de tous contre tous, d’un combat de gladiateurs quotidien où on ne se fait pas de quartier. Voici donc la première étape pour décloisonner notre imaginaire, pour le décomplexer et lui redonner confiance dans sa capacité à faire germer la coopération. Nous pouvons enfin, grâce aux découvertes de la science des dernières décennies, nous inspirer à nouveau du monde vivant pour innover. Ainsi, l’agroécologie, la permaculture et plus largement le biomimétisme ont pris racine dans cet incroyable réservoir de soutenabilité et de coopération qu’est la vie. Elles se sont ainsi rendu compte qu’en appliquant les principes du vivant – et en particulier la coopération– au fonctionnement de nos organisations, ces dernières se portaient beaucoup mieux, prenant ainsi soin des personnes qui y travaillent. » PABLO SERVIGNE


     



     


     


     


     


    Le livre "L’entraide, l’autre loi de la jungle" par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle.


    Article de réflexion et résumé du livre par Daniel Cauchy, membre fondateur de Rencontre des Continents



     


    « La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international - la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous - ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature. »


    Gregory Bateson


     


    Si comme l’écrit François Flahault, « … la tâche de rappeler ce qui devrait être est aisée alors que celle de penser autrement ce qui est se révèle plus difficile que jamais. », nos deux auteurs affrontent une question difficile et proposent une cure de décolonisation de nos imaginaires modernes. Ils nous offrent une belle synthèse des connaissances scientifiques actuelles montrant que les « relations qui font la beauté de la nature » ne se limitent pas à la compétition et au combat de chacun contre chacun. Avec un livre comme « L’entraide, l’autre loi de la jungle », on sort complètement des discours moralisateurs ou normalisateurs nous décrivant comment le monde et les humains devraient être ! Il s’agit ici de voir la vie autrement !


    C’est un livre « médicament », il nous soigne de cette pensée bien installée dans nos têtes, nos pratiques, nos institutions, nos conceptions politiques : celle d’un homme « naturellement » mauvais, soumis à la loi de la jungle, à la « loi du plus fort », celle du combat de chacun contre chacun. Pensée qui nous propose la compétition comme seul facteur d’évolution. Comme le disent nos auteurs : « Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »


    Ce livre bouscule les frontières entre les disciplines scientifiques pour « comprendre la nature coopérative de l’être humain dans le sillage de celle des autres organismes vivants ». Et pour cela de mobiliser des connaissances issues de bien des disciplines différentes : de la biologie à l’ethnologie, des neurosciences à la génétique, de la sociologie à l’économie expérimentale. Il a pour but de « dégager des principes généraux et une architecture générale de ce que l’on pourrait désormais appeler « l’autre loi de la jungle » : celle de l’entraide.


     


    - Paradigme dominant : la compétition


    La « loi du plus fort » ou celle de la « guerre de tous contre tous », comme l’écrivait Thomas Hobbes, nous invite à voir la vie, le monde, comme une arène au sein de laquelle dominent la ruse et la force. Que le plus fort gagne ! Et notre culture « moderne et utilitariste, est effectivement devenue hypertrophiée en compétition, délaissant sa partie généreuse, altruiste et bienveillante, passablement atrophiée. »


    Nous le savons : « l’homme est un loup pour l’homme » ! La clé du succès, et de l’évolution, réside dans la compétition !


    Le dogme dominant affirme que toutes nos actions, normes, institutions et croyances s’expliquent par le jeu des intérêts en conflit.


     


     


    Et pourtant, partout de la collaboration 


    Même si les mécanismes de collaboration, de relations mutuellement bénéfiques, avaient été mises en évidence par Pierre Kropotkine dans son célèbre ouvrage « L’entraide » dès 1902, ce n’est que depuis les années 1970 que foisonnent les études qui mettent en évidence, pour les plantes, les animaux et les humains la puissance de ces forces au sein de l’évolution. Fourmis, sternes arctiques, pins à écorce blanche et sapin des Rocheuses : de l’entraide entre semblables, lointains cousins mais aussi « entre organismes qui n’ont rien à voir » ! « Des mutualismes (associations diffuses entre espèces) aux symbioses (associations obligatoires), de l’action collective ponctuelle à la coévolution fusionnelle, les services se donnent et se rendent dans tous les sens … ». Le vivant est une « inextricable pelote d’interdépendance ».


    Et les humains n’échappent pas à cette règle : partout de la coopération, de l’aide, du rejet des injustices et ceci principalement en situation de crise.


     


    Environnement


    Les conditions environnementales jouent un rôle prépondérant dans l’évolution de l’entraide.


    Darwin avait effectué ses observations sous les tropiques (milieu d’abondance nutritive et de confort thermique) et Kropotkine en Sibérie (moins de nutriments et conditions bien plus rudes). Milieux pauvres en ressources ou milieux riches privilégient soit l’entraide, soit la compétition.


     


    Comment nous expliquer ces comportements ?


    L’épigénétique a montré que l’activation ou la mise en veille de certains de nos gènes est héritable ! Et nos gènes réagissent à l’environnement, nous héritons donc des réactions de nos ancêtres à leur environnement, « la culture s’imprime dans notre biologie, de génération en génération. » Les hommes n’ont pu s’adapter qu’avec et grâce aux autres, la collaboration nous est indispensable. L’obligation de réciprocité est au cœur de l’humanité, la « triple obligation de « donner-recevoir-rendre » génère un état de dépendance réciproque ».


    Nous sommes « équipés » pour la collaboration. Nos cerveaux possèdent ce que l’on appelle des « neurones miroirs » qui nous permettent de percevoir, de sentir, d’entrer en résonance avec les émotions d’autrui. Et ce « lien qui nous attache aux sentiments des autres et qui nous rend interdépendants s’appelle l’empathie. »


     


    Et au sein de nos sociétés s’installe (plus ou moins !) un double mécanisme « qui récompense les comportements prosociaux (la carotte) et punit les comportements antisociaux. C’est la réciprocité renforcée. Différents mécanismes feront donc apparaître et renforceront l’entraide dans nos groupes et sociétés. L’éducation et les normes sociales peuvent, ou non, renforcer notre aptitude à collaborer. Une nouvelle conception de la nature humaine irrationnelle et prosociale se dessine !


     


    Une mythologie hémiplégique


    L’ouvrage nous propose donc une vision d’un monde composé tant de compétition que de coopération. Et ces deux mouvements forment nos relations au sein des collectifs et entre les collectifs. Les capacités d’entraide sont spontanées, mais pour les maintenir, il nous faut vivre dans un contexte qui les privilégient. L’entraide trouve son origine dans un acte de don, sa logique est celle de « donner-recevoir-rendre » au cœur de tout lien social. Le maintien d’une réciprocité généralisée à l’ensemble du groupe se fait « grâce à des mécanismes qui l’étendent et la renforcent : le mécanisme de réputation, la récompense des comportements vertueux et la punition des comportements antisociaux. »


     


    Pour conclure cette petite présentation, laissons Pablo s’exprimer : 


    « En baignant dans le mythe d’une nature agressive et compétitive, nous nous sommes battus sur le terrain imaginaire adverse. Or, nous savons désormais que compétition et coopération sont des forces antagonistes très puissantes qui coexistent à tous les niveaux du vivant. En observant le monde vivant sans œillères, nous pouvons commencer à faire le deuil du mythe d’un état de nature en guerre permanente de tous contre tous, d’un combat de gladiateurs quotidien où on ne se fait pas de quartier. Voici donc la première étape pour décloisonner notre imaginaire, pour le décomplexer et lui redonner confiance dans sa capacité à faire germer la coopération. Nous pouvons enfin, grâce aux découvertes de la science des dernières décennies, nous inspirer à nouveau du monde vivant pour innover. Ainsi, l’agroécologie, la permaculture et plus largement le biomimétisme ont pris racine dans cet incroyable réservoir de soutenabilité et de coopération qu’est la vie. Elles se sont ainsi rendu compte qu’en appliquant les principes du vivant – et en particulier la coopération– au fonctionnement de nos organisations, ces dernières se portaient beaucoup mieux, prenant ainsi soin des personnes qui y travaillent. » PABLO SERVIGNE


     



     


     


     


     


    Le livre "L’entraide, l’autre loi de la jungle" par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle.


    Article de réflexion et résumé du livre par Daniel Cauchy, membre fondateur de Rencontre des Continents



     


    « La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international - la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous - ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature. »


    Gregory Bateson


     


    Si comme l’écrit François Flahault, « … la tâche de rappeler ce qui devrait être est aisée alors que celle de penser autrement ce qui est se révèle plus difficile que jamais. », nos deux auteurs affrontent une question difficile et proposent une cure de décolonisation de nos imaginaires modernes. Ils nous offrent une belle synthèse des connaissances scientifiques actuelles montrant que les « relations qui font la beauté de la nature » ne se limitent pas à la compétition et au combat de chacun contre chacun. Avec un livre comme « L’entraide, l’autre loi de la jungle », on sort complètement des discours moralisateurs ou normalisateurs nous décrivant comment le monde et les humains devraient être ! Il s’agit ici de voir la vie autrement !


    C’est un livre « médicament », il nous soigne de cette pensée bien installée dans nos têtes, nos pratiques, nos institutions, nos conceptions politiques : celle d’un homme « naturellement » mauvais, soumis à la loi de la jungle, à la « loi du plus fort », celle du combat de chacun contre chacun. Pensée qui nous propose la compétition comme seul facteur d’évolution. Comme le disent nos auteurs : « Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »


    Ce livre bouscule les frontières entre les disciplines scientifiques pour « comprendre la nature coopérative de l’être humain dans le sillage de celle des autres organismes vivants ». Et pour cela de mobiliser des connaissances issues de bien des disciplines différentes : de la biologie à l’ethnologie, des neurosciences à la génétique, de la sociologie à l’économie expérimentale. Il a pour but de « dégager des principes généraux et une architecture générale de ce que l’on pourrait désormais appeler « l’autre loi de la jungle » : celle de l’entraide.


     


    - Paradigme dominant : la compétition


    La « loi du plus fort » ou celle de la « guerre de tous contre tous », comme l’écrivait Thomas Hobbes, nous invite à voir la vie, le monde, comme une arène au sein de laquelle dominent la ruse et la force. Que le plus fort gagne ! Et notre culture « moderne et utilitariste, est effectivement devenue hypertrophiée en compétition, délaissant sa partie généreuse, altruiste et bienveillante, passablement atrophiée. »


    Nous le savons : « l’homme est un loup pour l’homme » ! La clé du succès, et de l’évolution, réside dans la compétition !


    Le dogme dominant affirme que toutes nos actions, normes, institutions et croyances s’expliquent par le jeu des intérêts en conflit.


     


     


    Et pourtant, partout de la collaboration 


    Même si les mécanismes de collaboration, de relations mutuellement bénéfiques, avaient été mises en évidence par Pierre Kropotkine dans son célèbre ouvrage « L’entraide » dès 1902, ce n’est que depuis les années 1970 que foisonnent les études qui mettent en évidence, pour les plantes, les animaux et les humains la puissance de ces forces au sein de l’évolution. Fourmis, sternes arctiques, pins à écorce blanche et sapin des Rocheuses : de l’entraide entre semblables, lointains cousins mais aussi « entre organismes qui n’ont rien à voir » ! « Des mutualismes (associations diffuses entre espèces) aux symbioses (associations obligatoires), de l’action collective ponctuelle à la coévolution fusionnelle, les services se donnent et se rendent dans tous les sens … ». Le vivant est une « inextricable pelote d’interdépendance ».


    Et les humains n’échappent pas à cette règle : partout de la coopération, de l’aide, du rejet des injustices et ceci principalement en situation de crise.


     


    Environnement


    Les conditions environnementales jouent un rôle prépondérant dans l’évolution de l’entraide.


    Darwin avait effectué ses observations sous les tropiques (milieu d’abondance nutritive et de confort thermique) et Kropotkine en Sibérie (moins de nutriments et conditions bien plus rudes). Milieux pauvres en ressources ou milieux riches privilégient soit l’entraide, soit la compétition.


     


    Comment nous expliquer ces comportements ?


    L’épigénétique a montré que l’activation ou la mise en veille de certains de nos gènes est héritable ! Et nos gènes réagissent à l’environnement, nous héritons donc des réactions de nos ancêtres à leur environnement, « la culture s’imprime dans notre biologie, de génération en génération. » Les hommes n’ont pu s’adapter qu’avec et grâce aux autres, la collaboration nous est indispensable. L’obligation de réciprocité est au cœur de l’humanité, la « triple obligation de « donner-recevoir-rendre » génère un état de dépendance réciproque ».


    Nous sommes « équipés » pour la collaboration. Nos cerveaux possèdent ce que l’on appelle des « neurones miroirs » qui nous permettent de percevoir, de sentir, d’entrer en résonance avec les émotions d’autrui. Et ce « lien qui nous attache aux sentiments des autres et qui nous rend interdépendants s’appelle l’empathie. »


     


    Et au sein de nos sociétés s’installe (plus ou moins !) un double mécanisme « qui récompense les comportements prosociaux (la carotte) et punit les comportements antisociaux. C’est la réciprocité renforcée. Différents mécanismes feront donc apparaître et renforceront l’entraide dans nos groupes et sociétés. L’éducation et les normes sociales peuvent, ou non, renforcer notre aptitude à collaborer. Une nouvelle conception de la nature humaine irrationnelle et prosociale se dessine !


     


    Une mythologie hémiplégique


    L’ouvrage nous propose donc une vision d’un monde composé tant de compétition que de coopération. Et ces deux mouvements forment nos relations au sein des collectifs et entre les collectifs. Les capacités d’entraide sont spontanées, mais pour les maintenir, il nous faut vivre dans un contexte qui les privilégient. L’entraide trouve son origine dans un acte de don, sa logique est celle de « donner-recevoir-rendre » au cœur de tout lien social. Le maintien d’une réciprocité généralisée à l’ensemble du groupe se fait « grâce à des mécanismes qui l’étendent et la renforcent : le mécanisme de réputation, la récompense des comportements vertueux et la punition des comportements antisociaux. »


     


    Pour conclure cette petite présentation, laissons Pablo s’exprimer : 


    « En baignant dans le mythe d’une nature agressive et compétitive, nous nous sommes battus sur le terrain imaginaire adverse. Or, nous savons désormais que compétition et coopération sont des forces antagonistes très puissantes qui coexistent à tous les niveaux du vivant. En observant le monde vivant sans œillères, nous pouvons commencer à faire le deuil du mythe d’un état de nature en guerre permanente de tous contre tous, d’un combat de gladiateurs quotidien où on ne se fait pas de quartier. Voici donc la première étape pour décloisonner notre imaginaire, pour le décomplexer et lui redonner confiance dans sa capacité à faire germer la coopération. Nous pouvons enfin, grâce aux découvertes de la science des dernières décennies, nous inspirer à nouveau du monde vivant pour innover. Ainsi, l’agroécologie, la permaculture et plus largement le biomimétisme ont pris racine dans cet incroyable réservoir de soutenabilité et de coopération qu’est la vie. Elles se sont ainsi rendu compte qu’en appliquant les principes du vivant – et en particulier la coopération– au fonctionnement de nos organisations, ces dernières se portaient beaucoup mieux, prenant ainsi soin des personnes qui y travaillent. » PABLO SERVIGNE


     



     


     


     


     


    Le livre "L’entraide, l’autre loi de la jungle" par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle.


    Article de réflexion et résumé du livre par Daniel Cauchy, membre fondateur de Rencontre des Continents



     


    « La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international - la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous - ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature. »


    Gregory Bateson


     


    Si comme l’écrit François Flahault, « … la tâche de rappeler ce qui devrait être est aisée alors que celle de penser autrement ce qui est se révèle plus difficile que jamais. », nos deux auteurs affrontent une question difficile et proposent une cure de décolonisation de nos imaginaires modernes. Ils nous offrent une belle synthèse des connaissances scientifiques actuelles montrant que les « relations qui font la beauté de la nature » ne se limitent pas à la compétition et au combat de chacun contre chacun. Avec un livre comme « L’entraide, l’autre loi de la jungle », on sort complètement des discours moralisateurs ou normalisateurs nous décrivant comment le monde et les humains devraient être ! Il s’agit ici de voir la vie autrement !


    C’est un livre « médicament », il nous soigne de cette pensée bien installée dans nos têtes, nos pratiques, nos institutions, nos conceptions politiques : celle d’un homme « naturellement » mauvais, soumis à la loi de la jungle, à la « loi du plus fort », celle du combat de chacun contre chacun. Pensée qui nous propose la compétition comme seul facteur d’évolution. Comme le disent nos auteurs : « Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »


    Ce livre bouscule les frontières entre les disciplines scientifiques pour « comprendre la nature coopérative de l’être humain dans le sillage de celle des autres organismes vivants ». Et pour cela de mobiliser des connaissances issues de bien des disciplines différentes : de la biologie à l’ethnologie, des neurosciences à la génétique, de la sociologie à l’économie expérimentale. Il a pour but de « dégager des principes généraux et une architecture générale de ce que l’on pourrait désormais appeler « l’autre loi de la jungle » : celle de l’entraide.


     


    - Paradigme dominant : la compétition


    La « loi du plus fort » ou celle de la « guerre de tous contre tous », comme l’écrivait Thomas Hobbes, nous invite à voir la vie, le monde, comme une arène au sein de laquelle dominent la ruse et la force. Que le plus fort gagne ! Et notre culture « moderne et utilitariste, est effectivement devenue hypertrophiée en compétition, délaissant sa partie généreuse, altruiste et bienveillante, passablement atrophiée. »


    Nous le savons : « l’homme est un loup pour l’homme » ! La clé du succès, et de l’évolution, réside dans la compétition !


    Le dogme dominant affirme que toutes nos actions, normes, institutions et croyances s’expliquent par le jeu des intérêts en conflit.


     


     


    Et pourtant, partout de la collaboration 


    Même si les mécanismes de collaboration, de relations mutuellement bénéfiques, avaient été mises en évidence par Pierre Kropotkine dans son célèbre ouvrage « L’entraide » dès 1902, ce n’est que depuis les années 1970 que foisonnent les études qui mettent en évidence, pour les plantes, les animaux et les humains la puissance de ces forces au sein de l’évolution. Fourmis, sternes arctiques, pins à écorce blanche et sapin des Rocheuses : de l’entraide entre semblables, lointains cousins mais aussi « entre organismes qui n’ont rien à voir » ! « Des mutualismes (associations diffuses entre espèces) aux symbioses (associations obligatoires), de l’action collective ponctuelle à la coévolution fusionnelle, les services se donnent et se rendent dans tous les sens … ». Le vivant est une « inextricable pelote d’interdépendance ».


    Et les humains n’échappent pas à cette règle : partout de la coopération, de l’aide, du rejet des injustices et ceci principalement en situation de crise.


     


    Environnement


    Les conditions environnementales jouent un rôle prépondérant dans l’évolution de l’entraide.


    Darwin avait effectué ses observations sous les tropiques (milieu d’abondance nutritive et de confort thermique) et Kropotkine en Sibérie (moins de nutriments et conditions bien plus rudes). Milieux pauvres en ressources ou milieux riches privilégient soit l’entraide, soit la compétition.


     


    Comment nous expliquer ces comportements ?


    L’épigénétique a montré que l’activation ou la mise en veille de certains de nos gènes est héritable ! Et nos gènes réagissent à l’environnement, nous héritons donc des réactions de nos ancêtres à leur environnement, « la culture s’imprime dans notre biologie, de génération en génération. » Les hommes n’ont pu s’adapter qu’avec et grâce aux autres, la collaboration nous est indispensable. L’obligation de réciprocité est au cœur de l’humanité, la « triple obligation de « donner-recevoir-rendre » génère un état de dépendance réciproque ».


    Nous sommes « équipés » pour la collaboration. Nos cerveaux possèdent ce que l’on appelle des « neurones miroirs » qui nous permettent de percevoir, de sentir, d’entrer en résonance avec les émotions d’autrui. Et ce « lien qui nous attache aux sentiments des autres et qui nous rend interdépendants s’appelle l’empathie. »


     


    Et au sein de nos sociétés s’installe (plus ou moins !) un double mécanisme « qui récompense les comportements prosociaux (la carotte) et punit les comportements antisociaux. C’est la réciprocité renforcée. Différents mécanismes feront donc apparaître et renforceront l’entraide dans nos groupes et sociétés. L’éducation et les normes sociales peuvent, ou non, renforcer notre aptitude à collaborer. Une nouvelle conception de la nature humaine irrationnelle et prosociale se dessine !


     


    Une mythologie hémiplégique


    L’ouvrage nous propose donc une vision d’un monde composé tant de compétition que de coopération. Et ces deux mouvements forment nos relations au sein des collectifs et entre les collectifs. Les capacités d’entraide sont spontanées, mais pour les maintenir, il nous faut vivre dans un contexte qui les privilégient. L’entraide trouve son origine dans un acte de don, sa logique est celle de « donner-recevoir-rendre » au cœur de tout lien social. Le maintien d’une réciprocité généralisée à l’ensemble du groupe se fait « grâce à des mécanismes qui l’étendent et la renforcent : le mécanisme de réputation, la récompense des comportements vertueux et la punition des comportements antisociaux. »


     


    Pour conclure cette petite présentation, laissons Pablo s’exprimer : 


    « En baignant dans le mythe d’une nature agressive et compétitive, nous nous sommes battus sur le terrain imaginaire adverse. Or, nous savons désormais que compétition et coopération sont des forces antagonistes très puissantes qui coexistent à tous les niveaux du vivant. En observant le monde vivant sans œillères, nous pouvons commencer à faire le deuil du mythe d’un état de nature en guerre permanente de tous contre tous, d’un combat de gladiateurs quotidien où on ne se fait pas de quartier. Voici donc la première étape pour décloisonner notre imaginaire, pour le décomplexer et lui redonner confiance dans sa capacité à faire germer la coopération. Nous pouvons enfin, grâce aux découvertes de la science des dernières décennies, nous inspirer à nouveau du monde vivant pour innover. Ainsi, l’agroécologie, la permaculture et plus largement le biomimétisme ont pris racine dans cet incroyable réservoir de soutenabilité et de coopération qu’est la vie. Elles se sont ainsi rendu compte qu’en appliquant les principes du vivant – et en particulier la coopération– au fonctionnement de nos organisations, ces dernières se portaient beaucoup mieux, prenant ainsi soin des personnes qui y travaillent. » PABLO SERVIGNE


     



     


     


     


     


    Le livre "L’entraide, l’autre loi de la jungle" par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle.


    Article de réflexion et résumé du livre par Daniel Cauchy, membre fondateur de Rencontre des Continents



     


    « La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international - la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous - ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature. »


    Gregory Bateson


     


    Si comme l’écrit François Flahault, « … la tâche de rappeler ce qui devrait être est aisée alors que celle de penser autrement ce qui est se révèle plus difficile que jamais. », nos deux auteurs affrontent une question difficile et proposent une cure de décolonisation de nos imaginaires modernes. Ils nous offrent une belle synthèse des connaissances scientifiques actuelles montrant que les « relations qui font la beauté de la nature » ne se limitent pas à la compétition et au combat de chacun contre chacun. Avec un livre comme « L’entraide, l’autre loi de la jungle », on sort complètement des discours moralisateurs ou normalisateurs nous décrivant comment le monde et les humains devraient être ! Il s’agit ici de voir la vie autrement !


    C’est un livre « médicament », il nous soigne de cette pensée bien installée dans nos têtes, nos pratiques, nos institutions, nos conceptions politiques : celle d’un homme « naturellement » mauvais, soumis à la loi de la jungle, à la « loi du plus fort », celle du combat de chacun contre chacun. Pensée qui nous propose la compétition comme seul facteur d’évolution. Comme le disent nos auteurs : « Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »


    Ce livre bouscule les frontières entre les disciplines scientifiques pour « comprendre la nature coopérative de l’être humain dans le sillage de celle des autres organismes vivants ». Et pour cela de mobiliser des connaissances issues de bien des disciplines différentes : de la biologie à l’ethnologie, des neurosciences à la génétique, de la sociologie à l’économie expérimentale. Il a pour but de « dégager des principes généraux et une architecture générale de ce que l’on pourrait désormais appeler « l’autre loi de la jungle » : celle de l’entraide.


     


    - Paradigme dominant : la compétition


    La « loi du plus fort » ou celle de la « guerre de tous contre tous », comme l’écrivait Thomas Hobbes, nous invite à voir la vie, le monde, comme une arène au sein de laquelle dominent la ruse et la force. Que le plus fort gagne ! Et notre culture « moderne et utilitariste, est effectivement devenue hypertrophiée en compétition, délaissant sa partie généreuse, altruiste et bienveillante, passablement atrophiée. »


    Nous le savons : « l’homme est un loup pour l’homme » ! La clé du succès, et de l’évolution, réside dans la compétition !


    Le dogme dominant affirme que toutes nos actions, normes, institutions et croyances s’expliquent par le jeu des intérêts en conflit.


     


     


    Et pourtant, partout de la collaboration 


    Même si les mécanismes de collaboration, de relations mutuellement bénéfiques, avaient été mises en évidence par Pierre Kropotkine dans son célèbre ouvrage « L’entraide » dès 1902, ce n’est que depuis les années 1970 que foisonnent les études qui mettent en évidence, pour les plantes, les animaux et les humains la puissance de ces forces au sein de l’évolution. Fourmis, sternes arctiques, pins à écorce blanche et sapin des Rocheuses : de l’entraide entre semblables, lointains cousins mais aussi « entre organismes qui n’ont rien à voir » ! « Des mutualismes (associations diffuses entre espèces) aux symbioses (associations obligatoires), de l’action collective ponctuelle à la coévolution fusionnelle, les services se donnent et se rendent dans tous les sens … ». Le vivant est une « inextricable pelote d’interdépendance ».


    Et les humains n’échappent pas à cette règle : partout de la coopération, de l’aide, du rejet des injustices et ceci principalement en situation de crise.


     


    Environnement


    Les conditions environnementales jouent un rôle prépondérant dans l’évolution de l’entraide.


    Darwin avait effectué ses observations sous les tropiques (milieu d’abondance nutritive et de confort thermique) et Kropotkine en Sibérie (moins de nutriments et conditions bien plus rudes). Milieux pauvres en ressources ou milieux riches privilégient soit l’entraide, soit la compétition.


     


    Comment nous expliquer ces comportements ?


    L’épigénétique a montré que l’activation ou la mise en veille de certains de nos gènes est héritable ! Et nos gènes réagissent à l’environnement, nous héritons donc des réactions de nos ancêtres à leur environnement, « la culture s’imprime dans notre biologie, de génération en génération. » Les hommes n’ont pu s’adapter qu’avec et grâce aux autres, la collaboration nous est indispensable. L’obligation de réciprocité est au cœur de l’humanité, la « triple obligation de « donner-recevoir-rendre » génère un état de dépendance réciproque ».


    Nous sommes « équipés » pour la collaboration. Nos cerveaux possèdent ce que l’on appelle des « neurones miroirs » qui nous permettent de percevoir, de sentir, d’entrer en résonance avec les émotions d’autrui. Et ce « lien qui nous attache aux sentiments des autres et qui nous rend interdépendants s’appelle l’empathie. »


     


    Et au sein de nos sociétés s’installe (plus ou moins !) un double mécanisme « qui récompense les comportements prosociaux (la carotte) et punit les comportements antisociaux. C’est la réciprocité renforcée. Différents mécanismes feront donc apparaître et renforceront l’entraide dans nos groupes et sociétés. L’éducation et les normes sociales peuvent, ou non, renforcer notre aptitude à collaborer. Une nouvelle conception de la nature humaine irrationnelle et prosociale se dessine !


     


    Une mythologie hémiplégique


    L’ouvrage nous propose donc une vision d’un monde composé tant de compétition que de coopération. Et ces deux mouvements forment nos relations au sein des collectifs et entre les collectifs. Les capacités d’entraide sont spontanées, mais pour les maintenir, il nous faut vivre dans un contexte qui les privilégient. L’entraide trouve son origine dans un acte de don, sa logique est celle de « donner-recevoir-rendre » au cœur de tout lien social. Le maintien d’une réciprocité généralisée à l’ensemble du groupe se fait « grâce à des mécanismes qui l’étendent et la renforcent : le mécanisme de réputation, la récompense des comportements vertueux et la punition des comportements antisociaux. »


     


    Pour conclure cette petite présentation, laissons Pablo s’exprimer : 


    « En baignant dans le mythe d’une nature agressive et compétitive, nous nous sommes battus sur le terrain imaginaire adverse. Or, nous savons désormais que compétition et coopération sont des forces antagonistes très puissantes qui coexistent à tous les niveaux du vivant. En observant le monde vivant sans œillères, nous pouvons commencer à faire le deuil du mythe d’un état de nature en guerre permanente de tous contre tous, d’un combat de gladiateurs quotidien où on ne se fait pas de quartier. Voici donc la première étape pour décloisonner notre imaginaire, pour le décomplexer et lui redonner confiance dans sa capacité à faire germer la coopération. Nous pouvons enfin, grâce aux découvertes de la science des dernières décennies, nous inspirer à nouveau du monde vivant pour innover. Ainsi, l’agroécologie, la permaculture et plus largement le biomimétisme ont pris racine dans cet incroyable réservoir de soutenabilité et de coopération qu’est la vie. Elles se sont ainsi rendu compte qu’en appliquant les principes du vivant – et en particulier la coopération– au fonctionnement de nos organisations, ces dernières se portaient beaucoup mieux, prenant ainsi soin des personnes qui y travaillent. » PABLO SERVIGNE


     



     


     


     


     


    Le livre "L’entraide, l’autre loi de la jungle" par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle.


    Article de réflexion et résumé du livre par Daniel Cauchy, membre fondateur de Rencontre des Continents



     


    « La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international - la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous - ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature. »


    Gregory Bateson


     


    Si comme l’écrit François Flahault, « … la tâche de rappeler ce qui devrait être est aisée alors que celle de penser autrement ce qui est se révèle plus difficile que jamais. », nos deux auteurs affrontent une question difficile et proposent une cure de décolonisation de nos imaginaires modernes. Ils nous offrent une belle synthèse des connaissances scientifiques actuelles montrant que les « relations qui font la beauté de la nature » ne se limitent pas à la compétition et au combat de chacun contre chacun. Avec un livre comme « L’entraide, l’autre loi de la jungle », on sort complètement des discours moralisateurs ou normalisateurs nous décrivant comment le monde et les humains devraient être ! Il s’agit ici de voir la vie autrement !


    C’est un livre « médicament », il nous soigne de cette pensée bien installée dans nos têtes, nos pratiques, nos institutions, nos conceptions politiques : celle d’un homme « naturellement » mauvais, soumis à la loi de la jungle, à la « loi du plus fort », celle du combat de chacun contre chacun. Pensée qui nous propose la compétition comme seul facteur d’évolution. Comme le disent nos auteurs : « Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »


    Ce livre bouscule les frontières entre les disciplines scientifiques pour « comprendre la nature coopérative de l’être humain dans le sillage de celle des autres organismes vivants ». Et pour cela de mobiliser des connaissances issues de bien des disciplines différentes : de la biologie à l’ethnologie, des neurosciences à la génétique, de la sociologie à l’économie expérimentale. Il a pour but de « dégager des principes généraux et une architecture générale de ce que l’on pourrait désormais appeler « l’autre loi de la jungle » : celle de l’entraide.


     


    - Paradigme dominant : la compétition


    La « loi du plus fort » ou celle de la « guerre de tous contre tous », comme l’écrivait Thomas Hobbes, nous invite à voir la vie, le monde, comme une arène au sein de laquelle dominent la ruse et la force. Que le plus fort gagne ! Et notre culture « moderne et utilitariste, est effectivement devenue hypertrophiée en compétition, délaissant sa partie généreuse, altruiste et bienveillante, passablement atrophiée. »


    Nous le savons : « l’homme est un loup pour l’homme » ! La clé du succès, et de l’évolution, réside dans la compétition !


    Le dogme dominant affirme que toutes nos actions, normes, institutions et croyances s’expliquent par le jeu des intérêts en conflit.


     


     


    Et pourtant, partout de la collaboration 


    Même si les mécanismes de collaboration, de relations mutuellement bénéfiques, avaient été mises en évidence par Pierre Kropotkine dans son célèbre ouvrage « L’entraide » dès 1902, ce n’est que depuis les années 1970 que foisonnent les études qui mettent en évidence, pour les plantes, les animaux et les humains la puissance de ces forces au sein de l’évolution. Fourmis, sternes arctiques, pins à écorce blanche et sapin des Rocheuses : de l’entraide entre semblables, lointains cousins mais aussi « entre organismes qui n’ont rien à voir » ! « Des mutualismes (associations diffuses entre espèces) aux symbioses (associations obligatoires), de l’action collective ponctuelle à la coévolution fusionnelle, les services se donnent et se rendent dans tous les sens … ». Le vivant est une « inextricable pelote d’interdépendance ».


    Et les humains n’échappent pas à cette règle : partout de la coopération, de l’aide, du rejet des injustices et ceci principalement en situation de crise.


     


    Environnement


    Les conditions environnementales jouent un rôle prépondérant dans l’évolution de l’entraide.


    Darwin avait effectué ses observations sous les tropiques (milieu d’abondance nutritive et de confort thermique) et Kropotkine en Sibérie (moins de nutriments et conditions bien plus rudes). Milieux pauvres en ressources ou milieux riches privilégient soit l’entraide, soit la compétition.


     


    Comment nous expliquer ces comportements ?


    L’épigénétique a montré que l’activation ou la mise en veille de certains de nos gènes est héritable ! Et nos gènes réagissent à l’environnement, nous héritons donc des réactions de nos ancêtres à leur environnement, « la culture s’imprime dans notre biologie, de génération en génération. » Les hommes n’ont pu s’adapter qu’avec et grâce aux autres, la collaboration nous est indispensable. L’obligation de réciprocité est au cœur de l’humanité, la « triple obligation de « donner-recevoir-rendre » génère un état de dépendance réciproque ».


    Nous sommes « équipés » pour la collaboration. Nos cerveaux possèdent ce que l’on appelle des « neurones miroirs » qui nous permettent de percevoir, de sentir, d’entrer en résonance avec les émotions d’autrui. Et ce « lien qui nous attache aux sentiments des autres et qui nous rend interdépendants s’appelle l’empathie. »


     


    Et au sein de nos sociétés s’installe (plus ou moins !) un double mécanisme « qui récompense les comportements prosociaux (la carotte) et punit les comportements antisociaux. C’est la réciprocité renforcée. Différents mécanismes feront donc apparaître et renforceront l’entraide dans nos groupes et sociétés. L’éducation et les normes sociales peuvent, ou non, renforcer notre aptitude à collaborer. Une nouvelle conception de la nature humaine irrationnelle et prosociale se dessine !


     


    Une mythologie hémiplégique


    L’ouvrage nous propose donc une vision d’un monde composé tant de compétition que de coopération. Et ces deux mouvements forment nos relations au sein des collectifs et entre les collectifs. Les capacités d’entraide sont spontanées, mais pour les maintenir, il nous faut vivre dans un contexte qui les privilégient. L’entraide trouve son origine dans un acte de don, sa logique est celle de « donner-recevoir-rendre » au cœur de tout lien social. Le maintien d’une réciprocité généralisée à l’ensemble du groupe se fait « grâce à des mécanismes qui l’étendent et la renforcent : le mécanisme de réputation, la récompense des comportements vertueux et la punition des comportements antisociaux. »


     


    Pour conclure cette petite présentation, laissons Pablo s’exprimer : 


    « En baignant dans le mythe d’une nature agressive et compétitive, nous nous sommes battus sur le terrain imaginaire adverse. Or, nous savons désormais que compétition et coopération sont des forces antagonistes très puissantes qui coexistent à tous les niveaux du vivant. En observant le monde vivant sans œillères, nous pouvons commencer à faire le deuil du mythe d’un état de nature en guerre permanente de tous contre tous, d’un combat de gladiateurs quotidien où on ne se fait pas de quartier. Voici donc la première étape pour décloisonner notre imaginaire, pour le décomplexer et lui redonner confiance dans sa capacité à faire germer la coopération. Nous pouvons enfin, grâce aux découvertes de la science des dernières décennies, nous inspirer à nouveau du monde vivant pour innover. Ainsi, l’agroécologie, la permaculture et plus largement le biomimétisme ont pris racine dans cet incroyable réservoir de soutenabilité et de coopération qu’est la vie. Elles se sont ainsi rendu compte qu’en appliquant les principes du vivant – et en particulier la coopération– au fonctionnement de nos organisations, ces dernières se portaient beaucoup mieux, prenant ainsi soin des personnes qui y travaillent. » PABLO SERVIGNE


     



     


     


     


     


    Le livre "L’entraide, l’autre loi de la jungle" par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle.


    Article de réflexion et résumé du livre par Daniel Cauchy, membre fondateur de Rencontre des Continents



     


    « La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international - la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous - ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature. »


    Gregory Bateson


     


    Si comme l’écrit François Flahault, « … la tâche de rappeler ce qui devrait être est aisée alors que celle de penser autrement ce qui est se révèle plus difficile que jamais. », nos deux auteurs affrontent une question difficile et proposent une cure de décolonisation de nos imaginaires modernes. Ils nous offrent une belle synthèse des connaissances scientifiques actuelles montrant que les « relations qui font la beauté de la nature » ne se limitent pas à la compétition et au combat de chacun contre chacun. Avec un livre comme « L’entraide, l’autre loi de la jungle », on sort complètement des discours moralisateurs ou normalisateurs nous décrivant comment le monde et les humains devraient être ! Il s’agit ici de voir la vie autrement !


    C’est un livre « médicament », il nous soigne de cette pensée bien installée dans nos têtes, nos pratiques, nos institutions, nos conceptions politiques : celle d’un homme « naturellement » mauvais, soumis à la loi de la jungle, à la « loi du plus fort », celle du combat de chacun contre chacun. Pensée qui nous propose la compétition comme seul facteur d’évolution. Comme le disent nos auteurs : « Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »


    Ce livre bouscule les frontières entre les disciplines scientifiques pour « comprendre la nature coopérative de l’être humain dans le sillage de celle des autres organismes vivants ». Et pour cela de mobiliser des connaissances issues de bien des disciplines différentes : de la biologie à l’ethnologie, des neurosciences à la génétique, de la sociologie à l’économie expérimentale. Il a pour but de « dégager des principes généraux et une architecture générale de ce que l’on pourrait désormais appeler « l’autre loi de la jungle » : celle de l’entraide.


     


    - Paradigme dominant : la compétition


    La « loi du plus fort » ou celle de la « guerre de tous contre tous », comme l’écrivait Thomas Hobbes, nous invite à voir la vie, le monde, comme une arène au sein de laquelle dominent la ruse et la force. Que le plus fort gagne ! Et notre culture « moderne et utilitariste, est effectivement devenue hypertrophiée en compétition, délaissant sa partie généreuse, altruiste et bienveillante, passablement atrophiée. »


    Nous le savons : « l’homme est un loup pour l’homme » ! La clé du succès, et de l’évolution, réside dans la compétition !


    Le dogme dominant affirme que toutes nos actions, normes, institutions et croyances s’expliquent par le jeu des intérêts en conflit.


     


     


    Et pourtant, partout de la collaboration 


    Même si les mécanismes de collaboration, de relations mutuellement bénéfiques, avaient été mises en évidence par Pierre Kropotkine dans son célèbre ouvrage « L’entraide » dès 1902, ce n’est que depuis les années 1970 que foisonnent les études qui mettent en évidence, pour les plantes, les animaux et les humains la puissance de ces forces au sein de l’évolution. Fourmis, sternes arctiques, pins à écorce blanche et sapin des Rocheuses : de l’entraide entre semblables, lointains cousins mais aussi « entre organismes qui n’ont rien à voir » ! « Des mutualismes (associations diffuses entre espèces) aux symbioses (associations obligatoires), de l’action collective ponctuelle à la coévolution fusionnelle, les services se donnent et se rendent dans tous les sens … ». Le vivant est une « inextricable pelote d’interdépendance ».


    Et les humains n’échappent pas à cette règle : partout de la coopération, de l’aide, du rejet des injustices et ceci principalement en situation de crise.


     


    Environnement


    Les conditions environnementales jouent un rôle prépondérant dans l’évolution de l’entraide.


    Darwin avait effectué ses observations sous les tropiques (milieu d’abondance nutritive et de confort thermique) et Kropotkine en Sibérie (moins de nutriments et conditions bien plus rudes). Milieux pauvres en ressources ou milieux riches privilégient soit l’entraide, soit la compétition.


     


    Comment nous expliquer ces comportements ?


    L’épigénétique a montré que l’activation ou la mise en veille de certains de nos gènes est héritable ! Et nos gènes réagissent à l’environnement, nous héritons donc des réactions de nos ancêtres à leur environnement, « la culture s’imprime dans notre biologie, de génération en génération. » Les hommes n’ont pu s’adapter qu’avec et grâce aux autres, la collaboration nous est indispensable. L’obligation de réciprocité est au cœur de l’humanité, la « triple obligation de « donner-recevoir-rendre » génère un état de dépendance réciproque ».


    Nous sommes « équipés » pour la collaboration. Nos cerveaux possèdent ce que l’on appelle des « neurones miroirs » qui nous permettent de percevoir, de sentir, d’entrer en résonance avec les émotions d’autrui. Et ce « lien qui nous attache aux sentiments des autres et qui nous rend interdépendants s’appelle l’empathie. »


     


    Et au sein de nos sociétés s’installe (plus ou moins !) un double mécanisme « qui récompense les comportements prosociaux (la carotte) et punit les comportements antisociaux. C’est la réciprocité renforcée. Différents mécanismes feront donc apparaître et renforceront l’entraide dans nos groupes et sociétés. L’éducation et les normes sociales peuvent, ou non, renforcer notre aptitude à collaborer. Une nouvelle conception de la nature humaine irrationnelle et prosociale se dessine !


     


    Une mythologie hémiplégique


    L’ouvrage nous propose donc une vision d’un monde composé tant de compétition que de coopération. Et ces deux mouvements forment nos relations au sein des collectifs et entre les collectifs. Les capacités d’entraide sont spontanées, mais pour les maintenir, il nous faut vivre dans un contexte qui les privilégient. L’entraide trouve son origine dans un acte de don, sa logique est celle de « donner-recevoir-rendre » au cœur de tout lien social. Le maintien d’une réciprocité généralisée à l’ensemble du groupe se fait « grâce à des mécanismes qui l’étendent et la renforcent : le mécanisme de réputation, la récompense des comportements vertueux et la punition des comportements antisociaux. »


     


    Pour conclure cette petite présentation, laissons Pablo s’exprimer : 


    « En baignant dans le mythe d’une nature agressive et compétitive, nous nous sommes battus sur le terrain imaginaire adverse. Or, nous savons désormais que compétition et coopération sont des forces antagonistes très puissantes qui coexistent à tous les niveaux du vivant. En observant le monde vivant sans œillères, nous pouvons commencer à faire le deuil du mythe d’un état de nature en guerre permanente de tous contre tous, d’un combat de gladiateurs quotidien où on ne se fait pas de quartier. Voici donc la première étape pour décloisonner notre imaginaire, pour le décomplexer et lui redonner confiance dans sa capacité à faire germer la coopération. Nous pouvons enfin, grâce aux découvertes de la science des dernières décennies, nous inspirer à nouveau du monde vivant pour innover. Ainsi, l’agroécologie, la permaculture et plus largement le biomimétisme ont pris racine dans cet incroyable réservoir de soutenabilité et de coopération qu’est la vie. Elles se sont ainsi rendu compte qu’en appliquant les principes du vivant – et en particulier la coopération– au fonctionnement de nos organisations, ces dernières se portaient beaucoup mieux, prenant ainsi soin des personnes qui y travaillent. » PABLO SERVIGNE


     



     


     


     


     


    Le livre "L’entraide, l’autre loi de la jungle" par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle.


    Article de réflexion et résumé du livre par Daniel Cauchy, membre fondateur de Rencontre des Continents



     


    « La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international - la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous - ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature. »


    Gregory Bateson


     


    Si comme l’écrit François Flahault, « … la tâche de rappeler ce qui devrait être est aisée alors que celle de penser autrement ce qui est se révèle plus difficile que jamais. », nos deux auteurs affrontent une question difficile et proposent une cure de décolonisation de nos imaginaires modernes. Ils nous offrent une belle synthèse des connaissances scientifiques actuelles montrant que les « relations qui font la beauté de la nature » ne se limitent pas à la compétition et au combat de chacun contre chacun. Avec un livre comme « L’entraide, l’autre loi de la jungle », on sort complètement des discours moralisateurs ou normalisateurs nous décrivant comment le monde et les humains devraient être ! Il s’agit ici de voir la vie autrement !


    C’est un livre « médicament », il nous soigne de cette pensée bien installée dans nos têtes, nos pratiques, nos institutions, nos conceptions politiques : celle d’un homme « naturellement » mauvais, soumis à la loi de la jungle, à la « loi du plus fort », celle du combat de chacun contre chacun. Pensée qui nous propose la compétition comme seul facteur d’évolution. Comme le disent nos auteurs : « Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »


    Ce livre bouscule les frontières entre les disciplines scientifiques pour « comprendre la nature coopérative de l’être humain dans le sillage de celle des autres organismes vivants ». Et pour cela de mobiliser des connaissances issues de bien des disciplines différentes : de la biologie à l’ethnologie, des neurosciences à la génétique, de la sociologie à l’économie expérimentale. Il a pour but de « dégager des principes généraux et une architecture générale de ce que l’on pourrait désormais appeler « l’autre loi de la jungle » : celle de l’entraide.


     


    - Paradigme dominant : la compétition


    La « loi du plus fort » ou celle de la « guerre de tous contre tous », comme l’écrivait Thomas Hobbes, nous invite à voir la vie, le monde, comme une arène au sein de laquelle dominent la ruse et la force. Que le plus fort gagne ! Et notre culture « moderne et utilitariste, est effectivement devenue hypertrophiée en compétition, délaissant sa partie généreuse, altruiste et bienveillante, passablement atrophiée. »


    Nous le savons : « l’homme est un loup pour l’homme » ! La clé du succès, et de l’évolution, réside dans la compétition !


    Le dogme dominant affirme que toutes nos actions, normes, institutions et croyances s’expliquent par le jeu des intérêts en conflit.


     


     


    Et pourtant, partout de la collaboration 


    Même si les mécanismes de collaboration, de relations mutuellement bénéfiques, avaient été mises en évidence par Pierre Kropotkine dans son célèbre ouvrage « L’entraide » dès 1902, ce n’est que depuis les années 1970 que foisonnent les études qui mettent en évidence, pour les plantes, les animaux et les humains la puissance de ces forces au sein de l’évolution. Fourmis, sternes arctiques, pins à écorce blanche et sapin des Rocheuses : de l’entraide entre semblables, lointains cousins mais aussi « entre organismes qui n’ont rien à voir » ! « Des mutualismes (associations diffuses entre espèces) aux symbioses (associations obligatoires), de l’action collective ponctuelle à la coévolution fusionnelle, les services se donnent et se rendent dans tous les sens … ». Le vivant est une « inextricable pelote d’interdépendance ».


    Et les humains n’échappent pas à cette règle : partout de la coopération, de l’aide, du rejet des injustices et ceci principalement en situation de crise.


     


    Environnement


    Les conditions environnementales jouent un rôle prépondérant dans l’évolution de l’entraide.


    Darwin avait effectué ses observations sous les tropiques (milieu d’abondance nutritive et de confort thermique) et Kropotkine en Sibérie (moins de nutriments et conditions bien plus rudes). Milieux pauvres en ressources ou milieux riches privilégient soit l’entraide, soit la compétition.


     


    Comment nous expliquer ces comportements ?


    L’épigénétique a montré que l’activation ou la mise en veille de certains de nos gènes est héritable ! Et nos gènes réagissent à l’environnement, nous héritons donc des réactions de nos ancêtres à leur environnement, « la culture s’imprime dans notre biologie, de génération en génération. » Les hommes n’ont pu s’adapter qu’avec et grâce aux autres, la collaboration nous est indispensable. L’obligation de réciprocité est au cœur de l’humanité, la « triple obligation de « donner-recevoir-rendre » génère un état de dépendance réciproque ».


    Nous sommes « équipés » pour la collaboration. Nos cerveaux possèdent ce que l’on appelle des « neurones miroirs » qui nous permettent de percevoir, de sentir, d’entrer en résonance avec les émotions d’autrui. Et ce « lien qui nous attache aux sentiments des autres et qui nous rend interdépendants s’appelle l’empathie. »


     


    Et au sein de nos sociétés s’installe (plus ou moins !) un double mécanisme « qui récompense les comportements prosociaux (la carotte) et punit les comportements antisociaux. C’est la réciprocité renforcée. Différents mécanismes feront donc apparaître et renforceront l’entraide dans nos groupes et sociétés. L’éducation et les normes sociales peuvent, ou non, renforcer notre aptitude à collaborer. Une nouvelle conception de la nature humaine irrationnelle et prosociale se dessine !


     


    Une mythologie hémiplégique


    L’ouvrage nous propose donc une vision d’un monde composé tant de compétition que de coopération. Et ces deux mouvements forment nos relations au sein des collectifs et entre les collectifs. Les capacités d’entraide sont spontanées, mais pour les maintenir, il nous faut vivre dans un contexte qui les privilégient. L’entraide trouve son origine dans un acte de don, sa logique est celle de « donner-recevoir-rendre » au cœur de tout lien social. Le maintien d’une réciprocité généralisée à l’ensemble du groupe se fait « grâce à des mécanismes qui l’étendent et la renforcent : le mécanisme de réputation, la récompense des comportements vertueux et la punition des comportements antisociaux. »


     


    Pour conclure cette petite présentation, laissons Pablo s’exprimer : 


    « En baignant dans le mythe d’une nature agressive et compétitive, nous nous sommes battus sur le terrain imaginaire adverse. Or, nous savons désormais que compétition et coopération sont des forces antagonistes très puissantes qui coexistent à tous les niveaux du vivant. En observant le monde vivant sans œillères, nous pouvons commencer à faire le deuil du mythe d’un état de nature en guerre permanente de tous contre tous, d’un combat de gladiateurs quotidien où on ne se fait pas de quartier. Voici donc la première étape pour décloisonner notre imaginaire, pour le décomplexer et lui redonner confiance dans sa capacité à faire germer la coopération. Nous pouvons enfin, grâce aux découvertes de la science des dernières décennies, nous inspirer à nouveau du monde vivant pour innover. Ainsi, l’agroécologie, la permaculture et plus largement le biomimétisme ont pris racine dans cet incroyable réservoir de soutenabilité et de coopération qu’est la vie. Elles se sont ainsi rendu compte qu’en appliquant les principes du vivant – et en particulier la coopération– au fonctionnement de nos organisations, ces dernières se portaient beaucoup mieux, prenant ainsi soin des personnes qui y travaillent. » PABLO SERVIGNE


     



     


     


     


     


    Le livre "L’entraide, l’autre loi de la jungle" par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle.


    Article de réflexion et résumé du livre par Daniel Cauchy, membre fondateur de Rencontre des Continents



     


    « La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international - la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous - ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature. »


    Gregory Bateson


     


    Si comme l’écrit François Flahault, « … la tâche de rappeler ce qui devrait être est aisée alors que celle de penser autrement ce qui est se révèle plus difficile que jamais. », nos deux auteurs affrontent une question difficile et proposent une cure de décolonisation de nos imaginaires modernes. Ils nous offrent une belle synthèse des connaissances scientifiques actuelles montrant que les « relations qui font la beauté de la nature » ne se limitent pas à la compétition et au combat de chacun contre chacun. Avec un livre comme « L’entraide, l’autre loi de la jungle », on sort complètement des discours moralisateurs ou normalisateurs nous décrivant comment le monde et les humains devraient être ! Il s’agit ici de voir la vie autrement !


    C’est un livre « médicament », il nous soigne de cette pensée bien installée dans nos têtes, nos pratiques, nos institutions, nos conceptions politiques : celle d’un homme « naturellement » mauvais, soumis à la loi de la jungle, à la « loi du plus fort », celle du combat de chacun contre chacun. Pensée qui nous propose la compétition comme seul facteur d’évolution. Comme le disent nos auteurs : « Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »


    Ce livre bouscule les frontières entre les disciplines scientifiques pour « comprendre la nature coopérative de l’être humain dans le sillage de celle des autres organismes vivants ». Et pour cela de mobiliser des connaissances issues de bien des disciplines différentes : de la biologie à l’ethnologie, des neurosciences à la génétique, de la sociologie à l’économie expérimentale. Il a pour but de « dégager des principes généraux et une architecture générale de ce que l’on pourrait désormais appeler « l’autre loi de la jungle » : celle de l’entraide.


     


    - Paradigme dominant : la compétition


    La « loi du plus fort » ou celle de la « guerre de tous contre tous », comme l’écrivait Thomas Hobbes, nous invite à voir la vie, le monde, comme une arène au sein de laquelle dominent la ruse et la force. Que le plus fort gagne ! Et notre culture « moderne et utilitariste, est effectivement devenue hypertrophiée en compétition, délaissant sa partie généreuse, altruiste et bienveillante, passablement atrophiée. »


    Nous le savons : « l’homme est un loup pour l’homme » ! La clé du succès, et de l’évolution, réside dans la compétition !


    Le dogme dominant affirme que toutes nos actions, normes, institutions et croyances s’expliquent par le jeu des intérêts en conflit.


     


     


    Et pourtant, partout de la collaboration 


    Même si les mécanismes de collaboration, de relations mutuellement bénéfiques, avaient été mises en évidence par Pierre Kropotkine dans son célèbre ouvrage « L’entraide » dès 1902, ce n’est que depuis les années 1970 que foisonnent les études qui mettent en évidence, pour les plantes, les animaux et les humains la puissance de ces forces au sein de l’évolution. Fourmis, sternes arctiques, pins à écorce blanche et sapin des Rocheuses : de l’entraide entre semblables, lointains cousins mais aussi « entre organismes qui n’ont rien à voir » ! « Des mutualismes (associations diffuses entre espèces) aux symbioses (associations obligatoires), de l’action collective ponctuelle à la coévolution fusionnelle, les services se donnent et se rendent dans tous les sens … ». Le vivant est une « inextricable pelote d’interdépendance ».


    Et les humains n’échappent pas à cette règle : partout de la coopération, de l’aide, du rejet des injustices et ceci principalement en situation de crise.


     


    Environnement


    Les conditions environnementales jouent un rôle prépondérant dans l’évolution de l’entraide.


    Darwin avait effectué ses observations sous les tropiques (milieu d’abondance nutritive et de confort thermique) et Kropotkine en Sibérie (moins de nutriments et conditions bien plus rudes). Milieux pauvres en ressources ou milieux riches privilégient soit l’entraide, soit la compétition.


     


    Comment nous expliquer ces comportements ?


    L’épigénétique a montré que l’activation ou la mise en veille de certains de nos gènes est héritable ! Et nos gènes réagissent à l’environnement, nous héritons donc des réactions de nos ancêtres à leur environnement, « la culture s’imprime dans notre biologie, de génération en génération. » Les hommes n’ont pu s’adapter qu’avec et grâce aux autres, la collaboration nous est indispensable. L’obligation de réciprocité est au cœur de l’humanité, la « triple obligation de « donner-recevoir-rendre » génère un état de dépendance réciproque ».


    Nous sommes « équipés » pour la collaboration. Nos cerveaux possèdent ce que l’on appelle des « neurones miroirs » qui nous permettent de percevoir, de sentir, d’entrer en résonance avec les émotions d’autrui. Et ce « lien qui nous attache aux sentiments des autres et qui nous rend interdépendants s’appelle l’empathie. »


     


    Et au sein de nos sociétés s’installe (plus ou moins !) un double mécanisme « qui récompense les comportements prosociaux (la carotte) et punit les comportements antisociaux. C’est la réciprocité renforcée. Différents mécanismes feront donc apparaître et renforceront l’entraide dans nos groupes et sociétés. L’éducation et les normes sociales peuvent, ou non, renforcer notre aptitude à collaborer. Une nouvelle conception de la nature humaine irrationnelle et prosociale se dessine !


     


    Une mythologie hémiplégique


    L’ouvrage nous propose donc une vision d’un monde composé tant de compétition que de coopération. Et ces deux mouvements forment nos relations au sein des collectifs et entre les collectifs. Les capacités d’entraide sont spontanées, mais pour les maintenir, il nous faut vivre dans un contexte qui les privilégient. L’entraide trouve son origine dans un acte de don, sa logique est celle de « donner-recevoir-rendre » au cœur de tout lien social. Le maintien d’une réciprocité généralisée à l’ensemble du groupe se fait « grâce à des mécanismes qui l’étendent et la renforcent : le mécanisme de réputation, la récompense des comportements vertueux et la punition des comportements antisociaux. »


     


    Pour conclure cette petite présentation, laissons Pablo s’exprimer : 


    « En baignant dans le mythe d’une nature agressive et compétitive, nous nous sommes battus sur le terrain imaginaire adverse. Or, nous savons désormais que compétition et coopération sont des forces antagonistes très puissantes qui coexistent à tous les niveaux du vivant. En observant le monde vivant sans œillères, nous pouvons commencer à faire le deuil du mythe d’un état de nature en guerre permanente de tous contre tous, d’un combat de gladiateurs quotidien où on ne se fait pas de quartier. Voici donc la première étape pour décloisonner notre imaginaire, pour le décomplexer et lui redonner confiance dans sa capacité à faire germer la coopération. Nous pouvons enfin, grâce aux découvertes de la science des dernières décennies, nous inspirer à nouveau du monde vivant pour innover. Ainsi, l’agroécologie, la permaculture et plus largement le biomimétisme ont pris racine dans cet incroyable réservoir de soutenabilité et de coopération qu’est la vie. Elles se sont ainsi rendu compte qu’en appliquant les principes du vivant – et en particulier la coopération– au fonctionnement de nos organisations, ces dernières se portaient beaucoup mieux, prenant ainsi soin des personnes qui y travaillent. » PABLO SERVIGNE


     



     


     


     


     


    Le livre "L’entraide, l’autre loi de la jungle" par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle.


    Article de réflexion et résumé du livre par Daniel Cauchy, membre fondateur de Rencontre des Continents



     


    « La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international - la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous - ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature. »


    Gregory Bateson


     


    Si comme l’écrit François Flahault, « … la tâche de rappeler ce qui devrait être est aisée alors que celle de penser autrement ce qui est se révèle plus difficile que jamais. », nos deux auteurs affrontent une question difficile et proposent une cure de décolonisation de nos imaginaires modernes. Ils nous offrent une belle synthèse des connaissances scientifiques actuelles montrant que les « relations qui font la beauté de la nature » ne se limitent pas à la compétition et au combat de chacun contre chacun. Avec un livre comme « L’entraide, l’autre loi de la jungle », on sort complètement des discours moralisateurs ou normalisateurs nous décrivant comment le monde et les humains devraient être ! Il s’agit ici de voir la vie autrement !


    C’est un livre « médicament », il nous soigne de cette pensée bien installée dans nos têtes, nos pratiques, nos institutions, nos conceptions politiques : celle d’un homme « naturellement » mauvais, soumis à la loi de la jungle, à la « loi du plus fort », celle du combat de chacun contre chacun. Pensée qui nous propose la compétition comme seul facteur d’évolution. Comme le disent nos auteurs : « Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »


    Ce livre bouscule les frontières entre les disciplines scientifiques pour « comprendre la nature coopérative de l’être humain dans le sillage de celle des autres organismes vivants ». Et pour cela de mobiliser des connaissances issues de bien des disciplines différentes : de la biologie à l’ethnologie, des neurosciences à la génétique, de la sociologie à l’économie expérimentale. Il a pour but de « dégager des principes généraux et une architecture générale de ce que l’on pourrait désormais appeler « l’autre loi de la jungle » : celle de l’entraide.


     


    - Paradigme dominant : la compétition


    La « loi du plus fort » ou celle de la « guerre de tous contre tous », comme l’écrivait Thomas Hobbes, nous invite à voir la vie, le monde, comme une arène au sein de laquelle dominent la ruse et la force. Que le plus fort gagne ! Et notre culture « moderne et utilitariste, est effectivement devenue hypertrophiée en compétition, délaissant sa partie généreuse, altruiste et bienveillante, passablement atrophiée. »


    Nous le savons : « l’homme est un loup pour l’homme » ! La clé du succès, et de l’évolution, réside dans la compétition !


    Le dogme dominant affirme que toutes nos actions, normes, institutions et croyances s’expliquent par le jeu des intérêts en conflit.


     


     


    Et pourtant, partout de la collaboration 


    Même si les mécanismes de collaboration, de relations mutuellement bénéfiques, avaient été mises en évidence par Pierre Kropotkine dans son célèbre ouvrage « L’entraide » dès 1902, ce n’est que depuis les années 1970 que foisonnent les études qui mettent en évidence, pour les plantes, les animaux et les humains la puissance de ces forces au sein de l’évolution. Fourmis, sternes arctiques, pins à écorce blanche et sapin des Rocheuses : de l’entraide entre semblables, lointains cousins mais aussi « entre organismes qui n’ont rien à voir » ! « Des mutualismes (associations diffuses entre espèces) aux symbioses (associations obligatoires), de l’action collective ponctuelle à la coévolution fusionnelle, les services se donnent et se rendent dans tous les sens … ». Le vivant est une « inextricable pelote d’interdépendance ».


    Et les humains n’échappent pas à cette règle : partout de la coopération, de l’aide, du rejet des injustices et ceci principalement en situation de crise.


     


    Environnement


    Les conditions environnementales jouent un rôle prépondérant dans l’évolution de l’entraide.


    Darwin avait effectué ses observations sous les tropiques (milieu d’abondance nutritive et de confort thermique) et Kropotkine en Sibérie (moins de nutriments et conditions bien plus rudes). Milieux pauvres en ressources ou milieux riches privilégient soit l’entraide, soit la compétition.


     


    Comment nous expliquer ces comportements ?


    L’épigénétique a montré que l’activation ou la mise en veille de certains de nos gènes est héritable ! Et nos gènes réagissent à l’environnement, nous héritons donc des réactions de nos ancêtres à leur environnement, « la culture s’imprime dans notre biologie, de génération en génération. » Les hommes n’ont pu s’adapter qu’avec et grâce aux autres, la collaboration nous est indispensable. L’obligation de réciprocité est au cœur de l’humanité, la « triple obligation de « donner-recevoir-rendre » génère un état de dépendance réciproque ».


    Nous sommes « équipés » pour la collaboration. Nos cerveaux possèdent ce que l’on appelle des « neurones miroirs » qui nous permettent de percevoir, de sentir, d’entrer en résonance avec les émotions d’autrui. Et ce « lien qui nous attache aux sentiments des autres et qui nous rend interdépendants s’appelle l’empathie. »


     


    Et au sein de nos sociétés s’installe (plus ou moins !) un double mécanisme « qui récompense les comportements prosociaux (la carotte) et punit les comportements antisociaux. C’est la réciprocité renforcée. Différents mécanismes feront donc apparaître et renforceront l’entraide dans nos groupes et sociétés. L’éducation et les normes sociales peuvent, ou non, renforcer notre aptitude à collaborer. Une nouvelle conception de la nature humaine irrationnelle et prosociale se dessine !


     


    Une mythologie hémiplégique


    L’ouvrage nous propose donc une vision d’un monde composé tant de compétition que de coopération. Et ces deux mouvements forment nos relations au sein des collectifs et entre les collectifs. Les capacités d’entraide sont spontanées, mais pour les maintenir, il nous faut vivre dans un contexte qui les privilégient. L’entraide trouve son origine dans un acte de don, sa logique est celle de « donner-recevoir-rendre » au cœur de tout lien social. Le maintien d’une réciprocité généralisée à l’ensemble du groupe se fait « grâce à des mécanismes qui l’étendent et la renforcent : le mécanisme de réputation, la récompense des comportements vertueux et la punition des comportements antisociaux. »


     


    Pour conclure cette petite présentation, laissons Pablo s’exprimer : 


    « En baignant dans le mythe d’une nature agressive et compétitive, nous nous sommes battus sur le terrain imaginaire adverse. Or, nous savons désormais que compétition et coopération sont des forces antagonistes très puissantes qui coexistent à tous les niveaux du vivant. En observant le monde vivant sans œillères, nous pouvons commencer à faire le deuil du mythe d’un état de nature en guerre permanente de tous contre tous, d’un combat de gladiateurs quotidien où on ne se fait pas de quartier. Voici donc la première étape pour décloisonner notre imaginaire, pour le décomplexer et lui redonner confiance dans sa capacité à faire germer la coopération. Nous pouvons enfin, grâce aux découvertes de la science des dernières décennies, nous inspirer à nouveau du monde vivant pour innover. Ainsi, l’agroécologie, la permaculture et plus largement le biomimétisme ont pris racine dans cet incroyable réservoir de soutenabilité et de coopération qu’est la vie. Elles se sont ainsi rendu compte qu’en appliquant les principes du vivant – et en particulier la coopération– au fonctionnement de nos organisations, ces dernières se portaient beaucoup mieux, prenant ainsi soin des personnes qui y travaillent. » PABLO SERVIGNE


     



     


     


     


     


    Le livre "L’entraide, l’autre loi de la jungle" par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle.


    Article de réflexion et résumé du livre par Daniel Cauchy, membre fondateur de Rencontre des Continents



     


    « La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international - la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous - ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature. »


    Gregory Bateson


     


    Si comme l’écrit François Flahault, « … la tâche de rappeler ce qui devrait être est aisée alors que celle de penser autrement ce qui est se révèle plus difficile que jamais. », nos deux auteurs affrontent une question difficile et proposent une cure de décolonisation de nos imaginaires modernes. Ils nous offrent une belle synthèse des connaissances scientifiques actuelles montrant que les « relations qui font la beauté de la nature » ne se limitent pas à la compétition et au combat de chacun contre chacun. Avec un livre comme « L’entraide, l’autre loi de la jungle », on sort complètement des discours moralisateurs ou normalisateurs nous décrivant comment le monde et les humains devraient être ! Il s’agit ici de voir la vie autrement !


    C’est un livre « médicament », il nous soigne de cette pensée bien installée dans nos têtes, nos pratiques, nos institutions, nos conceptions politiques : celle d’un homme « naturellement » mauvais, soumis à la loi de la jungle, à la « loi du plus fort », celle du combat de chacun contre chacun. Pensée qui nous propose la compétition comme seul facteur d’évolution. Comme le disent nos auteurs : « Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »


    Ce livre bouscule les frontières entre les disciplines scientifiques pour « comprendre la nature coopérative de l’être humain dans le sillage de celle des autres organismes vivants ». Et pour cela de mobiliser des connaissances issues de bien des disciplines différentes : de la biologie à l’ethnologie, des neurosciences à la génétique, de la sociologie à l’économie expérimentale. Il a pour but de « dégager des principes généraux et une architecture générale de ce que l’on pourrait désormais appeler « l’autre loi de la jungle » : celle de l’entraide.


     


    - Paradigme dominant : la compétition


    La « loi du plus fort » ou celle de la « guerre de tous contre tous », comme l’écrivait Thomas Hobbes, nous invite à voir la vie, le monde, comme une arène au sein de laquelle dominent la ruse et la force. Que le plus fort gagne ! Et notre culture « moderne et utilitariste, est effectivement devenue hypertrophiée en compétition, délaissant sa partie généreuse, altruiste et bienveillante, passablement atrophiée. »


    Nous le savons : « l’homme est un loup pour l’homme » ! La clé du succès, et de l’évolution, réside dans la compétition !


    Le dogme dominant affirme que toutes nos actions, normes, institutions et croyances s’expliquent par le jeu des intérêts en conflit.


     


     


    Et pourtant, partout de la collaboration 


    Même si les mécanismes de collaboration, de relations mutuellement bénéfiques, avaient été mises en évidence par Pierre Kropotkine dans son célèbre ouvrage « L’entraide » dès 1902, ce n’est que depuis les années 1970 que foisonnent les études qui mettent en évidence, pour les plantes, les animaux et les humains la puissance de ces forces au sein de l’évolution. Fourmis, sternes arctiques, pins à écorce blanche et sapin des Rocheuses : de l’entraide entre semblables, lointains cousins mais aussi « entre organismes qui n’ont rien à voir » ! « Des mutualismes (associations diffuses entre espèces) aux symbioses (associations obligatoires), de l’action collective ponctuelle à la coévolution fusionnelle, les services se donnent et se rendent dans tous les sens … ». Le vivant est une « inextricable pelote d’interdépendance ».


    Et les humains n’échappent pas à cette règle : partout de la coopération, de l’aide, du rejet des injustices et ceci principalement en situation de crise.


     


    Environnement


    Les conditions environnementales jouent un rôle prépondérant dans l’évolution de l’entraide.


    Darwin avait effectué ses observations sous les tropiques (milieu d’abondance nutritive et de confort thermique) et Kropotkine en Sibérie (moins de nutriments et conditions bien plus rudes). Milieux pauvres en ressources ou milieux riches privilégient soit l’entraide, soit la compétition.


     


    Comment nous expliquer ces comportements ?


    L’épigénétique a montré que l’activation ou la mise en veille de certains de nos gènes est héritable ! Et nos gènes réagissent à l’environnement, nous héritons donc des réactions de nos ancêtres à leur environnement, « la culture s’imprime dans notre biologie, de génération en génération. » Les hommes n’ont pu s’adapter qu’avec et grâce aux autres, la collaboration nous est indispensable. L’obligation de réciprocité est au cœur de l’humanité, la « triple obligation de « donner-recevoir-rendre » génère un état de dépendance réciproque ».


    Nous sommes « équipés » pour la collaboration. Nos cerveaux possèdent ce que l’on appelle des « neurones miroirs » qui nous permettent de percevoir, de sentir, d’entrer en résonance avec les émotions d’autrui. Et ce « lien qui nous attache aux sentiments des autres et qui nous rend interdépendants s’appelle l’empathie. »


     


    Et au sein de nos sociétés s’installe (plus ou moins !) un double mécanisme « qui récompense les comportements prosociaux (la carotte) et punit les comportements antisociaux. C’est la réciprocité renforcée. Différents mécanismes feront donc apparaître et renforceront l’entraide dans nos groupes et sociétés. L’éducation et les normes sociales peuvent, ou non, renforcer notre aptitude à collaborer. Une nouvelle conception de la nature humaine irrationnelle et prosociale se dessine !


     


    Une mythologie hémiplégique


    L’ouvrage nous propose donc une vision d’un monde composé tant de compétition que de coopération. Et ces deux mouvements forment nos relations au sein des collectifs et entre les collectifs. Les capacités d’entraide sont spontanées, mais pour les maintenir, il nous faut vivre dans un contexte qui les privilégient. L’entraide trouve son origine dans un acte de don, sa logique est celle de « donner-recevoir-rendre » au cœur de tout lien social. Le maintien d’une réciprocité généralisée à l’ensemble du groupe se fait « grâce à des mécanismes qui l’étendent et la renforcent : le mécanisme de réputation, la récompense des comportements vertueux et la punition des comportements antisociaux. »


     


    Pour conclure cette petite présentation, laissons Pablo s’exprimer : 


    « En baignant dans le mythe d’une nature agressive et compétitive, nous nous sommes battus sur le terrain imaginaire adverse. Or, nous savons désormais que compétition et coopération sont des forces antagonistes très puissantes qui coexistent à tous les niveaux du vivant. En observant le monde vivant sans œillères, nous pouvons commencer à faire le deuil du mythe d’un état de nature en guerre permanente de tous contre tous, d’un combat de gladiateurs quotidien où on ne se fait pas de quartier. Voici donc la première étape pour décloisonner notre imaginaire, pour le décomplexer et lui redonner confiance dans sa capacité à faire germer la coopération. Nous pouvons enfin, grâce aux découvertes de la science des dernières décennies, nous inspirer à nouveau du monde vivant pour innover. Ainsi, l’agroécologie, la permaculture et plus largement le biomimétisme ont pris racine dans cet incroyable réservoir de soutenabilité et de coopération qu’est la vie. Elles se sont ainsi rendu compte qu’en appliquant les principes du vivant – et en particulier la coopération– au fonctionnement de nos organisations, ces dernières se portaient beaucoup mieux, prenant ainsi soin des personnes qui y travaillent. » PABLO SERVIGNE


     



     


     


     


     


    Le livre "L’entraide, l’autre loi de la jungle" par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle.


    Article de réflexion et résumé du livre par Daniel Cauchy, membre fondateur de Rencontre des Continents



     


    « La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international - la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous - ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature. »


    Gregory Bateson


     


    Si comme l’écrit François Flahault, « … la tâche de rappeler ce qui devrait être est aisée alors que celle de penser autrement ce qui est se révèle plus difficile que jamais. », nos deux auteurs affrontent une question difficile et proposent une cure de décolonisation de nos imaginaires modernes. Ils nous offrent une belle synthèse des connaissances scientifiques actuelles montrant que les « relations qui font la beauté de la nature » ne se limitent pas à la compétition et au combat de chacun contre chacun. Avec un livre comme « L’entraide, l’autre loi de la jungle », on sort complètement des discours moralisateurs ou normalisateurs nous décrivant comment le monde et les humains devraient être ! Il s’agit ici de voir la vie autrement !


    C’est un livre « médicament », il nous soigne de cette pensée bien installée dans nos têtes, nos pratiques, nos institutions, nos conceptions politiques : celle d’un homme « naturellement » mauvais, soumis à la loi de la jungle, à la « loi du plus fort », celle du combat de chacun contre chacun. Pensée qui nous propose la compétition comme seul facteur d’évolution. Comme le disent nos auteurs : « Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »


    Ce livre bouscule les frontières entre les disciplines scientifiques pour « comprendre la nature coopérative de l’être humain dans le sillage de celle des autres organismes vivants ». Et pour cela de mobiliser des connaissances issues de bien des disciplines différentes : de la biologie à l’ethnologie, des neurosciences à la génétique, de la sociologie à l’économie expérimentale. Il a pour but de « dégager des principes généraux et une architecture générale de ce que l’on pourrait désormais appeler « l’autre loi de la jungle » : celle de l’entraide.


     


    - Paradigme dominant : la compétition


    La « loi du plus fort » ou celle de la « guerre de tous contre tous », comme l’écrivait Thomas Hobbes, nous invite à voir la vie, le monde, comme une arène au sein de laquelle dominent la ruse et la force. Que le plus fort gagne ! Et notre culture « moderne et utilitariste, est effectivement devenue hypertrophiée en compétition, délaissant sa partie généreuse, altruiste et bienveillante, passablement atrophiée. »


    Nous le savons : « l’homme est un loup pour l’homme » ! La clé du succès, et de l’évolution, réside dans la compétition !


    Le dogme dominant affirme que toutes nos actions, normes, institutions et croyances s’expliquent par le jeu des intérêts en conflit.


     


     


    Et pourtant, partout de la collaboration 


    Même si les mécanismes de collaboration, de relations mutuellement bénéfiques, avaient été mises en évidence par Pierre Kropotkine dans son célèbre ouvrage « L’entraide » dès 1902, ce n’est que depuis les années 1970 que foisonnent les études qui mettent en évidence, pour les plantes, les animaux et les humains la puissance de ces forces au sein de l’évolution. Fourmis, sternes arctiques, pins à écorce blanche et sapin des Rocheuses : de l’entraide entre semblables, lointains cousins mais aussi « entre organismes qui n’ont rien à voir » ! « Des mutualismes (associations diffuses entre espèces) aux symbioses (associations obligatoires), de l’action collective ponctuelle à la coévolution fusionnelle, les services se donnent et se rendent dans tous les sens … ». Le vivant est une « inextricable pelote d’interdépendance ».


    Et les humains n’échappent pas à cette règle : partout de la coopération, de l’aide, du rejet des injustices et ceci principalement en situation de crise.


     


    Environnement


    Les conditions environnementales jouent un rôle prépondérant dans l’évolution de l’entraide.


    Darwin avait effectué ses observations sous les tropiques (milieu d’abondance nutritive et de confort thermique) et Kropotkine en Sibérie (moins de nutriments et conditions bien plus rudes). Milieux pauvres en ressources ou milieux riches privilégient soit l’entraide, soit la compétition.


     


    Comment nous expliquer ces comportements ?


    L’épigénétique a montré que l’activation ou la mise en veille de certains de nos gènes est héritable ! Et nos gènes réagissent à l’environnement, nous héritons donc des réactions de nos ancêtres à leur environnement, « la culture s’imprime dans notre biologie, de génération en génération. » Les hommes n’ont pu s’adapter qu’avec et grâce aux autres, la collaboration nous est indispensable. L’obligation de réciprocité est au cœur de l’humanité, la « triple obligation de « donner-recevoir-rendre » génère un état de dépendance réciproque ».


    Nous sommes « équipés » pour la collaboration. Nos cerveaux possèdent ce que l’on appelle des « neurones miroirs » qui nous permettent de percevoir, de sentir, d’entrer en résonance avec les émotions d’autrui. Et ce « lien qui nous attache aux sentiments des autres et qui nous rend interdépendants s’appelle l’empathie. »


     


    Et au sein de nos sociétés s’installe (plus ou moins !) un double mécanisme « qui récompense les comportements prosociaux (la carotte) et punit les comportements antisociaux. C’est la réciprocité renforcée. Différents mécanismes feront donc apparaître et renforceront l’entraide dans nos groupes et sociétés. L’éducation et les normes sociales peuvent, ou non, renforcer notre aptitude à collaborer. Une nouvelle conception de la nature humaine irrationnelle et prosociale se dessine !


     


    Une mythologie hémiplégique


    L’ouvrage nous propose donc une vision d’un monde composé tant de compétition que de coopération. Et ces deux mouvements forment nos relations au sein des collectifs et entre les collectifs. Les capacités d’entraide sont spontanées, mais pour les maintenir, il nous faut vivre dans un contexte qui les privilégient. L’entraide trouve son origine dans un acte de don, sa logique est celle de « donner-recevoir-rendre » au cœur de tout lien social. Le maintien d’une réciprocité généralisée à l’ensemble du groupe se fait « grâce à des mécanismes qui l’étendent et la renforcent : le mécanisme de réputation, la récompense des comportements vertueux et la punition des comportements antisociaux. »


     


    Pour conclure cette petite présentation, laissons Pablo s’exprimer : 


    « En baignant dans le mythe d’une nature agressive et compétitive, nous nous sommes battus sur le terrain imaginaire adverse. Or, nous savons désormais que compétition et coopération sont des forces antagonistes très puissantes qui coexistent à tous les niveaux du vivant. En observant le monde vivant sans œillères, nous pouvons commencer à faire le deuil du mythe d’un état de nature en guerre permanente de tous contre tous, d’un combat de gladiateurs quotidien où on ne se fait pas de quartier. Voici donc la première étape pour décloisonner notre imaginaire, pour le décomplexer et lui redonner confiance dans sa capacité à faire germer la coopération. Nous pouvons enfin, grâce aux découvertes de la science des dernières décennies, nous inspirer à nouveau du monde vivant pour innover. Ainsi, l’agroécologie, la permaculture et plus largement le biomimétisme ont pris racine dans cet incroyable réservoir de soutenabilité et de coopération qu’est la vie. Elles se sont ainsi rendu compte qu’en appliquant les principes du vivant – et en particulier la coopération– au fonctionnement de nos organisations, ces dernières se portaient beaucoup mieux, prenant ainsi soin des personnes qui y travaillent. » PABLO SERVIGNE


     



     


     


     


     


    Le livre "L’entraide, l’autre loi de la jungle" par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle.


    Article de réflexion et résumé du livre par Daniel Cauchy, membre fondateur de Rencontre des Continents



     


    « La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international - la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous - ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature. »


    Gregory Bateson


     


    Si comme l’écrit François Flahault, « … la tâche de rappeler ce qui devrait être est aisée alors que celle de penser autrement ce qui est se révèle plus difficile que jamais. », nos deux auteurs affrontent une question difficile et proposent une cure de décolonisation de nos imaginaires modernes. Ils nous offrent une belle synthèse des connaissances scientifiques actuelles montrant que les « relations qui font la beauté de la nature » ne se limitent pas à la compétition et au combat de chacun contre chacun. Avec un livre comme « L’entraide, l’autre loi de la jungle », on sort complètement des discours moralisateurs ou normalisateurs nous décrivant comment le monde et les humains devraient être ! Il s’agit ici de voir la vie autrement !


    C’est un livre « médicament », il nous soigne de cette pensée bien installée dans nos têtes, nos pratiques, nos institutions, nos conceptions politiques : celle d’un homme « naturellement » mauvais, soumis à la loi de la jungle, à la « loi du plus fort », celle du combat de chacun contre chacun. Pensée qui nous propose la compétition comme seul facteur d’évolution. Comme le disent nos auteurs : « Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »


    Ce livre bouscule les frontières entre les disciplines scientifiques pour « comprendre la nature coopérative de l’être humain dans le sillage de celle des autres organismes vivants ». Et pour cela de mobiliser des connaissances issues de bien des disciplines différentes : de la biologie à l’ethnologie, des neurosciences à la génétique, de la sociologie à l’économie expérimentale. Il a pour but de « dégager des principes généraux et une architecture générale de ce que l’on pourrait désormais appeler « l’autre loi de la jungle » : celle de l’entraide.


     


    - Paradigme dominant : la compétition


    La « loi du plus fort » ou celle de la « guerre de tous contre tous », comme l’écrivait Thomas Hobbes, nous invite à voir la vie, le monde, comme une arène au sein de laquelle dominent la ruse et la force. Que le plus fort gagne ! Et notre culture « moderne et utilitariste, est effectivement devenue hypertrophiée en compétition, délaissant sa partie généreuse, altruiste et bienveillante, passablement atrophiée. »


    Nous le savons : « l’homme est un loup pour l’homme » ! La clé du succès, et de l’évolution, réside dans la compétition !


    Le dogme dominant affirme que toutes nos actions, normes, institutions et croyances s’expliquent par le jeu des intérêts en conflit.


     


     


    Et pourtant, partout de la collaboration 


    Même si les mécanismes de collaboration, de relations mutuellement bénéfiques, avaient été mises en évidence par Pierre Kropotkine dans son célèbre ouvrage « L’entraide » dès 1902, ce n’est que depuis les années 1970 que foisonnent les études qui mettent en évidence, pour les plantes, les animaux et les humains la puissance de ces forces au sein de l’évolution. Fourmis, sternes arctiques, pins à écorce blanche et sapin des Rocheuses : de l’entraide entre semblables, lointains cousins mais aussi « entre organismes qui n’ont rien à voir » ! « Des mutualismes (associations diffuses entre espèces) aux symbioses (associations obligatoires), de l’action collective ponctuelle à la coévolution fusionnelle, les services se donnent et se rendent dans tous les sens … ». Le vivant est une « inextricable pelote d’interdépendance ».


    Et les humains n’échappent pas à cette règle : partout de la coopération, de l’aide, du rejet des injustices et ceci principalement en situation de crise.


     


    Environnement


    Les conditions environnementales jouent un rôle prépondérant dans l’évolution de l’entraide.


    Darwin avait effectué ses observations sous les tropiques (milieu d’abondance nutritive et de confort thermique) et Kropotkine en Sibérie (moins de nutriments et conditions bien plus rudes). Milieux pauvres en ressources ou milieux riches privilégient soit l’entraide, soit la compétition.


     


    Comment nous expliquer ces comportements ?


    L’épigénétique a montré que l’activation ou la mise en veille de certains de nos gènes est héritable ! Et nos gènes réagissent à l’environnement, nous héritons donc des réactions de nos ancêtres à leur environnement, « la culture s’imprime dans notre biologie, de génération en génération. » Les hommes n’ont pu s’adapter qu’avec et grâce aux autres, la collaboration nous est indispensable. L’obligation de réciprocité est au cœur de l’humanité, la « triple obligation de « donner-recevoir-rendre » génère un état de dépendance réciproque ».


    Nous sommes « équipés » pour la collaboration. Nos cerveaux possèdent ce que l’on appelle des « neurones miroirs » qui nous permettent de percevoir, de sentir, d’entrer en résonance avec les émotions d’autrui. Et ce « lien qui nous attache aux sentiments des autres et qui nous rend interdépendants s’appelle l’empathie. »


     


    Et au sein de nos sociétés s’installe (plus ou moins !) un double mécanisme « qui récompense les comportements prosociaux (la carotte) et punit les comportements antisociaux. C’est la réciprocité renforcée. Différents mécanismes feront donc apparaître et renforceront l’entraide dans nos groupes et sociétés. L’éducation et les normes sociales peuvent, ou non, renforcer notre aptitude à collaborer. Une nouvelle conception de la nature humaine irrationnelle et prosociale se dessine !


     


    Une mythologie hémiplégique


    L’ouvrage nous propose donc une vision d’un monde composé tant de compétition que de coopération. Et ces deux mouvements forment nos relations au sein des collectifs et entre les collectifs. Les capacités d’entraide sont spontanées, mais pour les maintenir, il nous faut vivre dans un contexte qui les privilégient. L’entraide trouve son origine dans un acte de don, sa logique est celle de « donner-recevoir-rendre » au cœur de tout lien social. Le maintien d’une réciprocité généralisée à l’ensemble du groupe se fait « grâce à des mécanismes qui l’étendent et la renforcent : le mécanisme de réputation, la récompense des comportements vertueux et la punition des comportements antisociaux. »


     


    Pour conclure cette petite présentation, laissons Pablo s’exprimer : 


    « En baignant dans le mythe d’une nature agressive et compétitive, nous nous sommes battus sur le terrain imaginaire adverse. Or, nous savons désormais que compétition et coopération sont des forces antagonistes très puissantes qui coexistent à tous les niveaux du vivant. En observant le monde vivant sans œillères, nous pouvons commencer à faire le deuil du mythe d’un état de nature en guerre permanente de tous contre tous, d’un combat de gladiateurs quotidien où on ne se fait pas de quartier. Voici donc la première étape pour décloisonner notre imaginaire, pour le décomplexer et lui redonner confiance dans sa capacité à faire germer la coopération. Nous pouvons enfin, grâce aux découvertes de la science des dernières décennies, nous inspirer à nouveau du monde vivant pour innover. Ainsi, l’agroécologie, la permaculture et plus largement le biomimétisme ont pris racine dans cet incroyable réservoir de soutenabilité et de coopération qu’est la vie. Elles se sont ainsi rendu compte qu’en appliquant les principes du vivant – et en particulier la coopération– au fonctionnement de nos organisations, ces dernières se portaient beaucoup mieux, prenant ainsi soin des personnes qui y travaillent. » PABLO SERVIGNE


     



     


     


     


     


    Le livre "L’entraide, l’autre loi de la jungle" par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle.


    Article de réflexion et résumé du livre par Daniel Cauchy, membre fondateur de Rencontre des Continents



     


    « La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international - la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous - ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature. »


    Gregory Bateson


     


    Si comme l’écrit François Flahault, « … la tâche de rappeler ce qui devrait être est aisée alors que celle de penser autrement ce qui est se révèle plus difficile que jamais. », nos deux auteurs affrontent une question difficile et proposent une cure de décolonisation de nos imaginaires modernes. Ils nous offrent une belle synthèse des connaissances scientifiques actuelles montrant que les « relations qui font la beauté de la nature » ne se limitent pas à la compétition et au combat de chacun contre chacun. Avec un livre comme « L’entraide, l’autre loi de la jungle », on sort complètement des discours moralisateurs ou normalisateurs nous décrivant comment le monde et les humains devraient être ! Il s’agit ici de voir la vie autrement !


    C’est un livre « médicament », il nous soigne de cette pensée bien installée dans nos têtes, nos pratiques, nos institutions, nos conceptions politiques : celle d’un homme « naturellement » mauvais, soumis à la loi de la jungle, à la « loi du plus fort », celle du combat de chacun contre chacun. Pensée qui nous propose la compétition comme seul facteur d’évolution. Comme le disent nos auteurs : « Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »


    Ce livre bouscule les frontières entre les disciplines scientifiques pour « comprendre la nature coopérative de l’être humain dans le sillage de celle des autres organismes vivants ». Et pour cela de mobiliser des connaissances issues de bien des disciplines différentes : de la biologie à l’ethnologie, des neurosciences à la génétique, de la sociologie à l’économie expérimentale. Il a pour but de « dégager des principes généraux et une architecture générale de ce que l’on pourrait désormais appeler « l’autre loi de la jungle » : celle de l’entraide.


     


    - Paradigme dominant : la compétition


    La « loi du plus fort » ou celle de la « guerre de tous contre tous », comme l’écrivait Thomas Hobbes, nous invite à voir la vie, le monde, comme une arène au sein de laquelle dominent la ruse et la force. Que le plus fort gagne ! Et notre culture « moderne et utilitariste, est effectivement devenue hypertrophiée en compétition, délaissant sa partie généreuse, altruiste et bienveillante, passablement atrophiée. »


    Nous le savons : « l’homme est un loup pour l’homme » ! La clé du succès, et de l’évolution, réside dans la compétition !


    Le dogme dominant affirme que toutes nos actions, normes, institutions et croyances s’expliquent par le jeu des intérêts en conflit.


     


     


    Et pourtant, partout de la collaboration 


    Même si les mécanismes de collaboration, de relations mutuellement bénéfiques, avaient été mises en évidence par Pierre Kropotkine dans son célèbre ouvrage « L’entraide » dès 1902, ce n’est que depuis les années 1970 que foisonnent les études qui mettent en évidence, pour les plantes, les animaux et les humains la puissance de ces forces au sein de l’évolution. Fourmis, sternes arctiques, pins à écorce blanche et sapin des Rocheuses : de l’entraide entre semblables, lointains cousins mais aussi « entre organismes qui n’ont rien à voir » ! « Des mutualismes (associations diffuses entre espèces) aux symbioses (associations obligatoires), de l’action collective ponctuelle à la coévolution fusionnelle, les services se donnent et se rendent dans tous les sens … ». Le vivant est une « inextricable pelote d’interdépendance ».


    Et les humains n’échappent pas à cette règle : partout de la coopération, de l’aide, du rejet des injustices et ceci principalement en situation de crise.


     


    Environnement


    Les conditions environnementales jouent un rôle prépondérant dans l’évolution de l’entraide.


    Darwin avait effectué ses observations sous les tropiques (milieu d’abondance nutritive et de confort thermique) et Kropotkine en Sibérie (moins de nutriments et conditions bien plus rudes). Milieux pauvres en ressources ou milieux riches privilégient soit l’entraide, soit la compétition.


     


    Comment nous expliquer ces comportements ?


    L’épigénétique a montré que l’activation ou la mise en veille de certains de nos gènes est héritable ! Et nos gènes réagissent à l’environnement, nous héritons donc des réactions de nos ancêtres à leur environnement, « la culture s’imprime dans notre biologie, de génération en génération. » Les hommes n’ont pu s’adapter qu’avec et grâce aux autres, la collaboration nous est indispensable. L’obligation de réciprocité est au cœur de l’humanité, la « triple obligation de « donner-recevoir-rendre » génère un état de dépendance réciproque ».


    Nous sommes « équipés » pour la collaboration. Nos cerveaux possèdent ce que l’on appelle des « neurones miroirs » qui nous permettent de percevoir, de sentir, d’entrer en résonance avec les émotions d’autrui. Et ce « lien qui nous attache aux sentiments des autres et qui nous rend interdépendants s’appelle l’empathie. »


     


    Et au sein de nos sociétés s’installe (plus ou moins !) un double mécanisme « qui récompense les comportements prosociaux (la carotte) et punit les comportements antisociaux. C’est la réciprocité renforcée. Différents mécanismes feront donc apparaître et renforceront l’entraide dans nos groupes et sociétés. L’éducation et les normes sociales peuvent, ou non, renforcer notre aptitude à collaborer. Une nouvelle conception de la nature humaine irrationnelle et prosociale se dessine !


     


    Une mythologie hémiplégique


    L’ouvrage nous propose donc une vision d’un monde composé tant de compétition que de coopération. Et ces deux mouvements forment nos relations au sein des collectifs et entre les collectifs. Les capacités d’entraide sont spontanées, mais pour les maintenir, il nous faut vivre dans un contexte qui les privilégient. L’entraide trouve son origine dans un acte de don, sa logique est celle de « donner-recevoir-rendre » au cœur de tout lien social. Le maintien d’une réciprocité généralisée à l’ensemble du groupe se fait « grâce à des mécanismes qui l’étendent et la renforcent : le mécanisme de réputation, la récompense des comportements vertueux et la punition des comportements antisociaux. »


     


    Pour conclure cette petite présentation, laissons Pablo s’exprimer : 


    « En baignant dans le mythe d’une nature agressive et compétitive, nous nous sommes battus sur le terrain imaginaire adverse. Or, nous savons désormais que compétition et coopération sont des forces antagonistes très puissantes qui coexistent à tous les niveaux du vivant. En observant le monde vivant sans œillères, nous pouvons commencer à faire le deuil du mythe d’un état de nature en guerre permanente de tous contre tous, d’un combat de gladiateurs quotidien où on ne se fait pas de quartier. Voici donc la première étape pour décloisonner notre imaginaire, pour le décomplexer et lui redonner confiance dans sa capacité à faire germer la coopération. Nous pouvons enfin, grâce aux découvertes de la science des dernières décennies, nous inspirer à nouveau du monde vivant pour innover. Ainsi, l’agroécologie, la permaculture et plus largement le biomimétisme ont pris racine dans cet incroyable réservoir de soutenabilité et de coopération qu’est la vie. Elles se sont ainsi rendu compte qu’en appliquant les principes du vivant – et en particulier la coopération– au fonctionnement de nos organisations, ces dernières se portaient beaucoup mieux, prenant ainsi soin des personnes qui y travaillent. » PABLO SERVIGNE


     



     


     


     


     


    Le livre "L’entraide, l’autre loi de la jungle" par Pablo Servigne et Gauthier Chapelle.


    Article de réflexion et résumé du livre par Daniel Cauchy, membre fondateur de Rencontre des Continents



     


    « La monstrueuse pathologie atomiste que l’on rencontre aux niveaux individuel, familial, national et international - la pathologie du mode de pensée erroné dans lequel nous vivons tous - ne pourra être corrigée, en fin de compte, que par l’extraordinaire découverte des relations qui font la beauté de la nature. »


    Gregory Bateson


     


    Si comme l’écrit François Flahault, « … la tâche de rappeler ce qui devrait être est aisée alors que celle de penser autrement ce qui est se révèle plus difficile que jamais. », nos deux auteurs affrontent une question difficile et proposent une cure de décolonisation de nos imaginaires modernes. Ils nous offrent une belle synthèse des connaissances scientifiques actuelles montrant que les « relations qui font la beauté de la nature » ne se limitent pas à la compétition et au combat de chacun contre chacun. Avec un livre comme « L’entraide, l’autre loi de la jungle », on sort complètement des discours moralisateurs ou normalisateurs nous décrivant comment le monde et les humains devraient être ! Il s’agit ici de voir la vie autrement !


    C’est un livre « médicament », il nous soigne de cette pensée bien installée dans nos têtes, nos pratiques, nos institutions, nos conceptions politiques : celle d’un homme « naturellement » mauvais, soumis à la loi de la jungle, à la « loi du plus fort », celle du combat de chacun contre chacun. Pensée qui nous propose la compétition comme seul facteur d’évolution. Comme le disent nos auteurs : « Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète. »


    Ce livre bouscule les frontières entre les disciplines scientifiques pour « comprendre la nature coopérative de l’être humain dans le sillage de celle des autres organismes vivants ». Et pour cela de mobiliser des connaissances issues de bien des disciplines différentes : de la biologie à l’ethnologie, des neurosciences à la génétique, de la sociologie à l’économie expérimentale. Il a pour but de « dégager des principes généraux et une architecture générale de ce que l’on pourrait désormais appeler « l’autre loi de la jungle » : celle de l’entraide.


     


    - Paradigme dominant : la compétition


    La « loi du plus fort » ou celle de la « guerre de tous contre tous », comme l’écrivait Thomas Hobbes, nous invite à voir la vie, le monde, comme une arène au sein de laquelle dominent la ruse et la force. Que le plus fort gagne ! Et notre culture « moderne et utilitariste, est effectivement devenue hypertrophiée en compétition, délaissant sa partie généreuse, altruiste et bienveillante, passablement atrophiée. »


    Nous le savons : « l’homme est un loup pour l’homme » ! La clé du succès, et de l’évolution, réside dans la compétition !


    Le dogme dominant affirme que toutes nos actions, normes, institutions et croyances s’expliquent par le jeu des intérêts en conflit.


     


     


    Et pourtant, partout de la collaboration 


    Même si les mécanismes de collaboration, de relations mutuellement bénéfiques, avaient été mises en évidence par Pierre Kropotkine dans son célèbre ouvrage « L’entraide » dès 1902, ce n’est que depuis les années 1970 que foisonnent les études qui mettent en évidence, pour les plantes, les animaux et les humains la puissance de ces forces au sein de l’évolution. Fourmis, sternes arctiques, pins à écorce blanche et sapin des Rocheuses : de l’entraide entre semblables, lointains cousins mais aussi « entre organismes qui n’ont rien à voir » ! « Des mutualismes (associations diffuses entre espèces) aux symbioses (associations obligatoires), de l’action collective ponctuelle à la coévolution fusionnelle, les services se donnent et se rendent dans tous les sens … ». Le vivant est une « inextricable pelote d’interdépendance ».


    Et les humains n’échappent pas à cette règle : partout de la coopération, de l’aide, du rejet des injustices et ceci principalement en situation de crise.


     


    Environnement


    Les conditions environnementales jouent un rôle prépondérant dans l’évolution de l’entraide.


    Darwin avait effectué ses observations sous les tropiques (milieu d’abondance nutritive et de confort thermique) et Kropotkine en Sibérie (moins de nutriments et conditions bien plus rudes). Milieux pauvres en ressources ou milieux riches privilégient soit l’entraide, soit la compétition.


     


    Comment nous expliquer ces comportements ?


    L’épigénétique a montré que l’activation ou la mise en veille de certains de nos gènes est héritable ! Et nos gènes réagissent à l’environnement, nous héritons donc des réactions de nos ancêtres à leur environnement, « la culture s’imprime dans notre biologie, de génération en génération. » Les hommes n’ont pu s’adapter qu’avec et grâce aux autres, la collaboration nous est indispensable. L’obligation de réciprocité est au cœur de l’humanité, la « triple obligation de « donner-recevoir-rendre » génère un état de dépendance réciproque ».


    Nous sommes « équipés » pour la collaboration. Nos cerveaux possèdent ce que l’on appelle des « neurones miroirs » qui nous permettent de percevoir, de sentir, d’entrer en résonance avec les émotions d’autrui. Et ce « lien qui nous attache aux sentiments des autres et qui nous rend interdépendants s’appelle l’empathie. »


     


    Et au sein de nos sociétés s’installe (plus ou moins !) un double mécanisme « qui récompense les comportements prosociaux (la carotte) et punit les comportements antisociaux. C’est la réciprocité renforcée. Différents mécanismes feront donc apparaître et renforceront l’entraide dans nos groupes et sociétés. L’éducation et les normes sociales peuvent, ou non, renforcer notre aptitude à collaborer. Une nouvelle conception de la nature humaine irrationnelle et prosociale se dessine !


     


    Une mythologie hémiplégique


    L’ouvrage nous propose donc une vision d’un monde composé tant de compétition que de coopération. Et ces deux mouvements forment nos relations au sein des collectifs et entre les collectifs. Les capacités d’entraide sont spontanées, mais pour les maintenir, il nous faut vivre dans un contexte qui les privilégient. L’entraide trouve son origine dans un acte de don, sa logique est celle de « donner-recevoir-rendre » au cœur de tout lien social. Le maintien d’une réciprocité généralisée à l’ensemble du groupe se fait « grâce à des mécanismes qui l’étendent et la renforcent : le mécanisme de réputation, la récompense des comportements vertueux et la punition des comportements antisociaux. »


     


    Pour conclure cette petite présentation, laissons Pablo s’exprimer : 


    « En baignant dans le mythe d’une nature agressive et compétitive, nous nous sommes battus sur le terrain imaginaire adverse. Or, nous savons désormais que compétition et coopération sont des forces antagonistes très puissantes qui coexistent à tous les niveaux du vivant. En observant le monde vivant sans œillères, nous pouvons commencer à faire le deuil du mythe d’un état de nature en guerre permanente de tous contre tous, d’un combat de gladiateurs quotidien où on ne se fait pas de quartier. Voici donc la première étape pour décloisonner notre imaginaire, pour le décomplexer et lui redonner confiance dans sa capacité à faire germer la coopération. Nous pouvons enfin, grâce aux découvertes de la science des dernières décennies, nous inspirer à nouveau du monde vivant pour innover. Ainsi, l’agroécologie, la permaculture et plus largement le biomimétisme ont pris racine dans cet incroyable réservoir de soutenabilité et de coopération qu’est la vie. Elles se sont ainsi rendu compte qu’en appliquant les principes du vivant – et en particulier la coopération– au fonctionnement de nos organisations, ces dernières se portaient beaucoup mieux, prenant ainsi soin des personnes qui y travaillent. » PABLO SERVIGNE


     



     


     


     


     



  • Depuis longtemps, l’envie demeure dans le collectif RdC de mettre davantage de "sensible" dans nos animations et formations... Par sensible, nous entendons les "sens" soit une autre manière de questionner et raconter son rapport au monde dans lequel  : sensibilité, imagination et créativité ont leur mot à dire.. Plusieurs expériences avaient été menés notamment lors d’une formation auprès d’un groupe de femmes du GAFFI : atelier collage, théâtre forum, contes... Alors quand cette occasion émanant des Ateliers de la Rue Voot s’est présentée de faire des stages dans le cadre des projets "Good Food" mêlant cuisine & photo et cuisine & dessin, c’est avec joie que nous nous sommes engagés dans cette aventure !


     


    Et c’est partit avec une première semaine de stage où cuisine et photo ont pu se rencontrer et dialoguer... Comment (d)énoncer sans les mots mais avec l’instantané d’une prise de vue ? Qu’est-ce qu’une photographie nous dit du monde ? Comment "capturer" la nourriture, besoin primaire du quotidien, omniprésente mais devenue si banale voir invisible ? Comment lui redonner une juste place et ce par le prisme de l’image ? Tant de questions et pas de réponses définies mais bien une exploration au travers de propositions parfois improvisées : faire son autoportrait avec cet aliment qui parle de nous, capturer des mises en scène collectives pour dénoncer les impasses de notre système alimentaire (exemples de photos ci-dessous), réaliser un shooting des ingrédients avant l’atelier cuisine, partir à la découverte de ce qui fait lien à ce qui nous nourrit..et tant d’autres invitations ! Alors oui ça n’a pas chômé mais qu’est-ce qu’on s’est amusé !



    Ce système alimentaire qui nous tiraille de tous les côtés.



    Et si faire autrement était une voie de sortie ?


    Prise de conscience : " Je pense que nous pouvons tous essayer de faire déjà des petites choses à la maison », Alicia (15 ans).


     


    Découverte culinaire : « C’était super bon ce qu’on a mangé et même sans viande ! », Julia (12 ans).


     




    Série de photos de Françoise Michel, participante au stage Photo & Cuisine.


    Et puis une deuxième semaine proposée où nous avons invité les participantes à partir d’une assiette vide. Mais comment la remplir ? Une invitation cette fois-ci à mêler l’art et la matière première mais également l’artistique à la réfléxion des enjeux sociétaux... Yolande, illustratrice-graphiste, nous a invité à réaliser collectivement un "kolam" : motif d’inspiration géométrique tracé à même le sol. De nature éphémère, les kolams sont dessinés à main levée et réalisés chaque matin devant l’entrée des maisons du sud de l’Inde afin d’apporter la prospérité. Une belle invitation pour se questionner sur l’éphèmére des choses et se souhaiter une belle semaine d’exploration ! Après une réfléxion collective sur les impasses de notre système alimentaire (cf.jeu de la ficelle), les participantes ont pu explorer, expérimenter, s’essayer et être dans le faire ! Atelier-découverte autour des épices (leurs origines et leurs bienfaits), découvertes des techniques d’impressions linogravure et monotype, ateliers cuisine autour d’une assiette écologique et politique, récits et découvertes d’initiatives de transition... Les participantes sont reparties repues et avec sous le bras un carnet personalisé en forme d’assiette...comme une invitation à plonger dans les souvenirs d’un voyage !



    L’effet boule de neige : « Mes colocs n’arrêtent pas de me demander que je leur fasse découvrir les recettes que l’on a fait ensemble. », Isabelle.



    « J’ai raconté à mon mari ce qu’on a fait et je suis contente, il m’a dit qu’il voulait bien manger moins de viande. », Aouatif.


     


    Épanouissement : "Je me sens plus légère, je repars avec un bagage. Tout ça était en moi mais c’était pas sorti", Aoutif.


     



     



    Un mois après, nous avons invités les participant.e.s à une auberge espagnole dans le but de voir ce qu’il reste du stage et quels ont été les petits ou grands changements qui se sont opérées depuis.. Marine (15 ans) nous raconte que depuis le stage, quand on lui propose quelque chose à manger, elle demande toujours d’où ça vient...


    Et toi, sais tu d’où ça vient ? ...


     


    * Photos de Françoise Michel et Margot Thévenin.


    Un grand Merci aux participantes, à Marie des Ateliers de la Rue Voot, à Bernard Cromphout et Yolande Denoel pour la collaboration.


    Si vous voulez connaître les stages d’été 2018 organisés par les Ateliers de la Rue Voot, cliquez sur ce lien : http://www.voot.be/stagestete2018


     


     

  • 3 jours, 2 outils et 1 fil rouge pour renforcer les initiatives citoyennes de transition


    3 journées de formation : 11 – 18 – 19 juin



    Pour qui / Pourquoi ?


    Vous êtes animateur-trice, formateur-trice dans le secteur associatif, militant-e, éducatriceur-trice... En collaboration avec Quinoa asbl et Rencontre des Continents asbl, CFS vous propose trois journées, pour (re)découvrir deux outils pédagogiques : "Jeu de la ficelle" et "Potentia" et partager nos expériences... réfléchir ensemble à comment favoriser la transition.


    La mondialisation est caractérisée par des interdépendances de plus en plus complexes. Les crises se superposent faisant apparaître des tensions entre les solutions à apporter à chacune d’elles. L’enchevêtrement des enjeux contemporains nous amène à repenser les solutions proposées pour les résoudre. Cette complexité a parfois de quoi décourager les citoyennes et citoyens à s’engager.


    Présenter la grande diversité d’initiatives inspirantes auxquelles « il suffirait de prendre part… » est une piste, mais encore faut-il comprendre pourquoi et comment sont-elles réellement porteuses de changement.


    Le "Jeu de la ficelle" et "Potentia" sont basés sur l’approche systémique tant comme méthode de réflexion que comme levier d’action. Ils permettent de réfléchir aux dynamiques de changement social et de se positionner par rapport à celles-ci. Comment s’articulent ces dynamiques ? De quel changement parle-t-on ? Quelles stratégies d’actions mobiliser ? Quel rôle pouvons-nous jouer, ici et maintenant, pour un monde socialement plus juste et écologiquement soutenable ? Comment aborder tout cela avec nos publics ? Quelle posture politico-pédagogique adopter ?...


    En détails : 1ère journée : Jeu de la ficelle – Dans quel monde vivons-nous ?
    Un « jeu » interactif qui permet de représenter les liens, implications et impacts de nos choix de consommation. Il offre un éclairage sur les relations entre le contenu de notre assiette et diverses problématiques comme la qualité de l’eau, la dette extérieure d’un pays du "Sud", la malnutrition, le réchauffement climatique ou les conditions de travail d’un ouvrier au Costa Rica. Le jeu révèle des liens indissociables entre les sphères économique, sociale, environnementale et politique de notre société. Il souligne également l’interdépendance entre les différentes populations de la planète face au phénomène de la globalisation et du tout-au-marché.



    Objectifs

    • (re)Découvrir et vivre l’animation complète du jeu de la ficelle ;
    • Mieux comprendre les enjeux de la mondialisation, les crises actuelles et les liens avec le modèle néolibéral ;
    • Construire un regard critique sur la société de consommation et ses impacts sur la planète et ses habitant-e-s ;
    • Mieux comprendre les enjeux d’une nécessaire transition de notre modèle de société actuelle ;


    En détails : 2ème journée : Potentia – La puissance de l’agir collectif !
    Expérimenter l’agir collectif à travers un jeu de plateaux intense et ludique ! Membre d’un GASAP, d’un groupe de faucheuse.eur.s d’OGM, d’une épicerie coopérative, d’une Ecoteam dans une école… Endossez votre « rôle », relevez les différents défis et découvrez les enjeux liés à votre initiative citoyenne ! Quelle sera votre stratégie ? Avec qui allez-vous vous mettre en réseau ? Aurez-vous un impact au niveau local ou global ?... Avec POTENTIA, redonnons une place aux « alternatives », pour les questionner, se les approprier, les confronter à la réalité et les unes-aux autres. Prenons un vrai moment d’animation pour leur consacrer du temps dans nos processus politico-pédagogiques !



    Objectifs

    • Ouvrir des perspectives d’actions alternatives au modèle actuel, tant au niveau individuel que collectif ;
    • Se (ré)enthousiasmer par rapport au potentiel de transformation et d’émancipation de l’engagement ;
    • Découvrir la diversité des initiatives de transition : niveaux, sphères et stratégies d’action, mode d’organisation, liens avec LE et/ou LA politique, complémentarité, légitimité…
    • Questionner le lien entre transformation intérieure et transformation sociétale ;


    En détails : 3ème journée : Posture de l’animateur-trice
    Éducation « populaire », « permanente », « à la citoyenneté mondiale et solidaire », « relative à l’environnement »… Nos approches pédagogiques peuvent-elles être séparées des diagnostics politiques que nous posons ? Quels buts poursuivons-nous avec nos processus pédagogiques ? Rendre nos publics plus solidaires vis-à-vis d’enjeux mondiaux ou les renforcer en tant que citoyennes et citoyens dans leur « puissance d’agir » (Potentia) afin qu’ils/elles modifient « LE » politique, participent à la transformation de nos sociétés ? Lors de cette troisième journée nous pourrons partager nos points de vue et expériences sur ces implications et questions face auxquelles il n’est pas toujours évident de se positionner en tant qu’animateur-trice-s,...



    Objectifs

    • Questionner son rôle d’animateur-trice, formateur-trice,... : Comment incarner son propos et être en cohérence (en assumant ses incohérences !) avec ses contenus ?
    • Réfléchir à son positionnement politique (animateur-trice et/ou militant-e,...) ;
    • Questionner les implications de mobiliser des outils pédagogiques « politisés » ;
    • Redéfinir le sens et les finalités de nos processus pédagogique ;
    • Mieux s’approprier l’approche systémique comme méthode de réflexion et d’action


    Méthodologie
    Démarche interactive, échanges et apports structurants des formateur-trice-s.


    Pourquoi l’alimentation comme fil rouge ?


    UN LEVIER DE TRANSITION ACCESSIBLE À TOUTES ET TOUS
    Parmi tous les défis qui se posent aujourd’hui, l’alimentation représente un excellent terrain de mobilisation et d’engagement, tout simplement parce qu’elle concerne tout le monde. La liste des initiatives citoyennes alternatives entreprises dans ce domaine est longue et ne fait que s’allonger d’années en années. Le passage de l’individuel au collectif et du collectif au(x) réseau(x) se fait à une vitesse impressionnante. De plus en plus de ces initiatives transversales font le lien entre l’alimentation et d’autres enjeux tels que l’énergie, la mobilité, le travail, la biodiversité, la santé, l’habitat, etc.


    Formateur-trice-s
    Sébastien KENNES – animateur, formateur (Rencontres des Continents asbl)
    Marie DE VROEY et Eric PETITJEAN – formatrice/formateur (Quinoa asbl)


    Infos pratiques

    • Quand ? 3 journées de formation : 11 -18 -19 juin 2018 (de 9h00 à 17h00)
    • Où ? à CFS asbl, Rue de la Victoire 26, 1060 Saint-Gilles
    • Prix ? 100 / 50* euros. Ce prix comprend les documents pédagogiques & les pause-café.
    • Pour le lunch du midi, nous vous proposons une « Auberge Espagnole » (chacun·e apporte un petit quelque chose de sucré ou salé à partager).
    • Pour s’inscrire ? Compléter le formulaire d’inscription en ligne avec le code CODE : ficelle_potentia


    Plus d’informations par ici : http://ep.cfsasbl.be/S-engager-collectivement-OUI-Mais-pourquoi-et-comment

     
     
    Quinoa
     
     


     


  • Le 25 avril, c’était l’Assemblée Générale de Rencontre des Continents.


    L’occasion de se retrouver avec les membres d’hier et d’accueillir ceux d’aujourd’hui et de demain.


    Merci à vnous toutes et tous ! C’est toujours émouvant de se retourner sur l’année écoulée et de la redécouvrir si riche et intense en apprentissages et transmissions !



    Notre souhait, que nous continuions à élaborer et à alimenter ensemble une véritable politique d’hospitalité, pour de nombreuses années.



    Durant cette assemblée générale, nous avons entre autres eu l’occasion de présenter notre rapport d’activités de l’année 2017 et de nous surprendre une fois de plus par la quantité, mais surtout la qualité et la diversité du travail accompli !


    Beaucoup de gratitude envers notre collectif et particulièrement envers notre équipe de permanents qui réalise au quotidien un travail titanesque avec toujours autant de sérieux, d’engagement et de joie.


     




     


     


    N’hésitez pas à ouvrir notre rapport, à le survoler et à nous questionner sur nos actions !



  • Du 12 mai au 02 juin, le Théâtre de Poche accueille spectacles, débats, concerts, conférences gesticulées, rencontres, projections pour débattre et rabattre encore et toujours l’importance des résistances en ces temps troubles ou la résistance sous toutes ses formes est plus que jamais nécessaire...




     


    RDC sera présent via les 2 activités suivantes mais vous invite à toutes les autres activités !



    #Jeudi 17 mai de 18h à minuit : Carte Blanche à Bxl Laique :

    • 18h : Spectacle Sonore : Fragments hackés d’un futur qui résiste
    • 19h : Rencontre-Débat : La désobéissance civile, un débat mouvant
    • 20h : Documentaire : Ni Dieu Ni Maître, une histoire de l’anarchisme (3ème opus)
    • 22h30 : Concert : Achab


    #Dimanche 27 mai à 18h : Conférence Gesticulée "Radical !?" - > Plus de détails
     


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    C’est avec joie que nous nous associons à l’invitation au Village de la Contestation fêtant la piraterie et l’irrévérence. Venez déguster une trappiste à la lisière ombragée du bois jouxtant le théâtre en compagnie des trublions qui font de l’espace public un nouveau champ de bataille pour faire entendre leur voix dissidente : lanceurs d’alerte, désobéissants, caricaturistes, « artivistes »,...

    Le Village de la Contestation se décline autour de plusieurs journées thématiques. Une occasion unique de rencontrer la crème des saboteurs et autres rebelles immodérés qui font du quotidien une ode à la subversion.



    Infos ? ////////////////////////////////////////////////////////////////////

    > http://www.poche.be/contestation




  • Conférence-débat : Quelle assiette bonne pour notre santé à toutes et tous et pour celle de la planète ?


    A Céroux-Mousty, Ath et Soignies

    RDC sera présent à Céroux-Mousty le 12 mai


    Perte de confiance, échanges mondialisés, crise de l’agriculture, impacts sur la santé et l’environnement … il est temps de reprendre le pouvoir sur notre alimentation. Et c’est au niveau local que résident bien des solutions !

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    Après cinq années de succès, les Solidarités se préparent à sillonner les routes à l’occasion d’une véritable tournée évènement qui fera étape dans trois villes wallonnes. La Caravane des Solidarités
    est née. Plus qu’un évènement musical, elle sera l’occasion de débattred’un sujet de société au combien important : la réappropriation de notre alimentation.


    Le système alimentaire dominant engendre une crise sanitaire et une crise environnementale alors que les producteurs ont de plus en plus de mal à vivre de leur métier et que les inégalités sociales frappent les mangeurs. Perte de confiance et perte de maîtrise de ce que nous mangeons nous obligent à réfléchir sur les moyens de nous réapproprier notre assiette. Et c’est au sein de nos territoires que réside une partie importante de la solution.


    Citoyens, acteurs de l’alimentation, du social, de l’environnement, de l’éducation … venez en débattre avec Olivier De Schutter (professeur à l’UCL et ancien Rapporteur spécial à l’ONU sur le droit à
    l’alimentation), Christine Mahy (réseau Wallon de lutte contre la pauvreté), le mouvement Agroecology in action et les acteurs locaux qui œuvrent quotidiennement pour le changement !

    • Le 12 mai de 11h à 12h30 sur la place communale de Céroux-Mousty,
      avec comme invitée Christine Mahy.
    • Le 19 mai de 11h à 12h30 sur l’Esplanade à Ath,
      avec comme invitée Christine Mahy.
    • Le 26 mai de 11h à 12h30 sur la Place verte à Soignies,
      avec comme invité Olivier De Schutter.



    > Voir le pdf de présentation


    > Contact : seb.kennes@rencontredescontinents.be ou Martin.BIERNAUX@solidaris.be


    > Plus d’infos : Site web officiel de la Fête des Solidarités


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  • 2 jours pour s’initier à l’AD et préciser son projet professionnel !




    Date limite des inscriptions : 11 mai 2018.


    Vous êtes de plus en plus nombreux à vouloir lancer des projets multiples en lien avec le thème de l’alimentation durable et solidaire. Lieux de vente / initiatives de production-transformation / circuits-courts / coopératives / projets éducatifs...



    SAW-B & Rencontre des Continents lancent une nouvelle formation destinée à ceux-celles qui souhaitent développer ou renforcer un projet en lien avec une ou plusieurs filières de l’Alimentation Durable (production, distribution, consommation, transformation, éducation…).



    • Vous savez que le système alimentaire dominant est une impasse, et vous voulez contribuez à la mise en place d’alternatives dans ce domaine.
    • Vous désirez vous outiller d’avantage sur le thème de l’alimentation durable en vue de lancer ou de renforcer un projet professionnel viable et durable dans le temps, en cohérence avec vos valeurs.
    • Vous souhaitez confronter vos idées à d’autres, sentir si c’est réaliste, faisable,...
    • Vous vous y connaissez en AD mais pas en modèles économiques / formes juridiques et vous ne savez pas trop quel statut donner à votre initiative ?
    • Vous cherchez des ressources en Belgique, des exemples de projets qui se lancent ou fonctionnent déjà, des pistes pour un accompagnement, un financement, des contacts, des réseaux...
    • Vous souhaitez renforcer vos réflexions sur les enjeux de souveraineté alimentaire, les pistes de contribution pour un changement + radical de système alimentaire



    Alors ce WE de formation est fait pour vous !

    • Approfondissement des enjeux liés à l’alimentation durable
    • Pistes d’action pour transformer nos systèmes alimentaires
    • Découverte de l’économie sociale et de ses liens avec l’alimentation durable
    • Découverte de différents projets : ceinture alimentaire de Charleroi-Métropole / Liège, Good Food, rencontre d’acteurs locaux (producteur, associations, entrepreneurs…).
    • Les premiers pas pour lancer un projet en alimentation durable
    • Mise en réseau entre les projets des participants et coaching personnalisé
    • Les aides, les accompagnements, les financements en Belgique
    • Atelier cuisine « pâté végétal »



    La méthodologie de cette formation s’appuie sur une approche systémique et transdisciplinaire, alternant théorie et pratique à travers l’utilisation d’outils d’intelligence collective, des interventions extérieures, la découverte d’un atelier cuisine, des réflexions en sous-groupe, la découverte et le partage de ressources variées.



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    Infos pratiques

    • Quand ? Du samedi 2 (9h) au dimanche 3 juin 2018 (16h30). Possibilité pour les participants de venir dès le vendredi 1er juin au soir (à préciser).
    • Où ? En résidentiel – Ferme des Monceaux (à Solre-saint-Géry, Hainaut). Un système de covoiturage sera organisé pour les participants.
    • Prix ? 140€ / personne (formation, 3 repas et logement compris). Pour le repas du samedi midi, nous proposons une auberge espagnole.
    • Pour qui ? Toute personne qui développe / veut développer / a récemment lancé un projet à visée économique dans le domaine de l’alimentation durable (production, distribution, consommation, transformation, éducation…).


    Prérequis : expérience et/ou motivation pour les secteurs liés à l’AD

    Date limite des inscriptions : 11 mai 2018.

    Je m’inscris !



    Infos supplémentaires et contact


    Sébastien Kennes (Rencontre des Continents)
    Email : seb.kennes@rencontredescontinents.be
    Téléphone : 02/734.23.24



    Barbara Garbarczyk (SAW-B)
    Email : b.garbarczyk@saw-b.be
    Téléphone : 071/53 28 30 - T 02/225 44 89


  • Le 15 mai, Présence et Action Culturelle, en partenariat avec Bxl Laïque et RDC, vous invite à une rencontre-débat autour du documentaire et de l’étude de Jean Cornil, en présence d’Olivier de Schutter. Un forum ouvert destiné aux acteurs associatifs et éducatifs est organisé dans la foulée le 18 mai.

    Depuis l’aube de l’humanité, le monde n’a cessé de se transformer. L’histoire est une succession de bouleversements, de mutations et de révolutions. En ce début de troisième millénaire, on observe une vertigineuse accélération du monde...



    -Le 15/05 - 20h : Projection & rencontre débat
    -Le 18/05 - 9h-17h : Forum Ouvert




     Mardi 15/05 - 20h  : Projection & rencontre débat

    Autour du documentaire et de l’étude de Jean Cornil "Face aux métamorphoses du monde", et en présence d’Olivier de Schutter.



     


     


     


     


    Depuis l’aube de l’humanité, le monde n’a cessé de se transformer. L’histoire est une succession de bouleversements, de mutations et de révolutions. En ce début de troisième millénaire, on observe une vertigineuse accélération du monde...

    Sommes-nous dès lors les contemporain·e·s d’un basculement de civilisation ?

    Lieu  : Centre Culturel Jacqus Franck - Chaussée de Waterloo 94 - 1060 Bruxelles
    Infos  : Réservation souhaitée - 02/545.79.11 - myriam.abid@pac-g.be
     
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    Vendredi 18/05 - De 09h à 17h  : Forum Ouvert


    « Face aux métamorphoses du monde, comment agir collectivement ici et maintenant ? »

    Dans le prolongement de cette rencontre, Présence et Action Culturelles, Bruxelles Laïque, Rencontre des Continents et Les compagnons de la transition vous invitent à participer à un forum ouvert :

    Le Forum ouvert est conçu comme un processus permettant à des groupes de se réunir afin de créer une dynamique de réflexion profonde sur des questions simples ou complexes. Le Forum ouvert permet de faire travailler ensemble un grand nombre de personnes, d’une dizaine à plusieurs centaines, autour d’un thème commun tout en laissant une grande liberté aux participants. Cette méthodologie est basée sur l’auto-organisation, la créativité et la liberté d’expression, l’objectif est de créer un climat favorisant l’initiative et l’apprentissage


    Lieu  : Avenue de Stalingrad 18-20 - 1000 Bruxelles
    Infos  : Réservation indispensable - 02/545.79.15 - francoise.belot@pac-g.be


         


     


  • Vous cherchez un marché bio près du boulot, un restaurant sain et local, un producteur de miel artisanal ? Arrêtez de vous prendre le chou  : bioguide et le bottin le font pour vous, partout à Bruxelles.


     



    Vous y trouverez toutes les adresses de magasins, marchés et producteurs bio de la Région, mais aussi les acteurs de « circuit court » (distributeurs de paniers bio, groupements d’achats solidaires, ...). Une foule d’adresses pour retrouver aisément la Good Food produite près de chez nous.



    Et ce n’est pas tout : les amateurs de sorties bruxelloises seront ravis de retrouver les restaurants, bars, caves à vin, salons de thés, comptoirs de cafés ou brasseries qui servent ou vendent des boissons bio.


     


    Cela vous a ouvert l’appétit ? Deux adresses : www.bioguide.be et le bottin du portail Good Food www.goodfood.brussels.


  • Ramasser les feuilles, fruits et fleurs comestibles dont regorgent les villes, c’est possible grâce à l’association Falling fruit. Leur idée ? Créer une carte collaborative pour répertorier les lieux où les citadins peuvent glaner, c’est-à-dire récolter de la nourriture gratuite.



    Savez-vous où trouver des noisettes, des pommes ou des cerises gratuites près de chez vous ? La carte participative Falling fruit, littéralement « Les fruits qui tombent », répertorie les lieux de cueillette depuis 2013. Il vous suffit de vous rendre sur le site et de zoomer sur votre ville. Chacun peut contribuer à enrichir cette carte. Comment ? Nul besoin de créer un compte, il suffit d’ajouter une nouvelle source de glanage, avec le type de plante, la description, la localisation et votre nom. « Nous avons collecté une base de données qui contient actuellement 1 714 différents types d’aliments comestibles dans 1 191 056 endroits du monde » explique Ethan Welty, co-fondateur de Falling fruit.


     


    La suite sur :



    Sources et infos sur : https://www.kaizen-magazine.com/article/carte-comestible-falling-fruit-localise-nourriture-gratuite-ville/

mai 2018 :

avril 2018 | juin 2018

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