Actualités du 25 mars 2020


  • Rencontre des Continents racontée par Good Food :



    Rencontre des Continents est un collectif organisé en asbl. L’association est composée de sept permanent.e.s et d’un grand nombre de personnes volontaires et impliquées dans son fonctionnement construit de façon horizontale.



    L’alimentation comme outil de changement, d’ancrage et d’action


    Rencontre des Continents est une association reconnue en éducation permanente. Créée il y a plus de dix ans, elle est au croisement de plusieurs courants éducatifs : éducation à la citoyenneté mondiale, à l’environnement, éducation populaire. Sa démarche éducative part de l’alimentation, afin d’aborder avec les participants leurs représentations, leurs préoccupations, leur rapport à la société et aussi développer une lecture critique et globale du système alimentaire actuel. L’alimentation est vue comme un réel outil permettant de se questionner et d’induire le changement. L’idée n’est pas de proposer un modèle ‘clé sur porte’ mais bien de construire une réflexion avec chaque groupe, de redonner du pouvoir d’agir. Les outils de formation et d’animation utilisés sont ainsi adaptés à chaque situation.


     


    Une vocation de formation


    Pour ce faire, Rencontre des Continents a développé une série d’activités parmi lesquelles des formations qui s’adressent à des professionnel.les, à des personnes en reconversion professionnelle ou en recherche de nouvelles pistes, à des acteur·trices relais mais aussi au grand public. L’association organise également des formations sur demande principalement pour des personnes moins sensibilisées, moins informées et issues de la diversité culturelle. Une diversité qui est toujours valorisée par les animateur·trices de Rencontre des Continents au travers des savoirs et richesses culinaires des participant.es. 


     


    Les ateliers de cuisine ou comment remettre du sens dans son assiette


    Ces ateliers permettent à chacun·e de prendre sa place, de retrouver du pouvoir d’agir et ce, de façon concrète. Ce sont également de précieux moments de convivialité, de rencontres, de tissages de liens. Cela met de la joie, de la couleur, des saveurs, voire même de la poésie dans le quotidien des participant·es qui peuvent, selon les situations, être des personnes assez isolées.


     


    Mise en réseau des acteurs de l’alimentation


    Rencontre des Continents a également pour vocation de créer des liens avec les acteur·trices bruxellois·es. L’association prend part à de multiples instances ou organisations telles que Réseau Idée, Réseau Transition, Mycellium, Resap, Rabad, Agroecoloy In Action, le conseil participatif Good Food... participe à de nombreux évènements à Bruxelles et en organise également.


    « La good Food a permis de rendre visible ce sujet qu’est l’alimentation durable. La Good Food a soutenu beaucoup d’initiatives citoyennes qui ont vu le jour. C’est une opportunité de changement politique, pour se questionner, agir et finalement, remettre du sens là où on en a perdu, dans un besoin de base qui est l’alimentation.  » Margot Thévenin, animatrice-formatrice chez Rencontre des Continents


     


     


     


    Nous retrouver sur Facebook  :



     


    Ou sur le site de Good Food en cliquant ici !


     


  • IL RESTE ENCORE DES PLACES !


    Vous êtes éducateur.trice, formateur.trice ou animateur.trice et vous souhaitez acquérir des compétences pour pouvoir mobiliser l’alimentation comme un outil d’éducation et d’action dans vos projets, cette formation s’adresse à vous ! Toutes les infos ci-dessous  :

    POURQUOI CETTE FORMATION ?

    Le thème de l’alimentation touche de + en + de personnes et rassemble de + en + de projets dans la région Bruxelloise. Rencontre des Continents mobilise cette thématique comme point de départ de sa démarche éducative depuis 10 ans. Dans ce sens, nous sommes allés à la rencontre de groupes d´individus dont l’accès à l’information et à la formation autour de cette question de société reste encore marginal ! Après plusieurs années d’expériences, l’envie d’essaimer et de partager nos outils, nos ressources, notre posture et nos questionnements voit le jour grâce au F.I.P.I. (Fonds d’Impulsion à la Politique des Immigrés). Cette formation n’est pas une formation clé sur porte qui répondra à toutes les problématiques liées à l’accès à une alimentation de qualité pour tou.te.s mais bien une invitation sur 6 journées à partager et réfléchir collectivement (à partir de vos situations respectives) à l’éducation par l’alimentation avec des publics qui spécifiquement viennent d’autres pays, d’autres cultures, d’autres contextes...

    MÉTHODOLOGIE GLOBALE

    Expérimentations d’outils participatifs d’éducation-action (energizers, jeu de la ficelle, théâtre-image, kasala, je passe à l’acte, doutes & certitudes...) // Ateliers cuisines (écologique et politique, hybride) // Approche systémique // Mises en pratique // Travail en sous-groupes...

    FORMATRICES.TEURS

    L’équipe des permanent.e.s de Rencontre des Continents et des personnes ressources actives dans cette thématique notamment Daniel Cauchy et Astrid Galliot.

    PROGRAMME

    Horaires : 9h30 à 17h

    Lieu : Maison de la paix à Ixelles (principalement)

    Vendredi 24 Avril 2020 (cette date peut bougée selon les avancées du confinement)

    Journée 1 : présentation & intention(s) : du je au nous

    L’alimentation, tout un monde


     

    Vendredi 8 Mai 2020

    Journée 2 : L’atelier cuisine comme outil d’éduc’action

    Repenser notre assiette, retrouver du pouvoir d´agir


     

    Vendredi 15 Mai 2020

    Journée 3  : Ressources existantes

    La diversité des pratiques comme richesses éducatives


     

    Vendredi 12 Juin 2020

    Jounée 4  : Clôture du cycle

    Évaluer pour évoluer


     

    Modules complémentaires proposées


     

    Vendredi 29 Mai 2020

    Module 1 : Un métier à métisser avec Astrid Galliot (à confirmer)


     

    Vendredi 5 Juin 2020

    Module 2 : Alimentation & Genre


     


     


    MODALITÉS


     

    PUBLIC CIBLE

    DEMANDE D’INSCRIPTION

    CONSTITUTION DU GROUPE

    FRAIS DE PARTICIPATION

    LIEUX


    Éducatrice-formateur-animatrice (EFA) ou toute personne intéressée qui souhaite enrichir sa pratique professionnelle.


    Remplir ce lien pour montrer votre intérêt en vous pré-inscrivant :


    https://goo.gl/forms/6fnZCEjEBpcCEfFx1


     


    Aucun diplôme ni aucun niveau d’expression écrite ne sont requis. À la sélection des candidat.e.s, une attention particulière sera donnée à la diversité des profils qui fera la richesse du groupe de maximum 14 personnes.


    Prix association/structure : 150 euros.


    Prix individu : 75 euros.


    Le prix ne doit pas être un frein. Des solutions sont possibles ! Merci de venir vers nous pour en discuter.


    Sur Ixelles majoritairement (Maison de la paix, Centre Elzenhof, La Serre, Refresh…)

    CONTACT

    Margot Thévenin, 02/734.23.24 margot@rencontredescontinents.be


     


  • Confinements, distances de sécurité, angoisses, paralysies, renforcement des inégalités structurelles de nos sociétés, élans de solidarités… ce que peut un virus ! Si une situation prend sa consistance dans l’importance des défis qu’elle affronte, nous vivons une situation bien singulière.


     

    Elle nous donne un important moment d’expérience collective de la complexité, tant au niveau micro que macro. Nous entendons chaque jour des liens s’établir entre le COVID-19, les experts infectiologues, des pratiques sociales et commerciales, l’industrie automobile, de la peur, des animaux, des modèles mathématiques et de l’imprévisible, les inégalités sociales entre pays et en leur sein, des engagements de nos représentant.e.s politiques, des frontières et des avions, et dans tout ça... nos états d’âme… !
     
    Un virus minuscule apparu en Chine qui s’est propagé en quelques semaines sur la terre entière. S’il est primordial d’élucider certains aspects, les spéculations sur les origines exactes via tel ou tel animal sauvage nous empêchent de voir que notre vulnérabilité croissante face aux pandémies a une cause bien plus profonde, qu’est notamment la destruction accélérée des habitats. Ce virus ébranle nos économies et les conceptions de la mondialisation. Mais après, tout comme avant ? En plus fort, pour rattraper le retard ? Vite relancer la sacro-sainte croissance ? N’est-il pas encore temps de changer de lunettes, de faire les liens, de révéler les interdépendances et se situer, se positionner dans nos réalités de terrain ?
     
     
    Et si nous construisions des dispositifs d’apprentissage ? Que nous enseigne ce virus ? Si nous utilisions cette “crise” comme une opportunité de changements, non plus à la marge, mais réels et profonds dans tous les domaines ? Comment apprendre avec elle que d’autres mondes et récits que ceux qui nous sont majoritairement proposés aujourd’hui sont possibles, voire qu’ils existent déjà, même si encore marginaux ? Comment nous oblige-t-elle à définir ce qui nous importe ? Quels imaginaires réenchanteurs déployer en ses temps de confinement ? Comment, grâce à cette contrainte, prendre la mesure des changements possibles pour nos sociétés, celle des autres peuples et de l’ensemble du vivant ? Que va vouloir dire par exemple vivre dans l’incertitude en fonction de nos modes de vie, de nos zones de vie géographique, au niveau local et planétaire ? Nous avons bien entendu que des entreprises réfractaires au télétravail (“impossible à mettre en place” disait la direction) ont finalement installé ce dispositif en à peine 2 jours !
     
     
    Et si nous partagions nos histoires de questionnements, de solidarités et d’entraides (personnes vulnérables, femmes, précaires, métiers du "care", sans abris, réfugié.e.s,...), de gratitudes pour toutes celles et ceux qui nous protègent (dont toutes les personnes exerçant des fonctions essentielles pour la gestion de la “crise” et qui ne peuvent pas rester chez elle) ? De redéfinition de ce qui nous importe, de simplicité vécue, les unes avec les autres ? Si nous partagions nos réflexions quant aux possibilités de transitions ouvertes vers une société plus solidaire, plus sobre, plus douce, plus respectueuse du vivant ? Si le moment était particulièrement propice à la distinction entre maximum et optimum ? Toujours plus (de voyages, de confort, de biens matériels) ? Ou plutôt toujours mieux, dans un équilibre à réinventer ? Et si nous réfléchissions aux possibles que cette situation nous enseigne maintenant pour des réponses à d’autres défis, finalement bien plus immenses ?
     
     
    Et si cette “crise” nous montrait combien nos questionnements et actions éducatives sont légitimes et sans cesse en quête de liens ? Ne baissons pas les bras, serrons-nous les coudes et profitons de ce moment pour rassembler nos énergies pour la construction d’autres projets de société qui font sens et ont leur place ici et maintenant.
     
     
    Trop tôt sans doute pour de grandes leçons, mais commençons à les répertorier, chacune et ensemble. Nous vous invitons à partager vos apprentissages, récits, ressources au sein de notre collectif. Merci de nous transmettre vos témoignages, questions, rêves, propositions,... !
     
     
    Toute notre équipe s’est organisée pour s’adapter au mieux à cette situation exceptionnelle. Nous sommes tou.tes en télétravail, à votre écoute et disponibles par mail. N’hésitez pas à écrire directement à la personne de notre équipe que vous souhaitez joindre (toutes les adresses mail individuelles sont ici).
     
     
    Tous les événements et formations prévus d’ici le 15 avril ont été annulés ou reportés. Les événements prévus ultérieurement sont en cours d’évaluation et nous vous tiendrons informés dès que possible. Plus d’infos lors de la prochaine newsletter d’avril.
     
     
    Nous vous transmettons ici la tribune "Après la pandémie" du dernier numéro d’Imagine, sur le sujet, co-signée par RdC et d’autres acteurs de nos mouvements sociaux. Et vous retrouverez ici quelques articles sur la situation actuelle qui font résonance avec les réflexions de notre collectif et nos mouvements. N’hésitez pas à faire de ce document, qui est en construction, une source d’information la plus riche et stimulante possible. 
     
     
     
    Prenez soin de vous et du vivant qui vous entoure, qu’il soit tout proche ou éloigné...
     
     
     
     
     
    Le collectif RdC
    (que vous retrouvez ici


     


  • Rencontre des Continents participe à 3 activités à Liège !


    Le 20 mars : Assemblée Populaire " Comment changer aujourd’hui pour manger demain ?".

    https://nourrirliege.be/evenement/comment-changer-aujourdhui-pour-manger-demain/


    Avec la participation des Petits Producteurs, Agroecology in Action,
    le CNCD 11.11.11, Extinction Rebellion, Greenpeace, le Mouvement
    d’Action Paysanne et Rencontre des Continents.


    Quelles approches, quels changements pour générer résilience et souveraineté alimentaire ? On en discute en assemblée populaire !


    Quand il est question de viser la résilience et la souveraineté alimentaire, quelle approche adopter ? Comment et à quel niveau générer les changements nécessaires pour atteindre ces objectifs ?


    Viens t’informer, échanger et enrichir la discussion en prenant part à l’assemblée populaire qui se tiendra sur le sujet.


    Plusieurs mouvements et associations se mêleront à nous pour partager leur vision et discuter du futur de notre alimentation.


    ==> Inscris-toi ici : https://tinyurl.com/nourrirliegecommentchanger


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    Le 24 mars : Journée découverte de l’outil "Potentia" - Favoriser l’émergence et le renforcement d’initiatives citoyennes dans l’agroécologie.



    Plus de détails : http://rencontredescontinents.be/Journees-Decouverte-de-l-outil-Potentia.html


    Et ici : https://nourrirliege.be/evenement/potentia-la-puissance-de-lagir-collectif/


     



    Le 28 mars : Forum "Construire la démocratie alimentaire du local au régional"


    https://www.facebook.com/events/187146285966827/


    https://nourrirliege.be/evenement/forum-nourrir-liege-2020/



     


    Inscriptions via : https://forms.gle/gp54wrcM6wAvXkHH8


    La Ceinture aliment-terre liégeoise, Manger Demain et le Réseau Aliment-Terre de l’arrondissement de Verviers, en partenariat avec AIA et le RAWAD, vous invitent au Forum Nourrir Liège 2020.


    Comment prendre appui sur le développement des filières alimentaires courtes pour mettre en œuvre des politiques alimentaires au service des territoires, des producteur.trices, des consommateur.trices et des collectivités, en associant les parties prenantes à la conception de ces politiques publiques ?


    Le soutien de la Wallonie à la création de Conseils de Politiques Alimentaires (CPA) correspond à cet objectif. Profitons de cette opportunité et des dynamiques existantes pour construire de manière pérenne la démocratie alimentaire du niveau local au niveau régional.


    Possibilité de se restaurer de 12h à 13h30 (sur réservation via le formulaire) en collaboration avec la coopérative De la Terre à l’Assiette.


  •  


    Aujourd’hui, nous n’entendons parler partout que d’une chose. Mais avant la crise sanitaire, un autre virus était en pleine expansion et cette contagion-là était plutôt de bonne augure ! Cette épidémie positive, on l’attendait depuis longtemps. Elle soigne un des fléaux les plus désolants de notre époque : le gaspillage.



    Quelques chiffres tirés du rapport de la FAO donnent une bonne idée de l’ampleur de la catastrophe (http://www.fao.org/news/story/fr/item/196443/icode/) :
    - Le volume mondial de gaspillages et pertes alimentaires est estimé à 1,6 milliard de tonnes d’équivalents produits de base. Les gaspillages totaux pour la partie comestible s’élèvent à 1,3 milliard de tonnes.
    - De même, 1,4 milliard d’hectares de terres - soit 28 pour cent des superficies agricoles du monde - servent annuellement à produire de la nourriture perdue ou gaspillée.
    - Les conséquences économiques directes du gaspillage alimentaire (à l’exclusion du poisson et des fruits de mer) sont de l’ordre de 750 milliards de dollars par an.
    - …


    Un problème de grande ampleur donc ! Et cette contagion de bonne augure, cette épidémie positive, il s’agit bien du virus de la récup !


    Il y a peu de temps encore, le fait de récupérer des aliments qui étaient destinés à la poubelle (avec ou sans raison) était difficilement concevable par la plupart des gens. Le déchétarisme, glanage alimentaire ou trésordure était réservé aux SDF ou à quelques illuminés en marge mais certainement pas à des gens « normaux ».


    Petit à petit, les consciences se sont réveillées face à cette aberration et, si nous sommes très loin d’avoir réglé le problème, on peut néanmoins noter un changement dans les mentalités. Aujourd’hui, récupérer des invendus n’est plus quelque chose d’« anormal », c’est même plutôt bien vu. Le nombre de projets a donc explosé et, dans chaque commune, des groupes sont à l’œuvre et on entreprit une croisade contre le gaspillage.


    Il y a de cela presque trois ans, Rencontre des Continents a démarré un cycle de réflexion sur l’alimentation et d’ateliers cuisine au CPAS d’Ixelles. Le projet, on vous en a déjà parlé, a tellement bien fonctionné qu’après trois mois, nous avons doublé la fréquence de ces ateliers. Les participant.e.s ont, pour la plupart, été très réguliers/régulières et ont fait preuve d’un aussi grand intérêt pour les réflexions autour de l’alimentation que pour la découverte d’autres techniques de cuisine.


    Une petite dizaine de personnes ont été extrêmement régulières durant ces ateliers. Il y a un an et demi, nous avons tout doucement évoqué le fait que le groupe pourrait « passer à la vitesse supérieure », qu’il pourrait passer de consommateur d’activité à générateur d’activités… L’idée a mûrit et, il y a un an, le noyaux dur des ateliers cuisine a décidé de se lancer et de monter un projet : le projet ReAl pour Récuparation Alimentaire (lisez « real » comme réalité en anglais plutôt que comme Real de Madrid !)


    Le nom est intéressant car il met en avant le fait que la récupération d’invendus fait effectivement partie de notre réalité. Ce n’est plus quelque chose qui ne touche que les marginaux et les laissés pour compte mais c’est bien devenu une question que nous devons toutes et tous prendre en main pour cheminer vers une société cohérente.


    Le projet ReAl vise à récupérer des denrées invendues dans les petits commerces d’Ixelles en privilégiant les structures qui favorisent les produits locaux et biologiques. Le groupe est composé de personnes qui sont allocataires sociaux ou sont à la retraite. Les aliments récupérés seront donc redistribués directement dans le groupe pour être consommés.


    Par un heureux hasard de circonstances, le groupe a croisé le chemin d’Amélia Ribeiro qui travaille pour le collectif IPE et qui nous a encouragé à rentrer un projet Good Food, « Inspirons le quartier » pour demander du soutien.


    En septembre 2019, nous avons eu notre première réunion avec Amélia et durant deux mois, nous avons travaillé à la constitution d’un dossier de demande de subvention qui a été rendu fin 2019.


    Début de l’année, nous avons eu une bonne nouvelle puisque notre projet est accepté. Le groupe s’est vu octroyer un budget de 2300 euros pour investir dans du matériel de récupération, de communication et, surtout, de l’accompagnement de projet pour faire en sorte que cette aventure de l’anti-gaspi puisse être longue et pérenne.


     


    Bonne chance donc et, si nous devons nous protéger d’une contagion pour l’instant, apprêtons-nous, lorsque cette période de confinement sera un souvenir, à encourager le virus de la récup !



  • Chute du mur de Berlin en 1989, attaque sur les tours du World Trade Centre en 2001, explosion de la bulle des subprimes et panique financière en 2008, et à présent la pandémie du Covid-19... Tous les dix ans à peu près, des bouleversements systémiques nous conduisent à interroger notre représentation du monde, notre idée de la flèche du temps, la signification même que nous attachons aux mots de « progrès » ou de « développement ».


    La crise est sanitaire. Elle a déjà débouché sur une crise financière. Elle annonce une crise économique majeure, avec des fermetures d’entreprises en chaîne, une augmentation brutale du chômage, et une mise à l’épreuve des systèmes de protection sociale dans toutes les régions du monde.


    Notre devoir aujourd’hui est de savoir lire, dans ces crises, la possibilité d’une refondation de notre vivre ensemble autour de valeurs fortes, positives et partagées, en adéquation avec les limites planétaires.


    C’est notre dernière chance. Depuis quarante ans, les inégalités se sont creusées presque partout. Nous sommes témoins de la sixième extinction massive des espèces, d’une dramatique dégradation des sols, et d’une accumulation des gaz à effet de serre dans l’atmosphère qui transforment peu à peu la Terre en étuve. Les phénomènes météorologiques extrêmes vont se multiplier, avec des impacts importants notamment sur la production alimentaire. Les migrations forcées de population vont augmenter en conséquence : le nombre de réfugiés climatiques pourrait s’élever en 2050 à 140 millions (selon la Banque mondiale), voire 200 millions (selon l’Organisation des Nations Unies).


    Il faut changer de cap. Cette crise, pourvu qu’on veuille bien s’en saisir, en offre l’opportunité. Nous prenons à nouveau conscience d’un destin partagé. Nous prenons aussi conscience de ce qu’ensemble, nous pouvons transformer la société. Aller vers plus de convivialité et de solidarité. Reconquérir des espaces d’autonomie, où chacun peut s’épanouir autrement qu’en tant que producteur ou consommateur. Ralentir cette course folle vers le franchissement des limites planétaires, et peu à peu assurer l’habitabilité future de la planète pour nos petits-enfants. Ce n’est déjà plus un espoir qu’on formule : c’est un impératif éthique qui s’impose à nous.


    La crise sanitaire débouchera sur des drames individuels et familiaux. Elle confrontera les personnels de santé à des dilemmes tragiques : quelles vies sauver, si d’aventure les moyens venaient à manquer pour sauver toutes celles et tous ceux qui exigent d’être pris en charge ?


    Le nombre de travailleurs en chômage forcé va augmenter considérablement. Les citoyens les plus vulnérables (les personnes pauvres, très isolées, sans papiers, sans abri, les détenus, les familles monoparentales…) vont être confrontés à des situations difficiles, voire dramatiques si la situation devait perdurer.


    A l’ombre de cette crise cependant, des flammes d’espoir s’allument. Les personnels de santé se mobilisent sans compter. Les personnels enseignants font montre d’une grande solidarité, et déploient des trésors d’imagination pour assurer la continuité pédagogique. Les travailleurs sociaux se démènent sans compter. Les forces de l’ordre se placent au service des objectifs de santé publique. Des jeunes offrent leurs services bénévoles pour garder les jeunes enfants ou pour faire les courses pour des personnes âgées et fragiles. Des couturières préparent, dans l’urgence, des masques de protection. Des employeurs inventent, avec leur personnel, des nouvelles manière de travailler à distance. Nous assistons à une incroyable expérience d’apprentissage collectif accéléré.


    Notre devoir n’est pas seulement d’apprendre, mais aussi, déjà, de ne pas oublier. A partir de ces nouvelles manières de produire et de consommer, de s’entraider et de se déplacer, d’enseigner et de prendre soin les uns des autres, une nouvelle société peut s’inventer : une société conviviale et solidaire, dans le respect des limites planétaires.


    Nous savions déjà ce qu’il fallait faire, pour aller vers cette société dont nous rêvons : la réduction généralisée du temps de travail, pour favoriser l’accès au travail de tous et toutes, pour redéfinir les rôles de genre, et pour dégager davantage de temps pour l’auto-production, la culture et l’engagement civique ; l’extension des possibilités de télétravail, pour réduire la pression sur les transports et permettre aux villes de mieux respirer ; le soutien aux circuits de l’économie locale et à l’économie sociale et solidaire, pour renforcer le poids des alternatives à l’empire de l’économie financiarisée fondée sur la fragmentation des chaînes d’approvisionnement à l’échelle mondiale ; le réinvestissement dans les biens collectifs, en matière de mobilité, d’enseignement et de santé, afin de permettre à tous les ménages, y compris les plus précarisés, d’avoir accès à une vie digne, permettant l’épanouissement de chacun...


    Nous savions ce qu’il fallait faire. Nous savons à présent comment, face à des circonstances nouvelles, nous sommes capables d’opérer des transformations radicales dans notre manière de fonctionner, à l’échelle individuelle et collective. Ce que nous sommes en train réussir contre l’épidémie du Covid-19 — une mobilisation générale fondée sur la responsabilité de chacun à l’égard de tous les autres, une remise en cause de nos routines —, nous avons le devoir d’y parvenir aussi afin de ralentir la dégradation des écosystèmes, et notamment d’atténuer le changement climatique. On nous dit que cela n’est pas possible. On nous dit que nos cerveaux sont capables de comprendre les risques immédiats, qui nous concernent en proche, mais qu’ils ne sont pas outillés pour réagir aux risques lents, ou aux menaces lointaines et abstraites. Nous disons que nous sommes capables d’apprendre. Qu’il est temps. Que c’est maintenant — ou bien ce ne sera jamais.


    La rédaction du magazine Imagine : Laure De Hesselle, Sarah Freres, Pascale Derriks, Christophe Schoune, David Cauwe et Hugues Dorzée


    Le comité d’accompagnement du processus #Imagine2020 appelé Les Pisteurs d’Imagine composé de :


    Olivier De Schutter, juriste, professeur à l’UCL, nouveau rapporteur spécial de l’ONU sur l’extrême pauvreté et les droits de l’homme
    Fatima Zibouh, politologue, experte inclusion/discrimination chez Actiris, doctorante au Cedem (ULiège), co-fondatrice du projet Women 100 (co-présidents du groupe des Pisteurs d’Imagine)


    Sybille Mertens, économiste, professeure à l’ULiège, titulaire de la Chaire Cera en entrepreneuriat social et coopératif


    Caroline Lamarche, écrivaine, prix Goncourt de la nouvelle 2019
    Esra Tat, directrice adjointe de Zéro Waste Europe, diplômée en business & management (Grenoble II), entrepreneuse sociale (Ouishare, Enspiral...)
    Florence Le Cam, titulaire de la chaire de journalisme à l’ULB
    Frédéric Chomé, entrepreneur (Factor-X, Usitoo...), consultant et membre de la coalition Kaya des entreprises de la transition écologique
    Juliette Boulet, porte-parole de Greenpeace, journaliste de formation (ULB) et diplômée en études européennes (Facultés Saint-Louis)
    Sandrino Graceffa, fondateur et ex-CEO de Smart Coop, consultant au sein de ID.Est
    Charlotte Luyckx, philosophe (UCL), coordinatrice du Groupe de recherche interdisciplinaire sur la crise écologique (Grice) et membre de la Maison du développement durable (Louvain-la-Neuve)
    David Méndez Yépez, auteur-compositeur-interprète (Chicos y Mendez) et économiste de formation (UCL, Clemson)
    Julie Rijpens, chercheuse associée au Centre d’économie sociale (HEC-Liège)
    Sébastien Kennes, animateur, formateur, chargé de projet à l’ONG Rencontre des Continents
    Arnaud Zacharie, secrétaire général du CNCD-11.11.11, maître de conférences (ULB, ULiège) 


     


    Source : http://www.imagine-magazine.com/lire/?article1860


mars 2020 :

février 2020 | avril 2020

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